[Lutecium-group] Quand la Chine et LacanChine
Monsieur Guy Flecher, cher Monsieur. Madame Monsieur. J'ai du attendre pour visiter... le site merveilleux LacanChine http://web.mac.com/martiguy1/iWeb/Lacanchine/Lacanchine.html attendre mes enfants et leur computer rapide en connexion. Que dire de cet attachement r?ciproque entre l'Occident d'Europe et l'Orient d'Asie, de tous mes amis occidentaux connus et inconnus plus savants des fois de l'Asie et de la Chine que les asiatiques eux-m?mes? J'en suis ?mu pour mes enfants m?tis eurasiens et nord-am?ricanis?s, pour mon p?re d?funt originaire de cette province oubli?e de la Chine du Nord, pour mes grands-parents, arri?res grands-parents nourrissant une grande m?fiance vis ? vis des yang guizi ??d des diables ?trangers, et maintenant me voil? ?mu et honor? de ces hommes blancs sinologues sinophiles et si lettr?s. A moi donc sur l'instant, ? votre Occident devenu mon Ouest vous rendre cette gratitude... et je ne sais le faire que ainsi... ??d par le savoir de ma chair, de ma vie, mes exils, mes anecdotes ou historioles. Certainement tous, vous connaissez cet homme qui fut un homme politique tr?s connu en France, peut-?tre m?me que certains membres de sa famille sont-ils pr?sents ici parmi nous, et je serai heureux. Je souhaite vous parler de Monsieur Alain Peyrefitte car un jour militaire o? je rentrai ? peine des services de sant? des arm?es affect?s aupr?s des populations d'Afrique Noire, il m'avait accord? sa confiance pour une (toute petite nouvelle) mission de quelques 10 mois: c'?tait en 1978. Il ?tait dans ces ann?es, Monsieur le Garde des Sceaux Ministre de la Justice de la R?publique Fran?aise ... et on ne parlait pas encore ? ce moment l? ni d'int?gration positive ni d'immigration choisie... c'?tait un acte d'estime qui m'?tait accord? de la part d'un homme d'Etat, un compagnon de cette g?n?ration gaulliste de la premi?re heure antinazie o? il fallut choisir l'honneur des armes pour ses id?es, un homme d'une culture immense encyclop?dique, un amoureux de la Chine et de l'Asie, un homme qui avait ... n'est-ce-pas? c?toy? les plus Grands de l'Histoire, ? un moment donn? de l'?volution du Monde. Je me rappelle encore m'?tre permis cette libert? de parole lors de l'audience qu'il m'avait accord?, lui confier que "... j'avais avec l'Occident une chance qu'il n'avait peut-?tre pas avec l'Orient... que peut-?tre -avec tout le respect que je lui devais- il prenait la Chine pour ce que le Docteur Lacan appelait La-Femme et que sa-Chine Elle n'existait pas et qu'il ne pouvait donc La-rencontrer. Par contre ? l'inverse, j'ai cette chance d'avoir crois? ma-France, sa La-langue... et sa R?publique la?que universelle, et peut-?tre pour ces raisons de hasard de ma vie, Monsieur le Ministre me faisait ainsi confiance". Je me rappelle qu'il avait souri... c'?tait un homme de tr?s tr?s grande taille, d'une ?l?gance discr?te et m?me un peu aust?re (et moi comme tout asiatique homme pas tr?s grand, ? lever poliment la t?te vers lui pour le regarder quand il s'adressait ? moi)... il s'?tait arr?t? de marcher - nous marchions dans les locaux et couloirs de son Minist?re Public -... il a pos? la main doucement sur mon ?paule et se pencha vers moi... pour me dire avec affection: "le Monde de votre p?re et moi, l'Asie et l'Europe, le Vi?t Nam de votre m?re et la France, c'est une rencontre sous la Voie lact?e, c'est la rencontre d'une fraternit?... famili?re... avec l'Univers." Et apr?s l'audience contre toute attente, il a tenu ? me raccompagner lui-m?me, sans protocole de s?curit? de l'huissier jusque sur le perron (!), devant l'officier de gendarmerie en faction tout surpris dans son garde-?-vous et alors Monsieur le Ministre m'avait serr? la main longuement, doucement lentement sans la l?cher, un peu comme cela se fait en Asie... vous savez, entre deux amis quand ils se retrouvent ou se quittent: c'?tait place Vend?me octobre1978. Vingt deux ans apr?s en 1996, Monsieur Alain Peyrefitte conclue ainsi ses diff?rents ouvrages sur La Chine: "la Chine n'a jamais ?t? une autre plan?te... plut?t un soleil familier... puisse-t-elle comme dans les si?cles pass?s se contenter de rayonner sa puissance, sans c?der ? la tentation de faire peser son h?g?monie aux quatre coins du monde, assez occup?e ? faire vivre ensemble - entre le d?sert, les montagnes et l'oc?an- son quart d'humanit?!" Je vous invite ainsi au plaisir de cette fraternit?... ? lire ou ? relire la rencontre de Monsieur Alain Peyrefitte avec le lettr? Guo Moruo po?te et m?decin de son pays devenu ministre de la R?publique Populaire Chinoise dans... quand la Chine s'?veillera, et l'Empire immobile, et la Trag?die chinoise, et la Chine s'est ?veill?e, dans "De la Chine" par Alain Peyrefitte de l'Acad?mie Fran?aise. Monsieur le Ministre aimait souvent rappeler pour parler de cette confrontation des cultures, le Devisement du Monde de l'ami Marco Polo et le t?moignage sans pr?c?dent du v?nitien de ce spectacle en Chine o? toujours deux civilisations s'entrem?lent, "l'une d'un raffinement d?licat sentant le jasmin et la fleur de th?, et l'autre d'une brutalit? sauvage en odeurs de bouse de buffles et de crottin des chevaux tartares..." pouvant nous ramener des ann?es apr?s dans une br?lante actualit?... vers cette trag?die du Tibet. Mais il faut dire qu'il vous disait tout cela avec l'attention de l'?rudit des secousses de l'Histoire, la courtoisie du diplomate et la pond?ration d'un homme d'Etat dans l'exercice de ses fonctions et responsabilit?s politiques. Et puis peut-?tre retrouvons nous ainsi cette bipolarit? de la vision chinoise du monde entre le Yin et le Yang, de la paume douce de la m?me main et de son revers tranchant... "perdre Yan'an c'est sauver Yan'an -disait Mao-" Yan'an r?volutionnaire fut reprise un an apr?s le repli strat?gique de 1947 contre de tr?s fortes troupes nationalistes dans l'attente qu'elles s'?puisent.... et jusqu'? cette cuisine aigre-douce qui essaie de trouver une voie m?diane gustative pour le palais de nos papilles, une logique des contraires et de leur alliance, ce qui s'appelle un Dao, un juste milieu entre le sal? et le sucr?, un vide m?dian entre ?pices relev?es du Sichuan et ar?mes douces de cette baie de Kowloon, un contingent du "ne quid nimis" de l'Occident... n'est-ce-pas? Ainsi si la psychanalyse du Docteur Freud a cette ambition de d?couvrir l'Inconscient enfoui dans le Sexe de l'Homme, la pens?e chinoise a eu cette pr?tention de vouloir comprendre le rond du Ciel et le carr? de la Terre par une tentative de deux principes oppos?s... formulant une logique propositionnelle Yin et Yang pour une appr?hension -? mon sens- de sexuation du Monde en une harmonie hom?ostatique d'?nergies. Et puisque nous sommes ici avertis de la pens?e de la psychanalyse, et pour notre plaisir j'aimais ce que Monsieur Alain Peyrefitte racontait sur l'enfance de Mao Ts? Toung, un point de vue... tr?s freudien: "[...] Mao a racont? lui-m?me avec humour que sa famille lui avait donn? l'image de la lutte des classes. Son p?re ancien soldat redevenu paysan pauvre, avait amass? un magot sou ? sou devenant paysan moyen riche puis petit propri?taire foncier poss?dant un hectare... qui achetait les c?r?ales ? vil prix au moment de la moisson pour les revendre chers quand mena?ait la famine. Bref le p?re r?capitulait dans sa personne divers aspects d'une tyrannie oppressive qui cherchait ? spolier, sp?culer, ? s'assurer une ob?issance et un pouvoir aveugles. En face de ce despotisme paternel, le jeune Mao, sa m?re, son fr?re, leur commis formaient ainsi l'opposition... et sa m?re illettr?e pieuse et compatissante, distribuait en cachette du riz accumul? par son mari aux paysans pauvres atteints par la disette... [...]" La psychanalyse nous inviterait, soulignait Monsieur Peyrefitte, "? apercevoir dans cet ?pisode la pr?figuration du comportement ambivalent de Mao, ??d ? la fois r?volutionnaire et traditionaliste,... ? la fois marxiste avec le prol?tarien et communiste aux c?t?s du paysan... rompant avec le pass? du p?re -exploitation de la mis?re, de la faiblesse, de l'ignorance- pour s'identifier ? ce pass? symbolis? par sa m?re -fid?lit? au terroir, haine du syst?me patriarcal d'un seul et de sa perp?tuation- confiance donc ? une communaut? collectiviste, etc.. et le p?re exploiteur n'est qu'un tigre de papier... et cette image fut ainsi reprise des ann?es plus tard dans les slogans de la lutte r?volutionnaire contre ce que le bond en avant... surnommait l'imp?rialisme... [...] ." A poursuivre cette hypoth?se, je m'amuse ? penser en dehors des raisons historiques des luttes sociales, que ce complot -fut-il juste id?ologiquement- de Mao avec la m?re complice contre la faille d'un p?re et d'un mari contestable, portait-il ainsi le germe de la logique d'un ?chec d?j?-l? d'une r?volution culturelle... car d'un p?re (et m?me du pire) il faut en passer par l?... pour faire certes autrement: ainsi soul?ve le roc du constat de ce conflit, ce malaise et cette d?sillusion du repas tot?mique du p?re mort, ce drame freudien dans une trajectoire de la pens?e humaine. Monsieur Alain Peyrefitte ancien r?sistant de la nuit antifasciste, aimait ce po?me ?pique de Mao Ts? Toung, ... Haut est le Ciel, p?les les nuages, Les oies sauvages disparaissent vers le Sud ... L'arm?e Rouge ne craint pas les rigueurs d'une marche forc?e Pour elle, 1000 montagnes et 10 000 rizi?res ne sont qu'une promenade ... et le po?te Aragon : Et ce n'est point aimer que n'aimer ? douleur Cette main que je tiens encore elle s'enfuit Tout le bonheur du jour n'annonce que la nuit J'aurai pass? comme un voleur ? Monsieur le Garde des Sceaux Alain Peyrefitte, Ministre de la R?publique Fran?aise, le profond souvenir de ma plus haute consid?ration. ? nous tous, cette fraternit?... famili?re... sous la Voie lact?e Votre Ly thanh thang Le Bout du Village Peintures ? l'huile en nature et sur motif Lussan Adeilhac France PS: dans un dernier ?change, je vous parlai du boulier chinois comme machine ? calculer, mais n'oublions pas que ce boulier provenait du fameux abaque de Sumer: les sum?riens utilisaient un abaque o? chaque caillou enfil? comme une perle sur diff?rentes tiges de bois ?num?rait dans leur succession le nombre de fois qu'il y avait d'unit?s, et 1, puis 1 etc... pour un avoir ou un d? et les marchands s'en servaient ainsi d?j? pour compter ainsi ? l'unit? leur monnaie, les animaux ,?toffes et tapis de laine vendus... et donc l'abaque n'avait pas ce que le boulier chinois avait invent? ??d diff?rentes tiges verticales sp?cifiques pour l'unit? la dizaine, centaine, puis mille etc... avec surtout une ligne horizontale d'?criture du chiffre inscrit. Alors commen?aient -aurait dit Monsieur Alain Peyrefitte- ? dos de chameaux de chevaux et chariots... ?changes et n?goces en quelque sorte d'une premi?re mondialisation du d?placement ?conomique des marchandises et de leurs profits... mais aussi une autre mondialisation, celle formidable des id?es et des m?tissages et des hommes. (J'ai vu il y a 30 ans, dans certaines r?gions recul?es primitives... l'abaque ?tait encore utilis? !)
http://www.rsr.ch/view.asp?DomID=14&clickedDate=03/13/2006 pour ceux que ?a int?resse bien cordialement, Jacques Ponzio
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