Buvant un beau jour en pein air,
Cochonfucius fut sous l'averse.
cette muse a d'autres rimes




En plein air un jour picolant,
Je fus soudain trempé de pluie,
Ces petits malheurs qu'on essuie
N'ont cependant rien d'affolant.

Toute cette eau se déversa
Sur les tables et sur l'asphalte,
Car l'endroit où j'avais fait halte
Ne m'abritait pas plus que ça.

Je suivis la foule des porcs
Vers quelques lueurs de lanternes
Qui signalaient une taverne
Et sa serveuse aux cheveux d'or.

En y entrant, je vis soudain
Que cette taverne ordinaire
Allait devenir légendaire
Et chantée par les baladins.

Chantons ses clients pas bien clairs !
Chantons leurs discours de sauvages,
Leur assidu décervelage
Et leur esprit toujours amer.

Rue de la Harpe on peut les voir,
Dans le calme et dans la tempête,
Avec du brouillard plein la tête,
Brouillard plus épais chaque soir.

Ils ont un parcours incertain,
Ne comptant sur aucun miracle
Ni sur les propos d'un oracle
Pour retrouver le droit chemin.



Un érudit fit sobrement
Ces deux remarques fort profondes
.
Tous les buveurs du vaste monde
Aiment leur sombre enfermement.

Non contents de n'être pas clairs,
Ils ont trop de vent dans leurs voiles,
Et, se mouchant dans les étoiles,
Disent que l'amour est amer.


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