[Lutecium-group] 19, 20 et 21 octobre 2006, Colloque L'écriture et l'extase à la Sorbonne et à l'ENS
Si vous n'arrivez pas ? voir correctement le programme et les images, suivez ce lien -> L'?criture et l'extase Colloque ? la Sorbonne et ? l'ENS 19, 20 et 21 octobre 2006 Organis? par : CRIMIC - Paris-IV Centre de Recherches Interdisciplinaires sur les Mondes Ib?riques Contemporains http://www.crimic.paris4.sorbonne.fr/ Savoirs et Clinique Association de formation permanente en clinique psychanalytique http://www.savoirs-et-clinique.eu/ Informations pratiques Frais de participation : 50 euros Tarif r?duit, ?tudiants de moins de 26 ans : 20 euros Gratuit pour les ?tudiants de Paris-IV Formation permanente : 200 euros Inscriptions par correspondance avant le 12 octobre Secr?tariat : CRIMIC, Paris-IV, Institut Hispanique, 31, rue Gay Lussac, 75005 Paris Sandrine Perez : Sandrine.Perez at paris4.sorbonne.fr tel : 00 33 1 40 51 25 48 sadi.lakhdari at wanadoo.fr Savoirs et clinique , 8 rue Basse, 59000 Lille Brigitte Lemonnier : blemonnier at sc.aleph.asso.fr t?l. 03 21 55 92 33 gmorel at sc.aleph.asso.fr a.. Bulletin d'inscription (pdf imprimable) b.. Argument du colloque c.. Programme d.. Triptyque (pdf imprimable) e.. Arguments des interventions et pr?sentation des intervenants -------------------------------------------------------------------------- L'?criture et l'extase Les ?crivains t?moignent ? diff?rents niveaux d'exp?riences bizarres. En th?oricienne, Sainte Th?r?se distinguait le ravissement, o? l'?me est violemment arrach?e au corps, de l'extase ? laquelle elle consent dans ses fian?ailles avec Dieu. Ces vertiges divins, dont on peut retrouver les accents dans l'amour profane, semblent aux antipodes d'autres ?mois, tels l'embrasement cosmique du h?ros gidien par un furtif contact charnel dans la nature. Et pourtant, celui-ci en souligne le caract?re d' ? illimitation ?. On pourrait multiplier les exemples litt?raires de ces exp?riences si diverses de l'illimit?, depuis les extases bachiques des Tragiques grecs jusqu'aux descriptions les plus crues des ?crivains d'aujourd'hui. ? propos de l'?nigmatique Finnegans Wake de Joyce, Lacan note que si on le lit, c'est parce qu'on sent pr?sente la jouissance de celui qui l'a ?crit. Avec le terme ambigu et polys?mantique de ? jouissance ?, il reprend les ph?nom?nes que Freud consid?re comme au-del? du principe de plaisir : exc?s de satisfaction ou souffrances intenses qui r?sonnent dans le corps et y laissent des traces. Il en distingue une grande vari?t? : sexuelle, phallique, de l'idiot, de l'Autre, de l'objet ou ? plus-de-jouir ?, autre jouissance, ? pastoute ? ou illimit?e (f?minine), folle, fantasmatique, symptomatique, etc. Le sujet, qui les ?prouve pourtant, a, dans la r?gle, le plus grand mal ? en parler pr?cis?ment. Or, dans leurs ?crits, les po?tes, les mystiques ou certains philosophes inspir?s savent le faire. Ce savoir-faire de l'?crivain implique-t-il justement de se mettre au pr?alable dans ces ?tats ?tranges et hors du commun qu'ils d?crivent parfois ? Comment sent-on, ? la lecture, la pr?sence de ? la jouissance de l'?crivain ? (? supposer qu'elle existe) ? Est-ce ce qui d?finit son style ? Est-ce ce qui cause l'exaltation ou le ravissement du lecteur ? De l'?crivain, nous attendons donc un savoir multiple. Dans ce colloque, nous essayerons, d'une part, d'?tudier l'?criture de ces ?tats qu'on peut qualifier bri?vement d'extatiques, et, d'autre part, de trouver des r?ponses ? diverses questions dont voici quelques unes : Y a-t-il des ?tats sp?cifiques qui pr?disposent ? l'acte d'?crire ? Sont-ils nou?s aux autres satisfactions du sujet ? Par exemple, dans le cas de Gide, qui nomme Schaudern l'?tat qui a ?t? pour lui d?cisif dans son destin d'artiste, on peut ?tablir un lien de construction voire un tissage serr?, entre, d'une part, ses correspondances et son journal o? il raconte ses exp?riences sexuelles, amicales ou amoureuses et d'autre part ses romans, comme si la fiction les magnifiait mais aussi, peut-?tre, comme s'il les vivait pour les ?crire. De m?me pour les grands mystiques, leur exp?rience serait-elle la m?me s'ils ne l'?crivaient pas ? Les po?tes c?l?brent la joie amoureuse, mais qu'en est-il des ?crivain(e)s de l'amour qui passent apparemment la jouissance sous silence : existe-t-il des extases secr?tes, ou discr?tes, dont on peut retrouver la trace quasi-invisible dans leurs ouvres ? Quel statut donner aux descriptions et aux th?ories de certains auteurs comme Sade, Proust, Bataille, mais aussi Euripide ? Fictions litt?raires, utopies politiques, t?moignages personnels ou ?tudes de mours de leurs contemporains ? Le savoir-faire de l'artiste implique toujours l'imaginaire. Que dire alors de l'extase en images ? Comment, par exemple, certains cin?astes, vid?astes ou photographes ont-il figur? la jouissance, souvent en s'appuyant sur des ?crivains ? Cela a-t-il un rapport avec la Darstellung dans le r?ve freudien et avec sa difficult?, justement, ? repr?senter le sexe ? Enfin, quels sont, sur le plan de la clinique et de la th?orie psychanalytiques, les rapports de l'?criture avec l'extase, le ravissement et la folie ? Peut-on la consid?rer comme un sympt?me ou un sinthome, ainsi que Lacan l'a nomm? pour Joyce, ou comme une sublimation ? Jeudi 19 octobre 2006 - Sorbonne Salle Louis Liard 17, rue de la Sorbonne 75005 Paris 8h45 - Pr?sentation : Jean-Robert Pitte, Pr?sident de l'Universit? Paris IV et Sadi Lakhdari 9h -10h30- Pr?sidence : Genevi?ve Morel Sadi Lakhdari, professeur ? la Sorbonne, (Paris IV), hispaniste ?Hypnose, hyst?rie, extase. De Charcot ? Freud ? Pierre-Henri Castel, psychanalyste, philosophe, CNRS ?La Madeleine de Janet, ou comment objectiver l'exp?rience de l'extase ? -o- 10h45-13h - Pr?sidence : Jacques Le Brun Catherine Millot, psychanalyste ?Discours et exp?rience ? Bernard Ses?, professeur-?m?rite ? Paris X ?Po?tique de l'extase selon sainte Th?r?se d'Avila et saint Jean de la Croix ? Mercedes Blanco, professeur ? Lille III, hispaniste ?Les raisons de la jouissance dans les ?crits de Th?r?se d'Avila? - Pause de midi - 14h30-16h - Pr?sidence : Mercedes Blanco Jacques Le Brun, directeur d'?tudes honoraires ? l'EPHE ?Refus de l'extase et assomption de l'?criture dans la mystique moderne ? Fr?d?ric Cousini?, historien de l'art ?L'?criture de l'extase, en effets. Quelques dispositifs de mise en ouvre de l'extase dans la peinture du XVII?me si?cle ? -o- 16h15-17h45 - Pr?sidence Marie Darrieussecq Maria-Graciete Besse, professeur ? Paris IV ?Le texte fulgurant de Maria Gabriela Llansol, entre nomadisme et d?possession? Paul-Henri Giraud, ma?tre de conf?rences, Paris IV, hispaniste ?Octavio Paz et le tantrisme. Le texte-corps-image comme tremplin vers l'extase? -o- 18h-19h30 Pr?sidence : Fr?d?ric Cousini? G?rald Larrieu, docteur de la Sorbonne ?L'?tatique mis ? m?le par l'extatique. The Buenos Aires Affair de Manuel Puig? Sylvie Blocher, artiste ?Living pictures / Extase ? Vendredi 20 octobre 2006 - ENS Salle Jules Ferry, 29 rue d'Ulm 75005 Paris 9h-10h30- Pr?sidence : Pierre-Henri Castel Daisuke Fukuda, doctorant en psychanalyse ? Paris VIII ?L'exp?rience sadienne : un ratage de l'exp?rience mystique perverse ?? Rodolphe Adam, psychanalyste ?Kierkegaard, amoureux de sa plume ? -o- 10h45-13h - Pr?sidence R?gis Michel Philippe Sabot, ma?tre de conf?rences ? Lille III ?Extase et transgression chez Georges Bataille? Florence Vatan, ma?tre de conf?rences ? l'Universit? du Wisconsin-Milwaukee ?Robert Musil ou les voies de la mystique diurne? Sara Thornton, ma?tre de conf?rences ? Paris VII, angliciste ?Ecriture et morsure : l'extase de la ponctuation dans Dracula de Bram Stoker? - Pause de midi - 14h30-16h - Pr?sidence : Sadi Lakhdari Jean Bollack, professeur de litt?rature grecque, Lille III ?Les formes religieuses de l'extase po?tique ? Renate Schlesier, professeur ? l'Universit? Libre de Berlin ?L'extase dionysiaque dans l'histoire des religions ? -o- 16h15-17h45 - Pr?sidence : Franz Kaltenbeck Thomas Eder, professeur ? l'Universit? de Vienne ?Le 'Cantique des cr?atures' (Fran?ois d'Assise). Relecture et r??criture par Reinhard Priessnitz dans son po?me 'herbst' ('automne')? Jacques Aubert , professeur ?m?rite ? l'Universit? de Lyon ?D'une ou deux Femmes singuli?res ? -o- 18h-19h30 - Pr?sidence : Fr?d?ric Yvan, architecte, philosophe Annie Tardits, psychanalyste ?Le r?cit, le po?me, la lettre ? Nancy Berthier, professeur ? Marne-la -Vall?e, hispaniste ?Figures de l'extase dans le cin?ma de Luis Bu?uel : des usages du visage ? Samedi 21 octobre 2006 - Sorbonne Amphi Milne-Edwards, 17, rue de la Sorbonne 75005 Paris 9h-11h15 - Pr?sidence : Darian Leader Eric Marty, professeur de litt?rature contemporaine ? Paris VII ?Ren? Char : l'amour r?alis? du d?sir demeur? d?sir ? Franz Kaltenbeck, psychanalyste ?L'?criture de l'indicible ? Marie Darrieussecq, ?crivain ?Extase de l'?criture ? -o- 11h30-13h - Pr?sidence : Luc de Heusch L?on Vandermeersch, directeur d'?tudes ? l'EPHE, sinologue ?De l'id?ogramme ? l'?criture folle, la facette chinoise de l'extase lettr?e ? Fr?d?ric Girard, directeur d'?tudes ? l'EFEO ?Stances en chinois et d?nouements de crises dans les ?coles Zen au Japon ? - Pause de midi - 14h15-15h45 - Pr?sidence : Brigitte Lemonnier, psychanalyste Darian Leader, psychanalyste, Londres ?La seule chose qui dure : quelques fonctions de l'?criture? Genevi?ve Morel, psychanalyste ?Inspiration, extase, sinthome ? -o- 15h45-18h - Pr?sidence : L?on Vandermeersch Luc de Heusch, anthropologue, professeur-?m?rite ? l'Universit? Libre de Bruxelles ?La transe: la possession, le chamanisme, l'extase mystique comme continuum ? Gilbert Rouget, ethnomusicologue, CNRS ?Musiquer en ?tat second. Rituels initiatiques africains ? R?gis Michel, conservateur en chef au mus?e du Louvre ? Trip hop chez Tricky ou l'extase en studio. Corps noir et diable blond ? Conclusion : Sadi Lakhdari -------------------------------------------------------------------------- Arguments des interventions et pr?sentation des intervenants Rodolphe Adam ? Kierkegaard, amoureux de sa plume ? ? Amoureux de ma plume ?, c'est ainsi que Kierkegaard r?pondait ? un de ses proches qui lui reprochait de ne faire qu'?crire des lettres sans jamais rendre visite. Graphomane dont la surproduction a sa cause dans la ? chronique d'une mort annonc?e ?, Kierkegaard trouvait dans l'?criture le corps ? corps qui lui faisait d?faut dans la rencontre. Si une fois, il t?moigna dans son Journal d'une exp?rience de ? joie indescriptible ?, souvent compar?e au M?morial de Pascal, nous verrons, avec Lacan, que l'acte d'?crire relevait moins d'un ?prouv? ex-tatique que du nouage sinthomatique dont le produit fut la d?couverte de l'ex-sistence. ? Ecrire a ?t? ma vie ?, ?crivit Kierkegaard. jusqu'? ce que R?gine s'en aille. Docteur en psychopathologie, Paris VII, psychanalyste ? Bordeaux. Jacques Aubert ? D'une ou deux Femmes singuli?res ? Professeur ?m?rite ? l'Universit? de Lyon et ?diteur de Joyce dans la Pl?iade, Jacques Aubert a ?crit de nombreux ouvrages et articles sur Joyce et Virginia Woolf. Nancy Berthier ? Figures de l'extase dans le cin?ma de Luis Bu?uel : des usages du visage ? Depuis Un chien andalou jusqu'? Cet obscur objet du d?sir, Luis Bu?uel a mis en sc?ne sans rel?che, pendant une cinquantaine d'ann?es, des personnages en proie ? des ? ?tats extatiques ? tr?s vari?s (mais fondamentalement de nature sexuelle et mystique) dans des films ancr?s dans des espaces de production cin?matographique extr?mement diversifi?s (cin?ma exp?rimental surr?aliste, cin?ma populaire mexicain, co-productions internationales, cin?ma d'auteur fran?ais .). Au-del? des variations esth?tiques et stylistiques de sa production cin?matographique tout au long de cette p?riode, les figures de l'extase se pr?sentent toujours dans le cadre d'une mise en sc?ne du visage qui fait de ce dernier le support par excellence de l' ? ?tat extatique ? dans un jeu subtil entre le visible et l'invisible: le cin?aste met en oeuvre une cat?gorie tout ? fait particuli?re du hors champ (non pr?sent ? l'image mais induit par les composantes de cette derni?re) qui renvoie ? une r?alit? qui, bien que non montr?e et non montrable n'en est pas moins fortement figur?e. Nous nous interrogerons sur les fonctions et le sens de ces usages du visage dans la repr?sentation bu?uelienne de l'extase. Professeur des universit?s ? Marne-la-Vall?e, sp?cialiste de l'image dans le monde hispanique contemporain. Auteur de Le franquisme et son image. Cin?ma et propagande (PUM, 1998), De la guerre ? l'?cran, Ay Carmela, (PUM, 1999), Tom?s Guti?rrez et la R?volution cubaine (Cerf, septi?me art, 2005), co-auteur de Le cin?ma de Bigas Luna (PUM, 2000), a dirig? Penser le cin?ma espagnol (1975-2000), Grimh, 2001. Une soixantaine d'articles publi?s sur le cin?ma espagnol et cubain. Maria Graciete Besse ? Le texte fulgurant de Maria Gabriela Llansol, entre nomadisme et d?possession ? Dans la litt?rature portugaise contemporaine, l'ouvre de Maria Gabriela Llansol (1931) dessine une cartographie hostile ? toute forme de repr?sentation et d'orthodoxie g?n?rique. Produite sous le signe de la rupture et travers?e par un certain nombre de figures mystiques (Ma?tre Eckhart, saint Jean de la Croix, Al Hall?j), elle d?veloppe souvent des fulgurations (? cenas-fulgor ?) qui traduisent la discontinuit? temporelle, la jubilation du fragmentaire et l'exp?rience nomade de l'intranquillit?, si ch?re ? Fernando Pessoa. Par un mouvement de d?territorialisation, l'instance ?nonciative se d?ploie entre l'intime et l'extime, la fascination et la perte, pour cr?er une ?piphanie du visible o? se joue sans cesse la possibilit? de l'extase. Professeur de Portugais ? l'Universit? de Paris IV-Sorbonne. Sp?cialiste de litt?rature portugaise, elle a fait para?tre plusieurs ouvrages sur des auteurs portugais contemporains et s'int?resse particuli?rement ? l'?criture produite par les femmes. Mercedes Blanco ? Les raisons de la jouissance dans les ?crits de Th?r?se d'Avila ? Les ?crits de Th?r?se d'Avila ont un retentissement aupr?s de nombreux lecteurs qui exc?de leur valeur de document aupr?s des historiens de la religion ou des anthropologues, leur r?le d'?dification aupr?s des fid?les, ou m?me leur port?e doctrinale aupr?s des th?ologiens, sanctionn?e par l'?l?vation de l'auteur au rang -honneur rarissime parmi les femmes- de docteur de l'Eglise. Ce retentissement, ses ?crits le doivent ? leurs tr?s singuli?res qualit?s ? litt?raires ? et au t?moignage qu'ils portent d'une s?rie d'?tranges exp?riences extr?mement riches et diff?renci?es. Celles-ci ont pour point commun une ? jouissance ? dont la nature, l'objet, la l?gitimit? constituent le probl?me central qui motive le fait m?me d'?crire. L'?criture appara?t comme une qu?te de solution pour ces probl?mes, et donc au moins en partie comme une rationalisation. C'est ce que notre communication s'attachera ? montrer : non pas tellement en quoi d?crire la jouissance est une entreprise formidable, mais aussi pourquoi la dire c'est d?fendre, victorieusement dans le cas de Th?r?se, les conditions qui la rendent possible. Professeur de litt?rature espagnole classique ? l'Universit? de Lille 3. Auteur d'un livre sur les rh?toriques du mot d'esprit au XVII?me si?cle (Les rh?toriques de la pointe, Paris, Champion, 1992), d'un livre sur la po?sie amoureuse de Quevedo, et d'une centaine d'articles dans des livres collectifs et revues sp?cialis?es sur des questions de th?orie po?tique, de rh?torique et de litt?rature espagnole des XVII?me et XVII?me si?cles. Sylvie Blocher ? Living Pictures / Extase ? Installation vid?o 2004, 4 ?crans : 4m x 3m, dur?e : 4 x 5minutes ? .Le tournage est improbable et l'exercice tient de l'impossible. Pourtant cela se passe. Parfois si fortement que mon visage succombe au mim?tisme. Ils se pr?sentent devant ma cam?ra. Seuls, ils convoquent, derri?re leurs regards flottants, des pens?es pour moi inconnues. Des hommes de tous les jours, des hommes c?l?bres, que rien ne rattache, sinon l'acceptation de perdre tout contr?le sur eux-m?mes le temps du tournage : leurs visages en extase, entre joie et douleur, comme d'infimes traces fugitives. ? Sylvie Blocher. Tournage de Living Pictures / Extase. Sept 2004 Suite au manifeste ? D??ue, la mari?e se rhabilla ? (1991) (Collection MAM Centre Georges Pompidou), Sylvie Blocher lance en 1993 le concept : ULA [Universal Local Art] et commence la s?rie vid?o des Living Pictures. Elle cr?e en 1997, avec l'architecte urbaniste Fran?ois Daune, le collectif ? Campement Urbain ? qui re?oit en 2002 le Prix international de la Fondation Evens : Art / Community / Collaboration. Elle participe r?guli?rement ? des manifestations internationales comme les deux derni?res Biennales de Venise 03-05. Jean Bollack ? Les formes religieuses de l'extase po?tique ? Le chamanisme a ?t? pr?t? aux pythagoriciens, et, plus r?cemment encore, les po?tes philosophes comme Parm?nide et Emp?docle ont ?t? ?lev?s au rang d'initiateurs d'une migration d'outre-tombe. Il importe pourtant d'appr?cier et d'approfondir la transposition d'?tats seconds accomplie dans la po?sie. L'analyse des pratiques religieuses s'est effectu?e avant toute histoire dans les ouvres litt?raires. Le rite est ma?tris? et reproduit. Professeur de litt?rature grecque et fondateur du Centre de recherches philologiques de l'Universit? de Lille III. Pierre-Henri Castel ? La Madeleine de Janet, ou comment objectiver l'exp?rience de l'extase ? ? De l'angoisse ? l'extase, de Pierre Janet, paru en 1926, s'efforce de d?crire objectivement une extatique, Madeleine Le Bouc, dont nous connaissons d?sormais la v?ritable identit? : Pauline Lair Lamotte. Sa solution d?pend du syst?me psychopathologique o? il inscrivit les exp?riences de son sujet de la Salp?tri?re : Madeleine est un cas de ? d?lire psychasth?nique ? chez une obs?d?e scrupuleuse. La discussion de ce cas est un des lieux o? Janet s'approche le plus des th?ses de Freud, ce qu'il sait et qu'il fuit, mais aussi de Melanie Klein, ce qu'il ignore, touchant l'inconscient le plus archa?que et ses expressions symboliques. Des auteurs lacaniens ont voulu aussi exploiter ce cas pour marquer la diff?rence entre le d?lire, qui est psychotique, et le delirium, qui est une potentialit? de certaines n?vroses. Je me propose de revenir sur ces interpr?tations, qui se nourrissent du volume d'?crits mystiques tr?s consid?rable qu'a laiss? Madeleine ? Janet, en interrogeant le probl?me que pose la manifestation d'une ? folle jouissance ? chez un sujet - comme si, dans toute th?orie du sujet ou de la psych?, ce devait ?tre un probl?me, ou une limite extr?me, ou une anomalie, ou une transgression. En somme, ce serait ici plut?t l'extase qui interrogerait la fonction suppos?e de la raison dans la pens?e. Comment se peut-il qu'elle mette en cause sa fonction de limitation et de d?limitation, sans toutefois l'abolir ? Psychanalyste, philosophe, chercheur au CNRS Fr?d?ric Cousini? ? L'?criture de l'extase, en effets. Quelques dispositifs de mise en ouvre de l'extase dans la peinture du XVII?me si?cle. ? L'?criture de l'extase, comprise ici essentiellement dans sa dimension religieuse, s'incarne dans trois champs ? textuels ? privil?gi?s ? l'?poque moderne (XVIe-XVIIIe si?cles) : l'?crit testimonial du mystique, la th?orisation du th?ologien qui tente de distinguer, clarifier et rationaliser un vocabulaire et des cat?gories toujours suspectes aux yeux de l'orthodoxie chr?tienne, mais aussi l'image qui tente de repr?senter une exp?rience parfois spectaculaire mais bien souvent aussi ? secr?te ?, ou discr?te, car avant tout int?rieure. Ces diff?rentes expressions de l'extase ne se contentent pas de t?moigner, de th?oriser ou de visualiser une exp?rience extatique d?j? advenue. Par leurs propres dispositifs narratifs, stylistiques et po?tiques, elles peuvent pr?tendre susciter, aupr?s du lecteur ou du spectateur, une exp?rience ?quivalente ? celle dont elles t?moignent. La communication propos?e portera sur l'analyse d'un tableau de Charles Le Brun, La Pentec?te (Mus?e du Louvre), dont un pr?cieux t?moignage, livr? par le biographe de l'artiste, ?voque l'effet, d'ordre surnaturel, qu'il occasionna sur le commanditaire de l'ouvre : Jean-Jacques Olier, fondateur du S?minaire de Saint-Sulpice. L'extase (mystique) est, faut-il croire, le r?sultat d'un ?v?nement d'ordre surnaturel, elle serait aussi, supposons-nous, le r?sultat d'une construction formelle productrice de ce type ? d'effets ?. Historien de l'art. Conseiller scientifique ? l'Institut national d'histoire de l'art, ma?tre de conf?rences ? l'Universit? de Provence. Auteur de : Le Peintre chr?tien. Th?ories de la peinture religieuse dans la France du XVII?me si?cle, Paris, Harmattan, 2000 ; Beaut?s fuyantes et passag?res. La repr?sentation et ses ? objets-limites ? au XVII?me-XVIII?me si?cles, Paris, G. Monfort, 2005 ; Le Saint des Saints. Ma?tres-autels et retables parisiens du XVII?me si?cle, Aix-en-Provence, PUP, 2006. Il pr?pare une ?tude intitul?e Image, M?ditation et contemplation au XVII?me si?cle ? para?tre en 2007. Marie Darrieussecq ? Extase de l'?criture ? ? Pr?f?rences, go?ts, zigzags : Woolf, Faulkner... Guibert, Ernaux, Modiano... et pourquoi pas Montaigne, et Rimbaud, et aussi Kafka... et pourquoi pas toute la litt?rature, pour dire l'extase dans la jouissance du fait d'?crire. On lira, dans l'ordre qui viendra. ? ?crivain, ancienne ?l?ve de l'ENS. Vit ? Paris. Th?se : Moments critiques dans l'autobiographie contemporaine, 1997. Fictions : Truismes, Naissance des fant?mes, Le mal de mer, Bref s?jour chez les vivants, Le B?b?, White, Le Pays, Zoo. aux ?ditions POL. Thomas Eder ? Le 'Cantique des cr?atures' (Fran?ois d'Assise). Relecture et r??criture par Reinhard Priessnitz dans son po?me 'herbst' ('automne') ? Le ? Cantique des cr?atures ? de Fran?ois d'Assise (Assise, 1181-1226) est consid?r? comme le d?but de la po?sie italienne, mais il a aussi influenc? Dante, P?trarque et la po?sie rhapsodique de la nature. Fran?ois a ?crit le cantique pendant une p?riode d'extase caus?e par une stigmatisation excessive et un asc?tisme entretenu depuis longtemps. Le ?Cantique? est l'expression d'une joie de vivre et d'une identification avec la cr?ation. Dans les ann?es 1970, le po?te autrichien Reinhard Priessnitz (Vienne, 1945-1985) a r??crit le ? Cantique ? avec le titre ? herbst ? (? automne ?). Priessnitz transf?re dans les choses mat?rielles m?mes l'humilit? et la glorification de l'inconcevable, que c?l?bre Fran?ois dans le concret. J'essaierai d'examiner les conditions diff?rentes de l'extase dans ces deux po?mes et pour ces deux po?tes que s?parent plusieurs si?cles et d'?normes diff?rences esth?tiques. Thomas Eder (PhD), n? 1968 ? Linz, Post-Doc-Fellow ? l'Institut des ?tudes Germaniques ? l'universit? de Vienne. Publications : ? 'Unterschiedenes ist / gut'. Reihard Priessnitz und die Repoetisierung der Avantgarde, M?nchen: Wilhelm Fink 2003, ? Zur Metapher ? (ed. Avec Franz Josef Czernin), M?nchen: Wilhelm Fink 2006. Daisuke Fukuda ? L'exp?rience sadienne : un ratage de l'exp?rience mystique perverse ? ? Angelus Silesius ?crit : ? L'oil par o? je vois Dieu est le m?me par o? il me voit. ? Les deux ?tres s'embo?tent r?ciproquement en un seul organe pur et fantasmatique. L'?criture de Silesius structure son exp?rience mystique. ?tant mat?rialiste ath?e, Sade ne peut accepter l'exp?rience mystique. N?anmoins son fantasme, ignor? de lui-m?me bien qu'il soit lisible ? travers son ?criture charnelle de la perversion, ne pourrait-il s'?crire sous la forme suivante : ? Le corps par o? le sc?l?rat touche ? l'exp?rience de la victime est le m?me corps par o? la victime touche ? l'exp?rience du sc?l?rat ?? Toujours est-il que la victime n'est qu'un simulacre de Dieu et que l'exp?rience de perversion n'est qu'une simulation de l'exp?rience extatique. Doctorant en psychanalyse ? l'universit? Paris VIII. Fr?d?ric Girard ? Stances en chinois et d?nouements de crises, dans les ?coles Zen au Japon ? Les moines japonais, en particulier des ?coles Zen, ont compos? de nombreuses stances en chinois en d?pit des interdictions du Code disciplinaire ? ce sujet. Une occasion privil?gi?e en ?tait le moment o? un disciple se voyait reconna?tre la validit? de son exp?rience de ? l'?veil? par un ma?tre, apr?s une p?riode de ? doute?, parfois au terme de dialogues apor?tiques (k?an). Bien que ces ?changes aient pu rev?tir un caract?re oblig?, pour des raisons sociologiques, ils correspondaient, dans le cas de cheminements authentiques, ? la r?solution de crises psychologiques dont nous nous proposons d'examiner quelques cas. Directeur d'?tudes ? l'Ecole Fran?aise d'Extr?me-Orient. Paul-Henri Giraud ? Octavio Paz et le tantrisme. Le texte-corps-image comme tremplin vers l'extase ? L'ek-stase, selon Paz, ne se situe pas dans l'?criture ou la lecture, dans la contemplation des images ou dans l'acte charnel : elle est un au-del? des mots, des images et des corps, lesquels se trouvent abolis dans le silence, dans l'illumination, dans la ? Vacuit? ? du ? non-corps ?. Cette communication s'appuiera sur les essais et les po?mes ?crits par Octavio Paz entre 1962 et 1973, ? une ?poque o? la philosophie et l'art tantriques constituent l'une de ses principales sources d'inspiration. Ma?tre de conf?rences, Universit? Paris-Sorbonne (Paris IV), UFR d'?tudes Ib?riques et Latino-Am?ricaines, auteur de Octavio Paz, Vers la transparence, Paris, PUF, 2002 Luc de Heusch ? La transe : la possession, le chamanisme, l'extase mystique comme continuum ? Je d?velopperai les th?ses contenues dans mon ouvrage, paru aux ?ditions Complexe, Bruxelles, 2006 : La transe et ses entours. La sorcellerie, l'amour fou, saint Jean de la Croix, etc. Anthropologue, professeur ?m?rite ? l'Universit? libre de Bruxelles, membre du mouvement Cobra. Franz Kaltenbeck ? L'?criture de l'indicible ? Dans son essai Proust d?j?, Samuel Beckett est saisi par des ouvres t?moignant d'une jouissance qui suspend la volont?. Aussi compare-t-il le collapsus de la volont?, tant chez Keats, auteur de l' ? Ode ? un rossignol ? que de Giorgione, peintre de ? La temp?te ?, ? la stase contemplative de Proust dans ? l'ombre des jeunes filles en fleurs. Cette stase est un ? pur acte de compr?hension d?pourvu de volont? ?. Beckett lui-m?me entretenait un rapport contemplatif avec certaines peintures, comme le Saint S?bastien d'Antonello de Messina, l'Entremetteuse de Vermeer, dont la gr?ce lui para?t ? impossible ? d?crire ? ou La d?capitation de Saint Jean Baptiste. Son affinit? avec ses tableaux ne rel?ve pas de l'amateurisme. Il y admire plut?t ce qui ?chappe au langage et qui, pourtant, s'y montre et l'encourage ? faire de son ?criture un lieu de la rencontre avec le r?el. Psychanalyste ? Paris et ? Lille, directeur de ? Savoirs et clinique. Revue de psychanalyse ?, auteur de Reinhard Priessnitz. Der stille Rebell, Droschl, Wien 2006. Sadi Lakhdari ? Hypnose, hyst?rie, extase. De Charcot ? Freud ? Les ph?nom?nes d'?tats modifi?s de la conscience connus depuis longtemps ont ?t? diff?remment ?labor?s et th?oris?s au 19e si?cle o? le point de vue religieux est abandonn? par la science m?dicale. L'extase est rattach?e comme le mysticisme ? l'hyst?rie, li?e ?troitement ? l'hypnose dont on avait depuis longtemps soulign? les aspects sexuels. Comment se fait le passage entre Charcot et Freud qui suivit pendant quelques mois ses cours et traduisit ses ouvres, c'est ce que nous essaierons de pr?ciser. Professeur ? la Sorbonne, (Paris IV), hispaniste G?rald Larrieu ? L'?tatique mis ? m?le par l'extatique. The Buenos Aires Affair de Manuel Puig ? Leo, le protagoniste apocop? de The Buenos Aires Affair n'est que l'une des faces janusiennes d'une seule et m?me entit? ?clat?e en deux personnages, l'autre est Gladys ? l'?tymologie phallacieuse-ment prometteuse. L'?nucl?ation de celle-ci m?taphorise ce monde du manque, n?vrotique ; la gigantophallie du premier celui de l'en-trop, pervers. Dans ce Buenos Aires de la dictature, l'extase qu'?prouve ce personnage m?le ? la suite d'une s?ance de torture ?branle l'imposition de la dure loi patrilin?aire et transcende l'anecdotique : ce roman, imm?diatement interdit par le r?gime en place, ne transgresse-t-il pas, pr?cis?ment, l'indicible du masculin ? Gascon, agr?g? d'espagnol, docteur de la Sorbonne, s'int?resse ? la litt?rature argentine en g?n?ral et au genre en particulier. Darian Leader ? La seule chose qui dure : quelques fonctions de l'?criture ? Dans la psychanalyse, ?crire est souvent consid?r? ? l'oppos? de l'extase. L'?criture serait en effet une limite ou une barri?re ? l'invasion de l'excitation ou ? l'exp?rience d'une menace. Cependant, quelle jouissance sp?cifique peut-on trouver dans l'acte d'?crire et quelles diff?rentes fonctions peut-il avoir ? ? partir de vignettes cliniques, j'examinerai l'?criture ? la fois comme un mode de repr?sentation et une technique d'inscription. Nous verrons alors en quoi elle peut compter pr?cis?ment en offrant une technique diff?rente de la parole ou de l'image visuelle. Psychanalyste ? Londres. Auteur de A quoi penses-tu ?, Les promesses des amants, chez Odile Jacob, La question du genre et Faut-il voler la Joconde: ce que l'art nous emp?che de voir chez Payot. Jacques Le Brun ? Refus de l'extase et assomption de l'?criture dans la mystique moderne ? La mystique moderne, de Jean de la Croix ? Mme Guyon, se m?fie de l'extase, ? ph?nom?ne ? suspect de complaisance, d'exaltation du moi et d' ? enthousiasme ?. Mais dans l'acte d'?crire un amour ? pur ? (en une ?criture th?orique et/ou po?tique) se r?alisent sortie de soi et d?sappropriation, non pas moyen pour ? communiquer ? une exp?rience, mais cette exp?rience m?me en tant qu'instauratrice. Jacques Le Brun, directeur d'?tudes honoraire ? l'?cole pratique des Hautes ?tudes, Section des sciences religieuses, a ?dit? les Ouvres de F?nelon dans la Biblioth?que de la Pl?iade (2 vol., ?d. Gallimard, 1983-1997) et publi? entre autres Le pur amour de Platon ? Lacan (?d. du Seuil, 2002) et La jouissance et le trouble. Recherches sur la litt?rature chr?tienne de l'?ge classique (?d. Droz, 2004). ?ric Marty ? Ren? Char : l'amour r?alis? du d?sir demeur? d?sir ? La question de l'extase est centrale dans l'oeuvre po?tique de Ren? Char : elle n'est pas seulement associ?e ? une pr?sence obs?dante d'Eros et de la femme, elle est la question m?me de la possibilit? du po?me. ?ric Marty, professeur de litt?rature contemporaine ? l'Universit? de Paris 7, a publi? un Ren? Char dans la collection ?les contemporains? au Seuil. Dernier livre paru : Roland Barthes, le m?tier d'?crire, Seuil, 2006. R?gis Michel ? Trip hop chez Tricky ou l'extase en studio. Corps noir et diable blond ? Steve McQueen filme Tricky (le bad boy de la wild music) dans un studio de Londres o? il enregistre un de ses albums. Tricky fait corps - et m?me corps ? corps - avec sa musique. Dans le glossaire ?cul? du vieil Occident, on parlerait sans doute de possession. Trip hop au pays de l'extase. Mais quelle extase ? McQueen se moque bien de ces postulats id?alistes qui ne sont qu'une ruse h?g?lienne (ruse coloniale) de la raison blanche - la raison du plus fort : celle du diable blond. Il n'y a plus ici que du rythme et du son, du spasme et de la pulsion, du d?sir et du sexe. Que du corps en un mot. Du corps m?le. Et du corps noir. Conservateur en chef au mus?e du Louvre, auteur (entre autres) de Poss?der et d?truire, RMN, 2000 et La peinture comme crime, RMN, 2001. Catherine Millot ? Discours et exp?rience ? Qu'est-ce que l'exp?rience mystique doit au discours dans lequel elle s'inscrit ? En quoi en est-elle cependant ind?pendante ? Comment le langage la traduit-elle? La figure de l'oxymore forme peut-?tre le noeud de ses questions. Psychanalyste ? Paris, ?crivain, auteur de La vocation de l'?crivain (1991), Gide, Genet, Mishima. Intelligence de la perversion (1996), Ab?mes ordinaires (2001), La vie parfaite (2006), aux ?ditions Gallimard. Genevi?ve Morel ? Inspiration, extase, sinthome ? La question de l'?criture traverse l'ouvre de Lacan comme un fil rouge, mais qui serait en zig-zag. Ses travaux de psychiatrie des ann?es 30 ont pour objet des ?crits ? inspir?s ? de femmes folles. Dans les ann?es 70, le rapport extatique ? Dieu, d?crit par les ?crivains mystiques, devient une r?f?rence pour la jouissance f?minine, dite avec Aristote ? pas-toute ?, et ? la limite de l'inconscient freudien. Enfin, l'art de Joyce bouleverse in fine sa th?orie du sympt?me et donne consistance au paradigme du ? sinthome ?, une autre modalit? pas-toute de la jouissance qui concerne cette fois les deux sexes. M'arr?tant aux points vifs de ce trajet, je m'interrogerai sur cette passion de l'?criture tendue entre la folie, les femmes et, ?videmment, le langage. Psychanalyste ? Paris et ? Lille, auteur de Ambigu?t?s sexuelles. Sexuation et psychose, Anthropos, 2000, de Clinique du suicide, (dir.), ?r?s, 2002 et de Sinthome et ambigu?t? sexuelle (? para?tre chez Anthropos, 2007). Gilbert Rouget ? Musiquer en ?tat second. Rituels initiatiques africains ? Tout au long de leur tr?s longue initiation au culte des v?doun (B?nin), les novices sont plong?(e)s dans un ?tat tr?s particulier que Pierre Verger, c?l?bre ethnologue sp?cialiste de ces cultes, a d?crit, le premier (1954), sous le nom d' ? h?b?tude ?. Pour ma part, sans remettre en question sa description, je pr?f?re, pour diverses raisons, parle d'? ?tat de d?possession ?. En cet ?tat, les novices passent le meilleur de leur temps ? chanter et ? danser. C'est ce curieux aspect des choses, dont j'ai d?j? parl? dans plusieurs publications, que je souhaiterais soumettre ? la sagacit? des participants ? ce colloque. Question psycho-cognitive ? Ancien directeur de recherches au CNRS, a dirig? le d?partement d'ethnomusicologie du Mus?e de l'Homme (1965-1985), auteur de La musique et la transe, Tel, Gallimard, 1990. Philippe Sabot ? Extase et transgression chez Georges Bataille ? Pour Bataille, l'exp?rience litt?raire se trouve clairement associ?e ? la dimension d'une transgression qui vise ? mettre en contact de fa?on originale et provocatrice la sexualit? et le sacr?. Nous voudrions montrer que ce contact entre le plus ? bas ? et le plus ? haut ? d?finit ici les conditions d'une extase d'ordre quasi mystique dont les fictions ? ?rotiques ? (comme Histoire de l'oil, Madame Edwarda) et les textes ? th?oriques ? (comme L'?rotisme ou Th?orie de la religion) contribuent ? d?crire les effets et ? analyser les causes. Ma?tre de conf?rences en philosophie ? Lille 3 (U.M.R. 8163 ? Savoirs, textes, langage ?). R?dacteur-en-chef de la revue Methodos. Auteur de Pratiques d'?critures, pratiques de pens?e. Figures du sujet chez Breton/?luard, Bataille et Leiris, Villeneuve d'Ascq, PUS, ?Probl?matiques philosophiques?, 2001. Renate Schlesier ? L'extase dionysiaque dans l'histoire des religions ? Pour les historiens modernes de la religion en g?n?ral et de la grecque en particulier, l'extase dionysiaque a servi de cas paradigmatique. Elle a permis de postuler la modernit? d'un dieu grec, Dionysos, sa diff?rence quasi-ontologique avec la culture antique, et d'autre part de cr?er un concept anthropologique et psychologique, le dionysiaque, en tant que donn?e universelle. Or ces constructions modernes se r?f?rent notamment ? un texte litt?raire, Les Bacchantes d'Euripide. Il s'agira donc d'analyser les quiproquos qui surgissent de certaines lectures ? r?alistes ?. Titulaire de la chaire de sciences religieuses ? l'Universit? Libre de Berlin. Professeur invit? ? l'?tranger ? plusieurs reprises (?tats-Unis, France, Isra?l, Italie, Japon, Suisse). Publications et projets de recherche sur la litt?rature, la philosophie et la religion grecque ancienne, sur l'histoire de la psychanalyse et sur des questions de m?thode en philologie, anthropologie et histoire des religions. Auteur de Konstruktionen der Weiblichkeit bei Sigmund Freud. Zum Problem von Entmythologisierung und Remythologisierung in der psychoanalytischen Theorie (Frankfurt am Main 1981) ; 2e ?dition: Mythos und Weiblichkeit bei Freud (Frankfurt am Main 1990). Kulte, Mythen und Gelehrte. Anthropologie der Antike seit 1800 (Frankfurt am Main 1994). Die Subversivit?t der Inspiration (Volume 51/1 de la revue Zeitschrift f?r ?sthetik und Allgemeine Kunstwissenschaft, 2006, ?dit? avec Roberto Sanchi?o Mart?nez). Bernard Ses? ? Po?tique de l'extase selon sainte Th?r?se d'Avila et saint Jean de la Croix ? Depuis ? l'envol ? ou le ? transpercement du cour ?, l'extase s'exprime par divers ?tats psychiques ou somatiques. Apr?s en avoir esquiss? la ph?nom?nologie, et l'avoir situ?e dans le cours de l'exp?rience spirituelle, on rassemblera les principales images (les cris, l'ivresse, la blessure, le feu...) qui la sugg?rent dans les ?crits des deux mystiques espagnols du XVI?me si?cle. Professeur ?m?rite ? l'Universit? de Paris X-Nanterre, membre correspondant de la Real Academia Espa?ola. A traduit les Po?sies compl?tes et Dits de lumi?re et d'amour de Jean de la Croix (Jos? Corti), et publi?, dans la collection ? Petite vie... ? ( Descl?e de Brouwer) des biographies de grandes figures de l'histoire du christianisme: Saint Augustin, Catherine de Sienne, Th?r?se d'Avila, Jean de la Croix, Fran?ois de Sales, ?lisabeth de la Trinit?, Madame Acarie. Annie Tardits ? Le r?cit, le po?me, la lettre ? Avec deux versions d'un m?me ?pisode, Joyce rassemble les coordonn?es qui encadrent et ordonnent un moment d' ? extase ? : rapport? ? l'irr?ductible ?tranget? de la jouissance f?minine, ce moment rend n?cessaire l'?criture, mais ouvre sur un choix dans l'?criture m?me. Psychanalyste ? Paris (?cole de psychanalyse Sigmund Freud), a contribu? au volume Joyce avec Lacan (?d. Navarin, 1987) et publi? entre autres Les formations du psychanalyste (?d. ?r?s, 2000). Sara Thornton ? ?criture et morsure : l'extase de la ponctuation dans Dracula de Bram Stoker ? Cette communication s'attardera sur un des signes-clef du roman de Bram Stoker (1897): les marques des crocs de Dracula dans la chair de ses victimes. Percer la peau (puncture en anglais) est une mani?re de ponctuer la chair (punctuate the flesh). Les marques que laisse Dracula - minutieusement d?crites comme deux petits trous ou ? deux points ? (montr?s souvent dans les films) - sont un signe de l'extase que produit la rencontre avec le personnage de Dracula, marques de ponctuation qui ?branlent toute une h?g?monie sociale et esth?tique et refusent la cl?ture. Ces marques doubles doivent ?tre ? tout prix effac?es par les chasseurs de vampire qui tentent de remplacer ce signe pluriel (signe de l'insubordination) par leur propre marque ou 'point final' singulier. Nous ?tudierons les strat?gies qui visent ? contr?ler l'extase que l'?criture du vampire introduit dans les pages du roman. Ma?tre de conf?rences ? l'universit? de Paris VII, sp?cialiste de litt?rature et culture anglophones. Son livre 'Advertising, Subjectivity and the Nineteenth-Century Novel' sera publi? aux Etats-Unis et en Grande Bretagne en 2007 chez Palgrave Macmillan. L?on Vandermeersch ? De l'id?ogramme ? l'?criture folle, la facette chinoise de l'extase lettr?e ? Sur la pens?e chinoise, l'emprise de l'id?ographie a ?t? infiniment plus forte que celle de la lettre sur la pens?e occidentale, parce que l'id?ogramme, s?mantiquement bien plus pr?gnant que le mot transcrit alphab?tiquement, rend ?vident le sens des choses. C'est ce qui porte ? une conception mystique de la litt?rature, dont la fonction est d' ? av?rer la raison de la multitude des raisons des choses ?, c'est-?-dire de d?voiler le Dao. Cependant, la d?sarticulation de Dao par le discours ne permet de le saisir qu'indirectement. Aussi les penseurs tao?stes, et apr?s eux les bouddhistes zen, enseignent qu'il faut se d?partir du discours articul? pour saisir, au-del? du sens des choses, le sens du sens. C'est ? quoi tend la forme la plus extr?me de la calligraphie de style cursif (qui fusionne les caract?res dans un m?me mouvement de pinceau), celle de la cursive folle. L'id?ogramme y est si d?tourn?, ? force d'illisibilit? d?lib?r?e, de sa fonction linguistique premi?re, que, tout renvoi ? ses r?f?rents signifi?s ordinaires ?tant coup?, le flux id?ographique se produit, d?tach? de ses significations discursives, comme image sublim?e du sens du sens lui-m?me. Les cr?ateurs de la cursive folle, Zhang Xu (? - 748?) et le moine Huaisu ( 725? - 785?) ne pratiquaient celle-ci qu'emport?s dans une extase cultiv?e par l'alcool. ? moindre degr?, quelque chose de cette extase est associ? ? toute cr?ation litt?raire id?ographique. Il est notoire que pour les plus grands po?tes chinois l'ivresse de la composition se confondait avec celle du vin. Directeur d'?tudes ? l'?cole Pratique des Hautes ?tudes. Professeur aux Lyc?es de Saigon (1951-54) et de Hanoi (1955-56), membre scientifique de l'Ecole Fran?aise d'Extr?me-Orient en mission successivement ? Hanoi (1956-58), ? Ky?to (1958-60), ? Hong-Kong (1962-63) et de nouveau ? Ky?to (1964-65), ma?tre de conf?rence ? l'Universit? d'Aix-en-Provence (1966-73), ma?tre de conf?rence puis professeur ? l'Universit? de Paris VII (1973-79), directeur d'?tudes de langue et civilisation chinoises ? l'Ecole pratique des Hautes ?tudes (1979-93). Travaux sur l'histoire de la culture chinoise en Chine et dans les pays sinis?s (Japon, Vietnam, Cor?e). Florence Vatan ?Robert Musil ou les voies de la mystique diurne ? La question de l'extase, et celle de sa repr?sentation, est au coeur du projet musilien. Musil explore les multiples formes d'extase - passion amoureuse, transes, mouvements de foule, rencontre avec le divin - selon une d?marche conjugant le v?cu personnel, les t?moignages d'extatiques, le savoir psychiatrique et la psychologie exp?rimentale. Sa qu?te d'une ? mystique diurne?, d?nu?e d'occultisme, s'inscrit en rupture avec le culte de l'irrationnel qui se r?pand dans l'Allemagne et l'Autriche de l'entre-deux guerres. Loin de c?l?brer comme ses contemporains le naufrage de la raison, Musil rel?ve le d?fi que l'exp?rience de l'extase adresse ? la pens?e et ? l'?criture. Ma?tre de conf?rences ? l'Universit? du Wisconsin-Milwaukee. Auteur de Robert Musil et la question anthropologique (PUF, 2000). Travaux sur les relations entre science et litt?rature.
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