Les grillons noirs s'en vont boire
ainsi que Cochonfucius
cette muse a d'autres rimes




Buvons été comme hiver,
À la montagne, à la mer.

À l'auberge et dans nos chambres,
En avril comme en novembre.

L'esprit, comme s'il volait,
Échappe à tous les filets.

Il échappe à tous les codes,
Il s'amuse aux antipodes.

Le pinard qui coule à flots
Nous met le moral bien haut.

La servante est fort menue,
Elle a les épaules nues.

Un client s'en va, boitant,
Vers les lieux, de temps en temps.

Il fredonne, par bouffées,
Une chanson étouffée.

Or, ici, nul n'est savant,
Nul ne se met en avant.

Pas d'étudiante effarée
Par le respect torturée.

Tout discours y prend son vol,
Nul ne touche plus le sol.

Le délire est volontaire,
Il transcende Ciel et Terre.

Qui dit que la vie humaine
N'est qu'une source de peine ?

Qui pense donc au linceul
Dans lequel il sera seul ?

Que la bonne ivresse vienne,
Et qu'elle soit quotidienne.

Buvons été comme hiver,
À la montagne, à la mer.

Dans notre corps, une flamme,
De la braise dans notre âme,

Car nous ignorons la peur
Et les scrupules trompeurs,

À l'auberge et dans nos chambres,
En avril comme en novembre.



Un érudit fit un bref commentaire.

Je connais cette servante, elle me fait toujours penser à une musaraigne.


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