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Yake Lakang interrogea respectueusement Cochonfucius sur
la diversité des langues. Selon le Maître, cette diversité fut jadis justifiée par
des arguments parfois sérieux, parfois fantaisistes, et dans certains cas, un peu délirants.
Pour explorer cette nébuleuse d'idiomes, les érudits de
Flapiputois ont créé des jardins où se dressent plusieurs bâtiments d'importance
variable. Chacune de ces constructions abrite des exemples d'expressions de ces pittoresques parlures.
Au cours de sa visite, le touriste traverse tout d'abord un palais d'accueil, qui se consacre aux langues fraternelles : l'altruique, le bienpensable, le collectivon, le dormombien, l'esbroufanto, le franc-parler et le glauque, avec une mention spéciale pour le prosaïque (qui excelle dans l'indifférence et la déconnotation) ; et de pertinentes remarques sur l'expressivité des langues naturelles de construction artificielle. Ce pavillon d'accueil a pourtant des allures de cimetière. La raison en est que les tentatives de construction rationnelle d'une langue passent à côté de ce qui procure la joie de parler et d'écrire. Ce sont précisément les irrégularités de nos langues ancestrales qui font leur charme ineffable et subtil. Toutefois, ces grandioses projets de construction linguistique méritent tout de même notre respect. | |