[Lutecium-group] Lacan et poésie III
Avec, en t?te, mon objectif d'?tudier le processus cr?atif diff?rent des buts que se fixent les psychanalystes, je continue donc la lecture de votre tapuscrit " Lacan et po?sie " : Page 21+2 L' entreprise de S. Freud de relier les souvenirs de L. da Vinci et son oeuvre est louable mais je ne pense pas qu' on puisse si facilement rep?rer le cheminement de l'expression du cr?ateur ? son oeuvre. La raison en est simple, ? mes yeux : en empruntant ? S. Freud cette id?e - qui est aussi celle de J. Lacan si je ne me trompe - que pour ?tre socialis? le d?sir doit passer les diff?rentes strates de l' appareil psychique, on a affaire ? une op?ration de traduction. A ce propos et puisque je m' adresse aux lut?ciens, j' ai regrett? que ni David Th?paud ni Liliane Fainsilver (ni d' autres interess?s comme B. de Florence) n'ait donn? suite ? cette initiative d'?tude de la traduction sur Lut?cium. Car l' exemple de la pierre de Rosette me revient ? l' esprit qui, quelque part chez J. Lacan indique bien que du d?sir inconscient ? son expression "socialis?", on passe bien par une modification de la perception initiale soumise ? la censure. Or, point n' est besoin de le dire et redire, traduire, c'est immanquablement trahir, ?tant bien entendu que ni les paroles dites (interpr?tariat ) ni les codes textes ( traduction ) ne contiennent en eux-m?me un sens quelconque. Au plus sont-ils eux-m?mes l' expression d'un d?sir lointain m?connaissable dont le sens doit ?tre reconstruit ? partir des signes mis ? disposition d' un interpr?tant. De ce point de vue, la s?miotique de Peirce dont nous entretenait B. de Florence aurait ?t? d' un utile secours puisqu' elle fait intervenir justement l'interpr?tant. Bref et quoi qu'il en soit de l' erreur freudienne sur l'interpr?tation d' un Souvenir de Leonard de Vinci, je comprend la position lacanienne concernant l' application de la psychanalyse ? l' oeuvre d'art. Page 22 +2 (erreur de num?rotation )vous ?crivez : (en haut de la page) Dans cet ouvrage, Freud expose ? nouveau son concept de sublimation. Mais r?p?te-t-il, l' artiste ni le psychanalyste ne peuvent indiquer l'o? vien ce pouvoir conf?r? ? l' artiste " par une nature bienveillante " d' exprimer par des cr?ations qui "saisissent puissamment les autres " ses motions psychiques les plus secr?tes" ce qui nous am?ne ? la notion de sublimation (page 22+2) Page 23+2 Freud consid?re que la sublimation permet un accomplissement du d?sir. La pulsion sexuelle ?change son but imm?diat contre d?autres, non sexuels, plac?s plus haut sur l??chelle des valeurs. Il pose que la sublimation est activ?e par une pouss?e d??nergique refoulement ? la sortie de l?OEdipe. L?analysant comme une d?rivation de la pulsion sexuelle ? vers les buts les plus ?lev?s ?, il lie la sublimation ? l?id?al60. Mon scepticisme concernant la sublimation comme explication de la production d'oeuvres d'art, vient essentiellement de ce que je consid?re comme malhonn?tet? intellectuelle, de b?tir une "th?orie psychosexuelle " du "tout sexuel " pour ensuite, par rapport ? l' oeuvre d'art, justement parce que les artistes (ou cr?ateurs) ont la possibilit? "d'exprimer par des cr?ations qui saissisent puissamment les autres ses motions psychiques les plus secr?tes", couvrir la complexit? du cheminement du cr?ateur, de son d?sir ? l' oeuvre achev?e d'un mot comme "sublimation" alors qu'interpr?ter l'oeuvre avec des concepts psychanyltiques pour ?lucider ce cheminement myst?rieux revient ? plaquer sur les signes d' expression du cr?ateur une interpr?tation qui ne vaut que pour l' interpr?tant (les diff?rentes ?tapes de traductions du d?sir ? l'oeuvre, pourraient ?ventuellement ?tre ?lucid? par le cr?ateur lui-m?me et communiqu?es comme telles soit au cours d' une analyse si le sujet cr?ateur se soumets ? la logique des signifiants en parlant ? un psychanalyste dans la situation analytique soit hors situation analytique par les interpr?tations apr?s-coup de son oeuvre (fort diff?rentes, soit dit en passant, de celles de son public "puissamment saisi ". Voil? pour la position freudienne demandant au cr?ateur de donner un sens ? son oeuvre. Maintenant J. Lacan, entrevoit la sublimation diff?remment: Page 27 Proc?dant dans son S?minaire de recherche61 ? une analyse du texte de Lacan sur Le ravissement de Lol V. Stein, Marie-H?l?ne Brousse avait soulign? que l?avanc?e de Lacan sur la question de la cr?ation artistique sera d?s lors de poser la sublimation ? partir de l?objet, comme moyen de r?cup?rer l?objet a, c?est-?-dire un plus-de-jouir. Si d'autre part, je me souviens que le psychanalyste dans la situation analytique se mets justement dans la position de l' objet a, j' en conclue, ? moins d' erreurs, que pour un cr?ateur hors situation psychanytique, l'oeuvre d'art serait en lieu et place de l'objet a cause de son d?sir (s'il ?tait en situation analytique) ? Est-ce une analogie trompeuse ? Bien cordialement -- Jean-fran?ois Doucet Novum corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives
participants (1)
-
j.f.doucet@medisin.uio.no