[Lutecium-group] institution et symptôme
Cher Didier, Votre question m'a fait r?fl?chir, et comme je me trouve en pleine lecture d'un texte d'Eric Laurent sur la question de l'institution et du sympt?me, texte que vous pouvez trouver ? www.elp-debates.com/elp-slp/txel.htm, je me permets de vous en adresser un r?sum?. Les deux plis du sympt?me et de l?institution Eric Laurent d?montre que l?institution a besoin du sympt?me pour tenir debout. Or si le terme est tr?s ancien, l?adjectif form? sur le nom ??institution?? est beaucoup plus r?cent. Le mot institut vient de la r?gle selon laquelle il ?tait possible de vivre ensemble, dans une abbaye. Chez les Romains, c?est dans les foires qu?on repr?sente la vie humaine. C?est l? que le philosophe peut ? loisir observer les comportements des hommes. Or le psychanalyste qui d?compl?te l?institution par le sympt?me marque par l? sa jouissance. Faire la psychoth?rapie de l?institution serait utiliser la psychanalyse comme un discours de plus. L?interpr?tation du sympt?me peut ?tre massifiante?: tous les m?mes, ou d?massifiant. Lacan a cr?? une ?cole qui comporte un id?al, mais dans laquelle chacun se retrouve seul face au S1 de l?Id?al sous lequel il se place. Le sujet de la psychanalyse n?est donc pas un sujet sans devoirs, mais pas non plus soumis au sadisme kantien. Il est soumis ? sa responsabilit? devant son plus-de-jouir. Freud a nomm? le malaise dans la civilisation, et Lacan son sympt?me. Nous pouvons nommer l?institution le sympt?me d?une ?poque o? l?Autre n?existe pas. Le sympt?me n?est pas dans le corps, il est ?v?nement de corps, il est incorporel, mais il tient au corps. La jouissance d?une femme la rend Autre ? elle-m?me, tandis que celle de l?homme l?arrime plus ? son corps. C?est donc la position f?minine qui rend possible qu?une femme soit sympt?me d?un autre corps. Et le sympt?me est aussi pluriel, il n?est pas collectif. Il s?agit de r?ponses du r?el ? des partenaires singuliers. Il y a donc deux politiques du sympt?me?: l?une o? le sujet revendique son identit? de jouissance, l?autre o? le sympt?me s?pare la jouissance de l?un du corps. Pas de communaut? requise. Une place publique non communautaire , mais qui ne soit pas celle d?hommes abstraits, voil? la t?che de la psychanalyse appliqu?e. Il me semble que ce texte illustre notre conversation : plut?t que de chercher ? faire entendre une voix unique, celle de la psychanalyse, qui deviendrait un nouveau discours, pourquoi ne pourrait-on pas tenter de faire entendre juste cette petite voix discordante, celle du sympt?me singulier, celui que vous, moi, refusons de geler dans la grande entreprise de normalisation. Cette petite voix, ce chuchotement, personne ne peut le faire taire, mais s'il devient la voix du ma?tre, alors c'est de nouveau le r?gne du m?me, l'idiotie. Cordialement Violaine
Merci Violaine, Nous sommes bien d'accord sur "la petite voix discordante". Je ne peux que la rapprocher de ce que je dis lorsque je parle des conditions a minima qu'il y faut dans l'"instituere", ces r?gles ?tablies par les moines pour "qu'on s'entende". La rapprocher aussi de cette "pliure institutionnelle", ? savoir de ce quotidien d'une boutique, qui peut, ou non, si les enjeux de pouvoir, ces "querelles d'hommes", ces dicours de ma?trise, n'envahissent pas le discours ambiant, permettre de se plier ? "un autre dicours" ... Il ne s'agit effectivement pas de devenir militant de la psychanalyse; ce serait une mani?re de for?age qui n'a aucune chance d'aboutir en ce qu'il est lui-m?me, en ce qu'il tenterait de devenir ... un autre dicours de ma?trise. Mais "la petite voix discordante", qui est - je l'entends bien - celle que vous employez dans les petits r?cits cliniques que vous nous livrez, et que le CIEN expose, r?guli?rement, dans ses Lettres, c'est "le pas de c?t?", la nature subversive m?me de celle ou de celui qui est pass? par le divan, et qui en sort avec cette capacit? ? entendre l'autre comme il ne l'avait encore jamais entendu. C'est bien ce qui nous fait travailler "l'insu", le notre et celui de l'autre. Il y avait de l'insu et je ne le savais pas. Il y faut aussi du "sujet suppos? savoir" et ce qui le met en place : le transfert. Il y aurait lieu, pour pousser un peu plus loin le bouchon, d'aller creuser la nature m?me de la "petite discordance", du "pas de c?t?", de la subversion, pour que, ce que nous passons notre temps ? dire et ? ?crire, ne soit pas qu'un discours de conviction, que nous ressassons, ainsi que moi aussi je le fais, incessamment. Pouvons-nous nous y essayer ? Bien ? vous Didier Potin ----- Original Message ----- From: Violaine Clement To: lutecium Sent: Tuesday, January 25, 2005 10:37 PM Subject: [Lutecium-group] institution et sympt?me lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Didier, Votre question m'a fait r?fl?chir, et comme je me trouve en pleine lecture d'un texte d'Eric Laurent sur la question de l'institution et du sympt?me, texte que vous pouvez trouver ? www.elp-debates.com/elp-slp/txel.htm, je me permets de vous en adresser un r?sum?. Les deux plis du sympt?me et de l?institution Eric Laurent d?montre que l?institution a besoin du sympt?me pour tenir debout. Or si le terme est tr?s ancien, l?adjectif form? sur le nom ? institution ? est beaucoup plus r?cent. Le mot institut vient de la r?gle selon laquelle il ?tait possible de vivre ensemble, dans une abbaye. Chez les Romains, c?est dans les foires qu?on repr?sente la vie humaine. C?est l? que le philosophe peut ? loisir observer les comportements des hommes. Or le psychanalyste qui d?compl?te l?institution par le sympt?me marque par l? sa jouissance. Faire la psychoth?rapie de l?institution serait utiliser la psychanalyse comme un discours de plus. L?interpr?tation du sympt?me peut ?tre massifiante : tous les m?mes, ou d?massifiant. Lacan a cr?? une ?cole qui comporte un id?al, mais dans laquelle chacun se retrouve seul face au S1 de l?Id?al sous lequel il se place. Le sujet de la psychanalyse n?est donc pas un sujet sans devoirs, mais pas non plus soumis au sadisme kantien. Il est soumis ? sa responsabilit? devant son plus-de-jouir. Freud a nomm? le malaise dans la civilisation, et Lacan son sympt?me. Nous pouvons nommer l?institution le sympt?me d?une ?poque o? l?Autre n?existe pas. Le sympt?me n?est pas dans le corps, il est ?v?nement de corps, il est incorporel, mais il tient au corps. La jouissance d?une femme la rend Autre ? elle-m?me, tandis que celle de l?homme l?arrime plus ? son corps. C?est donc la position f?minine qui rend possible qu?une femme soit sympt?me d?un autre corps. Et le sympt?me est aussi pluriel, il n?est pas collectif. Il s?agit de r?ponses du r?el ? des partenaires singuliers. Il y a donc deux politiques du sympt?me : l?une o? le sujet revendique son identit? de jouissance, l?autre o? le sympt?me s?pare la jouissance de l?un du corps. Pas de communaut? requise. Une place publique non communautaire , mais qui ne soit pas celle d?hommes abstraits, voil? la t?che de la psychanalyse appliqu?e. Il me semble que ce texte illustre notre conversation : plut?t que de chercher ? faire entendre une voix unique, celle de la psychanalyse, qui deviendrait un nouveau discours, pourquoi ne pourrait-on pas tenter de faire entendre juste cette petite voix discordante, celle du sympt?me singulier, celui que vous, moi, refusons de geler dans la grande entreprise de normalisation. Cette petite voix, ce chuchotement, personne ne peut le faire taire, mais s'il devient la voix du ma?tre, alors c'est de nouveau le r?gne du m?me, l'idiotie. Cordialement Violaine_______________________________________________ Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
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