? propos de l?? opposition ? (cf. message de Jacques B. Siboni) des discours philosophique et psychanalytique, quelques mots. En ce qui me concerne, je ne parlerais pas d?? opposition ? des discours, mais d?h?t?rog?n?it? des pratiques et des discours. Effectivement, ces deux activit?s sont si diff?rentes que m?me s?il leur arrive de se croiser et de s?emprunter des ?l?ments, voire de se f?conder mutuellement, une profonde alt?rit? les distingue. Mais pourtant, regardons les discours que suscite Onfray ici m?me. Jacques Siboni a ?crit :
Si Onfray ?tait capable de tenir un discours dialectique, ?a se saurait !
Onfray qui cite les philosophes et les psychanalystes, parle-t-il en
Et Bruno Desalle a ajout? : philosophe ? On est en droit d'en douter ! Je souscris tout ? fait ? cette remarque et ? cette interrogation, mais je note ?galement que ce ne sont pas des appr?ciations psychanalytiques : ces jugements rel?vent d?un champ d?appr?ciation philosophique. CB a ajout? :
la haine transpire de tout son discours
J?aurais plut?t parl? de ressentiment (qui se manifeste par des obsessions haineuses et une pratique de bretteur) ; peu importe. Nous sommes cette fois-ci dans un champ pour le moins psychologique. Il en va de m?me pour les autres jugements. Avant d?en dire quelques mots, je souligne qu?il est difficile, voire impossible, de tenir un discours sur les discours de ce h?bleur sans se situer d?embl?e dans un champ autre qu?analytique. Hors de la relation stricte de la cure, le glissement se fait irr?sistiblement vers d?autres champs. Ce qui se distingue ais?ment et simplement en droit devient "naturellement" confus et complexe en fait. Plus g?n?ralement, que vaut la distinction pertinente qu?a faite Jacques sur le plan th?orique entre discours philosophique et psychanalytique d?s que l?on passe ? la pratique (hors de la stricte relation analytique) ? Parler de psychanalyse, n?est-ce pas d?j? flirter ? n?cessairement ? avec quelque chose qui s?approche de la philosophie ? Alors, mon domaine de comp?tence ?tant celui de la philosophie et non celui de la psychanalyse, j?enfonce le clou. Aucun philosophe un peu s?rieux ne prend les dires d?Onfray pour de la philo. Tout au plus s?agit-il d?histoire de la philo, ou plus exactement d?histoire des id?es. C?est du dire sur des dires, qui pr?tend d?-dire (ce qu?il appelle "contre-philosophie") ce qu?il pr?tend commun?ment dit. Si j?entrais dans les d?tails de ces d?-dits, ce serait un massacre : les discours de ce contre-professeur sont truff?s d?erreurs, de contradictions, de contresens, etc. Sa posture donquichottesque ne peut tromper que des gogos incultes en la mati?re. Pour notre profession, c?est une honte. Mais "?a marche", au sens o? ?a a du succ?s. C?est relay? annuellement par le medium de service public qu?est France culture et par une foule de plumitifs ignares, les ravis du village m?diatique. Je te chicanerai, cher Jacques, lorsque tu dis que le discours d?Onfray n?est qu?"un des avatars du discours universitaire" ! Les universitaires en rient ? vomir. Il fait l?universitaire, mais dans une universit? (populaire) qu?il a faite lui-m?me, en opposition ouverte avec l?Universit?, qui n?a jamais voulu de lui (on notera qu?il n?a jamais obtenu le moindre concours ni, a fortiori, le moindre poste ailleurs que dans un lyc?e technique priv? qui n?a eu de cesse de chercher ? s?en d?barrasser). Je te donnerai pourtant raison, Jacques : lorsque tu dis que, dans la posture d?"Aufray" [hugh !], "c'est le savoir qui est en position d'agent", c?est exact, ? ceci pr?s que c?est un "savoir" bidon, antiphilosophique par excellence, puisqu?il ne comporte aucune interrogation (ou doute), aucune analyse conceptuelle, aucune cr?ation de concept et aucune dialectique. Pas m?me de "dialogue avec lui-m?me", puisqu?il est tellement enfonc? dans ses "signifiants ma?tre en position de v?rit?" qu?il ne peut pas acc?der ? l?alt?rit? d?avec soi qui constitue la condition premi?re de la philosophie. Il ne s?agit donc pas de philosophie. Tout juste d?une mauvaise histoire de la soi-disant philosophie (en fait : des "id?es" qui servent ses id?es). ? la rigueur, les philosophes n?ont donc rien ? en dire. Mais ce qui m?int?resse dans le succ?s que ce pontife emporte dans sa paroisse aupr?s de ses jobards plaudicants, c?est de savoir quelle jouissance il leur procure pour annihiler si efficacement leur facult? critique. L?, nous retrouvons la psychanalyse, car il s?agit bien de circulation du d?sir. En mod?le r?duit, Onfray fait ce que savent faire tous les politiques fascinants et fascisants, auxquels il faudrait sans doute ajouter bien des artistes, beaucoup de religieux, de scientifiques sans vergogne, etc. Et je crois que ce serait une erreur que de prendre ce ph?nom?ne ? la l?g?re. D?nier sa dangerosit? ? ou au moins la m?priser ? me para?t peu fond?. La psychanalyse n?a-t-elle rien ? dire hors du cabinet ? Si, en psychanalyse, "c'est l'objet du d?sir qui est l'agent et que ce discours produit du signifiant", les psychanalystes n?ont-ils qu?? se taire devant le ph?nom?ne Onfray ? Je crois y voir l'objet du d?sir ? l?oeuvre, et je crois discerner que ce discours produit bien du signifiant... Mais je comprends bien qu?on n?ait pas envie, ? titre personnel, de se vautrer dans cette tourbe ! Bien amicalement. JP B