[Lutecium-group] Supposer un sujet
Bonjour ? Lutecium, Cette reprise sur la liste de conversations entre partisans me pla?t par l'interrogation renouvel?e de la question du sujet. C'est au fond la seule question qui nous int?resse et nous pousse ? nous opposer au simplisme ambiant : il y aurait quelqu'un qui saurait ce qui est bon pour moi... Et cette question de supposer un sujet est reprise par Armelle Gaydon sur la personne du th?rapeute. Comment sait-il ce qui est bon pour moi alors qu'il ne sait peut-?tre rien de ce qui le pousse ? s'occuper de moi ? Pourquoi veut-il s'occuper de moi plut?t que de lui-m?me ? C'est bien pour cela que je me suis d?cid?e un jour ? rencontrer quelqu'un qui n'avait pas seulement appris ? me traiter par des techniques "scientifiques" , mais qui s'?tait lui-m?me soumis ? cette op?ration de confiance en un autre avec lequel, du moins je le suppose, il a suppos? qu'il y avait du sujet en un autre. Je comprends que Cottraux, comme beaucoup d'autres, qui s'y est risqu?, ait pu rejeter cette exp?rience, comme j'ai entendu ? plusieurs reprises des gens dire de leur bref passage sur le divan (s'ils y sont m?me all?s) qu'il ne s'y ?tait rien pass?... Parce qu'enfin, qui osera dire combien il faut de confiance en l'autre (transfert ?) pour poursuivre ce chemin quand il s'agit de se battre contre ses propres r?sistances, largement encourag?es par tout un discours hostile. Evidemment, il n'y a pas de raison d'encourager une pratique qui vise, finalement, ? l'?mergence d'un sujet diff?renci?, m?me si les analysants sont cens?s ?tre civilis?s. Bien s?r, il faudrait pour cela que les analystes se montrent, qu'ils t?moignent, et c'est dans ce sens que j'admire le g?nie de Lacan ? inventer la passe, et que j'entends la demande de Roudinesco ? ce que les analystes sortent de leurs cabinets et de leurs biblioth?ques pour faire savoir qu'il est permis de savoir. Scilicet, disait Lacan, un encouragement qu'il est bon de reprendre. Eh bien oui, pour faire une analyse, il faut ?tre deux, on n'est pas tout seul, et supposer un autre, ?a ne va pas de soi. Il faut aussi accepter de s'ali?ner dans l'Autre, ce qui, pour certains, est impossible. Et ce n'est qu'en passant par l'autre qu'il peut y avoir naissance d'un sujet, par la naissance de l'Autre pr?alable. Et j'en viens ? me dire que si l'on qualifie d'autiste celui qui "refuse" cette ali?nation, qui refuse d'en passer par cette op?ration qui suppose qu'un autre en sache un bout sur les torsions de l'inconscient, parce qu'il a travers? lui-m?me ses d?fil?s, alors on pourrait qualifier ainsi les tenants de ces th?ories barbares qui traitent les humains comme on ne traite plus les chiens, ces animaux devenus d'hommestiques. Pour ma part, si j'entends ?tre branch?e sur l'autre, je regrette d'?tre sourde si souvent, tant ? l'autre qu'? moi. C'est bien pour ?viter cela, autant que faire se peut, que je ne peux imaginer de recevoir quelqu'un, de vouloir quelque chose pour lui, sans , par ailleurs, continuer ? poser ailleurs la m?me question pour moi. Si je ne s?pare pas cette analyse (la mienne) de celle-l?, alors je ferai comme tous ceux qui savent si bien, parce qu'ils ne sont pas, ou plus, des analysants civilis?s. Cordialement.... Violaine Cl?ment
----- Original Message ----- From: "Violaine Clement" <violaine.clement at co-perolles.ch> To: "lutecium" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Tuesday, September 06, 2005 9:17 AM Subject: [Lutecium-group] Supposer un sujet lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? Lutecium, Cette reprise sur la liste de conversations entre partisans me pla?t par l'interrogation renouvel?e de la question du sujet. C'est au fond la seule question qui nous int?resse et nous pousse ? nous opposer au simplisme ambiant : il y aurait quelqu'un qui saurait ce qui est bon pour moi... Et cette question de supposer un sujet est reprise par Armelle Gaydon sur la personne du th?rapeute. Comment sait-il ce qui est bon pour moi alors qu'il ne sait peut-?tre rien de ce qui le pousse ? s'occuper de moi ? Pourquoi veut-il s'occuper de moi plut?t que de lui-m?me ? C'est bien pour cela que je me suis d?cid?e un jour ? rencontrer quelqu'un qui n'avait pas seulement appris ? me traiter par des techniques "scientifiques" , mais qui s'?tait lui-m?me soumis ? cette op?ration de confiance en un autre avec lequel, du moins je le suppose, il a suppos? qu'il y avait du sujet en un autre. Je comprends que Cottraux, comme beaucoup d'autres, qui s'y est risqu?, ait pu rejeter cette exp?rience, comme j'ai entendu ? plusieurs reprises des gens dire de leur bref passage sur le divan (s'ils y sont m?me all?s) qu'il ne s'y ?tait rien pass?... Parce qu'enfin, qui osera dire combien il faut de confiance en l'autre (transfert ?) pour poursuivre ce chemin quand il s'agit de se battre contre ses propres r?sistances, largement encourag?es par tout un discours hostile. Evidemment, il n'y a pas de raison d'encourager une pratique qui vise, finalement, ? l'?mergence d'un sujet diff?renci?, m?me si les analysants sont cens?s ?tre civilis?s. Bien s?r, il faudrait pour cela que les analystes se montrent, qu'ils t?moignent, et c'est dans ce sens que j'admire le g?nie de Lacan ? inventer la passe, et que j'entends la demande de Roudinesco ? ce que les analystes sortent de leurs cabinets et de leurs biblioth?ques pour faire savoir qu'il est permis de savoir. Scilicet, disait Lacan, un encouragement qu'il est bon de reprendre. Eh bien oui, pour faire une analyse, il faut ?tre deux, on n'est pas tout seul, et supposer un autre, ?a ne va pas de soi. Il faut aussi accepter de s'ali?ner dans l'Autre, ce qui, pour certains, est impossible. Et ce n'est qu'en passant par l'autre qu'il peut y avoir naissance d'un sujet, par la naissance de l'Autre pr?alable. Et j'en viens ? me dire que si l'on qualifie d'autiste celui qui "refuse" cette ali?nation, qui refuse d'en passer par cette op?ration qui suppose qu'un autre en sache un bout sur les torsions de l'inconscient, parce qu'il a travers? lui-m?me ses d?fil?s, alors on pourrait qualifier ainsi les tenants de ces th?ories barbares qui traitent les humains comme on ne traite plus les chiens, ces animaux devenus d'hommestiques. Pour ma part, si j'entends ?tre branch?e sur l'autre, je regrette d'?tre sourde si souvent, tant ? l'autre qu'? moi. C'est bien pour ?viter cela, autant que faire se peut, que je ne peux imaginer de recevoir quelqu'un, de vouloir quelque chose pour lui, sans , par ailleurs, continuer ? poser ailleurs la m?me question pour moi. Si je ne s?pare pas cette analyse (la mienne) de celle-l?, alors je ferai comme tous ceux qui savent si bien, parce qu'ils ne sont pas, ou plus, des analysants civilis?s. Cordialement.... Violaine Cl?ment _______________________________________________ A question? --> Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
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