Bonsoir Suzanne, j'ai enfin pu lire un peu tranquillement votre texte ; les analystes de ce lieu de soins travaillent-ils dans un cadre d'analyse classique, divan/fauteuil? Coh?rence de soins psychanalytiques : ?a frotte un peu en termes de sens, entre soins et psychanalyse. Pour l'ensemble je rep?re surtout que, dans ce lieu l?, la psychanalyse a sa place, et que le fonctionnement, la coh?rence, se fait, du c?t? des petits autres "soignants". Mais ?a questionne aussi sur la solitude de l'analyste face ? cette probl?matique. Je me souviens, sur cette m?me liste, il y a quelques ann?es, du d?clenchement d'une pol?mique foudroyante sur les suicid?s de Lacan. Je ne veux pas y revenir, mais la r?ponse donn?e aujourd'hui et depuis un moment d?j?, est celle de la prise en charge par une ?quipe, par un petit nombre de gens... d?finis chacun dans son r?le... et tentant la coh?rence. Merci pour cet aper?u de votre travers?e : six mois, ce n'est pas si court, non? EB -- Emmanuel Bing bing at club-internet.fr http://www.atelier-bing.com http://www.emmanuel-bing.com Le 12 d?c. 04, ? 02:28, suzanne caron a ?crit :
Bonsoir Emmanuel, ? Comme mentionn?, je vais tenter de parler de cette exp?rience connue comme stagiaire dans un milieu de soins offrant une approche de traitement psychanalytique ? de jeunes psychotiques, pour la plupart? schizophr?nes.? ? Ce qui frappe d'abord dans cette structure de soins s'av?re la tranquillit? des lieux.? Maison type familial sur 3 ?tages situ?e dans un milieu urbain, ce lieu accueillait au moment de mon passage environ 65 usagers en cours de traitement. Traitement externe avec quelques particularit?s cependant : maison ouverte 24h sur 24h, accessible en tout temps aux usagers, intervenants disponibles 24h sur 24h, possibilit? d'un s?jour jour et nuit pour quelques semaines en temps de crise aigu? pour un maximun de 7 usagers ? la fois. ? La folie s'y vit dans le calme? et l'incoh?rence du sujet malade a la chance d'?voluer dans une structure organisationnelle d'une grande coh?rence et d'une profonde ?thique, ?thique envers la personne malade vu comme sujet d?sirant mais ayant eu besoin de se construire une r?alit? d?lirante par d?faut d'un arrimage ? la loi symbolique, ?thique ais?ment perceptible entre tous les intervenants et ?thique envers soi-m?me. ? L'?quipe de soins pour chaque usager est constitu?e d'un psychiatre, d'un analyste lorsque d?bute la cure individuelle, d'?un intervenant r?gulier, d'un intervenant social et d'un ethnoanalyste prenant en compte la structure familiale de l'usager. La parole de l'usager s'av?re sollicit?e en temps de "calme" comme en temps de crise aigu?. Dans cette structure de soins, aucune contention, aucune salle d'isolement, aucune porte barr?e, aucune fen?tre ? barreaux... Tout repose sur le contrat d'une parole engag?e et ? engager de nouveau lorsqu'une rupture est ? risque de se produire. La cure psychanalytique individuelle d?bute dans les quelques mois suivant l'entr?e de l'usager dans cette structure de soins ( au plus tard dans les 2 ans selon ma m?moire), mais toutes les interventions des diff?rents intervenants s'inscrivent dans une coh?rence de soins psychanalytiques et ce, d?s l'entr?e de l'usager. ? Dans cette structure de soins, le discours du psychotique y est pleinement re?u.? Pour ?viter une esp?ce d'affolement chez les intervenants de par la r?ception profonde d'un tel discours et de ses immanquables effets, un travail d'?quipe et de supervision de groupe ainsi qu'une supervision individuelle de chaque intervenant ont r?guli?rement cours. De plus, un analyste non impliqu? directement dans les traitements vient entendre le discours des intervenants sur une base r?guli?re, ce qui vient permettre un ?change plus th?orique sur des enseignements de Lacan ? partir de la clinique rencontr?e. ? ? Si vous le permettez, j'aimerais vous revenir?plus tard?sur ce que j'ai pu?percevoir de ce que pouvait ?tre dans cette structure de soins une? cure psychanalytique pour jeunes psychotiques. Ce stage de 6 mois fut bref, mais ce fut l? que je pus le mieux saisir ce que devait ?tre l'angoisse du psychotique devant un profond manque de sens et de fondement. ? Amicalement,? de Suzanne ? ? ? ?
Emmanuel Bing <bing at club-internet.fr> wrote: Merci Suzanne, tr?s int?ress? par ces travaux en effet...! ? vous lire, EB
-- Emmanuel Bing bing at club-internet.fr http://www.atelier-bing.com http://www.emmanuel-bing.com
Le 8 d?c. 04, ? 19:57, suzanne caron a ?crit :
Bonjour, ? J'aimerais mieux laisser la libert? ? l'organisme lui-m?me le choix de s'identifier ou non d'une fa?on plus pr?cise. ? Je r?pondrai bient?t ? Emmanuel selon l'exp?rience que j'y ai connue, mais je ne peux pas parler en leur nom. ? Cordialement,? De S. Caron
Cathy Ravineau wrote: bonsoir je serais pour ma part tr?s int?ress?e de conna?tre un peu mieux les institutions que vous ?voquez, D.Potin et S.Caron : est-il indiscret de vous en demander les noms et les lieux, ainsi que quelques pr?cisions sur leurs orientations de travail, si? toutefois cela parait compatible avec cette liste? Merci. Cathy Ravineau ----- Original Message ----- From: DIDIER POTIN To: lutecium-group at lutecium.org Sent: Wednesday, December 08, 2004 5:52 AM Subject: lutecium-group: L'injection de signifiants
Cher(e)s ... ? Suis particuli?rement interess? par ce d?bat, pour ?tre, au titre (mais que sont les titres ?), cadre (adjoint) d'un "dit" Institut de r??ducation psychoth?rapeutique dans le Sud de la France, apr?s avoir ?t?, il? y a d?j? bien longtemps et pendant quelques cinq ann?es, permanent d'un lieu d'accueil pour enfants, adolescents et adultes (qui n'en excluaient pas, pour autant l'accueil de m?res et d'enfants de temps ? autre) en compagnie quotidienne d'une analyste et n?anmoins m?decin. ? Le RI 3 (r?seau d'institutions qui se pr?valent de Lacan dans leur clinique et leur travail th?orique), la fr?quentation de la Revue "Pr?liminaires", le vieux bouquin d'Audouard, les r?flexions qui continuent ? courir sur le concept de "psychoth?rapie institutionnelle" et sur le fait qu'elle concernait au premier chef, la psychose et non la n?vrose (voire la d?j? vieille Lettre de L'?cole sur "Les math?mes de la psychanalyse" et les d?bats qui rappelait aux "purs et durs", qui m?prisaient hautainement les psychoth?rapeutes institutionnels de l'?poque (J et F Oury, M. Mannoni, F. Dolto et consorts ...) "qu'au moins un plombier, ?a r?pare !"). ? Les notes de Suzanne Caron et "l'autre monde"? et "l'injection de signifiants" d'Emmanuel Bing (dont je fr?quente les sites avec une certaine assiduit?), dans une rubrique intitul?e "Clinique de la psychose" (est-ce un groupe de travail ?) m'int?ressent donc tout ? fait. ? Si vous me permettez d'en ?tre, ? ma mesure, j'en serai r?vi (comme celui de la cr?che proven?ale). ? Didier Potin didier-potin at wanadoo.fr ----- Original Message ----- From: suzanne caron To: lutecium-group at lutecium.org Sent: Wednesday, December 08, 2004 3:24 AM Subject: Re: lutecium-group: Clinique de la psychose
Bonsoir Emmanuel, ? Un jour j'ai fait un stage de 6 mois dans une clinique psychanalytique pour jeunes psychotiques, schizophr?nes et autres, clinique constitu?e de psychiatres, psychanalystes et autres intervenants dont le support th?orique relevait de l'enseignement de Lacan.? Cette clinique fonctionne depuis 25 ans et offre au psychotique une cure de face-?-face. D'ici quelques jours, je vais ressortir mes notes et essayer de vous faire part de quelques grandes lignes de leur exp?rience de la cure aupr?s? de la personne prise dans sa structure psychotique. ? Je ne sais pas si je r?pondrai ? vos interrogations, mais l'id?e de parler de cette clinique sp?cialis?e me pla?t : une sorte de reconnaissance exprim?e ? ce milieu qui tente depuis 25 ans de se maintenir debout parmi une psychiatrie qui ne lui laisse pas beaucoup de place. ? A bient?t, ? de Suzanne
Emmanuel Bing wrote: Clinique de la psychose
de fa?on incidente c'est chez les dits freudiens que j'ai trouv? sens ? une clinique des n?vroses, des freudiens qui tout de m?me un peu entendaient Lacan, mais sans gu?re y croire ni s'en servir, et dans mon travail et mes lectures propres. ?tant d'un autre monde que de celui de la psychologie universitaire, institutionnelle, ou sociale, je n'avais donc abord? la psychose que de tr?s loin, comme disons un point d'interrogation ? de futures et ind?termin?es exp?riences cliniques, attendant donc d'entendre quelque chose ? la forclusion du Nom-du-P?re, non par un angle psychiatrique, ? partir d'un DSMIV par exemple.
Or vient par mon action entreprise d'entrer dans une association lacanienne, finalement, d'?tre confront? plus ou moins directement ? cette question de la clinique de la psychose, pour mieu x dire peut-?tre : des psychoses, d'avoir ? en comprendre et ? en r?pondre quelque chose, et ? me faire une id?e plus compl?te de ce qui se peut mener.
L'un des divers supports ? cette r?flexion est le livre de Maleval, La forclusion du Nom-du-P?re, qui est assez ?pais tout de m?me, et demande du temps, ? quoi s'ajoutent les s?minaires.
? partir de mon exp?rience propre et de quelques pr?sentations de cas, ou de malades (cette nomination me mettant forc?ment mal ? mon aise, mais on ne peut tout discuter si l'on veut avancer un peu), le rep?rage qu'un S1 est forclos dans la psychose, d'une part, que peut-?tre le refoulement originaire d'icelui n'a pu avoir lieu (et la forclusion indiquerait qu'il est trop tard), qu'en est-il d?s lors d'une cure possible, m?me non allong?e, et plus avant, qu'en est-il d'une "direction" possible (m?me si ce terme l? aussi me questionne diff?remment)?
M'est venue derni?rement dans une discussion ? propos d'une clinique d'enfants autistes l'id?e que le travail qui ?tait produit dans l'?tablissement, et qui me disait-on portait ses fruits sans qu'il y ait th?orisation de cette clinique, se positionnait entre l'?ducation, l'enseignement, et l'injection de signifiants.
C'est cette id?e d'injecter (dans le transfert) des signifiants qui me reste accroch?e. Est-ce que cette approche semble pertinente? Sans d?cider que la direction de la cure doive "n?vrotiser le psychotique", parce que c'est tout de m?me une action qui para?t parfois possible, simplement le fait d'injecter des signifiants pourrait-il permettre, par exemple et selon les sujets, de moindres vacillements? (?a implique qu'il y ait donc un bout de transfert...).
En ce domaine, le doute est de mise et souvent la r?ponse est un "on sait pas, ?a d?pend"... qui est sans doute honn?te, mais qui h?las barre la r?flexion.
EB
-- Emmanuel Bing bing at club-internet.fr http://www.atelier-bing.com http://www.emmanuel-bing.com
L?che-vitrine ou l?che-?cran ? Yahoo! Magasinage.
L?che-vitrine ou l?che-?cran ? Yahoo! Magasinage.
L?che-vitrine ou l?che-?cran ? Yahoo! Magasinage.