Encore des chameaux qui chantent
au jardin de Cochonfucius
J'écoutais, dans la
paix
du soir,
En buvant du
pinard mystique,
La chanson pour faire pleuvoir
Des chameaux de la basilique.
La lionne entendait une voix
À la fois
grave
et triomphale,
Accompagnant, comme autrefois,
Des libations phénoménales.
Au temps heureux, trois fois béni,
Où les crevettes familières,
Ivres-mortes au pied du lit,
Ronflaient ainsi que des chaudières.
Et leur ronflement familier
Charmait tant ma personne éprise,
Mes crevettes, vous picoliez !
D'un tel souvenir je me grise.
Et sous l'effet de la boisson,
Mon esprit produit mille thèses,
Rêvant que pour cette
chanson,
M'attend l'Académie Française.
C'est qu'en ce temps déjà lointain,
Babouins témoins de tant de choses,
Vous me parliez, soir et matin,
De l'éclat des apothéoses,
Et du regret que vous aviez
D'une serveuse un peu follette,
Quand pour ses yeux vous consommiez
Chaque jour comme aux jours de fêtes,
Et que, joyeusement torchés,
Mais non dépourvus d'espérance,
Vous disiez : Je vois approcher
Une ineffable transcendance.
Un érudit fit un bref commentaire.
Tous ces animaux
se laissent entraîner sur la pente de l'ivrognerie par des
humains pervers. Les rimes
par cela inspirées ne valaient pas
un tel massacre. Enfin, comme je dis souvent,
l'espoir
fait vivre.