Vagabondage des loriots noirs cette muse a d'autres rimes



Mais où vont les vieux loriots noirs
En sortant de Cluny, le soir ?

Une chose déboussolée
Est leur sagesse ; et envolée
Comme une feuille dans le vent.

Et dans leur âme, c'est l'automne
Au ciel sinistre et monotone
Où les nuages vont crevant.

Dans leur esprit, c'est la terreur
Et dans leurs boyaux, c'est l'horreur,
De peu s'en faut qu'ils ne défaillent,

Car ils ont passé tout l'été
À s'imprégner d'absurdité
Comme porcs de mauvaise graille.

Le pinard mystique a coulé
Sans parvenir à les saouler
Et sans les soulever de terre.

L'univers pourrit bien leur vie
Comme une gorge inassouvie
Vide d'un trait le fond d'un verre.

Leur entendement n'est pas ferme,
Alors, ne trouvant pas leurs termes,
Ils n'ont point de conversation.

Errant en quête d'un ailleurs
Où le climat serait meilleur,
Ils sont en pleine migration.

Cochonfucius ne sait que dire
Aux loriots pour les faire rire
Ou pour dérider leur visage.

Yake Lakang cherche un moyen
Pour faire d'eux des citoyens
Qui du bonheur trouvent l'usage.

Or, les pauvres n'ont plus de blé,
Leurs copains se sont défilés,
Les maux ne savent seuls venir.

Quel malheur les attend encore ?
De Némésis qui tout dévore,
Quel méfait pourrait advenir ?

Il ne reste plus rien en eux
De sombre ni de lumineux,
Tout est dense comme mercure.

Mais nul d'entre eux ne se révolte,
Chacun passivement récolte
Cette morosité qui dure.

La cendre ne saurait brûler,
Ni le sable être morcelé.
Ils sont au fond du marécage.

Et demain, devant leur vin rouge,
Installés dans le même bouge,
Tu les verras, assis, bien sages.


Un érudit, pour commentaire,
Au lieu de bien vouloir se taire,
Imprima quelques mots vulgaires.



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