Un godet vide, un godet plein, choses vraiment instables.
Un buveur ivre-mort
entend son vin qui coule
Et ne cesse d'emplir les pichets,
sans rien voir,
Lent comme une agonie
et lourd comme une foule.
Le tavernier manie un lugubre entonnoir.
Je descends d'heure en heure
et d'année en année
Godet après godet de
pinard presque noir.
Je bois, et rien de plus. J'y passe ma journée.
Qu'est-ce donc que la vie, être jeune, être
vieux,
Toute mission est là pour être abandonnée.
Je suis Cochonfucius, le vide est dans mes yeux,
Et Leconte de Lisle,
un maître en démesure,
Remplit mon verre avec du vin bien frais. Tant mieux.
Ce pinard est léger, bien douce est sa blessure,
J'y fus accoutumé dans des temps très anciens.
Le pinard de Cluny imbibe mes chaussures,
Hier soir, j'étais
ici,
déjà. Je me souviens.
Un érudit fit un bref commentaire.
Je ne sais pas si c'est Leconte de Lisle qui a conduit Cochonfucius
dans ce lieu de perdition, ou le contraire. Je pense qu'ils auraient
mieux fait, l'un et l'autre, d'aller se faire analyser chez
Yake Lakang, même si cela coûte
un peu plus cher de l'heure.