[Lutecium-group] Re: Lutecium-group Digest, Vol 11, Issue 30
Bonjour ? tous, j'ai pr?par? quelques notes sur l'objet a tel que Lacan l'?labore dans le s?minaire de l'Angoisse. Je suis en difficult? avec la diff?rence et les points de similitude qu'il doit y avoir entre l'objet a, qui est sp?cifi? comme ?tant l'objet du deuil perdu et se r?fugiant dans une identification, donc "l'ombre de l'objet dans le moi" et l'objet partiel, que sont le sein, le scybale, l'oeil, la voix et le phallus, des bouts de corps du sujet dont il a ?t? s?par?, coup?. Il me semble que cet objet partiel se retrouve au coeur de l'objet a, en tant qu'objet perdu, deux fois perdu. J'aimerais bien avoir votre avis, sur les liens qui les unissent. Amicalement. Liliane Fainsilber. Groupe des cinq psychanalyses : http://liliane.fainsilber.free.fr/ Notes sur l'objet a et l'objet partiel Dans le s?minaire l'Angoisse Cette question de l'objet a - et dans la formule du fantasme et comme objet de la pulsion - c'est ce qui permet ? Lacan de franchir un pas d?cisif dans sa lecture du texte de Dora. Je vous en indique ce passage dans le s?minaire du 9 janvier 1963 : ?. je crois que la r?f?rence au transfert, ? la limiter simplement aux effets de r?p?tition, aux effets de reproduction, est quelque chose qui m?riterait d'?tre tout ? fait ?tendu. La dimension diachronique risque donc ? force d'insister sur l'?l?ment historique, sur l'?l?ment r?p?tition du v?cu, risque en tout cas, risque de laisser de c?t? toute une dimension non moins importante qui est pr?cis?ment ce qui peut appara?tre, ce qui est inclus, latent, dans la position de l'analyste, par quoi g?t dans l'espace qu'il d?termine la fonction de cet objet partiel. Je crois que cette analyse de la fonction de l'analyste comme espace du champ de l'objet partiel, c'est pr?cis?ment ce devant quoi, du point de vue analytique, nous a arr?t? Freud dans son article analyse finie et infinie. Si on part de l'id?e que la limite de Freud, ?a a ?t?, on la retrouve dans toutes ses observations, la non-aperception de ce qu'il y avait ? proprement ? analyser dans la relation synchronique de l'analys? et de l'analyste concernant cette fonction de l'objet partiel, on y verra le ressort m?me de son ?chec, de l'?chec de son intervention avec Dora, avec la femme du cas d'homosexualit? f?minine. ? Il continue donc sur cette voie mais si j'arr?te l?, c'est donc pour bien pr?ciser, avant de poursuivre la d?monstration de Lacan ce qu'est cet objet partiel ainsi d'ailleurs que ce qu'il appelle de fa?on je trouve surprenante la fonction de l'analyste comme ? espace de cet objet partiel ?. Quand nous aurons bien travaill? ce que Lacan nous raconte de cet objet partiel et de l'objet a, pour l'instant je ne sais si on peut les confondre, nous aurons la surprise de voir en quelque sorte r?habilit?, mis ? l'honneur le texte de Maurice ? Importance de la prise de conscience de l'envie du p?nis dans la cure d'une n?vrose obsessionnelle f?minine ?. En effet ce fantasme d'incorporation du phallus de l'analyste servira de tremplin ? Lacan pour d?montrer cette fonction de l'objet partiel que l'analyste est sens? d?tenir. Mais il ne s'en sert que pour mieux ?lever cet objet fantasmatique de l'analyste, au rang de signifiant, grand phi. Il y a dans le d?but de ce s?minaire l'angoisse, une formulation alg?brique de cet objet a, comme reste de l'op?ration subjective. Dans la s?ance du 21 novembre. L'Autre est le lieu du signifiant. Par rapport ? cet Autre le sujet s'incrit comme un quotient, il est marqu? du trait unaire. Il y a un reste, au sens de la division, c'est le a. ? Le fantasme, appui de mon d?sir, est dans sa totalit? du c?t? de l'Autre, Ce qui est de mon c?t? maintenant c'est justement ce qui me constitue comme inconscient, ? savoir A barr?, l'Autre en tant que je ne l'atteins pas ?. Pour l'instant, je pr?f?re partir plut?t des deux exemples litt?raires qui m'ont paru ?clairant quant ? cette fonction de l'objet a, l'exemple d'Hamlet et d'Oph?lie et de Nathana?l avec la poup?e Olympia. Avec Oph?lie, objet a d'Hamlet Ceux qui le souhaite pourrait aller relire tout ce que Lacan en a racont? dans le d?sir et son interpr?tation, mais l?, je reprends juste ce qu'il en dit dans le s?minaire du 28 novembre de 'L'angoisse ?. Lacan diff?rencie la sc?ne du monde et L'Autre sc?ne, celle du r?ve telle que Freud l'a d?crite mais qui est en fait plus vaste, celle ? o? toutes les choses du monde viennent ? se dire, ? se mettre en sc?ne selon les lois du signifiant ?. Mais il fait aussi une diversion sur ce qu'on a appel? dans cette pi?ce de Shakespeare ? la sc?ne dans la sc?ne ?, celle o? Hamlet met en sc?ne le forfait du roi, le meurtre de son p?re avec la complicit? de sa m?re. Ce que Lacan fait remarquer c'est que dans cette sc?ne, c'est Hamlet qui devient lui-m?me le meurtrier en jouant le r?le du roi. Et c'est ainsi qu'il d?finit l'image sp?culaire d'Hamlet. Mais il oppose ? cette image, une autre forme d'identification, celle ? l'objet du deuil, qui a lieu dans le cimeti?re, au moment o? Oph?lie est mise au tombeau. ( c'est dans le s?minaire du 28 novembre 1962 ) ? C'est dans la mesure o? une identification tout ? fait diff?rente que j'ai appel? identification avec Oph?lie, c'est dans la mesure o? l'?me furieuse d'Oph?lie. c'est au moment de la r?v?lation de ce qu'a ?t? pour lui cet objet n?glig?, m?connu, que nous voyons l? jouer dans Shakespeare ? nu cette identification ? l'objet du deuil . Cette identification ? l'objet du deuil. l'entr?e en Hamlet de la fureur de l'?me f?minine, c'est ce qui lui donne la force de devenir ? partir de l?, ce somnambule qui accepte tout, jusque et y compris dans le combat d'?tre celui qui tient l'enjeu, qui tient sa partie pour son ennemi, le roi lui-m?me, contre son image sp?culaire qui est La?rte. ? . Nous avons ici la distance qu'il y a entre deux sortes d'identifications imaginaires, celle au a et au i (a). Celle au i (a), l'image sp?culaire telle qu'elle nous est donn?e au moment de la sc?ne sur la sc?ne. Celle au a : ? celle plus myst?rieuse dont l'?nigme commence l? d'?tre d?velopp?e, ? quelque chose d'autre, l'objet, l'objet du d?sir comme tel, sans aucune ambigu?t? d?sign? dans l'articulation shakespearienne comme tel puisque c'est justement comme objet du d?sir qu'il a ?t? jusqu'? un certain moment n?glig?, qu'il est r?int?gr? sur la sc?ne par la voie justement de l'identification dans la mesure ou comme objet il vient ? dispara?tre, que l'on peut dire la dimension r?troactive. cet objet du d?sir dont ce n'est pas pour rien que d?sir en latin se dit d?siderium, ? savoir cette reconnaissance r?troactive, cet objet qui ?tait l?. ? Avec Olympia, la poup?e automate, celle qui a ?t? fabriqu?e avec les yeux de Nathana?l. C'est dans le s?minaire du 5 d?cembre que Lacan, ? propos de l'inqui?tante ?tranget? dont il fait le paradigme de l'angoisse, ?voque donc l'histoire de l'Homme au sable, l'un des contes d'Hoffmann. ? L'homme trouve sa maison en un point situ? dans l'Autre, au del? de l'image dont nous sommes faits et cette place repr?sente l'absence o? nous sommes. A supposer ce qui arrive qu'elle se r?v?le pour ce qu'elle est, la pr?sence ailleurs qui fait cette place comme absence, alors elle est la reine du jeu. Elle s'empare de l'image qui la supporte et l'image sp?culaire devient l'image du double . en nous faisant appara?tre comme objet de nous r?v?ler la non-autonomie du sujet. Tout ce que Freud a rep?r? comme exemple dans les textes hofmanniens qui sont au cour d'une telle exp?rience, l'homme au sable et son atroce histoire dans laquelle on voit le sujet rebondir de captations en captations devant cette sorte d'image qui ? proprement parler mat?rialise le sch?ma ultra-r?duit qu'ici je vous en donne, mais la poup?e dont il s'agit, que le h?ros du conte guette derri?re la fen?tre du sorcier . C'est proprement cette image dans l'op?ration de la compl?ter par ce qui en est la forme m?me du conte absolument distingu? l'oil. Et l'oil d'ont il s'agit ne peut ?tre que celui du h?ros du conte. ..... En ce point heim, ne se manifeste pas simplement ce que vous savez depuis toujours, ? savoir que le d?sir est toujours d?sir de l'Autre, ici d?sir dans l'Autre, mais que mon d?sir entre dans l'Autre o? il est attendu de toute ?ternit? sous la forme de l'objet que je suis, en tant qu'il m'exile de ma subjectivit? en r?solvant par lui-m?me tous les signifiants ? quoi cette subjectivit? est attach?e ? Plus loin il rajoute : . ? S barr? d?sir de a, formule du fantasme, je dirais, pour le dire sous une forme humoristique, que l'Autre s'?vanouisse, se p?me, devant cet objet que je suis, d?duction faite de ce que je me vois. ? Dans le texte de Freud sur l'Inqui?tante ?tranget?, on voit bien comment Olympia est une image d?tach?e de Nathana?l, ses yeux transplant?s sur la poup?e Olympia, greff?s sur elle, en apportant la preuve. Olympia est sa sour jumelle, son double f?minin, au moyen duquel il d?sire se faire aimer du p?re comme une femme. On a ainsi mis en sc?ne, l'objet partiel sous la forme des yeux de Nathana?l, et aussi Olympia double de Nathana?l qui lui sert de truchement pour se faire objet a dans le d?sir de l'Autre, dans le d?sir du p?re. C'est ce que confirme cette longue note de Freud dans son texte l'inqui?tante ?tranget? : ? Cette poup?e automate ne peut ?tre autre chose que la mat?rialisation de l'attitude f?minine de Nathana?l envers son p?re dans sa premi?re enfance. Les p?res de celle-ci, - Spalanzani et Coppola, - ne sont que des r??ditions, des r?incarnations des deux p?res de Nathana?l; l'all?gation, qui serait sans cela incompr?hensible, de Spalanzani, d'apr?s laquelle l'opticien aurait vol? les yeux de Nathana?l (voir plus haut) pour les poser ? la poup?e, acquiert ainsi une signification en tant que preuve de l'identit? d'Olympia et de Nathana?l. Olympia est en quelque sorte un complexe d?tach? de Nathana?l qui se pr?sente ? lui sous l'aspect d'une personne; la domination exerc?e par ce complexe trouve son expression dans l'absurde amour obsessionnel pour Olympia. Nous avons le droit d'appeler cet amour du narcissisme, et nous comprenons que celui qui en est atteint devienne ?tranger ? l'objet d'amour r?el. Combien il est exact, psychologiquement, que le jeune homme fix? au p?re par le complexe de castration devienne incapable d'?prouver de l'amour pour la femme, c'est ce que d?montrent de nombreuses analyses de malades dont la mati?re est moins fantastique, mais gu?re moins triste que l'histoire de l'?tudiant Nathana?l. ? Je n'ai pas encore bien cern? cette question de l'objet partiel mais simplement essay? de voir comment il joue son r?le dans les deux exemples que Lacan donne du fantasme. Dans le premier exemple, celui d'Oph?lie, je ne sais pas quel objet partiel pouvait ?tre en cause. On peut supposer que c'est l? aussi l'oil puisque c'est en voyant la sc?ne qu'il a pu ?prouver r?tro-activement quel objet elle a ?t?. Mais peut-on rajouter qu'il s'est peut-?tre identifi?e ? Oph?lie, qui elle, s'?tait sacrifi?e, objet a, sur la tombe de son p?re, r?pondant ? son d?sir, lui donnant la force d'en faire autant ? Dans la m?me veine, qu'en est-il de Dora et de son fr?re dans l'amour de leur m?re ? Si on reprend ce lointain souvenir ?cran de Dora o? elle se voit tiraillant l'oreille de son fr?re assis tout contre elle et su?ant son pouce. Ne peut-on en d?duire, en effectuant un rapprochement avec les deux sc?nes pr?c?dentes, que son fr?re en tant qu'objet a est celui qui r?pond au d?sir de sa m?re. Il en effet son pr?f?r? et il prend toujours son parti dans les dissensions familiales. Est-ce que l'objet partiel n'est pas le sein, dont le pouce est le substitut ? En tout cas ce qui m?rite d'?tre retenu c'est ce que Lacan avance de la fonction de l'analyste comme ? espace et champ de l'objet partiel ?. Ca vaut la peine de ne pas en rater la premi?re ?nonciation parce que je pense que c'est ? partir de l? que Lacan a commenc? ? ?chafauder toutes ses th?ses sur la Passe. Comme j'ai choisi ce mot ? ?chaffauder ? cela laisse deviner qu'elles ne m'emballent vraiment pas. D'ailleurs, apr?s quelques ann?es il les a de lui-m?me abandonn?es, en constatant leur ?chec. Ce qui ne retire rien au rep?rage qu'il a effectu? de ce lien singulier du d?sir de l'analysant au d?sir de l'analyste dans la synchronie, oppos?e ? la diachronie de son histoire rev?cue, reconstitu?e dans le transfert.
participants (2)
-
Immerfrey@aol.com -
Liliane.Fainsilber@wanadoo.fr