[Lutecium-group] Acte et passage à l'acte, Journée d'étude du 22 juin 2007
Acte et passage ? l'acte - Journ?e d'?tude du 22 juin 2007- L'argument de la journ?e Les intervenant et leurs textes Prendre contact avec Alain Bellet (0660672035) De 9h15 ? 17h ? la Chapelle de l'H?pital de Ville-Evrard 202, Av. Jean Jaur?s ? Neuilly sur Marne. R.N. 34. (RER A, Neuilly Plaisance +Bus 113) Journ?e assur?e par les cr?dits g?n?raux de la Formation Permanente de l'H?pital. Pour toutes les personnes concern?es, remplir une liasse ? Formation Permanente ? et la transmettre le plus t?t possible au Service de la Formation Permanente. Pour toutes les autres personnes, acc?s libre mais n?cessit? d'informer de votre venue le Service de la Formation Permanente le plus t?t possible ?galement: 0143093475 http://ecoledevilleevrard.free.fr:80/ -------------------------------------------------------------------------------- Acte et passage ? l'acte. Comme au d?but du 19?me si?cle, l'acte (criminel) constitue toujours un horizon ind?passable de la pratique de la psychiatrie, via l'expertise, l'hospitalisation sous contrainte, la question de la responsabilit? (celle des patients, mais celle aussi des m?decins et des institutions ? l'?gard de la justice et du public). Sans nier d'ailleurs la menace concr?te que font peser un certain nombre de psychotiques (car nous ne discuterons pas sp?cifiquement de l'acte dit ? pervers ?), on oublie cependant que les premi?res victimes de ces passages ? l'acte sont les malades eux-m?mes, dont le suicide est une cause majeure de mortalit?. Au quotidien, c'est bien davantage cette issue que redoutent nos services, et bien moins des crimes contre autrui statistiquement bien plus rares. Aussi appelle-t-on r?guli?rement ? une ? clinique de l'acte ? dont le but serait de fournir les crit?res de son imminence, voire les moyens de le pr?venir. H?las, l'acte, par d?finition, impose son apr?s-coup. L'apr?s ?claire l'avant, et encore ! il semble extr?mement difficile de g?n?raliser l'exp?rience des signes avant-coureurs de l'acte d'un malade ? l'autre. C'est que l'acte n'est s?rement pas r?ductible ? une crise qu'on voit venir comme la fi?vre qui monte. L'angoisse n'est pas un simple ressort biologique susceptible de se d?tendre soudain, et les sujets ne s'essayent pas ? l'acte en trahissant quelque chose comme des intentions dont on puisse s'alarmer. Les concepts m?dicaux ordinaires s'av?rent ici particuli?rement inutiles en psychiatrie, parce que penser en termes de processus, ou appliquer une psychologie du sens commun, voil? ce que mettent justement en ?chec l'acte et le passage ? l'acte. La psychiatrie classique n'?tait pas sans outils pour sp?cifier les situations de danger, et elle savait justifier avec un degr? respectable de vraisemblance les d?cisions de surveiller ou de laisser libre tel ou tel malade. Avec le recul de cette clinique, qu'on n'apprend pas juste dans les livres, et la modification des circonstances institutionnelles (m?dico-l?gales), la tentation s'est aviv?e de recourir ? un traitement statistique de la dangerosit?, et, vu qu'on ne sait plus grand-chose au niveau des individus, de les ? traiter ? en masse, avec toutes les cons?quences qui s'ensuivent : retour des pratiques coercitives appliqu?es au nom du principe de pr?caution, protocoles impersonnels, juridisme minant les liens de confiance entre les soignants, les familles, et des patients parfois mena?ants, mais le plus souvent plus pour eux-m?mes que pour les autres. A moins qu'il ne faille prendre les choses par un tout autre bord, au risque, assum?, d'un autre discours sur l'acte et le passage ? l'acte. C'est celui que nous prendrons en sollicitant des cliniciens aguerris aux questions du crime et du suicide, psychiatres et psychanalystes, en leur demandant de pr?ciser quel sens ils donnent aux notions fondamentales qui semblent baliser le champ de toute r?flexion sur l'acte, et de nous expliquer comment la fa?on dont ils les entendent oriente leur pratique. Si la psychanalyse en effet fait une diff?rence, c'est en imposant qu'on distingue le sujet d'un acte du simple agent d'une action (m?me si cette action est intentionnelle, suit un plan, exige des choix, etc.). Du coup, on comprend pourquoi certains actes n'ont pas de sujet, mais t?moignent au contraire de la d?faillance de tout sujet, et jaillissent, pour ainsi dire, ? partir de cette d?faillance. Qu'appelle-t-on alors acte ? Quel lien entretient l'acte ? l'action (motrice), ? l'angoisse, ? l'acting-out (dans le contexte d'une cure), puis au passage ? l'acte ? Qu'est-ce qu'un automatisme ? Comment un agir est-il coordonn? ? un d?lire ? L'est-il toujours ? Peut-on penser un acte seul, sans un contexte de discours, et ce ? dire ? perdu qui sous-tend l'acte est-il dans tous les cas un dire d?lirant ? A partir de quel ?ge, d'autre part, peut-on poser un acte ? Et passer ? l'acte ? Pour r?pondre, il faudra sans doute explorer plus avant les circonstances de l'acte. La clinique impose alors de flirter avec des cat?gories morales : choix libre ou choix forc?, acte r?ussi et acte ? manqu? ?, contingence ou fatalit?, r?cidive ou r?p?tition, ? mort volontaire ? et jouissance de la vie, acte comme geste muet et acte ? de parole ?. La le?on qu'on en retire le plus souvent, c'est que si l'acte n'est pas tellement ordonn? ? des signes (comme un sympt?me en m?decine), il l'est en revanche ? coup s?r ? des signifiants : ceux qui se renvoient l'un ? l'autre, dans certaines boucles mortelles, le destin d'un sujet qui ne peut se sentir vivre qu'en ob?issant ? ce destin qu'ils lui dictent, mais qui, parfois, font de lui un pur objet, un cadavre d?j?, qui tombe de ne s'?tre nulle part accroch? ? cette ronde. Ce que dit Freud, d'ailleurs, est-il si vrai : que le sujet ne croit pas ? sa mort. Ces questions pos?es, d'autres surgissent. Ouvrent-elles la possibilit? de faire quelque chose de l'apr?s-coup ? Quand le suicide en est rest? ? la tentative, que faire, qui ? prenne acte ? de l'acte qui s'est impos? chez le sujet. Le faire parler ? Sans doute, mais comment, alors, ne pas induire la r?p?tition de l'acte rat? ? Faire parler n'a probablement de sens que si l'on aboutit ? la production d'un savoir nouveau, l? o? un dire informulable s'?tait fait acte. Est-ce possible, et ? quoi ressemblerait un tel savoir d'apr?s l'acte, si l'acte a ?t? commis pr?cis?ment pour n'en rien savoir ? Apr?s avoir ri, enfin, de la pauvret? des crit?res psychologisants ou statistiques de l'acte, peut-on revenir sur la difficult? ? La psychanalyse propose-t-elle d'autres crit?res, plus subjectifs, de ce qu'il faut craindre ? Et ces crit?res, comme ces pratiques nouvelles du suivi de l'acte (de la tentative de suicide, et pourquoi pas ? de la tentative de crime), sont-ils entendables au-del? du cercle des professionnels, dans l'institution judiciaire ou la vie sociale en g?n?ral ? Nous avons finalement pens? que ces questions, toutes ambitieuse qu'elles soient, m?ritaient de r?sonner encore dans l'enceinte de l'h?pital, parce que l'intol?rance au risque, l'aversion pour l'impr?visible et la conjuration syst?matique de toutes les menaces contre les personnes et les biens, si typiques de nos soci?t?s, ne devaient pas ?mousser ce que les passages ? l'acte nous apprennent, et qui est une certaine v?rit? sur nous. -------------------------------------------------------------------------------- Les intervenants et leurs textes Matin: mod?rateur, Pierre-Henri Castel Daniel Zagury (psychiatre, expert aupr?s des tribunaux), psychanalyste: Le recours ? l'acte Jean-Jacques Tyszler (psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI): Le point d'acte : entre le passage ? l'acte et l'acting out. Genevi?ve Morel (psychanalyste, membre d'ALEPH): Rencontres fatidiques La vie d'un criminel para?t souvent incroyable : l'accumulation de mauvaises rencontres et de hasards invraisemblables donne l'impression d'une d?termination opaque qui nous ?chappe. On parle alors du destin. Mais n'est-ce pas l? une notion transcendante, eschatologique et donc religieuse ? La psychanalyse nous permet-elle une approche rationnelle du destin ? Franz Kaltenbeck (psychanalyste, membre d'ALEPH): La part de la contingence dans la causalit? d'actes d?linquants et criminels. J'essaierai de montrer, ? propos de quelques r?cits cliniques, qu'un ?l?ment contingent, une exp?rience de jouissance du sujet, peut amener ? un acting-out ou un passage ? l'acte, que les seules surd?terminations pathologiques, familiales, sociales du sujet ne peuvent pas expliquer. Apr?s-midi, table ronde, mod?rateur: Alain Bellet : Corinne Tyszler (psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI): Quel acte du praticien face au passage ? l'acte de l'adolescent ? Marie Jejcic Ma?tre de conf?rence ? Paris XIII et Herv? Bentata (Psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI) : L'adolescent dans la communaut? ?ducative. Du passage ? l'acte des Uns ? celui des Autres, quel pas ? L. Sciarra (psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI): Du tac au tac : le passage ? l'acte, une r?ponse dans le r?el. ------------------------------------------------------------------------------
merci Kornobis, le site est tr?s int?ressant! ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: <oedipe at cybercable.fr>; <lutecium-group at lutecium.org>; "dire" <dire at yahoogroupes.fr>; <alef1 at yahoogroupes.fr> Sent: Saturday, May 26, 2007 1:46 PM Subject: [Lutecium-group] Acte et passage ? l'acte, Journ?e d'?tude du 22 juin 2007
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