[Lutecium-group] Re: RE : lutecium-group: ac é die
le 23/05/04 17:20, JP Bienvenu ? jp.bienvenu at wanadoo.fr a ?crit?: test Ch.
-----Message d'origine----- De la part de liliane.fainsilber
ce texte qui permet de relire ce que Lacan dit de la tristesse dans T?l?vision ? propos de l'affect (entre autres, p.39)
Est-ce que vous pourriez dans ce texte, retrouver ce qui concerne cette "r?section des passions de l'?me" ? laquelle Lacan se r?f?re et qui est toujours rest?e fort ?nigmatique pour moi ?
Et pour moi aussi... J'ai cherch? dans Thomas, dont je ne suis pas un sp?cialiste patent? ; pas de traces, _sauf erreur_, de "resectio". Le Dr Lacan, lui, devait ?tre familier de ce terme m?dical (ou plus pr?cis?ment chirurgical) qui, en latin, s'appliquait particuli?rement, ? ma connaissance, ? l'?mondage de la vigne. Il pr?sente comme r?f?rence ce qui me semble ?tre plut?t une interpr?tation (ou une traduction) de sa part. Mais encore une fois, c'est peut-?tre mon incomp?tence qu'il faut incriminer.
Tout ce langage, rapport? ? Thomas, m'?tonne. Par exemple, il parle d'_affects_ (terme familier ? Spinoza) l? o? Thomas parle d'affections ou de passions (termes tr?s proches) :
"S. Augustin ?crit : ? Les mouvements de l??me que les Grecs nomment path?, certains des n?tres, comme Cic?ron, les appellent troubles ; d?autres, affections ou sentiments ; d?autres enfin, et avec plus de rigueur, les appellent passions, comme les Grecs. ? Ce texte montre bien que passions de l??me et affections sont identiques. Or les affections appartiennent manifestement ? l?app?tit et non au pouvoir de conna?tre ; il en va donc de m?me pour les passions. [...]
Si l?on appelle passions les affections d?sordonn?es, il ne peut y en avoir chez le vertueux en ce sens qu?il y serait donn? consentement apr?s d?lib?ration ; c?est ce qu?ont soutenu les sto?ciens. Mais si l?on appelle passions n?importe quels mouvements de l?app?tit sensible, ils peuvent exister chez le vertueux dans la mesure o? ils sont r?gl?s par la raison. [...]
Si nous appelons passions les affections d?sordonn?es, comme l?ont fait les sto?ciens, alors il est ?vident que la vertu parfaite est en dehors des passions. Mais si nous appelons passions tous les mouvements de l?app?tit sensible, alors il est clair que les vertus qui concernent les passions comme leur propre mati?re ne peuvent exister sans passions. On comprend bien pourquoi. Si cela se produisait, la vertu morale aurait pour effet de rendre l?app?tit sensible enti?rement inactif. Or la vertu ne consiste pas en ce que les forces soumises ? la raison s?abstiendraient de leurs actes propres, mais en ce qu?elles ex?cutent les ordres de la raison en accomplissant leurs actes propres. De m?me donc que la vertu ordonne les membres du corps aux actes ext?rieurs qu?ils doivent accomplir, de m?me elle ordonne l?app?tit sensible ? avoir ses propres mouvements bien r?gl?s."
Alors, ? quoi Lacan pense-t-il pr?cis?ment ? Il insiste sur le fait que pour Platon comme pour Thomas, "pour leur abord", il faut "en passer par ce corps". Certes oui. La tr?s classique m?taphore platonicienne t?te-c?ur-ventre ("epithumia ou surcoeur") est mobilis?e par Lacan pour le justifier. C'est une structure, chez Platon, et elle structure tout notre champ symbolique encore aujourd'hui, jusqu'aux classes sociales. Cf. par exemple, l'usage qu'en fait Fukuyama dans "La fin de l'histoire". Pour justifier philosophiquement cette "r?section" inh?rente aux passions, on peut lire le fichier attach? qui reprend un texte de Gilson sur les passions. On y voit une hi?rarchie descendante qui me semble ?tre ce ? quoi pense Lacan. Mais je m'avance avec prudence...
Il faudrait peut-?tre aussi chercher ce que Thomas dit de la tristesse (repris par Spinoza) : la joie "dilate" (il y a des textes amusants de Thomas l?-dessus, et d'abord dans le Platon du _Banquet_), la tristesse fait le contraire. Mais ce n'est pas de la "r?section"...
Alors, je donne un peu ma langue au chat.
JP B
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