[Lutecium-group] Fw: LA LECTURE INSISTANTE (AUTOUR DE JEAN BOLLACK) Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle du SAMEDI 11 JUILLET (19 H) AU SAMEDI 18 JUILLET (14 H) 2009
Plan du Site du Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle : cliquez ici http://www.ccic-cerisy.asso.fr/bollack09.html -------------------------------------------------------------------------- DU SAMEDI 11 JUILLET (19 H) AU SAMEDI 18 JUILLET (14 H) 2009 Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle -------------------------------------------------------------------------- LA LECTURE INSISTANTE (AUTOUR DE JEAN BOLLACK) -------------------------------------------------------------------------- DIRECTION : Pierre JUDET DE LA COMBE, Christoph K?NIG, avec le concours d'Heinz WISMANN Avec la participation de Jean BOLLACK -------------------------------------------------------------------------- ARGUMENT : Le colloque envisage de poser les questions fondamentales de la philologie; elles sont inscrites au centre d'une ouvre, celle de Jean Bollack (hell?niste, philosophe, commentateur et traducteur), qui ?claire de fa?on nouvelle un large ?ventail de domaines litt?raires. Le travail se concentrera sur les principes requis par la philologie, et rarement appliqu?s. "L'acte de lire" engage une pratique pr?alable et n?cessaire; elle est aussi bien scientifique que lib?ratrice, ?tablissant un rapport nouveau et rationnel avec les traditions textuelles ou culturelles. Elle se con?oit comme un exercice patient et r?p?t? de d?chiffrement, et comme un d?bat sur ce qu'on appelle la lettre ; elle construit la possibilit? d'une compr?hension pr?cise, conforme ? la singularit? d'une ambition. Les interventions, centr?es sur des lectures en acte, concerneront des horizons tr?s diff?rents: les litt?ratures, les traditions sacr?es, le th??tre, la traduction, la psychanalyse. Il importera de cerner chaque fois un apport particulier. Si les expos?s s'appliqueront ? des ouvres particuli?res, ils ne mettront pas moins en jeu les mod?les autor?flexifs d'une th?orie implicite, comme ?l?ments et probl?mes de la lecture plut?t que dans la perspective d?un d?bat initialement philosophique. -------------------------------------------------------------------------- CALENDRIER PROVISOIRE : Samedi 11 juilletApr?s-midi: ACCUEIL DES PARTICIPANTS Soir?e: Pr?sentation du Centre, des colloques et des participants Dimanche 12 juillet Matin: Introduction Christoph K?NIG et Heinz WISMANN Po?sie I (Mod?ration: Pierre JUDET DE LA COMBE) Roland MEYNET: Composition et interpr?tation du Psaume 34 Abdelwahab MEDDEB: "Al-Fur?q wa man' al-tar?duf" (Des nuances et de l'abolition de la synonymie) de la Bactriane al-Hak?m al-Tirmidh? Apr?s-midi: La Bible et le Coran (Mod?ration: Heinz WISMANN) Jean-Marc T?TAZ: Les pr?suppos?s de l'ex?g?se biblique Pierre GIBERT: Le po?me proph?tique d'Amos 3, 3-8 Michel CUYPERS: Lecture rh?torique et intertextuelle de la Sourate 96 ("Le caillot de sang") Discutants: Perrine SIMON-NAHUM, Denis THOUARD Lundi 13 juillet Matin: Po?sie II (Mod?ration: Christoph K?NIG) Andreas KABLITZ: La po?sie lyrique de P?trarque ? la lumi?re de la th?orie herm?neutique de Jean Bollack ("Canzoniere" 1-3") Georg BRAUNGART: Po?mes de M?rike Bertrand MARCHAL: L'interpr?tation de Mallarm? Apr?s-midi: Lectures institutionnalis?es (Mod?ration: Pierre JUDET DE LA COMBE) Christoph K?NIG: Conflits d'interpr?tation dans le po?me (Rilke, Sonnets ? Orph?e II, 28) Isabelle KALINOWSKI: Contraintes de lectures, censures, r?p?titions. L'exemple de H?lderlin en France Discutants: Erika H?LTENSCHMIDT, Fran?oise LARTILLOT Mardi 14 juillet Matin: Th?orie (Mod?ration: Heinz WISMANN) Jan-Dirk M?LLER: Le chant de Narcisse (Heinrich v. Morungen MFr 145,1) Christian BENNE: Int?r?t pour un savoir conditionn?? Fr?d?ric Schlegel et la "philosophie de la philologie" Discutants: Kristin BISCHOF, Patricia LAVELLE Apr?s-midi: Celan (Mod?ration: Christoph K?NIG) Werner WOEGERBAUER Jean-Luc DESPAX: Qui trouve un fer ? cheval, d'Ossip Mandelstam Discutants: Axel GELLHAUS, Arnau PONS, Tim TRZASKALIK Mercredi 15 juillet Matin: Roman/Epop?e I (Mod?ration: Pierre JUDET DE LA COMBE) Philippe ROUSSEAU: L'Iliade d'Hom?re (vers 313 ? 369 du Chant VI) Ulrich WYSS: Une comparaison impossible. Les romans en vers de Tristan et Iseut Joachim K?PPER: Fontane - Flaubert. Quelques remarques sur Effi Briest et Madame Bovary Discutants: Jean-Pierre MOREL, Peter SCHNYDER Apr?s-midi: EXCURSION COMMUNE Jeudi 16 juillet Matin: Roman/Epop?e II (Mod?ration: Christoph K?NIG) Jacques BOUVERESSE: Sur un roman de Musil Jean-Pierre MOREL Discutant: Peter SCHNYDER Apr?s-midi: Traduction (Mod?ration: Pierre JUDET DE LA COMBE) Marc BUHOT de LAUNAY: Lecture de Gen?se 6, 1-4 Pascal CHARVET: Diff?rences entre version et traduction Soir?e: Th??tre Denis PODALYD?S: Lecture Vendredi 17 juillet Matin: Po?sie III (Mod?ration: Heinz WISMANN) Fran?ois RASTIER: Arthur Rimbaud Tristan HORD?: Le m?me s'est d?fait en deux morceaux fuyards Paul AUDI: Moli?re, Don Juan, acte I Apr?s-midi: Psychanalyse (Mod?ration: Christoph K?NIG) Genevi?ve MOREL: Odipe: les limites psychanalytiques du mythe Franz KALTENBECK: Un passage de "Deuil et M?lancolie" de Sigmund Freud Soir?e: Th??tre R?gis MICHEL: Iconographie/texte Samedi 18 juillet Matin: Th??tre (Mod?ration: Pierre JUDET DE LA COMBE) Andr? LAKS: En quel sens la constitution des Lois est-elle la trag?die la plus vraie (Platon, Lois, 817 a-d)? Renate SCHLESIER: L'immortelle Aphrodite, compagnon de lutte de Sappho John E. JACKSON: Ph?dre de Racine: le cong? donn? ? la passion Discutants: Jean-Pierre MOREL, Rossella SAETTA-COTTONE Discussion finale Pierre JUDET DE LA COMBE, Christoph K?NIG et Heinz WISMANN Apr?s-midi: D?PART DES PARTICIPANTS -------------------------------------------------------------------------- R?SUM?S : Christian BENNE: Int?r?t pour un savoir conditionn?? Fr?d?ric Schlegel et la "philosophie de la philologie"La lecture insistante suppose-t-elle, ? proprement parler, que l'ouvre soit achev?e, c'est-?-dire compos?e rigoureusement? Peut-on par exemple lire fragments et brouillons d'une mani?re emphatique, aid?, il va de soi, par une th?orie et une pratique philologique ?labor?e? Telles sont les questions susceptibles d'?tre pos?es ? partir des cahiers intitul?s "Zur Philologie" ("Sur la philologie") de Fr?d?ric Schlegel. Ces questions visent une double articulation: par le caract?re fragmentaire de ces cahiers et par la possible instauration d'une m?tar?flexion sur le probl?me de r?fl?chir "en tant que philologue" sur l'essence de la philologie elle-m?me. Presque inconnus, les cahiers "Sur la philologie" sont parfois per?us comme une sorte de r?servoir ? citations assez ?sot?riques. Il est grand temps de les lire v?ritablement pour reconstituer le sens de l'id?e chez Schlegel d'une "philosophie de la philologie". Qu'est-ce qu'il veut dire par exemple lorsqu'il ?crit que la philologie est "l'int?r?t pour le savoir conditionn? (bedingt)"? ou bien que la seule chance pour la philologie de demeurer un art est "de devenir une science"? En dernier lieu, quelles sont les affinit?s de la lecture insistante de Bollack avec la conception de la philologie de Schlegel? Marc BUHOT de LAUNAY: Lecture de Gen?se 6, 1-4 Gen?se 6, 1-4 est g?n?ralement consid?r? comme un texte ?nigmatique, en raison des expressions qui y figurent: "fils de Dieu", nephilim et gibborim. Son rapport au r?cit du d?luge est souvent discut? en liaison avec les sources mythologiques qui s'y manifestent. La plupart des traductions, d?s la Septante, comme les interpr?tations issues de la tradition philosophique renvoient le lecteur ? un r?seau de connotations mythologiques tr?s reconnaissable qui passe ? c?t? du travail subtil effectu? par le texte, tant en amont qu'en aval de ce passage, et qui seul permet d'en comprendre les intentions v?ritables. C'est ? reconstruire ce r?seau que s'attache la pr?sente ?tude. Michel CUYPERS: Lecture rh?torique et intertextuelle de la Sourate 96 ("Le caillot de sang") La tradition islamique admet comme un fait le caract?re composite du texte de la sourate 96, compos?e de deux fragments h?t?rog?nes, le premier appelant le Proph?te ? proclamer la r?v?lation coranique, le second l'invitant ? pers?v?rer dans la pri?re, malgr? les obstacles. Une approche synchronique du texte permettra au contraire d'y reconna?tre une unit? et une coh?rence. Philologiquement, le premier mot de la sourate, compris traditionnellement comme un envoi en mission du Proph?te ("Lis/Proclame au Nom de ton Seigneur"), peut signifier un appel ? la louange ("Invoque le Nom de ton Seigneur"). Une lecture intertextuelle, confront?e avec le psaume 95 (94), ainsi que l'analyse rh?torique de la composition d'ensemble du texte, montre que la sourate devrait ?tre lue toute enti?re comme un psaume invitatoire, appelant le croyant ? l'adoration et ? la pers?v?rance dans la pri?re. R?f?rences Bibliographiques : Michel Cuypers, Le Festin. Une lecture de la sourate al-M?'ida. Lethielleux, Rh?torique s?mitique, Paris, 2007. Roland Meynet, Trait? de rh?torique biblique. Lethielleux, Rh?torique s?mitique, Paris, 2007. Jean-Luc DESPAX: Qui trouve un fer ? cheval, d'Ossip Mandelstam Il s'agit de proposer une lecture intensive d'un po?me de Mandelstam: Qui trouve un fer ? cheval, notamment les trois derni?res strophes. On sera attentif ? l'esth?tique et ? la m?taphysique de Mandelstam: le tchernoziom ou les couches de culture qui donnent un sens ? la terre, la Gr?ce et Rome, le Christ et la jud?it?. Mais les r?f?rences pindariques du texte surjouent le lyrisme de l'?loge pour dire en creux la d?mocratie ? venir, une fois les d?rives triomphantes du bolchevisme vaincues par l'usure ou son autre nom, l'Histoire. La question radiante du Temps est donc synonyme d'espoir. Le pr?sent de l'?criture d?mon?tise un langage politique qui est corrod? dans la pi?ce de monnaie promise aux arch?ologues. Qui trouve un fer ? cheval peut reconstituer la course meurtri?re et pr?server du m?me pas le mouvement initi? par le po?te. Qui trouve un po?me de Mandelstam le met ? fondre sur la langue, comme la pi?ce de monnaie du po?me de Celan: "Tout est autrement". Surtout, il doit perp?tuer le geste culturel, proprement r?volutionnaire, de retournement mandelstamien du Temps. R?f?rences Bibliographiques : Ossip Mandelstam, Le Deuxi?me Livre, Circ?, 2002. Paul Celan, La rose de personne, Le nouveau commerce, 1979. Jean Bollack, La Gr?ce de personne, Editions du Seuil, 1997. Jean-Luc Despax, Ossip Mandelstam, chanter jusqu'au bout, Editions aden, 2003. Pierre GIBERT: Le po?me proph?tique d'Amos 3, 3-8 Lire: ? partir de pr?jug?s, ou de pr?suppos?s que j'estime n?cessaires? Jusqu'o? peut aller ce JE avant de lire? Je lis pourtant, mais quoi? Je lis en fran?ais, donc en traduction; j'ai donc re-traduit ce texte avant de le lire. Avant? Mais je l'ai d'abord lu en h?breu. Pourquoi le traduire? Pas seulement pour des lecteurs ou auditeurs suppos?s ignorants. Je veux aussi l'entendre dans MA langue. Mais c'est un po?me qui n'a pas ?t? ?crit dans cette langue. J'ai d? le traduire au plus pr?s du texte, mots, syntaxe... Ainsi j'ai ?gar?, voire tu? sa po?sie. Ou je l'ai r?-?crit en po?me: j'ai donc fait un autre texte ; ce faisant ai-je ?t? po?te, puis-je me pr?tendre po?te? Lire quand m?me en demandant pardon ? Amos, ? l'h?breu, au fran?ais, au lecteur et ? l'auditeur. Tristan HORD?: Le m?me s'est d?fait en deux morceaux fuyardsL'?tude d'un po?me de La Sorci?re de Rome d'Andr? Fr?naud prend pour appui les publications que Jean Bollack a consacr?es ? quelques aspects de l'ouvre du po?te. ? partir de la figure complexe du f?minin repr?sent? par la Sorci?re, on mettra en valeur quelques motifs qui traversent l'ensemble des recueils, la question de l'origine, du manque et de la s?paration, de l'ignorance et du savoir, de l'oubli et de la m?moire, de la souillure et de la puret?, du m?me et du double. De l? on abordera quelques aspects de la po?tique d'Andr? Fr?naud. John E. JACKSON: Ph?dre de Racine: le cong? donn? ? la passion En se fondant sur une analyse des vers 269 ? 316 de Ph?dre, c'est-?-dire sur la longue tirade dans laquelle la Reine r?capitule l'histoire de sa passion pour Hippolyte - tirade que Racine a ajout?e de toutes pi?ces au mod?le d'Euripide qu'il suit pourtant de si pr?s dans la premi?re partie de la sc?ne -, on tentera de montrer comment la recomposition que le dramaturge fran?ais op?re du mythe aboutit ? une critique du fait passionnel puis au cong? donn? ? celui-ci. La d?nonciation de l'illusion qui accompagne l'?blouissement amoureux met ? nu sa fictivit? d'une mani?re que Mallarm? poussera jusqu'? son terme dans H?rodiade lorsqu'il montrera son h?ro?ne ?ponyme aux prises avec la r?alit? du langage. Christoph K?NIG: Conflits d'interpr?tation dans le po?me (Rilke, Sonnets ? Orph?e II, 28) Le po?me "O viens et vas" (II, 28) construit son sens dans un paradoxe du populaire. La promesse d'une po?sie orphique est une des faiblesses n?cessaires du po?me. Mais le po?me annule cette faiblesse en la critiquant. La critique d?place discr?tement la tentation d'un acc?s ? l'origine de la po?sie vers la conscience que la po?sie n'est possible qu'en second lieu, dans l'analyse des tentatives orphiques accomplies au cours de l'histoire litt?raire. Les conflits d'interpr?tation ult?rieurs (entre la popularit? et l'artefact) se trouvent ainsi ? la fois planifi?s et corrig?s. Ils ?clairent le po?me lui-m?me. Franz KALTENBECK: Un passage de "Deuil et M?lancolie" de Sigmund Freud Nous proposons la lecture d'un extrait de "Deuil et m?lancolie" (1916), un article de la M?tapsychologie de Freud, en appliquant quelques principes de l'herm?neutique de Jean Bollack. Nous avons choisi ce passage parce qu'il pourrait, au-del? de sa port?e pour la clinique psychanalytique, aider ? ?clairer des structures po?tiques, par exemple le dialogue entre le "Je" historique et le "Tu" po?tique dans les po?mes de Paul Celan, ?tudi?s par Bollack. Le passage choisi de "Deuil et m?lancolie" tourne autour d'une "contradiction" (GW, T. X, p. 201): si l'on ?tablit une analogie entre le deuil et la m?lancolie on doit conclure que le m?lancolique a subi "une perte quant ? l'objet" (Verlust am Objekte). L'observation clinique montre qu'il souffre plut?t d'un appauvrissement, voire d'une "perte du moi" (Ichverlust). Cette perte commence sous la forme d'une forte d?pr?ciation, critique et plainte que le moi s'adresse via l'instance de la conscience morale ? lui-m?me. Or, est-ce vraiment le moi qui est cibl? par ces plaintes? Ne s'agit pas plut?t d'une "autre personne", "que le malade aime, qu'il a aim? ou qu'il devrait aimer"? Peut-on dire que cette "autre personne" est l'objet d'amour? Nous avancerons quelques arguments contre cette synonymie entre l'objet d'amour perdu et cette "autre personne". Ce que Freud subsume sous la notion de "l'autre personne" prouve la n?cessit? de maintenir l'?cart entre l'autre et l'objet. L'intra-subjectivit? de la m?lancolie est donc triadique et non pas duale; le sujet y a affaire ? l'objet ou plut?t ? son "ombre" (le reste de la libido objectale incorpor? dans le moi) et ? l'autre qui n'est plus forc?ment aim?. Cette constellation n'est pas sans importance pour la po?sie et la litt?rature du vingti?me si?cle. Joachim K?PPER: Fontane - Flaubert. Quelques remarques sur Effi Briest et Madame Bovary On se propose de pr?senter une "lecture insistante" du fameux roman de Theodor Fontane. Le texte se r?f?re ?videmment au premier grand roman de Flaubert. De mani?re implicite, il contient une r?flexion du concept de "r?alisme". En m?me temps, Fontane s'inspire du romantisme allemand du d?but du si?cle. La "fusion" de la tradition r?aliste d'inspiration fran?aise et de la tradition romantique allemande r?sulte dans une structure narrative qui, ? bien des ?gards, est d'une modernit? frappante. Andr? LAKS: En quel sens la constitution des Lois est-elle la trag?die la plus vraie (Platon, Lois, 817 a-d)? Platon, dans les Lois, pr?tend que son l?gislateur est un po?te parmi les po?tes, et que le r?gime politique dont il est l'auteur, "imitation de la vie la plus belle et la meilleure", est "r?ellement la trag?die la plus vraie" (817b). La question sera de savoir en quel sens le terme de "trag?die" doit ?tre pris, pour que le l?gislateur platonicien puisse se poser non seulement en auteur tragique, mais en seul trag?dien authentique. On r?fl?chira, en particulier, sur la nature et la l?gitimit? des op?rations herm?neutiques mobilis?es pour ?clairer une proposition qui, tout en se voulant paradoxale, ne l'est peut-?tre pas, pour peu que l'on red?finisse de mani?re ad?quate et la trag?die et la loi, ce ? quoi le passage invite. Roland MEYNET: Composition et interpr?tation du Psaume 34 Le Psaume 34 est un po?me acrostiche alphab?tique. Ce genre de composition a longtemps ?t? consid?r? comme artificiel, et - qui plus est - tardif et donc d?cadent. Or la contrainte de l'alphab?tisme n'emp?che pas que le psaume soit extr?mement bien compos?, ? condition de conna?tre les lois de la rh?torique biblique et s?mitique et de ne pas plaquer sur ce texte les canons de la rh?torique classique, c'est-?-dire gr?co-romaine qui lui est ?trang?re. L'expos? ne se contentera pas de pr?senter les r?sultats de l'analyse, mais s'efforcera de montrer quelles en sont les proc?dures. L'analyse de la composition ouvrira des voies ? l'interpr?tation. R?f?rences bibliographiques : - Roland Meynet, Trait? de rh?torique biblique, coll. Rh?torique s?mitique 4, Lethielleux, Paris 2007. - Le site de la Soci?t? internationale pour l'?tude de la Rh?torique Biblique et S?mitique: http://www.retoricabiblicaesemitica.org/ Genevi?ve MOREL: Odipe: les limites psychanalytiques du mythe Ma "lecture insistante" m'am?nera ? d?chiffrer ce que Lacan dit du mythe d'Odipe pour Freud et la psychanalyse, entre 1959 et 1970, ? partir de courts passages ?pars dans ses s?minaires, et en m'aidant de La naissance d'Odipe de Jean Bollack. Il s'agit d'une p?riode de r??laboration intense, interm?diaire entre une r??criture structuraliste qui est une affirmation forte de l'Odipe (la m?taphore paternelle et le Nom-du-P?re en 1958) et une mise en question radicale qui le r?duit ? n'?tre plus qu'un avatar n?vrotique du sympt?me (1975). ?tapes non exhaustives de ce chantier: 1. "Le d?sir et son interpr?tation", 29 avril 1959 (s?minaire non publi?). La diff?rence entre Odipe et Hamlet. 2. L'?thique, 16 mars 1960, Seuil, p. 207-209. Le mythe du meurtre du p?re. 3. "Des Noms-du-P?re", 20 novembre 1963, Seuil, p. 89. La supposition de la jouissance pure du p?re comme primordial. 4. "L'acte psychanalytique", 21 f?vrier 1968 (s?minaire non publi?). Les limites du mythe d'Odipe. Il y a trois mythes du meurtre du p?re. 5. "L'acte psychanalytique. Compte-rendu", Autres ?crits, Seuil, p. 380. L'Odipe : mythe, recours ? la sc?ne ou mise en sc?ne? 6. L'envers de la psychanalyse, 9 avril 1970, Seuil, p. 139-141. Le meurtre du p?re est la condition de la jouissance. Jan-Dirk M?LLER: Le chant de Narcisse (Heinrich v. Morungen MFr 145,1) Le "Narzi?lieb" de Heinrich von Morungen est un des chants les plus c?l?bres du Minnesang allemand. Il cite le mythe de Narcisse comme horizon d'explication du paradoxe amoureux. Comme Narcisse est amoureux de l'image de sa propre beaut?, l'amant est amoureux de la perfection de sa dame. L'objet de l'amour n'est qu'une projection: il n'existe que comme reflet, dans un miroir, dans une source. Il est hors d'atteinte; l'essai de le toucher le d?truit: le miroir est cass?, l'image dans la source dispara?t. Plus, la beaut? parfaite se rev?le bless?e. Dans le po?me m?di?val, cette d?couverte m?ne ? une r?flexion sur la mort et le caract?re fugitif de l'amour courtois. La communication analysera les allusions au mythe antique et ses transformations dans le chant de Morungen, le jeu des m?taphores, la coh?sion difficile des stances, la relation entre l'amour et la mort et le processus de r?flexion sur ce sujet. Il liera le chant comme sympt?me des tensions fondamentales entre l'id?al courtois et une culture domin?e par le christianisme. Renate SCHLESIER: L'immortelle Aphrodite, compagnon de lutte de Sappho Le fragment 1 de l'?dition Poetarum Lesbiorum Fragmenta ?tablie par Lobel et Page est le seul po?me de l'ouvre de Sappho transmis en entier. Il prend la forme d'une invocation de la femme-po?te adress?e ? "l'immortelle Aphrodite" qui est appel?e ? une ?piphanie aupr?s de Sappho et ? lui servir de "compagnon de lutte". Or, le but de cette lutte n'est pas explicitement sp?cifi? au cours des 28 vers du po?me. La grande majorit? des savants n'y voit aucun probl?me. On l'identifie, comme ailleurs chez Sappho, au consentement d?sir? de celle dont elle est tomb?e amoureuse. Dans mon expos?, il s'agira de mettre cette lecture en question et d'en proposer une autre qui s'appuie sur une analyse m?ticuleuse du vocabulaire, de la syntaxe, de la s?mantique et de la composition de ce po?me ainsi que sur une investigation du d?bat savant qui lui a ?t? consacr? jusqu'ici. Ulrich WYSS: Une comparaison impossible. Les romans en vers de Tristan et Iseut Des romans de Tristan qui, au XII?me si?cle, invent?rent le mythe europ?en de l'amour, il ne nous reste que des d?bris: un long fragment du roman de B?roul, quelques fragments de l'ouvre de Thomas (de Bretagne), deux versions d'un po?me ?pisodique traitant de Tristan d?guis? en fou (les "Folies Tristan"), un lai de Marie de France ("Ch?vrefeuille") et un r?cit bref qui parle de Tristan imitant la voix du rossignol. Or, ces t?moins en langue vernaculaire fran?aise nous sont indispensables lorsqu'il s'agit de lire les romans en moyen-haut-allemand qui, ?videmment, sont des adaptations de mod?les fran?ais: le roman d'un certain Eilhart von Oberg, probablement petit chevalier au service des ducs de Saxe, et l'immense po?me de Gottfried von Stra?burg, clerc de grande culture litt?rarire et philosophique. "Eilhart" nous est parvenu, d'une part dans quelques fragments ?pars datant de la fin du XII?me si?cle, d'autre part dans des versions plus ou moins compl?tes mais tr?s tardives, c'est-?-dire de la deuxi?me moiti? du XV?me si?cle, donc post?rieures de trois si?cles ? la cr?ation de l'ouvre et, peut-?tre, remani?es. Son mod?le nous est inconnu, tout aussi bien que celui du roman fragmentaire de B?roul, d'o? le paradoxe que nous devons lire, en tant que sp?cialistes de la litt?rature fran?aise du moyen-?ge, le roman allemand d'Eilhart, probablement post?rieur ? B?roul, comme rempla?ant de la source de celui-ci; et en tant que germanistes, B?roul pour nous faire une image de ce qu'aurait pu ?tre le roman dont Eilhart a mis en ouvre l'adaptation. Le chef-d'ouvre de Gottfried, quant ? lui, qui se veut explicitement fid?le au mod?le de Thomas, ne peut ?tre mis en comparaison qu'en ce qui concerne quelques rares passages, puisque son auteur nous l'a laiss? en tant que fragment: il nous en manque la fin, tandis que les manuscrits qui nous transmettent le texte de Thomas se placent justement vers la fin du r?cit: quelque 400 des 3000 vers du texte attribuable ? Thomas peuvent se mettre en rapport direct avec le texte de son adaptation allemande, qui comporte presque 20 000 vers. Un remaniement du roman de Thomas en langue norroise, ?crite pour la cour royale de Norv?ge dans les ann?es 1220, tient la place de la source de Gottfried aussi bien qu'il nous remplace les trois quarts de la source de celle-ci. Cette situation se pr?sente comme un d?dale philologique inextricable. Comment les versions post?rieures permettent-elles d'?lucider ce qui aurait pu, aurait d? les pr?c?der, les mettre au monde? Est-il possible de d?finir l'esth?tique d'un roman comme le Tristan de Gottfried par rapport aux fragments, tout aussi beaux - mais dans quelle logique de la beaut?, la m?me, ou une toute autre? -, de Thomas? La reconstruction du grand texte virtuel de ce dernier a ?t?, ? l'aube du si?cle dernier, l'impossible t?che que s'?tait donn?e Joseph B?dier. Quels sont les proc?d?s de lecture qu'il faut mettre en oeuvre pour d?finir les relations entre des chefs-d'ouvre partiellement inconnus? Quels m?canismes id?ologiques ont ?t? mis ? contribution pour combler les lacunes de la tradition litt?raire? Qu'est-ce que l'adaptateur aurait enseign? ? sa source? -------------------------------------------------------------------------- BIBLIOGRAPHIE DE JEAN BOLLACK : * ? F?te de la paix ?, trad. du po?me red?couvert de H?lderlin ? Friedensfeier ?, H?lderlin-Jahrbuch 9, 1955-1956, p. 226-231. * ? Sur deux fragments de Parm?nide (4 et 16) ?, Revue des ?tudes grecques 70, 1957, p. 56-71. * ? En l'an de paille. ?tude d'un po?me de Saint-John Perse (Vents) ?, Arguments 19, 1960, p. 37. * Emp?docle I. Introduction ? l'ancienne physique, Paris, ?ditions de Minuit 1965 ; Emp?docle II et III. Les Origines (?dition, trad. et commentaire des fragments et t?moignages), Paris, ?ditions de Minuit, 1969, 3 vol. (Emp?docle I-IV repris en 3 volumes en 1992, Paris, Gallimard). * Avec M. Bollack et H. Wismann: La lettre d'?picure (?d., trad. et comment. de La Lettre ? H?rodote), Paris, ?ditions de Minuit 1971. * ? Mythische Deutung und Deutung des Mythos ?, in M. Fuhrmann (?d.), Terror und Spiel. Probleme der Mythenrezeption (IVe colloque ? Poetik und Hermeneutik ?, Rheda, 1968), Munich, Fink 1971, p. 67-119; texte fran?ais: ? L'interpr?tation du mythe ? dans La Gr?ce de personne (voir ci-dessous 1997), p. 137-180. * Avec H. Wismann: H?raclite ou la S?paration (?dition, trad. et commentaire des fragments), Paris, ?ditions de Minuit 1972 (2e ?d. avec une nouvelle pr?face, 1995). * Lettre ? un pr?sident sur le d?couragement des ?tudes grecques en France, Paris, ?ditions de Minuit 1972. * Avec H. Wismann: ? Heidegger l'incontournable ?, Actes de la recherche en sciences sociales 5-6, p. 157-1. * ? Ulysse chez les philologues ?, Actes de la recherche en sciences sociales 1, 5-6, 1975, p. 9-35. * ? Critiques allemandes de l'Universit? de France : Thiersch, Hahn, Hillebrandt ?, Revue d'Allemagne 9, 1977 (Hommage ? Pierre Bertaux), p. 642-665. * ? Philologie et institution universitaire en France au XIXe si?cle ?, suivi de ? Remarques pr?liminaires sur l'histoire sociale de la philologie ? (introduction au colloque ? Sciencesphilologiques et traditions culturelles nationales au XIXe si?cle ?, Lille 1977). * J. B. et A. Laks (?ds.): Epicure ? Pythocl?s. 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