[Lutecium-group] le cinéma sur le divan (urgent)
Sigmund Freud <javascript:winOpenImp('/fr/Impression/4982,CmC=1185408,CmStyle=98684.html')> Le cin?ma sur le divan Comment le cin?ma s'est-il empar? de la psychanalyse? Est-ce un hasard si le cin?ma et la psychanalyse, dont les chemins se sont souvent crois?s, sont n?s ? la m?me ?poque ? 1895. Alors que Sigmund Freud et Joseph Breuer publient leurs r?volutionnaires Etudes sur l'hyst?rie, les fr?res Lumi?re mettent au point le "cin?matographe". D?s lors, la naissance de cette toute nouvelle forme d'expression donne un sens collectif ? ce que Freud appelle "l'?trange familier" : les images ? l'?cran sont ? la fois famili?res et un rien ?tranges, vivantes et inanim?es, r?elles et illusoires? Pour autant, le grand homme se m?fie du cin?ma. Il n'aime pas ?tre film? et estime qu'il est impossible de restituer le travail psychanalytique par le biais du m?dium cin?matographique. Lorsque Samuel Goldwyn, l'un des p?res fondateurs d'Hollywood, lui propose la somme de 100 000 dollars pour r?diger un sc?nario, Freud refuse cat?goriquement. C'est pourtant l'un de ses proches collaborateurs, Karl Abraham, qui ?crira le premier film sur la psychanalyse, Les Myst?res d'une ?me r?alis? par Pabst en 1926. - *Le thriller psychanalytique* De son c?t?, le cin?ma garde lui aussi ses distances vis-?-vis de l'exploration de l'inconscient. Jusqu'en 1945, les psychiatres sont repr?sent?s ? l'?cran comme des charlatans mal?fiques ou, au mieux, comme de parfaits imb?ciles. Ce n'est qu'au lendemain de la Seconde guerre mondiale que les id?es de la psychanalyse trouvent un large ?cho dans la soci?t?, notamment outre-Atlantique. Selon la formule d'Hitchcock, le psychiatre est d?sormais un "enqu?teur des r?ves", capable, depuis son cabinet, de r?soudre une affaire tout en identifiant les causes d'un traumatisme. C'est d'ailleurs avec La Maison du docteur Edwards (1945), du m?me Hitchcock, que le psychanalyste fait d?sormais jeu ?gal avec l'inspecteur de police ou le d?tective priv?. Dans le film, Ingrid Bergman campe une psychiatre qui parvient ? prouver que Gregory Peck, souffrant d'amn?sie, n'est pas coupable du meurtre dont il s'accuse. Si l'adh?sion au message psychanalytique, d'une certaine na?vet?, alourdit l'ensemble, La Maison du docteur Edwards ouvre incontestablement une br?che dans le cin?ma hollywoodien. Suivront ainsi Le Myst?rieux docteur Korvo (1949) d'Otto Preminger, o? Gene Tierney, convaincue d'?tre une meurtri?re, est innocent?e par son mari psychiatre, ou encore Soudain l'?t? dernier (1959) de Joseph Mankiewicz, o? Montgomery Clift, en praticien averti, sonde et soigne les ?mes en souffrance. Trois ans plus tard, le m?me com?dien campe Sigmund Freud dans le film ?ponyme de John Huston : en une quinzaine d'ann?es, le cin?ma s'est totalement appropri? la science invent?e par le m?decin viennois. - *Surr?alisme et psychanalyse* Sans n?cessairement repr?senter le psychiatre ? l'?cran, certains cin?astes se servent des apports de la psychanalyse pour stimuler leur cr?ativit?. L'h?ritage surr?aliste n'est pas ?tranger ? cette d?marche esth?tique, comme en t?moignaient d?j? les s?quences de r?ve con?ues par Salvador Dali dans La Maison du docteur Edwards. D?s ses courts m?trages, David Lynch met en sc?ne des t?tes humaines sur lesquelles poussent des bras, avant de s'enflammer et de vomir? Dans Blue Velvet (1986), les apparences (trop) lisses d'une petite ville am?ricaine dissimulent des ab?mes de monstruosit? : un travelling inaugural, sorte de condens? de l'?uvre du r?alisateur, nous fait passer de la surface d'une pelouse fra?chement tondue ? un grouillement d'insectes r?pugnants. "Ce monde de la banlieue tranquille a une surface rassurante, triviale, mais il poss?de aussi ses zones d'ombre, ses abysses qui sont aussi profonds que partout ailleurs. Explorer ces abysses, sonder ces profondeurs, voil? ce que j'aime par-dessus tout," explique Lynch. Une approche qui n'est pas sans rappeler celle du psychanalyste? Tim Burton, lui aussi, se pla?t ? aller au-del? des apparences trompeuses, mais t?moigne d'une certaine tendresse pour les ?tres monstrueux. Dans Edward aux mains d'argent (1990), le personnage incarn? par Johnny Depp agit comme un catalyseur ?motionnel chez les m?nag?res du voisinage, faisant ?cho au processus cathartique de la psychanalyse. Dans Mars attacks ! (1997), le cin?aste s'amuse ? recomposer, pour ainsi dire, des personnages mi-humains, mi-animaux, comme dans une vaste toile surr?aliste. - *La psychanalyse s'empare du cin?ma* A partir des ann?es 1970, c'est au tour de la psychanalyse de s'int?resser au cin?ma. Des th?oriciens comme Laura Mulvey ou Christian Metz s'appuient sur l'introspection de l'inconscient pour analyser les films. D'apr?s Metz, le sujet repr?sent? ? l'image n'est pas cens? se rendre compte qu'on le regarde et, par cons?quent, le spectateur se retrouve dans la situation du voyeur. La vision du film reproduit ainsi la "sc?ne originaire" que Freud consid?re comme un d?clencheur du conflit ?dipien. Cette lecture psychanalytique du cin?ma est particuli?rement pertinente s'agissant de l'?uvre d'Ingmar Bergman : dans Le Silence (1962) ou Persona (1966), des ?tres en souffrance s'affrontent mentalement et placent d'embl?e le spectateur en position de voyeur. Le motif du miroir, offrant un reflet d?form? d'une r?alit? psychique tourment?e, traverse d'ailleurs les films du cin?aste su?dois, de Persona ? L'?uf du serpent (1976) et Face-?-face (1975). Pour le psychanalyste Andrea Sabbadini, la vision d'un film se rapproche du travail psychanalytique : pendant une p?riode donn?e, le spectateur est comme retranch? du monde, hors du temps r?el, et projet? dans un espace imaginaire o? des vies enti?res peuvent se d?rouler en quelques dizaines de minutes. Bernardo Bertolucci, qui reconna?t que plusieurs de ses films lui ont ?t? inspir?s par sa propre psychanalyse (Le Dernier tango ? Paris en 1972, Le Conformiste ou La Strat?gie de l'araign?e en 1970), compare volontiers la salle de cin?ma ? "l'obscurit? amniotique du ventre de la m?re." L'exp?rience de la salle obscure est presque "r?gressive" selon Sabbadini qui ajoute que les cin?philes, d?vorant des centaines de m?tres de pellicule par jour, refusent parfois d'affronter la r?alit? et pr?f?rent se r?fugier dans un monde chim?rique. C'est en tous les cas le cheminement de Woody Allen qui, enfant et adolescent, fuyait son quotidien en fr?quentant assid?ment les salles de son quartier : devenu lui-m?me un grand adepte de la psychanalyse, il est sans doute le cin?aste qui a le mieux transpos? l'exp?rience psychanalytique au cin?ma (de Int?rieurs en 1978 ? Une autre femme en 1988) tout en se moquant volontiers des "psys"? Ce genre d'hommage irr?v?rencieux est assur?ment le signe que le couple psychanalyse-cin?ma n'est pas pr?s de divorcer? Franck Garbarz source : http://www.arte-tv.com/fr/1185408.html Thema: PSYCHANALYSE ET CINEMA - 28 avril 2006 ? 22.20 <javascript:winOpenImp('/fr/Impression/4982,CmC=1179208,CmStyle=98684.html')> Un ?cran nomm? d?sir Un documentaire de ?lisabeth Kapnist S'appuyant sur des extraits de films et des entretiens de r?alisateurs (Lang, Fellini, Bergman, Cronenberg, Lynch...), ?lisabeth Kapnist ?claire les relations entre la psychanalyse et le cin?ma. *?crit avec Michel Schneider, (52')* *Coproduction : ARTE France, Doc en Stock* *Multidiffusion le 6 mai ? 1.45* pour info cordial ft -- Tassigny Frans Sint Fransiscusstraat 25 8400 Ostende BELGIQUE 0496 85 56 82 06 89 25 77 10 nv site :
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