De Veritate in Vino
Trois taches de pinard
sur une lourde nappe,
Et puis le tavernier m'a piqué tout mon blé.
Cochonfucius, de vin et de rêve comblé,
Sent son esprit chargé d'une pesante chape.
La lourde nappe
évoque une bourbeuse plaine
Où doit vagabonder notre coeur dépeuplé,
Guidé par un
cerveau
un peu désassemblé,
Rempli de lassitude et d'une force pleine.
Kassandra devient une inaccessible reine
Prisant l'érudition en son illustre cour.
Sur un joli plateau
qu'il porte avec amour,
Le roi offre des toasts auxquels on touche à peine.
Edgar Faure
hurle et court par-delà l'horizon.
Les taches de pinard
font comme un archipel
Et plus d'un crocodile y entend les appels
De son pluvian qui veut
qu'il rentre à la maison.
Les taches de pinard
font une cathédrale
Et plus d'un crocodile y étale sa gueule
Qui s'ouvre d'autant plus qu'elle n'est pas la seule
A peupler ces lieux saints d'une
forme animale.
Deux litres de pinard
font de la vie sur terre
Un bonheur nonchalant au goût de vin nouveau.
On oublie les embrouilles, on oublie les
travaux,
On savoure sans fin une joie solitaire.
Je ne peux plus marcher,
la route
est bien trop droite !
J'ai l'estomac danseur, le coeur entre les dents,
Mon cerveau, désormais ouvert à tous les
vents,
Ne pourra plus franchir aucune porte étroite.
(...)
Or, nous te demandons, refuge du buveur,
D'être notre domaine et notre observatoire,
Pour vivre vainement notre futile histoire,
Et contempler de loin ce monde et sa ferveur.