[Lutecium-group] Fwd: [Psychanalyse] Robert Stoller : le fantasme mis en actes
pour info cordial frans tassigny ---------- Forwarded message ---------- From: http://www.qwarkpsy.eur.st/ <franstassigny at hotmail.com> Date: 12 janv. 2007 16:41 Subject: [Psychanalyse] Robert Stoller : le fantasme mis en actes To: frans.tassigny at gmail.com [http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-854177,0.html] *Robert Stoller : le fantasme mis en actes* N? ? New York en 1925, Robert Stoller, psychiatre et psychanalyste, cr?a sur la C?te ouest, en 1954, la Gender Identity Research Clinic, v?ritable laboratoire de recherche sur la sexualit? humaine. C'est l? qu'il conceptualisa pour la premi?re fois la notion de gender (genre) pour d?signer le sentiment de l'identit? sexuelle, par opposition au sexe, qui d?finit l'organisation anatomique de la diff?rence entre le masculin et le f?minin. De l? na?tront les ?tudes contemporaines sur le genre (gender studies). Pendant des ann?es, il fut le seul clinicien ? s'int?resser ? toutes les formes de sexualit? dites perverses, aberrantes, transgressives ou criminelles (f?tichisme, sado-masochisme, ?changisme, transvestisme, exhibitionnisme, coprophilie, p?dophilie, meurtres rituels, etc.), mais aussi aux transsexuels, consid?r?s par la m?decine mentale comme des sortes de monstres. En 1968, il publia ? ce sujet un ouvrage admirable, devenu un classique, Recherches sur l'identit? sexuelle (Gallimard, 1978), dans lequel, ? travers de tr?s nombreux r?cits de cas, il revisitait toute la th?orie freudienne de la sexualit? pour d?signer clairement le transsexualisme comme un trouble de l'identit? sexuelle caract?ris? par la conviction in?branlable d'un sujet d'appartenir au sexe oppos?. Tout en montrant que ce trouble ?tait purement psychique, Stoller ne s'opposait pas ? l'id?e du recours ? la chirurgie. Mais surtout, au lieu de juger ou de classer, avec la froide objectivit? d'un pr?tendu id?al de la science, il parlait de la souffrance des transsexuels, de leur v?cu, de leur subjectivit?. Aussi bien inversait-il radicalement le regard que la clinique avait port? sur eux depuis des lustres. "RACE MAUDITE" C'est dans cette perspective qu'il commen?a ? s'int?resser ? la question de la perversion. Le terme portait en lui tout l'h?ritage ancien attach? ? la notion de perversit? : d?tourner, d?truire, inverser la loi, jouir du mal, ha?r les autres et soi-m?me. Depuis les grands travaux de la sexologie de la fin du XIXe si?cle, les psychiatres avaient pris l'habitude - relay?s par les psychanalystes - de consid?rer l'homosexualit? comme la pire des perversions, du fait m?me qu'elle portait atteinte ? l'ordre procr?atif sans se manifester visiblement par des actes barbares. Appartenant ? une "race maudite", l'homosexuel devait donc ?tre soign? ? d?faut d'?tre trait? comme un criminel. Au moment o? Stoller publie son livre sur la perversion, les homosexuels am?ricains ont entam? une lutte contre la psychiatrie afin d'?tre d?classifi?s du catalogue des perversions. Et du coup, la question se pose de savoir ce qu'est la perversion et qui peut ?tre d?sign? comme pervers. Au lieu de proposer un nouveau catalogue des comportements, Stoller d?montre que la perversion existe bien en tant que structure sp?cifiquement humaine et que le monde animal en est exclu, n'en d?plaise aux primatologues qui s'?vertuent ? qualifier de pervers un chimpanz? l?chant une chaussure ou aux sexologues libertaires qui pr?tendent qu'aucun acte sexuel n'est pervers et qu'en cons?quence la perversion n'existe pas. Selon Stoller, la perversion n'est pas rep?rable dans des pratiques sexuelles d?viantes, abjectes ou destructrices. Et encore moins dans l'homosexualit? qui n'en est pas une en tant que telle. Forme ?rotique de la haine, elle serait plut?t un fantasme mis en acte et destin? ? transformer en vengeance et en triomphe un ancien traumatisme infantile. Elle est donc induite par une ?ducation, souvent inconsciente, qui transforme un sujet en objet f?tichis? et d?shumanis?. Aussi bien la victime peut-elle alors devenir ? son tour un bourreau. Mais Stoller va plus loin. Il consid?re, ? la suite de Freud, que la perversion est n?cessaire ? la soci?t?. D'une part parce qu'elle permet de distinguer la norme et la pathologie, le bien et le mal, la loi et l'inversion de la loi. De l'autre, parce que les pervers peuvent, par la sublimation, se d?couvrir autres que ce qu'ils croyaient ?tre, ou encore devenir de grands cr?ateurs On comprend alors pourquoi Stoller portait sur les psychanalystes de son ?poque un regard d'une f?rocit? inou?e : "Le psychanalyste s'adonne au discours sur la morale comme l'ivrogne ? la boisson. Je n'ai nullement l'intention de me joindre ? ces augustes censeurs du comportement sexuel qui se chargent de dire si la libert? sexuelle est bonne ou mauvaise pour la soci?t? ou qui se prononcent sur les lois et la fa?on dont elles devraient ?tre appliqu?es pour garantir notre ordre moral." -------------------------------------------------------------------------------- LA PERVERSION. Forme ?rotique de la haine (Perversion : The Erotic Form of Hatred) de Robert Stoller. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par H?l?ne Couturier, Payot, "Petite biblioth?que", 298 p., 9 ?. Signalons aussi le num?ro 74 de la revue Cliniques m?diterran?ennes : "Trans-sexualit?, d?formation, d?chirement", coordonn? par Claire Nahon (nov. 2006, ?d. Er?s, 25 ?). Elisabeth Roudinesco -- Posted by http://www.qwarkpsy.eur.st/ to Psychanalyse<http://psychanalyse.blogspot.com/2007/01/robert-stoller-le-fantasme-mis-en.html>at 1/12/2007 04:41:00 PM -- Tassigny Frans Sint Fransiscusstraat 25 8400 Ostende BELGIQUE 0496 85 56 82 nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
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