chroniques impubliables




Des cochons et des hommes.





encore une leçon d'éthologie                Un jour, Taciturne fit une grande découverte : l'homme n'a pas d'autorité sur les cochons.

      Lorsque les cochons de toute une région géographique deviennent invivables, aucune stratégie ne tient plus. C'est d'ailleurs un matériau de choix pour l'histoire-fiction.
       



      Si, par exemple, l'on examine les relations entre Volubile et les cochons de son royaume, il y a un avant et un après le traité qu'il fut forcé de conclure avec eux. Mais leur principale alliée dans cette affaire ne fut autre que Tchac la Girafe, qui transforma en bourbier le sol où devaient progresser les hippopotames de guerre et abattit sur eux les plus grands arbres de la forêt. Il est donc tentant pour un auteur d'histoire-fiction d'imaginer des hippopotames plus en forme, et tout ce qui s'ensuit.

      Ce n'est pourtant pas notre propos. Notre démarche, plus pédagogique, vise à donner au lecteur une perception fine de l'action qui eut lieu, avec ses retournements, avec les contraintes géographiques, les effets des imprudences humaines, et, souvent, le sentiment, chez les cochons, d'avoir reçu une assistance divine.

      Ils ont construit des cartes fort lisibles, une bibliographie sobre mais éclairante, et un curieux chapitre de géographie prospective, dans lequel le chef des cochons s'interroge sur la possibilité de se rendre partiellement maître de la girafe dans l'avenir.

      Mais, fit remarquer Cochonfucius, ce n'est pas demain la veille.


      Yake Lakang apporta quelques compléments d'information.

Les cochons peuvent aller jusqu'à dévorer le Soleil, en profitant de leur statut d'ascenseurs chamaniques. C'est surtout vrai lorsqu'ils ont six pattes, chose heureusement assez rare. Mais même en-dehors de ce cas, ils sont de grands stratèges et dominent l'approche dialectique de l'action sur le monde. D'autre part, les cochons nous ont enseigné l'ensevelissement des défunts, chose dont je suis personnellement fort reconnaissant, surtout aux porcs de mon pays qui ont pris soin des morts de Pompéi. Je pense, en effet, que nous exploiterons ainsi à fond le côté transdarwinien de leur comportement.