[Lutecium-group] Lutecium-group Digest, Vol 16, Issue 12
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1. Re: notes de lectures conclusion (Natalia Milopolskaya)
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Message: 1 Date: Tue, 14 Mar 2006 11:17:09 -0500 From: "Natalia Milopolskaya" <sirano at iname.com> Subject: Re: [Lutecium-group] notes de lectures conclusion To: maldoro at ifrance.com, "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Message-ID: <20060314161709.D9FBB1154E0 at ws1-7.us4.outblaze.com> Content-Type: text/plain; charset="iso-8859-1"
Bonjour,
voici une r?f?rence qui peut probablement vous ?tre utile, ainsi que le livre de Juliette Hassine "Proust ? la recherche de Dosto?evski".
Cordialement,
Natalia
Karen Haddad-Wotling, L'illusion qui nous frappe. Proust et Dosto?evski. Une esth?tique romanesque compar?e. Paris: Honor? Champion Editeur, 1995. 581 pp.
Les moyens auxquels cette ?tude fait appel pour justifier le rapprochement des deux auteurs passent, d?s le d?but, par l'opposition entre ce que Haddad-Wotling appelle l'oeuvre unique - celle de Proust, et l'oeuvre multiple - celle de Dosto?evski. Elle ouvre une diff?rence enfin "essentielle": "s'il n'existe rien, dans l'oeuvre de Dosto?evski, de comparable ? ce mouvement de la Recherche explicitant ses propres principes d'?criture, il n'existe pas chez Proust cette perspective m?taphysique qui semble essentielle chez le romancier russe, et que nul _moment privil?gi?' ne saurait remplacer." (25) D'o? le but que l'?tude se donne, de proc?der ? la comparaison des oeuvres des deux ?crivains du point de vue des formes litt?raires. Ce qui revient ? dire que, s'il n'est pas possible de comparer cette pens?e soumise aux lois de l'auto-r?flexivit?, ch?re ? Proust, avec une pens?e soumise aux lois de la m?taphysique, ch?re ? Dosto?evski, on peut et doit se rabattre sur la question des "formes litt?raires," comme si elle pouvait ?tre divorc?e de la pens?e. Par un sault logique qui ?tablit l'analogie "formes litt?raires"/"loi esth?tique", ce livre nous propose de briser avec les approches psychologiques "au sens traditionnel du terme" (29).
Malgr? le peu d'?vidence" dont on dispose pour b?tir le cas selon lequel Proust aura appris l'essentiel de son m?tier, ? savoir sa loi m?me, de Dosto?evski -- il disait ignorer "les qualit?s et les d?fauts de son style ne l'ayant lu que dans de d?testables traductions" (10) --, Haddad-Wotling s'engage dans une croisade de 600 pages pour d?montrer que "ce n'est pas une loi psychologique que Proust d?couvre chez Dosto?evski, mais bien le secret d'une technique: les personnages du romancier russe ne sont pas incoh?rents et mobiles parce que telle est la nature de l'?me slave, . . . mais en vertu d'un choix esth?tique, qui consiste ? montrer les ?tres selon un certain point de vue -- ou ? ne pas les montrer. " (28) Le passage de La prisonni?re ? partir duquel cette ?tude compar?e est con?ue, et o? appara?t la fameuse caract?risation du "c?t? Dosto?evski des Lettres de Madame de S?vign?," introduit le rapport que Haddad- Wotling va exploiter longuement, entre composition et vision: un principe esth?tique fondamental - l'incoh?rence apparente de la vision - est aper?u ? la faveur de "cette comparaison entre le peintre de la Recherche [Elstir] et les deux ?crivains, celui qui consiste ? _pr?senter les choses dans l'ordre de nos perceptions, au lieu de les expliquer d'abord par leur cause'"(111). Ce qui plus tard dans le livre sera d?sign? comme les deux mod?les de repr?sentation r?gissant la composition romanesque (ce qui se donne aussi comme d?finition de l'esth?tique romanesque telle que cette ?tude la con?oit), se r?sume ? l'observation selon laquelle l'?vocation de Dosto?evski "n'a pas uniquement une valeur esth?tique et strat?gique, mais aussi un r?le dramatique"(142).
Malgr? l'utilisation abondante de termes comme th?orie de l'art, principe esth?tique, loi esth?tique, structure, composition, vision, etc., ces concepts ne sont jamais explor?s dans le sens o? un travail en litt?rature compar?e l'exigerait, justement. (Et si nous en parlons ainsi, c'est parce que l'auteure insiste plus que de raison ? d?fendre son appartenance ? la discipline.) Il nous semble qu'une ?tude qui se propose de relever la dette de Proust envers Dosto?evski ? partir de ce que l'on appelle ici une "loi esth?tique" devrait proc?der avant tout par la d?finition du sens philosophique de ce qu'elle se donne comme fondement, si elle ne veut aboutir en fin de compte ? voir en Proust, et ce malgr? les meilleures intentions, un esth?te doubl? d'un snob qui se serait r?fugi? derri?re les belles formes apr?s avoir d?cid? que l'art valait mieux que la vie: la Recherche se donne comme itin?raire couronn? "par la d?couverte et l'expos? d'une esth?tique qui fait de l'art la valeur supr?me de la vie" (25). Si le concept de loi esth?tique n'est pas d?fini, on nous laisse quand m?me le loisir de d?duire sa signification (le livre est tr?s ?pais et les d?monstrations p?niblement d?taill?es): la loi esth?tique d?couverte par Proust chez Dosto?evski fonde une th?orie de l'art qui s'articule autour de la notion de r?alisme et d'un d?bat sur la fonction de l'oeuvre. Cette derni?re s'av?rant "? la fois incomparable et monotone, une et menac?e d'?clatement, essentiellement inachev?e." D?finition circulaire, il va sans dire, et qui apporte tr?s peu de nouveau par rapport aux ?tudes pr?c?dantes sur Proust. Elle atteint son point culminant dans l'id?e que l'originalit? de l'oeuvre "ne d?pend pas du sujet, mais d'une th?orie de l'?criture qui reproduite le mouvement du regard sur la r?alit?"(31). Selon cette th?orie, l'art non seulement transforme la r?alit?, mais l'informe.
Une importante partie de l'analyse est d?di?e aux "principes de composition" de la th?orie de l'art que Proust aura d?couverte et ?nonc?e ? partir de l'oeuvre de Dosto?evski. Deux mod?les y sont ?voqu?s: "le mod?le pictural, avec une composition de tableaux successifs, ou le mod?le th??tral, avec une composition par vastes entit?s dramatiques"(32). On s'attendrait ? ce que la formulation du mod?le pictural donne lieu ? une r?flexion sur le rapport entre les formes de repr?sentation que sont l'?criture et la peinture. Il n'en est rien. Elstir, figure du "peintre de la Recherche," ne permet que la r?it?ration de lieux communs d'ordre m?taphorique portant sur la vision: "[C]ette double r?f?rence annonce l'itin?raire imm?diat et lointain du Narrateur: ? Balbec, il va bient?t conna?tre les m?taphores d'Elstir et voir les _paysages' ? travers elles. Mais gr?ce au peintre, il fera la connaissance d'Albertine, le personnage dosto?evskien qui va lui r?v?ler, ? travers les m?tamorphoses de sa personnalit?, les illusions auquel [sic] est soumis le regard lorsqu'il s'agit d'appr?cier les _caract?res'." Et plus loin: "Le mouvement du train figure d?j? l'impossibilit? d'unifier les exp?riences successives." (112) Quant ? ce que l'on peut appeler le c?t? dosto?evskien des personnages de Proust, cette caract?risation n'a, cette fois-ci, plus rien ? voir avec ce que Proust pouvait comprendre par "le c?t? Dosto?evski des Lettres..."\"Si Albertine peut prendre place parmi les h?ro?nes dosto?evskiennes ? cause de son caract?re fuyant et myst?rieux, si elle conna?t comme elles une mort violente, c'est le couple form? par Charlus et Morel qui appara?t ? cet ?gard le plus proche de l'univers du romancier russe, puisque leur liaison en est arriv?e ? un point o? elle ne peut se finir que dans la mort"(149).
Qu'en est-il donc des ?tudes en litt?rature compar?e en France? Ou, pour ?tre plus sp?cifique, quelle sorte de livres sont publi?s dans la collection <<Biblioth?que de litt?rature g?n?rale et compar?e>> chez Honor? Champion Editeur? La litt?rature compar?e semble devoir passer son temps dans des expositions pointilleuses de sa raison d'?tre. D?fil?e d'arguments "logiques" sous-tenue par une bibliographie qui se veut "exhaustive" - aucun des "sp?cialistes" qui, en France de pr?f?rence, ont touch? au sujet, ne doit ?tre oubli? -, mais qui a tr?s peu ? voir avec ce qu'une perspective comparatiste signifie ailleurs et par ailleurs: l'exploration des rapports entre litt?rature et philosophie, litt?rature et th?orie, litt?rature et autres formes de repr?sentation, enfin litt?rature et esth?tique si l'on veut bien, mais tous des rapports dont l'interrogation est absolument n?cessaire lorsque l'on parle d'auteurs comme Proust et Dosto?evski. Autrement dit, si une comparaison entre les deux auteurs doit porter fruit, elle le fera seulement si l'on consid?re l'h?ritage que ces oeuvres repr?sentent pour la pens?e du XXe si?cle. La comparaison entre les deux oeuvres ne peut ?tre que le travail pr?liminaire ? la d?finition de leur position au coeur de ce que l'on peut appeler la tradition de la modernit?. Le livre de Haddad-Wotling contient une prolif?ration p?dante de d?tails qui n'arrivent pourtant jamais ? permettre que "l'esth?tique romanesque", ? laquelle il voulait contribuer, se dessine.
Angela Cozea Universit? de Western Ontario
----- Original Message ----- From: "Frans Tassigny" To: lutecium-group at lutecium.org Subject: [Lutecium-group] notes de lectures conclusion Date: Thu, 9 Mar 2006 13:05:22 +0100
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Faut-il encore mentionner quelles enjamb?es le complexe d'Oedipe ? franchis dans les ann?es o? Proust d?butait ? Pens?e encore napp?e d'une avanc?e freudienne issue des traumatismes et refoulements qui se r?v?lera un peu plus tard dans l'interpr?tation des r?ves. PROUST SAVAIT QUE LE SOUFFRANCE LUI SERVIRAIT DE PENETRER L AME DE SES PROCHES, (Le rapport fondamental de l'homme ? l'ordre symbolique est tr?s pr?cis?ment celui qui fonde l'ordre symbolique - le rapport du non ?tre ? l'?tre. La fin du proc?s symbolique, c'est que le non ?tre vienne ? ?tre, qu'il soit parce qu'il a parl?. J.Lacan) en l'occurrence ici la parole s'est faite chef d'oeuvre... De ses personnages ?galement, songeons ? Parsifal qu'il utilisera dans "La Recherche", songeons au Prince Mychkine, tous vivent dans une douleur qui engendre la douleur, Proust les avaient lus ces auteurs, Je crois que Shopenhauer avait d?j? compris la compassion dans l' amiti?..C'est donc le Mythe de la souffrance qu' il v?cut secr?tement ? en nourrir les protagonistes de ses romans .
frans tassigny
? vous lire,
ps. si vous conaissez des critiques in?dites de l'oeuvre prostienne, vous pouvez me les envoyez sur frans.tassigny at gmail.com merci d'avance.
-- Tassigny Frans Sint Fransiscusstraat 25 8400 Ostende BELGIQUE 0496 85 56 82 06 89 25 77 10 nv site : _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
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