Vingt vieux moines parlent

chroniques impubliables







Les moines parlent rarement pour ne rien dire              Dans le jardin de Cochonfucius mardi dernier, vingt vieux moines prirent la parole à tour de rôle.

Le premier moine dit : Chaque jour est un bon jour pour préparer des andouillettes magiques.

Le deuxième : Nous allons prendre du thé maintenant.

Le troisième : Mon ami, mon disciple Cochonfucius, je ne t'ai pas demandé si tu as atteint la sagesse.


Le quatrième : De profundis ad te clamavi, hoc est porcus, latinam linguam non intellego.

Le cinquième : Puis-je faire chose utile ?

Le sixième : L'éternité doit être bien longue en vérité.

Le septième : C'est la pire chose que j'ai entendue.

Le huitième : La victoire sur le monde, c'est notre foi.

Le neuvième : En un instant on peut changer le monde.

Le dixième : Mes bien chers frères, regardez de tous vos yeux.

Le onzième : Nous devrions partager nos secrets avec les ours polaires.

Le douzième : Oui, et séduire le peuple solipsiste.

Le treizième : J'y pensais depuis longtemps dans ma peite chambre avec vue sur la mer.

Le quatorzième : Je vois une grenouille qui vole et qui est poursuivie par trois anges.

Le quinzième : Cet esprit ordinaire ne s'exprime pas par mots de la langue.

Le seizième : Si je ne puis devenir comme le gyrovague des plages, peut-être comme Yake Lakang ou un disciple.

Le dix-septième : Il y a bien longtemps, ces deux-là sont venus me voir dans ma cellule.

Le dix-huitième : Connaissaient-ils alors le sens du principe ?

Le dix-neuvième : Peut-être juste un peu mais pas trop.

Le vingtième : Leur voyage ne fait que commencer.

Alors, ils burent en silence, songeant à toutes sortes de vagabondages fantastiques de la veille et du lendemain.