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Je travaille la question de la demande, du besoin et du d?sir et j'essaie de savoir o? Lacan en ? parler ... Quelqu'un peut-il me renseigner ? cordialement, Laurent MELITO Cr?ez votre adresse ?lectronique pr?nom.nom at laposte.net 1 Go d'espace de stockage, anti-spam et anti-virus int?gr?s.
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-- Emmanuel Bing Vient de para?tre : Les chemins d?Oniris, par E. Bing et M.-J. Keller http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=9362 ? Paris : RdC. - droite 10 rue Alasseur 75015 Paris 01 64 07 75 57 dans la Brie : La grange aux d?mes 1 rue du 11 novembre 77540 Voinsles (Rozay en Brie) 01 64 07 75 57 http://www.scytale.fr http://www.atelier-bing.com http://www.psychanalyse-77.com
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57-58 Seuil Jacques Lacan, Le S?minaire, Livre V, Les formations de l?inconscient, Seuil, 1998 Qu'est-ce que la demande? C'est ce qui, d'un besoin, passe au moyen du signifiant adress? ? l'Autre. Je vous ai d?j? fait remarquer la derni?re fois que cette r?f?rence m?ritait que nous essayions d'en sonder les temps. Les temps en sont si peu sond?s qu'un personnage ?minemment repr?sentatif de la hi?rarchie psychanalytique a fait tout un article, d'une douzaine de pages environ - j'y ai fait allusion quelque part dans l'un de 86 LE PEU-DE-SENS ET LE PAS-DE-SENS Mes articles -, pour s'?merveiller des vertus de ce qu'il appelle le Wording mot Anglais qui correspond ? ce que, plus maladroitement, nous appelons en fran?ais le passage au verbal ou la verbalisation. C'est ?videmment plus ?l?gant en Anglais. Une patiente ayant ?t? singuli?rement braqu?e par une intervention qu'il avait faite, il avait ?mis quelque chose qui voulait dire ? peu pr?s qu'elle avait de singuli?res, ou m?me de fortes demands, ce qui en Anglais a un accent plus insistant encore qu'en fran?ais. Elle en avait ?t? litt?ralement boulevers?e comme d'une accusation, une d?nonciation. Mais quand il avait refait la m?me interpr?tation quelques moments plus tard en se servant du mot needs, c'est-?-dire besoins, il avait trouv? quelqu'un de tout docile ? accepter son interpr?tation. Et l'auteur de s'en ?merveiller. Le caract?re de montagne donn? par l'auteur en question ? cette d?couverte, nous montre bien ? quel point l'art du Wording est encore, ? l'int?rieur de l'analyse, ou du moins d'un certain cercle de l'analyse, ? l'?tat primitif. Car ? la v?rit?, tout est l? - la demande est par soi-m?me si relative ? l Autre, que l'Autre se trouve tout de suite en posture d'accuser le sujet, de le repousser, alors qu'en ?voquant le besoin, il authentifie celui-ci, il l assume, il l'homologue, il l'am?ne ? lui, il commence d?j? ? le reconna?tre, ce qui est une satisfaction essentielle. Le m?canisme de la demande fait que l'Autre par nature, s'y oppose, on pourrait dire encore que la demande exige par nature, pour ?tre soutenue comme demande, que l'on s'y oppose. L introduction du langage dans la communication est illustr?e ? chaque instant par le mode sous lequel l'Autre acc?de ? la demande. R?fl?chissons bien. Le syst?me des besoins vient dans la dimension du langage pour y ?tre remodel?, mais aussi pour verser dans le complexe signifiant ? l'infini, et c'est ce qui fait que la demande est essentiellement quelque chose qui de sa nature se pose comme pouvant ?tre exorbitante. Ce n'est pas pour rien que les enfants demandent la lune. Ils demandent la lune Parce qu'il est de la nature d'un besoin qui s'exprime par l'interm?diaire du syst?me signifiant, de demander la lune. Aussi bien d ailleurs n'h?sitons-nous pas ? la leur promettre. Aussi bien d'ailleurs sommes-nous tout pr?s de l'avoir. Mais en fin de compte, nous ne l'avons pas encore, la lune. L'essentiel est de mettre ceci en relief - qu'est-ce qui se passe dans la demande de satisfaction d'un besoin? Nous r?pondons ? la demande, nous donnons ? notre prochain ce qu'il nous demande, mais par quel trou de souris faut-il qu'il passe? A quelle r?duction de ses pr?tentions faut-il qu'il se r?duise lui-m?me pour que la demande soit ent?rin?e? 87 LES STRUCTURES FREUDIENNES DE L'ESPRIT C'est ce que met suffisamment en valeur le ph?nom?ne du besoin quand il para?t nu. Je dirai m?me que pour acc?der au besoin en tant que besoin, il faut que nous nous r?f?rions, au-del? du sujet, ? je ne sais quel Autre qui s'appelle le Christ, et qui s'identifie au pauvre. Cela vaut pour ceux qui pratiquent la charit? chr?tienne, mais m?me pour les autres. L'homme du d?sir, le Dom juan de Moli?re, donne bien entendu au mendiant ce qu'il lui demande, et ce n'est pas pour rien qu'il ajoute pour l'amour de l'humanit?. C'est ? un Autre au-del? de celui qui est en face de vous que la r?ponse ? la demande, l'accord de la demande, est en fin de compte d?f?r?. Une des histoires sur lesquelles Freud fait pivoter son analyse du mot d'esprit, celle du saumon mayonnaise, est la plus belle ? en donner l'illustration. Il s'agit d'un personnage qui, apr?s avoir donn? ? un qu?mandeur quelque argent dont celui-ci a besoin pour faire face ? je ne sais quelles dettes, ? ses ?ch?ances, s'indigne de le voir donner ? l'objet de sa g?n?ro?sit? un autre emploi. C'est une v?ritable histoire dr?le. Apr?s le bienfait, il le retrouve donc dans un restaurant en train de s'offrir, ce qui est consi?d?r? comme le signe de la d?pense somptuaire, du saumon ? la mayon?naise. Il faut y mettre un petit accent viennois qu'appelle le ton de l'histoire. Il lui dit - Comment, est-ce pour cela que je t'ai donn? de l'argent ? Pour t offrir du saumon mayonnaise ? L'autre entre alors dans le mot d'esprit en r?pondant - Mais alors, je ne comprends pas. Quand je n'ai pas d'argent, je ne peux pas avoir de saumon mayonnaise, quand j'en ai, je ne peux pas non plus en prendre. Quand donc mangerai-je du saumon mayonnaise ? Tout exemple de mot d'esprit est rendu encore plus significatif par sa particularit?, par ce qu'il y a de sp?cial dans l'histoire, et qui ne peut ?tre g?n?ralis?. C'est par cette particularit? que nous arrivons au plus vif ressort du domaine que nous examinons. La pertinence de cette histoire n'est pas moindre que celle de n'im?porte quelle autre histoire, car toutes nous mettent toujours au c?ur m?me du probl?me, ? savoir le rapport entre le signifiant et le d?sir. Le d?sir est profond?ment chang? d'accent, subverti, rendu ambigu lui-m?me, par son passage par les voies de signifiant. Entendons bien ce que cela veut dire. Toute satisfaction est accord?e au nom d'un certain registre qui fait intervenir l'Autre au-del? de celui qui demande, et c'est cela pr?cis?ment qui pervertit profond?ment le syst?me de la demande et de la r?ponse ? la demande. V?tir ceux qui sont nus, nourrir ceux qui ont faim, visiter les malades - je n'ai pas besoin de vous rappeler les sept, huit ou neuf oeuvres de mis?ricorde. Les termes m?mes sont ici assez frappants. V?tir ceux qui 88 LE PEU-DE-SENS ET LE PAS-DE-SENS Sont nus - si la demande ?tait quelque chose qui devait ?tre soutenu dans sa pointe directe, pourquoi ne pas dire habiller ceux ou celles qui sont nus chez Christian Dior? Cela arrive de temps en temps, mais en g?n??ral, c'est qu'on a commenc? par les d?shabiller soi-m?me. De m?me, nourrir ceux qui ont faim - pourquoi pas leur saouler la gueule? ?a ne se fait pas, ?a leur ferait mal, ils ont l'habitude de la sobri?t?, il ne faut pas les d?ranger. Quant ? visiter les malades, je rappellerai le mot de Sacha Guitry - Faire une visite fait toujours plaisir, si ce n'est pas quand on arrive, c'est au moins quand on s'en va. La th?matique de la demande est ainsi au c?ur de ce qui fait aujour?d'hui notre propos. Essayons donc de sch?matiser ce qui se passe dans ce temps d arr?t qui, en quelque sorte, par une voie singuli?re, en ba?onnette si l'on peut s'exprimer ainsi, d?cale la communication de la demande par rapport ? son acc?s ? la satisfaction. Pour faire usage de ce petit sch?ma, je vous prie de vous reporter ? quelque chose qui, pour n'?tre pas autre que mythique, n'en est pas moins profond?ment vrai. Supposons ce qui doit tout de m?me bien exister quelque part, ne serait-ce que dans notre sch?ma, ? savoir une demande qui passe. En fin de compte, tout est l? - si Freud a introduit une nouvelle dimension dans notre consid?ration de l'homme, c'est, je ne dirais pas que quelque chose passe quand m?me, mais que quelque chose qui est destin? ? passer, le d?sir qui devrait passer, laisse quelque part, non seulement des traces, mais un circuit insistant. Partons donc de quelque chose qui repr?senterait la demande qui passe. Puisque enfance il y a, nous pouvons tr?s bien y faire se r?fugier la demande qui passe. L'enfant articule ce qui n'est encore chez lui qu'une articulation incertaine, mais ? laquelle il prend plaisir - c'est d'ailleurs ce ? quoi Freud se r?f?re. Le jeune sujet dirige sa demande. D'o? part-elle, alors qu'elle n'est pas encore entr?e enjeu ? Disons que quelque chose se dessine qui part de ce point que nous appellerons delta ou grand D, pour Demande. Qu'est-ce que cela nous d?crit? Cela nous d?crit la fonction du besoin. Quelque chose s'exprime, qui part du sujet, et dont nous faisons la ligne de son besoin. Elle se termine ici, en A, l? o? elle croise aussi la courbe de ce que nous avons isol? comme le discours, qui est fait de la mobilisation d un mat?riel pr?existant. Je n'ai pas invent? la ligne du dis?cours, o? le stock, tr?s r?duit ? ce moment, du signifiant est mis enjeu pour autant que le sujet articule corr?lativement quelque chose Voyez les choses. Elles se d?roulent sur deux plans, celui de l'intention, 89 LES STRUCTURES FREUDIENNES DE L'ESPRIT si confuse que vous la supposiez, du jeune sujet en tant qu'il dirige l ap?pel, et celui du signifiant, si d?sordonn? aussi que vous puissiez en sup?poser l'usage, pour autant qu'il est mobilis? dans cet effort, dans cet appel. Le signifiant progresse en m?me temps que l'intention jusqu'? ce que les deux atteignent ces croisements, A et M, dont je vous ai d?j? marqu? l utilit? pour comprendre l'effet r?troactif de la phrase qui se boucle. Avant la fin du deuxi?me temps, remarquez que ces deux lignes ne se sont pas encore entrecrois?es. En d'autres termes, celui qui dit quelque chose, dit ? la fois plus et moins que ce qu'il doit dire. La r?f?rence au caract?re t?tonnant du premier usage de la langue de l'enfant trouve ici son plein emploi. II y a progression simultan?e sur les deux lignes, et double ach?vement ? la fin du second temps. Ce qui a commenc? comme besoin s'appellera la demande, tandis que le signifiant se bouclera sur ce qui ach?ve, d'une fa?on aussi approximative que vous le voudrez, le sens de la demande, et qui constitue le message qu'?voque l'Autre - disons la m?re, pour de temps en temps admettre l'existence de bonnes m?res. L'institution de l'Autre coexiste ainsi avec l'ach?vement du message. L'un et l'autre se d?terminent en m?me temps, l'un comme message, l'autre comme Autre. Dans un troisi?me temps, nous verrons la double courbe s'achever au?-del? de A comme au-del? de M. Nous indiquerons, au moins ? titre hypoth?tique, comment nous pouvons nommer ces points terminaux et les situer dans cette structuration de la demande que nous essayons de mettre au fondement de l exercice premier du signifiant dans l'expres?sion du d?sir. 90 LE PEU-DE-SENS ET LE PAS-DE-SENS Je vous demanderais d'admettre, au moins provisoirement, comme la r?f?rence la plus utile pour ce que nous essayerons de d?velopper ult?rieurement, le cas id?al o? la demande rencontre exactement au troi?si?me temps ce qui la prolonge, ? savoir l'Autre qui la reprend ? propos de son message. Or ce que nous devons ici consid?rer, du c?t? de la demande, ne peut pas exactement se confondre avec la satisfaction du besoin, car l'exercice m?me de tout signifiant transforme la manifestation de ce besoin. De par l appoint du signifiant, un minimum de transformation - de m?taphore, pour tout dire - lui est apport?, qui fait que ce qui est signifi? est quelque chose d'au-del? du besoin brut, est remodel? par l'usage du signifiant. D?s lors, d?s ce commencement, ce qui entre dans la cr?ation du signifi? n'est pas pure et simple traduction du besoin, mais reprise, r?assomp?tion, remodelage du besoin, cr?ation d'un d?sir autre que le besoin. C'est le besoin plus le signifiant. De m?me que le socialisme, comme disait L?nine, est probablement quelque chose de tr?s sympathique, mais la communaut? parfaite a en plus l'?lectrification, de m?me, ici, dans l'ex?pression du besoin, il y a en plus le signifiant. De l'autre c?t?, du c?t? du signifiant, il y a assur?ment au troisi?me temps quelque chose qui correspond ? l'apparition miraculeuse - nous l'avons en effet suppos?e miraculeuse, pleinement satisfaisante - de la satisfaction chez l'Autre de ce message nouveau qui a ?t? cr??. C'est ce qui aboutit normalement ? ce que Freud nous pr?sente comme le plaisir de l'exercice du signifiant comme tel. Dans ce cas id?al de r?ussite, l'Autre vient dans le prolongement m?me de l'exercice du signifiant. Ce qui prolonge l'effet du signifiant comme tel, c'est sa r?solution en un plaisir propre, authentique, le plaisir de l'usage du signifiant. Vous pouvez l'inscrire sur quelque ligne limite. Je vous prie de l'admettre un instant ? titre d'hypoth?se - l'usage com?mun de la demande est comme tel sous-tendu par une r?f?rence primi?tive ? ce que nous pourrions appeler le plein succ?s, ou le premier succ?s, ou le succ?s mythique, ou la forme archa?que primordiale de l'exercice du signifiant. Cette hypoth?se restera sous-jacente ? tout ce que nous essayerons de concevoir de ce qui se produit dans les cas r?els de l'exercice du signifiant. Pour autant qu'il cr?e en m?me temps le message et l'Autre, le passage avec plein succ?s de la demande dans le r?el aboutit, d'une part, ? un remaniement du signifi?, qui est introduit par l'usage du signifiant comme tel, et, d'autre part, prolonge directement l'exercice du signifiant dans un plaisir authentique. L'un et l'autre se balancent. Il y a, d'une part, 91 LES STRUCTURES FREUDIENNES DE L'ESPRIT cet exercice du signifiant, que nous retrouvons en effet avec Freud tout ? fait ? l'origine du jeu verbal, et qui constitue un plaisir original toujours pr?t ? surgir. Il y a d'autre part ce qui se passe pour s'y opposer Nous allons voir maintenant de quoi il s'agit. Combien masqu?e est cette nouveaut?, qui appara?t non pas simple?ment dans la r?ponse ? la demande, mais dans la demande verbale elle-m?me, ce quelque chose d'original qui complexifie et transforme le besoin, qui le met sur le plan de ce que nous appellerons ? partir de l? le d?sir. Qu'est-ce que le d?sir? Le d?sir est d?fini par un d?calage essentiel par rapport ? tout ce qui est purement et simplement de l'ordre de la direction imaginaire du besoin - besoin que la demande introduit dans un ordre autre, l'ordre symbolique, avec tout ce qu'il peut ici apporter de perturbations. Si je vous prie de vous r?f?rer ? ce mythe premier, c'est parce qu'il faudra que nous nous y appuyions dans la suite, sauf ? rendre incompr??hensible tout ce qui nous sera par Freud articul? ? propos du m?canisme propre du plaisir du mot d'esprit. Cette nouveaut? qui appara?t dans le signifi? par l introduction du signifiant, nous la retrouvons partout, comme une dimension essentielle accentu?e par Freud ? tous les d?tours dans ce qui est manifestation de l'inconscient. Freud nous dit parfois que quelque chose appara?t au niveau des forma?tions de l'inconscient qui s'appelle la surprise. Il convient de la prendre, non pas comme un accident de cette d?couverte, mais comme une dimension fondamentale de son essence. Le ph?nom?ne de la surprise a quelque chose d originaire - qu'il se produise ? l'int?rieur d'une forma?tion de l inconscient pour autant qu'en elle-m?me elle choque le sujet par son caract?re surprenant, mais aussi bien si, au moment o? pour le sujet vous en faites le d?voilement, vous provoquez chez lui le sentiment de la surprise. Freud l'indique ? toutes sortes d'occasions, soit dans La Science des r?ves, soit dans la Psychopathologie de la vie quotidienne, soit encore, et ? tout instant, dans le texte du Trait d'esprit dans ses rapports avec l inconscient. La dimension de la surprise est consubstantielle ? ce qu'il en est du d?sir, pour autant qu'il est pass? au niveau de l'inconscient. Cette dimension est ce que le d?sir emporte avec lui d'une condition d ?mergence qui lui est propre en tant que d?sir. C'est proprement celle m?me par laquelle il est susceptible d'entrer dans l'inconscient. En effet, tout d?sir n'est pas susceptible d'entrer dans l'inconscient. Seuls entrent dans l'inconscient ces d?sirs qui, pour avoir ?t? symbolis?s, peuvent, en entrant dans l'inconscient, se conserver sous leur forme symbolique, 92 LE PEU-DE-SENS ET LE PAS-DE-SENS c'est-?-dire sous la forme de cette trace indestructible dont Freud reprend encore l'exemple dans le Witz. Ce sont des d?sirs qui ne s'usent pas, qui n ont pas le caract?re d'impermanence propre ? toute insatisfaction, mais qui sont au contraire support?s par la structure symbolique, laquelle les maintient ? un certain niveau de circulation du signifiant, celui que je vous ai d?sign? comme devant ?tre situ? sur ce sch?ma dans le circuit entre le message et l'Autre, o? il occupe une fonction variable selon les incidences o? il se produit. C'est par ces m?mes voies que nous devons concevoir le circuit tournant de l'inconscient en tant qu'il est l? toujours pr?t ? repara?tre. C'est par l'action de la m?taphore que se produit le surgissement du sens nouveau, pour autant qu'empruntant certains circuits originaux elle vient frapper dans le circuit courant, banal, re?u, de la m?tonymie. Dans le trait d'esprit, c'est ? ciel ouvert que la balle est renvoy?e entre message et Autre, et qu'elle produit l'effet original qui est le propre de celui-ci. Entrons maintenant dans plus de d?tails pour essayer de le saisir et de le concevoir. 3 Si nous quittons le niveau primordial, mythique, de la premi?re ins?tauration de la demande dans sa forme propre, comment les choses se font-elles ? Reportons-nous ? un th?me absolument fondamental tout au long des histoires de traits d'esprit. On n'y voit que cela, des qu?mandeurs, ? qui l'on accorde des choses. Soit on leur accorde ce qu'ils ne demandent pas, soit, ayant obtenu ce qu'ils demandent, ils en font un autre usage, soit ils se comportent vis-?-vis de celui qui le leur a accord? avec une toute sp??ciale insolence, reproduisant dans le rapport du demandeur au sollicit?, cette dimension b?nie de l'ingratitude, sans laquelle il serait vraiment insupportable d'acc?der ? aucune demande. Observez en effet, comme nous l'a fait remarquer avec beaucoup de pertinence notre ami Mannoni dans un excellent ouvrage, que le m?canisme normal de la demande ? laquelle on acc?de est de provoquer des demandes toujours renouvel?es. Qu'est-ce que, en fin de compte, cette demande, pour autant qu'elle rencontre son auditeur, l'oreille ? laquelle elle est destin?e? Faisons ici un petit peu d'?tymologie. Quoique ce ne soit pas dans l'usage du signi?fiant que r?side forc?ment la dimension essentielle ? laquelle on doive se r?f?rer, un peu d'?tymologie est pourtant bien l? pour nous ?clairer. 93 LES STRUCTURES FREUDIENNES DE L'ESPRIT La demande, si marqu?e des th?mes de l'exigence dans l'emploi concret du terme, plus encore en anglais qu'en d'autres langues, mais aussi bien dans d autres langues, c'est originairement demandare, se confier. La demande se place ainsi sur le plan d'une communaut? de registre et de langage, et accomplit une remise de tout soi, de tous ses besoins, ? un Autre auquel le mat?riel signifiant de la demande est lui-m?me emprunt?, pour prendre un autre accent. Ce d?placement est tout sp?cialement impos? ? la demande de par son fonctionnement effectif. Nous trouvons l? l'origine des mat?riaux employ?s m?taphoriquement, comme vous le voyez par le progr?s de la langue. Ce fait est bien pour nous instruire de ce dont il s'agit dans le fameux complexe de d?pendance que j'?voquais tout ? l'heure. En effet, selon les termes de Mannoni, quand celui qui demande peut penser qu'effecti?vement l Autre a vraiment acc?d? ? une de ses demandes, il n'y a en effet plus de limite - il est normal qu'il lui confie tous ses besoins. D'o? les bienfaits de l'ingratitude, que j'?voquais ? l'instant, qui met un terme ? ce qui ne saurait s'arr?ter. Mais aussi bien, de par l'exp?rience, le qu?mandeur n'a pas l'habitude de pr?senter ainsi sa demande toute nue. La demande n'a rien de confiant. Le sujet sait trop bien ? quoi il a affaire dans l'esprit de l'Autre, et c'est pourquoi il d?guise sa demande. Il demande quelque chose dont il a besoin au nom d'autre chose dont il a quelquefois besoin aussi, mais qui sera plus facilement admis comme pr?texte ? la demande. Au besoin, cette autre chose, s'il ne l'a pas, il l'inventera purement et simplement, et surtout il tiendra compte, dans la formulation de sa demande, de ce qui est le sys?t?me de l'Autre. Il s'adressera d'une certaine fa?on ? la dame d??uvre, d'une autre fa?on au banquier, d'une autre fa?on au marieur, d'une autre fa?on ? tel ou tel de ces personnages qui se profilent de fa?on si amusante dans ce livre du Witz. C'est-?-dire que son d?sir sera pris et remani? non seulement dans le syst?me du signifiant, mais dans le syst?me du signifiant tel qu'il est instaur?, ou institu? dans l'Autre. Sa demande commencera ainsi ? se formuler ? partir de l'Autre. Elle se r?fl?chit d'abord sur ceci, qui depuis longtemps est pass? ? l'?tat actif dans son discours, ? savoir le je. Celui-ci prof?re la demande pour la r?fl?chir sur l'Autre, et elle va par le circuit A-M s'achever en message. Ceci est l'appel, l'intention, ceci est le circuit secondaire du besoin. Il n'est pas indispensable de lui donner trop l'accent de la raison, sinon celui du contr?le - contr?le par le syst?me de l'Autre. Bien entendu, il implique d?j? toutes sortes de facteurs que nous sommes, uniquement pour l occa?sion, fond?s ? qualifier de rationnels. Disons que s'il est rationnel d en 94 LE PEU-DE-SENS ET LE PAS-DE-SENS tenir compte, il n'est pas pour autant impliqu? dans leur structure qu'ils soient effectivement rationnels. Que se passe-t-il sur la cha?ne du signifiant selon ces trois temps que nous voyons ici se d?crire? Quelque chose mobilise de nouveau tout l'appareil et tout le mat?riel, et arrive d'abord ici, en M. Puis, cela ne passe pas d embl?e vers l'Autre, mais vient ici se r?fl?chir sur ce quelque chose qui, au deuxi?me temps, a correspondu ? l'appel ? l'Autre, ? savoir l'objet. Il s agit de l'objet admissible par l'Autre, l'objet de ce que veut bien d?sirer l'Autre, bref l'objet m?tonymique. A se r?fl?chir sur cet objet, cela vient au troisi?me temps converger sur le message. Nous ne nous trouvons donc pas ici dans cet heureux ?tat de satisfac?tion que nous avions obtenu au bout des trois temps de la premi?re repr??sentation mythique de la demande, et de son succ?s, avec sa nouveaut? surprenante et son plaisir, par lui-m?me satisfaisant. Nous nous trouvons au contraire arr?t?s sur un message qui porte en lui-m?me un caract?re d ambigu?t?. Ce message est en effet une formulation qui est ali?n?e d?s son d?part, en tant qu'elle part de l'Autre, et qui aboutit de ce c?t? ? ce qui est en quelque sorte d?sir de l'Autre. Le message est la rencontre des deux. D'une part, c'est de l'Autre lui-m?me qu'a ?t? ?voqu? l'appel. D'autre part, dans son appareil signifiant m?me sont introduits toutes sortes d'?l?ments conventionnels, qui font ce que nous appellerons le caract?re de communaut? ou de d?placement des objets, pour autant que ceux-ci sont profond?ment remani?s par le monde de l'Autre. Et il est frappant qu'au troisi?me temps, comme nous l'avons vu, le discours cir?cule entre les deux points d aboutissement de la fl?che. C'est cela m?me qui peut aboutir ? ce que nous appelons lapsus, tr?buchement de parole. 95 LES STRUCTURES FREUDIENNES DE L'ESPRIT Il n'est pas certain que la signification ainsi form?e soit univoque. Elle l est m?me si peu que maldonne et m?connaissance sont un caract?re fondamental du langage, en constituent une dimension essentielle. C'est sur l'ambigu?t? de cette formation du message que va travailler le mot d'esprit. C'est ? partir de ce point qu'? des titres divers, sera form? le mot d'esprit. Je ne tracerai pas aujourd'hui encore la diversit? des formes sous les?quelles ce message, tel qu'il est constitu? dans sa forme essentiellement ambigu? quant ? la structure, peut ?tre repris pour suivre un traitement qui a, selon ce que nous dit Freud, le but de restaurer finalement le che?minement id?al devant aboutir ? la surprise d'une nouveaut? d'une part, et d'autre part au plaisir du jeu du signifiant. C'est l'objet du mot d'es?prit. L'objet du mot d'esprit est en effet de nous r??voquer la dimension par laquelle le d?sir, sinon rattrape, du moins indique tout ce qu'il a perdu en cours de route dans ce chemin, ? savoir, d une part ce qu'il a laiss? de d?chets au niveau de la cha?ne m?tonymique, et d'autre part, ce qu'il ne r?alise pas pleinement au niveau de la m?taphore. Si nous appelons m?taphore naturelle ce qui s'est pass? tout ? l'heure dans la transition id?ale du d?sir acc?dant ? l'Autre, en tant qu'il se forme dans le sujet et se dirige vers l'Autre qui le reprend, nous nous trouvons ici ? un stade plus ?volu?. En effet, sont d?j? intervenues dans la psycho?logie du sujet ces deux choses qui s'appellent le je d'une part, et, d'autre part, cet objet profond?ment transform? qu'est l'objet m?tonymique. D?s lors, nous ne nous trouvons pas devant la m?taphore naturelle, mais devant son exercice courant, qu'elle r?ussisse ou qu'elle ?choue dans l ambigu?t? du message, ? quoi il s'agit maintenant de faire un sort dans les conditions restant ? l'?tat naturel. Toute une partie du d?sir continue de circuler sous la forme de d?chets du signifiant dans l'inconscient. Dans le cas du trait d'esprit, par une sorte de for?age, il passe l'ombre heureuse, le reflet de la satisfaction ancienne Succ?s ?tonnant, et purement v?hicul? par le signifiant. Disons que quelque chose se passe qui a pour effet, tr?s exactement, de reproduire le plaisir premier de la demande satisfaite, en m?me temps qu'elle acc?de ? une nouveaut? originale. Voil? ce que le trait d'esprit, de par son essence, r?alise. Il le r?alise comment? Ce sch?ma peut nous servir ? apercevoir que l'ach?vement de la courbe premi?re de la cha?ne signifiante prolonge aussi ce qui passe du besoin intentionnel dans le discours. Comment cela? Par le trait d'esprit. Mais comment le trait d'esprit va-t-il venir au jour? Nous retrouvons ici les dimensions du sens et du non-sens, mais nous devons les serrer de plus pr?s. 96 LE PEU-DE-SENS ET LE PAS-DE-SENS Si les indications que je vous ai donn?es la derni?re fois sur la fonction m?tonymique visaient quelque chose, c'est bien ce qui, dans le d?roule?ment simple de la cha?ne signifiante, se produit d'?galisation, de nivelle?ment, d'?quivalence. C'est un effacement ou une r?duction du sens, mais ce n'est pas dire que ce soit le non-sens. J'avais pris ? ce propos la r?f??rence marxiste - mettre en fonction deux objets de besoin de fa?on telle que l'un devienne la mesure de la valeur de l'autre, efface de l'objet ce qui est pr?cis?ment l'ordre du besoin, et l'introduit de ce fait dans l'ordre de la valeur. Du point de vue du sens, cela peut ?tre appel? par une esp?ce de n?ologisme qui pr?sente aussi bien une ambigu?t?, le d?-sens. Appelons-le aujourd'hui simplement le peu-de-sens. Une fois que vous aurez cette clef, la signification de la cha?ne m?tonymique ne manquera pas de vous appara?tre Le peu-de-sens est tr?s pr?cis?ment ce sur quoi jouent la plupart des mots d esprit. Il ne s'agit pas de non-sens, car dans le mot d'esprit nous ne sommes pas de ces ?mes nobles qui, tout de suite apr?s le grand d?sert qui les habite, nous r?v?lent les grands myst?res de l'absurdit? g?n?rale. Le discours de la belle ?me, s'il n'a pas r?ussi ? ennoblir nos sentiments, a r?cemment anobli un ?crivain. Son discours sur le non-sens n'en est pas moins le plus vain que nous ayons jamais entendu. Il n'y a absolument pas jeu du non-sens chaque fois que l'?quivoque est introduite. Si vous vous souvenez de l'histoire du veau, ce veau dont je m'amusais la derni?re fois ? faire presque la r?ponse de Henri Heine, disons que ce veau ne vaut gu?re ? la date ? laquelle on en parle. Aussi bien tout ce que vous pour?rez trouver dans les jeux de mots, et plus sp?cialement ceux que l'on appelle les jeux de mots de la pens?e, consiste ? jouer sur la minceur des mots ? soutenir un sens plein. C'est ce peu-de-sens qui, comme tel, est repris, et c'est par o? quelque chose passe qui r?duit ? sa port?e ce mes?sage, en tant qu'il est ? la fois r?ussite et ?chec, mais toujours forme n?cessaire de toute formulation de la demande. Le message vient inter?roger l'Autre ? propos du peu-de-sens. La dimension de l'Autre est ici essentielle. Freud s'arr?te ? ceci comme ? quelque chose de tout ? fait primordial, qui tient ? la nature m?me du trait d'esprit, ? savoir qu'il n'y a pas de trait d'esprit solitaire. Quoique nous l'ayons nous-m?me forg?, invent?, si tant est que nous inventions le trait d'esprit, et que ce ne soit pas lui qui nous invente, nous ?prouvons le besoin de le proposer ? l'Autre. Le trait d esprit est solidaire de l'Autre qui est charg? de l'authentifier. Quel est cet Autre? Pourquoi cet Autre? Quel est ce besoin de l'Autre? Je ne sais pas si nous aurons assez de temps aujourd'hui pour le 97 LES STRUCTURES FREUDIENNES DE L'ESPRIT d?finir et lui donner sa structure et ses limites, mais, au point o? nous en sommes, nous dirons simplement ceci. Ce qui est communiqu? dans le trait d esprit ? l'Autre, joue essentiellement, d'une fa?on singuli?rement rus?e, sur la dimension du peu-de-sens. Il convient de soutenir devant nos yeux le caract?re de ce dont il s'agit. Il ne s'agit jamais dans le Witz de provoquer cette invocation path?tique de je ne sais quelle absurdit? fondamentale ? laquelle je faisais allusion tout ? l'heure en me r?f?rant ? l??uvre de l'une des Grandes T?tes Molles de cette ?poque. Ce qu'il s'agit toujours de sugg?rer, c'est la dimension du peu-de-sens, en inter?rogeant la valeur comme telle, en la sommant, si l'on peut dire, de r?ali?ser sa dimension de valeur, de se d?voiler comme vraie valeur. Remar?quez-le bien, c'est une ruse du langage, car plus elle se d?voilera comme vraie valeur, plus elle se d?voilera comme ?tant support?e par ce que j'appelle le peu-de-sens. Elle ne peut r?pondre que dans le sens du peu?d-e-sens, et c est l? qu'est la nature du message propre du trait d'esprit, c'est-?-dire ce en quoi ici, au niveau du message, je reprends avec l'Autre le chemin interrompu de la m?tonymie, et lui porte cette interrogation - Qu'est-ce que tout cela veut dire ? Le trait d'esprit ne s'ach?ve qu'au-del? de ce point, c'est-?-dire pour autant que l'Autre accuse le coup, r?pond au trait d'esprit, et l authentifie comme tel. Il faut pour qu'il y ait trait d'esprit que l'Autre ait per?u ce qu'il y a l?, dans ce v?hicule de la question sur le peu-de-sens, de demande de sens, c'est-?-dire d'?vocation d'un sens au-del? - au-del? de ce qui reste inachev?. Dans tout cela, quelque chose en effet est rest? en route, marqu? par le signe de l'Autre. Ce signe marque surtout de sa profonde ambigu?t? toute formulation du d?sir, liant celui-ci comme tel aux n?cessit?s et aux ambigu?t?s du signifiant, ? l'homonymie, entendez ? l'homophonie. L'Autre r?pond ? cela sur le circuit sup?rieur, qui va de A au message, en authentifiant - mais quoi? Dirons-nous qu'il authentifie ce qu'il y a l?-dedans de non-sens? L? aussi j insiste - je ne crois pas qu'il faille maintenir ce terme de non-sens, qui n a de sens que dans la perspective de la raison, de la critique, c est-?-?dire de ce qui est pr?cis?ment ?vit? dans ce circuit. Je vous propose la formule du pas-de-sens - comme on dit le pas-de-vis, le pas-de-quatre, le Pas-de-Suse, le Pas-de-Calais. Ce pas-de-sens est ? proprement parler ce qui est r?alis? dans la m?ta?phore C'est l'intention du sujet, c'est son besoin qui, au-del? de l'usage m?tonymique, au-del? de ce qui se trouve dans la commune mesure, dans les valeurs re?ues ? se satisfaire, introduit justement dans la m?ta?phore le pas-de-sens. Prendre un ?l?ment ? la place o? il est et lui en 98 LE PEU-DE-SENS ET LE PAS-DE-SENS substituer un autre, je dirais presque n'importe lequel, introduit cet au-del? du besoin par rapport ? tout d?sir formul?, qui est toujours ? l origine de la m?taphore. Qu'est-ce que fait l? le trait d'esprit? Il n'indique rien de plus que la dimension m?me du pas comme tel, ? proprement parler. C'est le pas, si je puis dire, dans sa forme. C'est le pas vid? de toute esp?ce de besoin. C'est l? ce qui, dans le trait d'esprit, peut tout de m?me manifester ce qui en moi est latent de mon d?sir, et c'est quelque chose qui peut trouver ?cho dans l'Autre, mais non pas forc?ment. Dans le mot d'esprit, l'im?portant est que la dimension du pas-de-sens soit reprise, authentifi?e. C'est ? cela que correspond un d?placement. Ce n'est qu'au-del? de l'objet que se produit la nouveaut? en m?me temps que le pas-de-sens, et en m?me temps pour les deux sujets. Il y a le sujet et il y a l'Autre, le sujet est celui qui parle ? l'Autre, et qui lui communique la nouveaut? comme trait d esprit. Apr?s avoir parcouru le segment de la dimension m?tonymique, il fait recevoir le peu-de-sens comme tel, l'Autre y authentifie le pas-de-sens, et le plaisir s'ach?ve pour le sujet. C'est pour autant que le sujet est arriv? avec son trait d'esprit ? sur?prendre l'Autre que lui r?colte le plaisir, et c'est bien le m?me plaisir pri?mitif que le sujet infantile, mythique, archa?que, primordial, que je vous ?voquais tout ? l'heure, avait recueilli du premier usage du signifiant. Je vous laisserai sur cette d?marche. J'esp?re qu'elle ne vous a pas paru trop artificielle, ni trop p?dante. Je m'excuse aupr?s de ceux ? qui cette sorte de petit exercice de trap?ze donne mal ? la t?te, non pas que je ne vous croie pas capables en esprit de saisir ces choses. Je ne pense pas que ce que Kant appelle votre Mutterwitz, votre bon sens, soit tellement adul?t?r? par les ?tudes m?dicales, psychologiques, analytiques et autres aux?quelles vous ?tes livr?s, que vous ne puissiez me suivre dans ces chemins par de simples allusions. N?anmoins, les lois de mon enseignement ne rendent pas non plus hors saison que nous disjoignions d'une fa?on quel?conque ces ?tapes, ces temps essentiels, du progr?s de la subjectivit? dans le trait d'esprit. Subjectivit?, c'est l? le mot auquel je viens maintenant, car jusqu'? pr?sent, et aujourd'hui encore, en maniant avec vous les cheminements du signifiant, quelque chose, au milieu de tout cela manque - manque non pas sans raison, vous le verrez. Ce n'est pas pour rien qu'au milieu de tout cela nous ne voyions aujourd'hui appara?tre que des sujets quasi?ment absents, des sortes de supports pour renvoyer la balle du signifiant. Et pourtant, quoi de plus essentiel ? la dimension du trait d'esprit, que la subjectivit? ? 99 LES STRUCTURES FREUDIENNES DE L'ESPRIT Quand je dis subjectivit?, je dis que nulle part n'est saisissable l'objet du trait d'esprit. M?me ce qu'il d?signe au-del? de ce qu'il formule, m?me son caract?re d'allusion essentielle, d'allusion interne, ne fait ici allusion ? rien, si ce n'est ? la n?cessit? du pas-de-sens. Et pourtant, dans cette absence totale d'objet, en fin de compte quelque chose soutient le trait d'esprit, qui est le plus v?cu du v?cu, le plus assum? de l'assum?, ce qui en fait une chose si subjective. Comme le dit quelque part Freud, il y a l? une conditionnalit? subjective essentielle, et le mot souverain est l? qui surgit entre les lignes. N'est trait d'esprit, dit-il dans une de ces formules au caract?re ac?r? que l'on ne trouve presque dans aucun auteur litt??raire, je n'ai jamais vu cela sous la plume de personne - n'est trait d'esprit que ce que je reconnais moi-m?me comme trait d'esprit. Et pourtant j'ai besoin de l'autre. Tout le chapitre qui suit celui du M?canisme du plaisir, dont je viens de vous parler aujourd'hui, ? savoir Les Motifs de l'esprit, les tendances sociales mises en valeur par l'esprit - on a traduit en fran?ais par les mobiles, je n'ai jamais compris pourquoi - a pour r?f??rence essentielle cet autre. Il n'y a pas de plaisir du trait d esprit sans cet autre, qui est l? aussi en tant que sujet. Tout repose sur les rapports des deux sujets, celui que Freud appelle la premi?re personne du trait d'es?prit, celui qui l'a fait, et celui auquel, dit-il, il est absolument n?cessaire qu'on le communique. Quel est l'ordre de l'autre que cela sugg?re? Pour le dire d?s mainte?nant, ? ce niveau cet autre est bien ? proprement parler, avec des traits caract?ristiques qui ne sont saisissables nulle part ailleurs avec un tel relief, ce que j'appelle l'Autre avec un grand A. C'est ce que j'esp?re vous montrer la prochaine fois. 4 D?CEMBRE 1957 -102- Version Jacques Alain miller -------Message original------- De : Emmanuel Bing Date : 14/12/2007 17:38:36 A : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne Sujet : [Lutecium-group] Re : (sans objet) lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- S?minaire V, les formations de l?inconscient. EB Le 13/12/07 22:06, ? laurent.melito ? <laurent.melito at laposte.net> a ?crit notamment : pas
etre diffuse hors du groupe. --- Je travaille la question de la demande, du besoin et du d?sir et j'essaie de savoir o? Lacan en ? parler ... Quelqu un peut-il me renseigner ? cordialement, Laurent MELITO Cr?ez votre adresse ?lectronique pr?nom.nom at laposte.net 1 Go d'espace de stockage, anti-spam et anti-virus int?gr?s. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
-- Emmanuel Bing Vient de para?tre : Les chemins d?Oniris, par E. Bing et M.-J. Keller http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=9362 ? Paris : RdC. - droite 10 rue Alasseur 75015 Paris 01 64 07 75 57 dans la Brie : La grange aux d?mes 1 rue du 11 novembre 77540 Voinsles (Rozay en Brie) 01 64 07 75 57 http://www.scytale.fr http://www.atelier-bing.com http://www.psychanalyse-77.com _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --- Antivirus avast! : message Entrant sain. Base de donnees virale (VPS) : 071213-0, 13/12/2007 Analyse le : 14/12/2007 17:39:41 avast! - copyright (c) 1988-2007 ALWIL Software. http://www.avast.com
Bonsoir Laurent, Pour cette question fondamentale, vous pouvez chercher dans le livre 5 du S?minaire. Je nage un peu ces jours et je n'ai pas encore trouv? quoi que ce soit sur le sujet de la prostitution, mais je chercherai d?s que je serai un peu plus tranquille.... Bien ? vous, Violaine Le 13 d?c. 07, ? 22:06, laurent.melito a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Je travaille la question de la demande, du besoin et du d?sir et j'essaie de savoir o? Lacan en ? parler ... Quelqu'un peut-il me renseigner ? cordialement, Laurent MELITO
Cr?ez votre adresse ?lectronique pr?nom.nom at laposte.net 1 Go d'espace de stockage, anti-spam et anti-virus int?gr?s. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
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