[Lutecium-group] Re: [Lutecium-gr oup] entretiens prélimiminaires
Bonjour Liliane, je me pose la m?me question depuis quelque temps. Bien que tout au long de ma pratique j'?tais de plus en plus convaincue que la p?riode d'accessement doit ?tre strictement r?gl?e par la capacit? d'analyste de reconna?tre la possibilit? du travail au cours de trois-quatre premi?res entretiens, les caract?ristiques de ce travail, je sais maintenant, d?pendent de ce cadre dessin? ensemble. Il y a des patients qui restent dans le fauteuil non pas parce que ils sont trop loin du divan, mais parce que c'est l? o? la cure aura lieu. De la m?me mani?re il y a ceux qui passent directement au divan, parce que ils savent - point. Et c'est ? ce savoir r?ciproque je me r?f?re pour prendre la d?cision de commencer. Dans les deux cas j'essaie de "brancher" notre m?moire respective, voil? ce que dit Lacan ? ce propos: "... c'est cela qui rend sensible, fait toucher du doigt, mais de fa?on tout ? fait illusoire, ce que peut ?tre ce que l'on appelle la r?miniscence, et qui consiste ? imaginer, ? propos de quelque chose qui fait fonction d'id?e mais n'en est pas une, qu'on se la r?minsce, si je puis m'exprimer ainsi. ???? La r?miniscence est distincte de la rem?moration. Les deux fonctions sont distingu?es dans Freud, parce qu?il avait le sens des distinctions" Le sinthome, Seuil, p.131 Cordialement, Natalia ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" Subject: [Lutecium-group] entretiens pr?limiminaires Date: Sun, 22 May 2005 09:15:55 +0200
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
Dans son texte Psychog?n?se d'un cas d'homosexualit? f?minine, Freud d?crit l'analyse comme l'organisation d'un voyage en deux temps, le temps o? on pr?pare minutieusement ses bagages et le moment o? on part pour de bon.
Pr?parer minitieusement ses bagages, dans cette m?taphore, c'est pour Freud le fait de rep?rer ce qu'il en est de la structure de l'analysant, de rep?rer donc comment s'est organis? sa n?vrose, sa psychose ou sa perversion autour d'un ?v?nement dit traumatique. Pour la jeune homosexuelle, il d?couvre que c'est au moment o?, alors qu'elle ?tait en phase de r?g?n?ration, de r?activation de son Oedipe et donc qu'inconsciemment en d?sirait recevoir un enfant de son p?re, que dans la r?alit?, ce f?t ? sa m?re qu'il donna cet enfant.
La question que je me pose ? ce propos est celle des entretiens pr?liminaires. Je ne pense que ce que Freud d?crit comme ?tant la pr?paration du voyage corresponde exactement ? ce qu'on appelle les entretiens pr?liminaires, mais enfin il y a quand m?me quelque chose de ces deux ?tapes qui est aussi marqu?e, un avant et un apr?s s'?tre allong? sur le divan.
Je me demande donc et je vous demande ? partir de quand cette question a bien pu surgir dans la technique analytique.
Est-ce que par exemple, c'?tait une question que s'?tait pos?e Freud ? A partir de quand d?cidait-il d'allonger ses analysants sur le divan ? Lacan disait lui qu'il faisait de tr?s longs entretiens pr?liminaires.
Or j'ai oubli? o? il en parlait. Quelqu'un se le rappelle-t-il ? Je me demande si ce n'est pas dans un discours qui ne serait du semblant ou dans le savoir du psychanalyste.
Y aurait-il d'autres textes sur cette question ?
Amicalement. Liliane Fainsilber.
Le go?t de la psychanalyse : http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/
Psychanalyse en dentelle : http://membres.lycos.fr/fainsilber/
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Mesdames, Cette question m'int?resse beaucoup. J'ai d?j? cherch? pas mal, mais les r?f?rences sont minces. Voil? ce que j'ai pu recueillir comme r?f?rences : 1- Freud, ? Le d?but du traitement ?, dans La technique analytique, p. 80 ? 104. Le traitement d?essai n?est pas le moment de l?interpr?tation. L?interpr?tation est apr?s. Les pr?liminaires voient l??mergence du transfert. Le fait d?allonger sur le divan, dont Freud maintient la n?cessit?, permet d?isoler le transfert, le mettre ? l??cart pour mieux le voir appara?tre ? l??tat de r?sistance, p. 93. 2- Lacan, Le transfert, le?on du 16 11 1960, p.20. Le divan permet de se d?rober ? l??ros de la situation, l?analyste se fait intouchable. 3- Lacan, s?minaire XI, p. 147, l'analyste est en place d'objet conjointe ? celle d'id?ale du moi, ce qui d?finit l'entr?e en analyse. 4- ? L?entr?e en analyse : moment et enjeux ?, Actes de l?Ecole de la Cause freudienne, XVI, Marseille 1989. C'est un recueil de plusieurs articles sur le d?but de l'analyse. Il y a en particulier un tr?s bon commentaire du ? journal d?un analyse ? (l?homme au loup) sur la question du d?but de l?analyse et son appui sur un signifiant quelconque, ? mon capitaine ?. Au final, je crois que le fait de parvenir ? rep?rer le transfert, savoir sur quel signifiant il s?appuie, implique du m?me coup d?avoir un aper?u sur ce que l?on peut ?tre comme objet pour l?analysant. Quand nous avons pu faire ce travail pr?liminaire, l?analyse peut commencer. Je cherche d?sesp?r?ment un article de Lacan: Lacan, ? Ouverture de la section clinique ?, Ornicar ?, n?9, p. 8. Je n'ai toujours pas r?ussi ? le trouver. Vous, peut-?tre ? Il parait qu?il existerait aussi un tr?s bon article de F?nichel, que je n?ai pas. Cordialement. ___________________________________ Emmanuel Fleury 17 place Leclerc M?tro Cormontaigne 59800 Lille T?l.: 03 20 92 58 42 -----Message d'origine----- De : lutecium-group-bounces at lutecium.org [mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org] De la part de Natalia Milopolskaya Envoy? : mercredi 25 mai 2005 13:37 ? : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne Objet : [Lutecium-group] Re: [Lutecium-gr oup] entretiens pr?limiminaires lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour Liliane, je me pose la m?me question depuis quelque temps. Bien que tout au long de ma pratique j'?tais de plus en plus convaincue que la p?riode d'accessement doit ?tre strictement r?gl?e par la capacit? d'analyste de reconna?tre la possibilit? du travail au cours de trois-quatre premi?res entretiens, les caract?ristiques de ce travail, je sais maintenant, d?pendent de ce cadre dessin? ensemble. Il y a des patients qui restent dans le fauteuil non pas parce que ils sont trop loin du divan, mais parce que c'est l? o? la cure aura lieu. De la m?me mani?re il y a ceux qui passent directement au divan, parce que ils savent - point. Et c'est ? ce savoir r?ciproque je me r?f?re pour prendre la d?cision de commencer. Dans les deux cas j'essaie de "brancher" notre m?moire respective, voil? ce que dit Lacan ? ce propos: "... c'est cela qui rend sensible, fait toucher du doigt, mais de fa?on tout ? fait illusoire, ce que peut ?tre ce que l'on appelle la r?miniscence, et qui consiste ? imaginer, ? propos de quelque chose qui fait fonction d'id?e mais n'en est pas une, qu'on se la r?minsce, si je puis m'exprimer ainsi. La r?miniscence est distincte de la rem?moration. Les deux fonctions sont distingu?es dans Freud, parce qu?il avait le sens des distinctions" Le sinthome, Seuil, p.131 Cordialement, Natalia ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" Subject: [Lutecium-group] entretiens pr?limiminaires Date: Sun, 22 May 2005 09:15:55 +0200
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Bonjour ? tous,
Dans son texte Psychog?n?se d'un cas d'homosexualit? f?minine,
Freud d?crit l'analyse comme l'organisation d'un voyage en deux
temps, le temps o? on pr?pare minutieusement ses bagages et le
moment o? on part pour de bon.
Pr?parer minitieusement ses bagages, dans cette m?taphore, c'est
pour Freud le fait de rep?rer ce qu'il en est de la structure de
l'analysant, de rep?rer donc comment s'est organis? sa n?vrose, sa
psychose ou sa perversion autour d'un ?v?nement dit traumatique.
Pour la jeune homosexuelle, il d?couvre que c'est au moment o?,
alors qu'elle ?tait en phase de r?g?n?ration, de r?activation de
son Oedipe et donc qu'inconsciemment en d?sirait recevoir un enfant
de son p?re, que dans la r?alit?, ce f?t ? sa m?re qu'il donna cet
enfant.
La question que je me pose ? ce propos est celle des entretiens
pr?liminaires. Je ne pense que ce que Freud d?crit comme ?tant la
pr?paration du voyage corresponde exactement ? ce qu'on appelle les
entretiens pr?liminaires, mais enfin il y a quand m?me quelque
chose de ces deux ?tapes qui est aussi marqu?e, un avant et un
apr?s s'?tre allong? sur le divan.
Je me demande donc et je vous demande ? partir de quand cette
question a bien pu surgir dans la technique analytique.
Est-ce que par exemple, c'?tait une question que s'?tait pos?e
Freud ? A partir de quand d?cidait-il d'allonger ses analysants sur
le divan ? Lacan disait lui qu'il faisait de tr?s longs entretiens
pr?liminaires.
Or j'ai oubli? o? il en parlait. Quelqu'un se le rappelle-t-il ? Je
me demande si ce n'est pas dans un discours qui ne serait du
semblant ou dans le savoir du psychanalyste.
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Cher Emmanuel Fleury, L'ouverture de la section clinique est dans le pas-tout Lacan de L'elp. Je vous l'envoie en fichier joint. Sur les entretiens pr?liminaires, il me semble que les r?f?rences que vous amenez donnent d?j? mati?re ? travailler. Je partage tout ? fait votre point de vue sur la fonction des entretiens pr?liminaires comme pr?alable ? la proposition d'entrer en analyse. Ce qui signifie que ce n'est pas simplement un temps de diagnostic diff?rentiel ou d'appr?ciation des capacit?s analysantes d'un sujet, mais plut?t un temps pour que le candidat ? l'analyse d?roule un peu sa demande et se d?cide (ou pas) ? entrer dans le dispositif. Cordialement, R?mi Brassi? -----Message d'origine----- De?: lutecium-group-bounces at lutecium.org [mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org] De la part de Emmanuel FLEURY Envoy??: mercredi 25 mai 2005 19:49 ??: 'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne' Objet?: [Lutecium-group] entretiens pr?limiminaires lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Mesdames, Cette question m'int?resse beaucoup. J'ai d?j? cherch? pas mal, mais les r?f?rences sont minces. Voil? ce que j'ai pu recueillir comme r?f?rences : 1- Freud, ? Le d?but du traitement ?, dans La technique analytique, p. 80 ? 104. Le traitement d?essai n?est pas le moment de l?interpr?tation. L?interpr?tation est apr?s. Les pr?liminaires voient l??mergence du transfert. Le fait d?allonger sur le divan, dont Freud maintient la n?cessit?, permet d?isoler le transfert, le mettre ? l??cart pour mieux le voir appara?tre ? l??tat de r?sistance, p. 93. 2- Lacan, Le transfert, le?on du 16 11 1960, p.20. Le divan permet de se d?rober ? l??ros de la situation, l?analyste se fait intouchable. 3- Lacan, s?minaire XI, p. 147, l'analyste est en place d'objet conjointe ? celle d'id?ale du moi, ce qui d?finit l'entr?e en analyse. 4- ? L?entr?e en analyse : moment et enjeux ?, Actes de l?Ecole de la Cause freudienne, XVI, Marseille 1989. C'est un recueil de plusieurs articles sur le d?but de l'analyse. Il y a en particulier un tr?s bon commentaire du ? journal d?un analyse ? (l?homme au loup) sur la question du d?but de l?analyse et son appui sur un signifiant quelconque, ? mon capitaine ?. Au final, je crois que le fait de parvenir ? rep?rer le transfert, savoir sur quel signifiant il s?appuie, implique du m?me coup d?avoir un aper?u sur ce que l?on peut ?tre comme objet pour l?analysant. Quand nous avons pu faire ce travail pr?liminaire, l?analyse peut commencer. Je cherche d?sesp?r?ment un article de Lacan: Lacan, ? Ouverture de la section clinique ?, Ornicar ?, n?9, p. 8. Je n'ai toujours pas r?ussi ? le trouver. Vous, peut-?tre ? Il parait qu?il existerait aussi un tr?s bon article de F?nichel, que je n?ai pas. Cordialement. ___________________________________ Emmanuel Fleury 17 place Leclerc M?tro Cormontaigne 59800 Lille T?l.: 03 20 92 58 42 -----Message d'origine----- De : lutecium-group-bounces at lutecium.org [mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org] De la part de Natalia Milopolskaya Envoy? : mercredi 25 mai 2005 13:37 ? : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne Objet : [Lutecium-group] Re: [Lutecium-gr oup] entretiens pr?limiminaires lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour Liliane, je me pose la m?me question depuis quelque temps. Bien que tout au long de ma pratique j'?tais de plus en plus convaincue que la p?riode d'accessement doit ?tre strictement r?gl?e par la capacit? d'analyste de reconna?tre la possibilit? du travail au cours de trois-quatre premi?res entretiens, les caract?ristiques de ce travail, je sais maintenant, d?pendent de ce cadre dessin? ensemble. Il y a des patients qui restent dans le fauteuil non pas parce que ils sont trop loin du divan, mais parce que c'est l? o? la cure aura lieu. De la m?me mani?re il y a ceux qui passent directement au divan, parce que ils savent - point. Et c'est ? ce savoir r?ciproque je me r?f?re pour prendre la d?cision de commencer. Dans les deux cas j'essaie de "brancher" notre m?moire respective, voil? ce que dit Lacan ? ce propos: "... c'est cela qui rend sensible, fait toucher du doigt, mais de fa?on tout ? fait illusoire, ce que peut ?tre ce que l'on appelle la r?miniscence, et qui consiste ? imaginer, ? propos de quelque chose qui fait fonction d'id?e mais n'en est pas une, qu'on se la r?minsce, si je puis m'exprimer ainsi. La r?miniscence est distincte de la rem?moration. Les deux fonctions sont distingu?es dans Freud, parce qu?il avait le sens des distinctions" Le sinthome, Seuil, p.131 Cordialement, Natalia ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" Subject: [Lutecium-group] entretiens pr?limiminaires Date: Sun, 22 May 2005 09:15:55 +0200
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Bonjour ? tous,
Dans son texte Psychog?n?se d'un cas d'homosexualit? f?minine,
Freud d?crit l'analyse comme l'organisation d'un voyage en deux
temps, le temps o? on pr?pare minutieusement ses bagages et le
moment o? on part pour de bon.
Pr?parer minitieusement ses bagages, dans cette m?taphore, c'est
pour Freud le fait de rep?rer ce qu'il en est de la structure de
l'analysant, de rep?rer donc comment s'est organis? sa n?vrose, sa
psychose ou sa perversion autour d'un ?v?nement dit traumatique.
Pour la jeune homosexuelle, il d?couvre que c'est au moment o?,
alors qu'elle ?tait en phase de r?g?n?ration, de r?activation de
son Oedipe et donc qu'inconsciemment en d?sirait recevoir un enfant
de son p?re, que dans la r?alit?, ce f?t ? sa m?re qu'il donna cet
enfant.
La question que je me pose ? ce propos est celle des entretiens
pr?liminaires. Je ne pense que ce que Freud d?crit comme ?tant la
pr?paration du voyage corresponde exactement ? ce qu'on appelle les
entretiens pr?liminaires, mais enfin il y a quand m?me quelque
chose de ces deux ?tapes qui est aussi marqu?e, un avant et un
apr?s s'?tre allong? sur le divan.
Je me demande donc et je vous demande ? partir de quand cette
question a bien pu surgir dans la technique analytique.
Est-ce que par exemple, c'?tait une question que s'?tait pos?e
Freud ? A partir de quand d?cidait-il d'allonger ses analysants sur
le divan ? Lacan disait lui qu'il faisait de tr?s longs entretiens
pr?liminaires.
Or j'ai oubli? o? il en parlait. Quelqu'un se le rappelle-t-il ? Je
me demande si ce n'est pas dans un discours qui ne serait du
semblant ou dans le savoir du psychanalyste.
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Voici le texte de Lacan "ouverture ..." Ce texte est paru dans Ornicar ?, n? 9, 1977, pp 7-14. Vous le trouverez sur le site de ELP : http://www.ecole-lacanienne.net/frames.php3 Cordialement, Guy. Qu?est-ce que la clinique psychanalytique ? Ce n?est pas compliqu?. Elle a une base ? C?est ce qu?on dit dans une psychanalyse. En principe, on se propose de dire n?importe quoi, mais pas de n?importe o? ? de ce que j?appellerai pour ce soir le dire-vent analytique. Ce vent a bien sa valeur ? quand on vanne, Il y a des choses qui s?envolent. On peut aussi se vanter, se vanter de la libert? d?association, ainsi nomm?e. Qu?est-ce que ?a veut dire, la libert? d?association ? ? alors qu?on sp?cule au contraire sur ceci, que l?association n?est absolument pas libre. Certes, elle a un petit jeu, mais on aurait tort de vouloir l??tendre jusqu?au fait qu?on soit libre. Qu?est-ce que veut dire l?inconscient, sinon que les associations sont n?cessaires ? Le dit ne se socie pas ? l?aventure. Ce sur quoi nous comptons, c?est que le dit se socie ? chaque fois qu?il ne se dissocie pas, ce qui apr?s tout est concevable, mais ce n?est certainement pas d??tre dissoci? qu?il est libre. Rien de plus n?cessaire que l??tat de dissociation quand on se l?imagine r?gir ce qu?on appelle le rapport ? l?ext?rieur. J?ai dit l?ext?rieur. On veut que cet ext?rieur soit un monde. Or la pr?supposition du monde n?est pas tout ? fait fond?e, le monde est plus ?mond? qu?on ne pense. Il est cosmographi?. Le mot cosmos a bien son sens. Il l?a conserv?, Il porte sa trace dans divers modes dont nous parlons du cosmos, on parle de cosm?tiques? Le cosmos, c?est ce qui est beau. C?est ce qui est fait beau ? par quoi ? en principe par ce que nous appelons la raison. Mais la raison n?a rien ? faire dans le ? faire beau ? qui est une affaire li?e ? l?id?e de corps glorieux, laquelle s?imagine du symbolique rabattu sur l?imaginaire. Mais c?est un court-circuit. Il faut Erwin Rhode pour se rendre compte de cette sorte de d?bilit? mentale d?o? naissent ces m?meries. C?est avec ?a qu?on fait les momies. Preuve que cette incroyable croyance que le corps dure toujours sous forme d??me, est enracin?e depuis tr?s longtemps. (8)Tout ?a est tr?s contemporain de ce que nous appelons le savoir. C?est de l?inconscient qu?il s?agit. Et ?a n?est pas brillant ? il faut faire un effort pour ne pas croire qu?on est immortel. Voyez ce que j?ai radiophon? l?-dessus dans Scilicet, o? je me suis rhod?. Alors, il faut cliniquer. C?est-?-dire, se coucher. La clinique est toujours li?e au lit ? on va voir quelqu?un couch?. Et on n?a rien trouv? de mieux que de faire se coucher ceux qui s?offrent ? la psychanalyse, dans l?espoir d?en tirer un bienfait, lequel n?est pas couru d?avance, il faut le dire. Il est certain que l?homme ne pense pas de la m?me fa?on couch? ou debout, ne serait-ce que du fait que c?est en position couch?e qu?il fait bien des choses, l?amour en particulier, et l?amour l?entra?ne ? toutes sortes de d?clarations. Dans la position couch?e, l?homme a l?illusion de dire quelque chose qui soit du dire, c?est-?-dire qui importe dans le r?el. La clinique psychanalytique consiste dans le discernement de choses qui importent et qui seront massives d?s qu?on en aura pris conscience. L?inconscience o? on en est quant ? ces choses qui importent, n?a absolument rien ? faire avec l?inconscient, qu?avec le temps j?ai cru devoir d?signer de l?une-b?vue. Il ne suffit pas du tout que l?on ait soup?on de son inconscient pour qu?il recule ? ce serait trop facile. ?a ne veut pas dire que l?inconscient nous guide bien. Une b?vue a-t-elle besoin d??tre expliqu?e ? Certainement pas. Simplement, la psychanalyse suppose que nous sommes avertis du fait qu?une b?vue est toujours d?ordre signifiant. Il y a une b?vue quand on se trompe de signifiant. Un signifiant est toujours d?un ordre plus compliqu? qu?un simple signe. Ce n?est pas parce qu?un signifiant s??crit en signe que c?est moins vrai. Une fl?che par exemple d?signant l?orientation, c?est un signe, mais ce n?est pas un signifiant. En s??crivant, un signifiant se r?duit dans la port?e de ce qu?il signifie. Ce qu?il signifie a en effet ? peu pr?s n?importe quel sens dans une langue donn?e. Pour mesurer l?affaire, prenez par exemple le sens du mot devoir en fran?ais ? doit et avoir, le devoir entendu au sens des m?urs, le d?,? Quel sens donner ? ce que Freud a avanc? dans sa Traumdeutung, o? il l?a mijot? son inconscient ? ? sinon qu?il y a des mots qui l? se repr?sentent comme ils peuvent ? Je dois dire que, bien qu?on ait voulu nous faire de Freud un ?crivain, la Traumdeutung est excessivement confuse. C?est m?me tellement confus qu?on ne peut pas dire que ?a soit lisible. J?aimerais savoir si quelqu?un l?a vraiment lue de bout en bout. Moi, par devoir, je m?y suis oblig?. En tout cas, traduit en fran?ais, ?a n?a pas les m?mes qualit?s qu?en allemand. En Allemand (9)?a se tient, mais ?a ne rend pas pour autant plus claire la notion d?inconscient, de l?Unbewusst. Vous connaissez le sch?ma. Il y a la Wahrnehmung au d?but ? c?est ce qui sert en allemand ? d?signer la perception ? et puis quelque chose passe, fait des progr?s, il y a diff?rentes couches de Wahrnehmung, ? la suite de quoi Il y a l?UBW, l?inconscient, et apr?s ?a, le Vorbewusst, le pr?conscient, et de l?, ?a passe ? la conscience, Bewusstsein. Eh bien, je dirai que, jusqu?? un certain point, j?ai remis sur pied ce que dit Freud. Si j?ai parl? de ? retour ? Freud ?, c?est pour qu?on se convainque d?? quel point c?est boiteux. Et il me semble que l?id?e de signifiant explique tout de m?me comment ?a marche. Le signifiant ne signifie absolument rien. C?est comme ?a que de Saussure a exprim? la chose ? il a parl? d?arbitraire, et en effet il n?y a aucune esp?ce de lien entre un signifiant et un signifi?, il y a seulement une sorte de d?p?t, de cristallisation qui se fait, et qu?on peut aussi bien qualifier d?arbitraire que de n?cessaire, au sens ou Benveniste agitait ce mot. Ce qui est n?cessaire, c?est que le mot ait un usage, et que cet usage soit cristallis?, cristallis? par ce brassage qu?est la naissance d?une nouvelle langue. Il se trouve que, on ne sait pas comment, il y a un certain nombre de gens qui ? la fin en font usage. Qu?est-ce qui d?termine l?usage qu?on fait d?une langue ? C?est un fait qu?il y a cette chose que, reprenant un terme de Freud, j?appelle condensation. Ce qui est curieux, c?est que la condensation laisse la place au d?placement. Ce qui est contigu n??limine pas la glissade, c?est-?-dire la continuit?. La Traumdeutung ce n?est pas du tout ce qu?on s?imagine. On a traduit ?a La Science des R?ves ; depuis, une dame a corrig? Meyerson, et a appel? ?a L?interpr?tation des R?ves. Mais en r?alit?, ce dont il s?agit, c?est de la Deutung, bedeuten ne fait l? que redoubler la b?vue, et en effet, pour ce qui est de la r?f?rence, on sait bien que la b?vue est coutumi?re. Deuten veut dire le sens, c?est ce qui de-veut-dire. Ces petits jeux entre le fran?ais et l?allemand servent ? ?lasticiser le bavardage, mais le bavardage garde toute sa colle. La langue, ? peu pr?s quelle qu?elle soit, c?est du chewing-gum. L?inou?, c?est qu?elle garde ses trucs. Ils sont rendus ind?finissables du fait de ce qu?on appelle le langage, et c?est pourquoi je me suis permis de dire que l?inconscient ?tait structur? comme un langage. La linguistique ? l?ex-sistence du signifiant dans la linguistique ? un psychanalyste ne peut pas ne pas en tenir compte, mais elle laisse ?chapper comment la v?rit? se maintient ? ce (10)qu?il faut bien dire ?tre sa place, sa place topologique ? raison pourquoi je me suis permis de parler de tores, dans un temps. L?inconscient donc n?est pas de Freud, il faut bien que je le dise, il est de Lacan. ?a n?emp?che pas que le champ, lui, soit freudien. Le r?ve diff?re, diff?reud, de diff?rencier de fa?on non manifeste certes, et tout ? fait ?nigmatique ? il suffit de voir la peine que Freud se donne ? ce qu?il faut bien appeler une demande et un d?sir. Le r?ve demande des choses, mais l? encore, la langue allemande ne sert pas Freud, car il ne trouve pas d?autre moyen de la d?signer que de l?appeler un souhait, Wunsch qui est en somme entre demande et d?sir. Pour chacun, on ne sait par quelle voie, quelque chose chemine de ces premiers propos entendus, qui fait que chacun a son inconscient. Freud avait donc raison, mais on ne peut pas dire que l?inconscient soit par lui vraiment isol?, isol? comme je le fais par la fonction que j?ai appel?e du symbolique, et qui est point?e dans la notion de signifiant. Supposer que la clinique psychanalytique, c?est ?a, indique une direction ? ceux qui s?y consacrent. Il faut trancher -l?inconscient, est-ce oui ou non ce que j?ai appel? ? l?occasion du bla-bla ? Il est difficile de nier que Freud, tout au long de La Science des R?ves, ne parle que de mots, de mots qui se traduisent. Il n?y a que du langage dans cette ?lucubration de l?inconscient. Il fait de la linguistique sans le savoir, sans en avoir la moindre id?e. Il va m?me ? se demander si le r?ve a une fa?on d?exprimer la n?gation. Il dit d?abord que non, s?agissant des relations logiques, et il dit apr?s que le r?ve trouve quand m?me un truc pour d?signer la n?gation. Le non dans le r?ve existe-t-il ? Question que Freud laisse en suspens, sur laquelle il se contredit, c?est certain. Cela ne suffit pas pour que nous le chopions l?-dessus, mais il reste tr?s frappant que la clinique psychanalytique ne soit pas plus assur?e. Pourquoi ne demande-t-on pas raison au psychanalyste de la fa?on dont il se dirige dans ce champ freudien ? ?videmment, je ne suis pas chaud-chaud ce soir pour dire que quand on fait de la psychanalyse, on sait o? on va. La psychanalyse, comme toutes les autres activit?s humaines, participe incontestablement de l?abus. On fait comme si on savait quelque chose. Il n?est pourtant pas si s?r que ?a que l?hypoth?se de l?inconscient ait plus de poids que l?existence du langage. Voil? ce que je voulais dire ce soir. Je propose que la section qui s?intitule ? Vincennes ? de (11)la clinique psychanalytique ? soit une fa?on d?interroger le psychanalyste, de le presser de d?clarer ses raisons. Que ceux qui trouvent un bout ? dire sur ce que j?ai avanc? ce soir le d?clarent. QUESTIONS ET R?PONSES Marcel Czermak ? Dans le petit papier que vous avez r?dig? ? destination de cette Section clinique, vous ?crivez que la clinique ? est le r?el en tant qu?il est l?impossible ? supporter ?. Jacques Lacan ? J?ai ?crit ?a, et je ne renie pas les choses que j?ai ?crites. ?a m?entra?nerait ? des complications. M. C. ? Mais elle est ?galement prise dans une dialectique de parole, et ce n?est pas sans relation avec la v?rit?. J. L. ? Le plus stup?fiant est que Freud n?y croit jamais, que quiconque lui dise la v?rit?. Il suffit de lire la Traumdeutung pour s?apercevoir que la v?rit?, il ne croit jamais qu?il puisse l?atteindre. Dire que la v?rit? est li?e ? ces sortes de n?uds, ? ces cha?nes que je fais, explique pr?cis?ment le c?t? ?perdu de cette recherche dans la Traumdeutung de ce qui est vraiment la v?rit?. La v?rit? n?est pas sans rapport avec ce que j?ai appel? le r?el, mais c?est un rapport l?che. La fa?on la plus claire dont se manifeste la v?rit?, c?est le mensonge ? il n?y a pas un analysant qui ne mente ? jet continu, jusque dans sa bonne volont? de tomber juste dans les carreaux que Freud a dessin?s. C?est bien pourquoi la clinique psychanalytique consiste ? r?interroger tout ce que Freud a dit. C?est comme ?a que je l?entends, et que dans mon bla-bla ? moi, je le mets en pratique. M. C. ? D?un c?t?, le registre symbolique est d?nombrable, d?un autre c?t?? J. L. ? Il y a un certain nombre de mots dans le dictionnaire, mais qui ne suffisent pas ? rendre compte de l?usage de la langue. M. C. ? D?un autre cot?, le r?el est plut?t difficilement d?nombrable. Comment la clinique peut-elle ?tre alors l?objet d?une transmission ? (12)J.L. ? D?accord. Une des choses que j?ai manqu? ? mettre en valeur, c?est qu?il y a un champ que j?ai d?sign? par le nom de la jouissance de l?Autre qui est ? repr?senter pour ce qu?elle est, c?est-?-dire comme inexistante. Ce qu?il faudrait, c?est donner corps ? c?est le cas de la dire ? ? cette jouissance de l?autre absente, et faire un petit sch?ma, o? l?imaginaire serait en continuit? avec le r?el. L?imaginaire fait ?videmment partie du r?el, le fait qu?il y ait des corps fait partie du r?el. Sur le fait qu?il y a de la vie, nous pouvons ?perdument cogiter et m?me ?lucubrer ? ce n?est pas plus mauvais qu?autre chose, l?ADN et sa double h?lice ? il n?en reste pas moins que c?est ? partir de l? qu?est concevable qu?il y ait des corps qui se reproduisent. Les corps, ?a fait donc partie du r?el. Par rapport ? cette r?alit? du corps qui r?ve et qui ne sait faire que ?a, par rapport ? cette r?alit?, c?est-?-dire ? sa continuit? avec le r?el, le symbolique est providentiellement la seule chose qui ? cette affaire donne son n?ud, qui, de tout cela, fait un n?ud borrom?en. Jacques-Alain Miller ? La clinique des n?vroses et la clinique des psychoses n?cessitent-elles les m?mes cat?gories, les m?mes signes ? Une clinique des psychoses peut-elle, selon vous, prendre son d?part d?une proposition comme : ? le signifiant repr?sente le sujet pour un autre signifiant ?, avec ce qui s?en suit de l?objet a ? S, a, S1, S2, ces termes sont-ils appropri?s ? la clinique du psychotique ? J. L. ? La parano?a, je veux dire la psychose, est pour Freud absolument fondamentale. La psychose, c?est ce devant quoi un analyste, ne doit reculer en aucun cas. J.-A. M. ? Est-ce que dans la parano?a, le signifiant repr?sente le sujet pour un autre signifiant ? J. L. ? Dans la parano?a, le signifiant repr?sente un sujet pour un autre signifiant. J.-A. M. ? Et vous pouvez y situer ? fading ?, objet a? ? J. L. ? Exactement. J.-A. M. ? Ce serait ? montrer. J. L. ? Ce serait s?rement ? montrer, c?est vrai, mais je ne le montrerai pas ce soir. (13)Solange Falad? ? Que faut-il penser de la fin d?une analyse chez un parano?aque, si cette fin est l?identification au sympt?me ? J. L. ? Il est bien certain que le parano?aque, non seulement il s?identifie au sympt?me, mais que l?analyste s?y identifie ?galement. La psychanalyse est une pratique d?lirante, mais c?est ce qu?on a de mieux actuellement pour faire prendre patience ? cette situation incommode d??tre homme. C?est en tout cas ce que Freud a trouv? de mieux. Et il a maintenu que le psychanalyste ne doit jamais h?siter ? d?lirer. Un participant ? Vous avez m?me dit un jour que vous ?tiez psychotique. J. L. ? Oui, enfin, j?essaie de l??tre le moins possible ! Mais je ne peux pas dire que ?a me serve. Si j??tais plus psychotique, je serais probablement meilleur analyste. Ce que Freud a fait de mieux, c?est l?histoire du Pr?sident Schreber. Il est l? comme un poisson dans l?eau. J.-A. M. ? L?, Il n?est pas all? aupr?s d?un lit, il a pris un texte. J. L. ? C?est tout ? fait vrai. Il n?est pas all? faire bavarder le Pr?sident Schreber. Il n?en reste pas moins qu?il n?est jamais plus heureux qu?avec un texte. J.-.A. M. ? J?ai encore une chose ? vous demander, qui concerne la pratique de la psychoth?rapie, dont nous aurons ? parler dans cette Section clinique. Vous avez nagu?re l?ch? cette formule sans fard : ? la psychoth?rapie ram?ne au pire ?. ?a devrait impliquer qu?on ne peut ? la fois se dire ? lacanien ? et ? psychoth?rapeute ?. Je me demande jusqu?? quel point on prend ?a au s?rieux, et, ? dire vrai, jusqu?? quel point vous prenez au s?rieux ce que vous avez dit. J. L. ? J?ai dit ?a avec s?rieux. J.-A. M. ? Les psychoth?rapies, ?a n?est pas la peine ? J. L. ? C?est certain, ce n?est pas la peine de th?rapier le psychique. Freud aussi pensait ?a. Il pensait qu?il ne fallait pas se presser de gu?rir. Il ne s?agit pas de sugg?rer, ni de convaincre. J.-A. M. ? Et en plus, il pensait que pour le psychotique, ce n??tait pas possible, purement et simplement. (14)J. L. ? Exactement. Personne n?a quelque chose d?autre ? mettre comme grain de sel ? La clinique psychanalytique doit consister non seulement ? interroger l?analyse, mais ? interroger les analystes, afin qu?ils rendent compte de ce que leur pratique a de hasardeux, qui justifie Freud d?avoir exist?. La clinique psychanalytique doit nous aider ? relativer l?exp?rience freudienne. C?est une ?lucubration de Freud. J?y ai collabor?, ce n?est pas une raison pour que j?y tienne. Il faut tout de m?me se rendre compte que la psychanalyse n?est pas une science, n?est pas une science exacte. Le 25/05/05 19:49, ??Emmanuel FLEURY?? <e.fleury at nordnet.fr> a ?crit?:
Je cherche d?sesp?r?ment un article de Lacan: Lacan, ? Ouverture de la section clinique ?, Ornicar ?, n?9, p. 8. Je n'ai toujours pas r?ussi ? le trouver. Vous, peut-?tre ? Il parait qu?il existerait aussi un tr?s bon article de F?nichel, que je n?ai pas.
Cordialement.
___________________________________
Emmanuel Fleury
17 place Leclerc
M?tro Cormontaigne
59800 Lille
T?l.: 03 20 92 58 42
Guy de Villers Grand-Champs Cours de Valduc, 13 B-1348 Louvain-la-Neuve BELGIQUE T?l. : +32 10 45 47 89 Fax : +32 10 45 69 74 Courriel : Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
Et bien voil? une belle cure de rajeunissement, moi qui me souvenais d'un"mettre le psychanalyste ? la question", et de ne pas reculer devant la psychaose, j'?tais loin du compte: un exercise de style sur le couch?/allong? et l'?crit comme d?lire pur pour Freud, enfin je raccourci un peu, mais je ssuis frapp?e du distinguo fondamental entre psycho th?rapie et psychanalyse, je croyais l'avoir pens? de moi m?me, mais me vl'? revenue au sol: je l'avais entendu. Une dissociation. La clinique est un dire, mais qu'est-ce que cela ? avoir avec l'objet: entretiens pr?liminaires? Entre "vent et vanter" r?cemment j'ai entendu "se faire vanner" pour les vannes de la parole d?brid?e, pas si libre que ?a le signifiant en goguette, en plus maintenant si on vanne, on risque de se faire traiter de lacanien, au boulot! Merci de cette remise au go?t du jour de cette ouverture clinique, ?a a surement ?t? enregistr?, ce soir l? je crois que c'?tait ? la chapelle, l'on sait que cela l'a toujours inspir?, sainte Anne (celle du faucon ou Milan de Freud et Vinci, les duetttistes, comme Marie et Anne sa m?re) La clinique au pied de la lettre, la dissociation s'envole, dit-il, et il faut d?lirer. ?a on lui a bcp reproch?, et maintenant quasi un crit?re d'honnetet?: pas ?tre fou, ni libre pour ?tre psychanalyste, mais ?tre diplom? d'universit? ou d'une association ou ?cole analytique, c'est ? dire cotiser. On est loin de cette ?poque h?ro?que, cette section clinique n'?tait pas avare, mais g?n?reuse, c'est plus le cas de nos jours: dans mon coin m?me les pr?sentations de malade sont payantes pour les apprentis mill?riens. Alors vous voyez les choses sont claires: apr?s coup il faut oublier ces textes, et confondre n'importe quel discours avec de la clinique pour peu que la doctrine soit respect?es par les "suffisances" doctes et mal interpr?t?es. La doctrine clinique illustr?e. Bon je m'emporte, bient?t l'orage va claquer. La canicule sera plus forte, il va pleuvoir des grenouilles. Merci Guy D. le 25/05/05 22:55, Guy de Villers ? Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be a ?crit?:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Voici le texte de Lacan "ouverture ..." Ce texte est paru dans Ornicar ?, n? 9, 1977, pp 7-14. Vous le trouverez sur le site de ELP : http://www.ecole-lacanienne.net/frames.php3 Cordialement, Guy.
Qu?est-ce que la clinique psychanalytique ? Ce n?est pas compliqu?. Elle a une base ? C?est ce qu?on dit dans une psychanalyse.
En principe, on se propose de dire n?importe quoi, mais pas de n?importe o? ? de ce que j?appellerai pour ce soir le dire-vent analytique. Ce vent a bien sa valeur ? quand on vanne, Il y a des choses qui s?envolent. On peut aussi se vanter, se vanter de la libert? d?association, ainsi nomm?e.
Qu?est-ce que ?a veut dire, la libert? d?association ? ? alors qu?on sp?cule au contraire sur ceci, que l?association n?est absolument pas libre. Certes, elle a un petit jeu, mais on aurait tort de vouloir l??tendre jusqu?au fait qu?on soit libre. Qu?est-ce que veut dire l?inconscient, sinon que les associations sont n?cessaires ? Le dit ne se socie pas ? l?aventure. Ce sur quoi nous comptons, c?est que le dit se socie ? chaque fois qu?il ne se dissocie pas, ce qui apr?s tout est concevable, mais ce n?est certainement pas d??tre dissoci? qu?il est libre. Rien de plus n?cessaire que l??tat de dissociation quand on se l?imagine r?gir ce qu?on appelle le rapport ? l?ext?rieur.
J?ai dit l?ext?rieur. On veut que cet ext?rieur soit un monde. Or la pr?supposition du monde n?est pas tout ? fait fond?e, le monde est plus ?mond? qu?on ne pense. Il est cosmographi?.
Le mot cosmos a bien son sens. Il l?a conserv?, Il porte sa trace dans divers modes dont nous parlons du cosmos, on parle de cosm?tiques? Le cosmos, c?est ce qui est beau. C?est ce qui est fait beau ? par quoi ? en principe par ce que nous appelons la raison. Mais la raison n?a rien ? faire dans le ? faire beau ? qui est une affaire li?e ? l?id?e de corps glorieux, laquelle s?imagine du symbolique rabattu sur l?imaginaire. Mais c?est un court-circuit. Il faut Erwin Rhode pour se rendre compte de cette sorte de d?bilit? mentale d?o? naissent ces m?meries. C?est avec ?a qu?on fait les momies. Preuve que cette incroyable croyance que le corps dure toujours sous forme d??me, est enracin?e depuis tr?s longtemps.
(8)Tout ?a est tr?s contemporain de ce que nous appelons le savoir. C?est de l?inconscient qu?il s?agit. Et ?a n?est pas brillant ? il faut faire un effort pour ne pas croire qu?on est immortel. Voyez ce que j?ai radiophon? l?-dessus dans Scilicet, o? je me suis rhod?.
Alors, il faut cliniquer. C?est-?-dire, se coucher. La clinique est toujours li?e au lit ? on va voir quelqu?un couch?. Et on n?a rien trouv? de mieux que de faire se coucher ceux qui s?offrent ? la psychanalyse, dans l?espoir d?en tirer un bienfait, lequel n?est pas couru d?avance, il faut le dire. Il est certain que l?homme ne pense pas de la m?me fa?on couch? ou debout, ne serait-ce que du fait que c?est en position couch?e qu?il fait bien des choses, l?amour en particulier, et l?amour l?entra?ne ? toutes sortes de d?clarations. Dans la position couch?e, l?homme a l?illusion de dire quelque chose qui soit du dire, c?est-?-dire qui importe dans le r?el.
La clinique psychanalytique consiste dans le discernement de choses qui importent et qui seront massives d?s qu?on en aura pris conscience. L?inconscience o? on en est quant ? ces choses qui importent, n?a absolument rien ? faire avec l?inconscient, qu?avec le temps j?ai cru devoir d?signer de l?une-b?vue. Il ne suffit pas du tout que l?on ait soup?on de son inconscient pour qu?il recule ? ce serait trop facile. ?a ne veut pas dire que l?inconscient nous guide bien.
Une b?vue a-t-elle besoin d??tre expliqu?e ? Certainement pas. Simplement, la psychanalyse suppose que nous sommes avertis du fait qu?une b?vue est toujours d?ordre signifiant. Il y a une b?vue quand on se trompe de signifiant. Un signifiant est toujours d?un ordre plus compliqu? qu?un simple signe. Ce n?est pas parce qu?un signifiant s??crit en signe que c?est moins vrai. Une fl?che par exemple d?signant l?orientation, c?est un signe, mais ce n?est pas un signifiant. En s??crivant, un signifiant se r?duit dans la port?e de ce qu?il signifie. Ce qu?il signifie a en effet ? peu pr?s n?importe quel sens dans une langue donn?e. Pour mesurer l?affaire, prenez par exemple le sens du mot devoir en fran?ais ? doit et avoir, le devoir entendu au sens des m?urs, le d?,? Quel sens donner ? ce que Freud a avanc? dans sa Traumdeutung, o? il l?a mijot? son inconscient ? ? sinon qu?il y a des mots qui l? se repr?sentent comme ils peuvent ?
Je dois dire que, bien qu?on ait voulu nous faire de Freud un ?crivain, la Traumdeutung est excessivement confuse. C?est m?me tellement confus qu?on ne peut pas dire que ?a soit lisible. J?aimerais savoir si quelqu?un l?a vraiment lue de bout en bout. Moi, par devoir, je m?y suis oblig?. En tout cas, traduit en fran?ais, ?a n?a pas les m?mes qualit?s qu?en allemand. En Allemand (9)?a se tient, mais ?a ne rend pas pour autant plus claire la notion d?inconscient, de l?Unbewusst.
Vous connaissez le sch?ma. Il y a la Wahrnehmung au d?but ? c?est ce qui sert en allemand ? d?signer la perception ? et puis quelque chose passe, fait des progr?s, il y a diff?rentes couches de Wahrnehmung, ? la suite de quoi Il y a l?UBW, l?inconscient, et apr?s ?a, le Vorbewusst, le pr?conscient, et de l?, ?a passe ? la conscience, Bewusstsein. Eh bien, je dirai que, jusqu?? un certain point, j?ai remis sur pied ce que dit Freud. Si j?ai parl? de ? retour ? Freud ?, c?est pour qu?on se convainque d?? quel point c?est boiteux. Et il me semble que l?id?e de signifiant explique tout de m?me comment ?a marche.
Le signifiant ne signifie absolument rien. C?est comme ?a que de Saussure a exprim? la chose ? il a parl? d?arbitraire, et en effet il n?y a aucune esp?ce de lien entre un signifiant et un signifi?, il y a seulement une sorte de d?p?t, de cristallisation qui se fait, et qu?on peut aussi bien qualifier d?arbitraire que de n?cessaire, au sens ou Benveniste agitait ce mot. Ce qui est n?cessaire, c?est que le mot ait un usage, et que cet usage soit cristallis?, cristallis? par ce brassage qu?est la naissance d?une nouvelle langue. Il se trouve que, on ne sait pas comment, il y a un certain nombre de gens qui ? la fin en font usage. Qu?est-ce qui d?termine l?usage qu?on fait d?une langue ?
C?est un fait qu?il y a cette chose que, reprenant un terme de Freud, j?appelle condensation. Ce qui est curieux, c?est que la condensation laisse la place au d?placement. Ce qui est contigu n??limine pas la glissade, c?est-?-dire la continuit?. La Traumdeutung ce n?est pas du tout ce qu?on s?imagine. On a traduit ?a La Science des R?ves ; depuis, une dame a corrig? Meyerson, et a appel? ?a L?interpr?tation des R?ves. Mais en r?alit?, ce dont il s?agit, c?est de la Deutung, bedeuten ne fait l? que redoubler la b?vue, et en effet, pour ce qui est de la r?f?rence, on sait bien que la b?vue est coutumi?re. Deuten veut dire le sens, c?est ce qui de-veut-dire. Ces petits jeux entre le fran?ais et l?allemand servent ? ?lasticiser le bavardage, mais le bavardage garde toute sa colle.
La langue, ? peu pr?s quelle qu?elle soit, c?est du chewing-gum. L?inou?, c?est qu?elle garde ses trucs. Ils sont rendus ind?finissables du fait de ce qu?on appelle le langage, et c?est pourquoi je me suis permis de dire que l?inconscient ?tait structur? comme un langage. La linguistique ? l?ex-sistence du signifiant dans la linguistique ? un psychanalyste ne peut pas ne pas en tenir compte, mais elle laisse ?chapper comment la v?rit? se maintient ? ce (10)qu?il faut bien dire ?tre sa place, sa place topologique ? raison pourquoi je me suis permis de parler de tores, dans un temps.
L?inconscient donc n?est pas de Freud, il faut bien que je le dise, il est de Lacan. ?a n?emp?che pas que le champ, lui, soit freudien.
Le r?ve diff?re, diff?reud, de diff?rencier de fa?on non manifeste certes, et tout ? fait ?nigmatique ? il suffit de voir la peine que Freud se donne ? ce qu?il faut bien appeler une demande et un d?sir. Le r?ve demande des choses, mais l? encore, la langue allemande ne sert pas Freud, car il ne trouve pas d?autre moyen de la d?signer que de l?appeler un souhait, Wunsch qui est en somme entre demande et d?sir.
Pour chacun, on ne sait par quelle voie, quelque chose chemine de ces premiers propos entendus, qui fait que chacun a son inconscient. Freud avait donc raison, mais on ne peut pas dire que l?inconscient soit par lui vraiment isol?, isol? comme je le fais par la fonction que j?ai appel?e du symbolique, et qui est point?e dans la notion de signifiant.
Supposer que la clinique psychanalytique, c?est ?a, indique une direction ? ceux qui s?y consacrent. Il faut trancher -l?inconscient, est-ce oui ou non ce que j?ai appel? ? l?occasion du bla-bla ? Il est difficile de nier que Freud, tout au long de La Science des R?ves, ne parle que de mots, de mots qui se traduisent. Il n?y a que du langage dans cette ?lucubration de l?inconscient. Il fait de la linguistique sans le savoir, sans en avoir la moindre id?e. Il va m?me ? se demander si le r?ve a une fa?on d?exprimer la n?gation. Il dit d?abord que non, s?agissant des relations logiques, et il dit apr?s que le r?ve trouve quand m?me un truc pour d?signer la n?gation. Le non dans le r?ve existe-t-il ? Question que Freud laisse en suspens, sur laquelle il se contredit, c?est certain. Cela ne suffit pas pour que nous le chopions l?-dessus, mais il reste tr?s frappant que la clinique psychanalytique ne soit pas plus assur?e. Pourquoi ne demande-t-on pas raison au psychanalyste de la fa?on dont il se dirige dans ce champ freudien ?
?videmment, je ne suis pas chaud-chaud ce soir pour dire que quand on fait de la psychanalyse, on sait o? on va. La psychanalyse, comme toutes les autres activit?s humaines, participe incontestablement de l?abus. On fait comme si on savait quelque chose. Il n?est pourtant pas si s?r que ?a que l?hypoth?se de l?inconscient ait plus de poids que l?existence du langage.
Voil? ce que je voulais dire ce soir.
Je propose que la section qui s?intitule ? Vincennes ? de (11)la clinique psychanalytique ? soit une fa?on d?interroger le psychanalyste, de le presser de d?clarer ses raisons.
Que ceux qui trouvent un bout ? dire sur ce que j?ai avanc? ce soir le d?clarent.
QUESTIONS ET R?PONSES
Marcel Czermak ? Dans le petit papier que vous avez r?dig? ? destination de cette Section clinique, vous ?crivez que la clinique ? est le r?el en tant qu?il est l?impossible ? supporter ?.
Jacques Lacan ? J?ai ?crit ?a, et je ne renie pas les choses que j?ai ?crites. ?a m?entra?nerait ? des complications.
M. C. ? Mais elle est ?galement prise dans une dialectique de parole, et ce n?est pas sans relation avec la v?rit?.
J. L. ? Le plus stup?fiant est que Freud n?y croit jamais, que quiconque lui dise la v?rit?. Il suffit de lire la Traumdeutung pour s?apercevoir que la v?rit?, il ne croit jamais qu?il puisse l?atteindre. Dire que la v?rit? est li?e ? ces sortes de n?uds, ? ces cha?nes que je fais, explique pr?cis?ment le c?t? ?perdu de cette recherche dans la Traumdeutung de ce qui est vraiment la v?rit?. La v?rit? n?est pas sans rapport avec ce que j?ai appel? le r?el, mais c?est un rapport l?che. La fa?on la plus claire dont se manifeste la v?rit?, c?est le mensonge ? il n?y a pas un analysant qui ne mente ? jet continu, jusque dans sa bonne volont? de tomber juste dans les carreaux que Freud a dessin?s. C?est bien pourquoi la clinique psychanalytique consiste ? r?interroger tout ce que Freud a dit. C?est comme ?a que je l?entends, et que dans mon bla-bla ? moi, je le mets en pratique.
M. C. ? D?un c?t?, le registre symbolique est d?nombrable, d?un autre c?t??
J. L. ? Il y a un certain nombre de mots dans le dictionnaire, mais qui ne suffisent pas ? rendre compte de l?usage de la langue.
M. C. ? D?un autre cot?, le r?el est plut?t difficilement d?nombrable. Comment la clinique peut-elle ?tre alors l?objet d?une transmission ?
(12)J.L. ? D?accord. Une des choses que j?ai manqu? ? mettre en valeur, c?est qu?il y a un champ que j?ai d?sign? par le nom de la jouissance de l?Autre qui est ? repr?senter pour ce qu?elle est, c?est-?-dire comme inexistante. Ce qu?il faudrait, c?est donner corps ? c?est le cas de la dire ? ? cette jouissance de l?autre absente, et faire un petit sch?ma, o? l?imaginaire serait en continuit? avec le r?el. L?imaginaire fait ?videmment partie du r?el, le fait qu?il y ait des corps fait partie du r?el. Sur le fait qu?il y a de la vie, nous pouvons ?perdument cogiter et m?me ?lucubrer ? ce n?est pas plus mauvais qu?autre chose, l?ADN et sa double h?lice ? il n?en reste pas moins que c?est ? partir de l? qu?est concevable qu?il y ait des corps qui se reproduisent. Les corps, ?a fait donc partie du r?el. Par rapport ? cette r?alit? du corps qui r?ve et qui ne sait faire que ?a, par rapport ? cette r?alit?, c?est-?-dire ? sa continuit? avec le r?el, le symbolique est providentiellement la seule chose qui ? cette affaire donne son n?ud, qui, de tout cela, fait un n?ud borrom?en.
Jacques-Alain Miller ? La clinique des n?vroses et la clinique des psychoses n?cessitent-elles les m?mes cat?gories, les m?mes signes ? Une clinique des psychoses peut-elle, selon vous, prendre son d?part d?une proposition comme : ? le signifiant repr?sente le sujet pour un autre signifiant ?, avec ce qui s?en suit de l?objet a ? S, a, S1, S2, ces termes sont-ils appropri?s ? la clinique du psychotique ?
J. L. ? La parano?a, je veux dire la psychose, est pour Freud absolument fondamentale. La psychose, c?est ce devant quoi un analyste, ne doit reculer en aucun cas.
J.-A. M. ? Est-ce que dans la parano?a, le signifiant repr?sente le sujet pour un autre signifiant ?
J. L. ? Dans la parano?a, le signifiant repr?sente un sujet pour un autre signifiant.
J.-A. M. ? Et vous pouvez y situer ? fading ?, objet a? ?
J. L. ? Exactement.
J.-A. M. ? Ce serait ? montrer.
J. L. ? Ce serait s?rement ? montrer, c?est vrai, mais je ne le montrerai pas ce soir.
(13)Solange Falad? ? Que faut-il penser de la fin d?une analyse chez un parano?aque, si cette fin est l?identification au sympt?me ?
J. L. ? Il est bien certain que le parano?aque, non seulement il s?identifie au sympt?me, mais que l?analyste s?y identifie ?galement. La psychanalyse est une pratique d?lirante, mais c?est ce qu?on a de mieux actuellement pour faire prendre patience ? cette situation incommode d??tre homme. C?est en tout cas ce que Freud a trouv? de mieux. Et il a maintenu que le psychanalyste ne doit jamais h?siter ? d?lirer.
Un participant ? Vous avez m?me dit un jour que vous ?tiez psychotique.
J. L. ? Oui, enfin, j?essaie de l??tre le moins possible ! Mais je ne peux pas dire que ?a me serve. Si j??tais plus psychotique, je serais probablement meilleur analyste. Ce que Freud a fait de mieux, c?est l?histoire du Pr?sident Schreber. Il est l? comme un poisson dans l?eau.
J.-A. M. ? L?, Il n?est pas all? aupr?s d?un lit, il a pris un texte.
J. L. ? C?est tout ? fait vrai. Il n?est pas all? faire bavarder le Pr?sident Schreber. Il n?en reste pas moins qu?il n?est jamais plus heureux qu?avec un texte.
J.-.A. M. ? J?ai encore une chose ? vous demander, qui concerne la pratique de la psychoth?rapie, dont nous aurons ? parler dans cette Section clinique.. Vous avez nagu?re l?ch? cette formule sans fard : ? la psychoth?rapie ram?ne au pire ?. ?a devrait impliquer qu?on ne peut ? la fois se dire ? lacanien ? et ? psychoth?rapeute ?. Je me demande jusqu?? quel point on prend ?a au s?rieux, et, ? dire vrai, jusqu?? quel point vous prenez au s?rieux ce que vous avez dit.
J. L. ? J?ai dit ?a avec s?rieux.
J.-A. M. ? Les psychoth?rapies, ?a n?est pas la peine ?
J. L. ? C?est certain, ce n?est pas la peine de th?rapier le psychique. Freud aussi pensait ?a. Il pensait qu?il ne fallait pas se presser de gu?rir. Il ne s?agit pas de sugg?rer, ni de convaincre.
J.-A. M. ? Et en plus, il pensait que pour le psychotique, ce n??tait pas possible, purement et simplement.
(14)J. L. ? Exactement. Personne n?a quelque chose d?autre ? mettre comme grain de sel ? La clinique psychanalytique doit consister non seulement ? interroger l?analyse, mais ? interroger les analystes, afin qu?ils rendent compte de ce que leur pratique a de hasardeux, qui justifie Freud d?avoir exist?. La clinique psychanalytique doit nous aider ? relativer l?exp?rience freudienne. C?est une ?lucubration de Freud. J?y ai collabor?, ce n?est pas une raison pour que j?y tienne. Il faut tout de m?me se rendre compte que la psychanalyse n?est pas une science, n?est pas une science exacte.
Le 25/05/05 19:49, ??Emmanuel FLEURY?? <e.fleury at nordnet.fr> a ?crit?:
Je cherche d?sesp?r?ment un article de Lacan: Lacan, ? Ouverture de la section clinique ?, Ornicar ?, n?9, p. 8. Je n'ai toujours pas r?ussi ? le trouver. Vous, peut-?tre ? Il parait qu?il existerait aussi un tr?s bon article de F?nichel, que je n?ai pas.
Cordialement.
___________________________________
Emmanuel Fleury
17 place Leclerc
M?tro Cormontaigne
59800 Lille
T?l.: 03 20 92 58 42
Guy de Villers Grand-Champs Cours de Valduc, 13 B-1348 Louvain-la-Neuve BELGIQUE T?l. : +32 10 45 47 89 Fax : +32 10 45 69 74 Courriel : Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
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Cher Emmanuel, merci pour ces r?f?rences, je vais essayer de retrouver moi aussi ce qu'en raconte Lacan mais je ne sais plus o?. Je vous r?pondrais plus longuement quand j'aurais un peu plus travaill? cette question. C'est curieux quand m?me qu'il y ait le m?me black out sur la fin de l'analyse et sur son d?but surtout si tous deux sont d?crits comme ?tant des moments ou des temps d?cisifs. j'ai paum?, au cours de mon d?m?nagement, les ouvrages de Serge Leclaire, mais je me demande s'il n'abordait pas cette question dans l'un de ses livres tel que peut-?tre "Psychanalyser". A bient?t donc. Liliane. Le go?t de la psychanalyse : http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/ Psychanalyse en dentelle : http://membres.lycos.fr/fainsilber/ Groupe des cinq psychanalyses : http://liliane.fainsilber.free.fr/ ----- Original Message ----- From: "Emmanuel FLEURY" <e.fleury at nordnet.fr> To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, May 25, 2005 7:49 PM Subject: [Lutecium-group] entretiens pr?limiminaires lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Mesdames, Cette question m'int?resse beaucoup. J'ai d?j? cherch? pas mal, mais les r?f?rences sont minces. Voil? ce que j'ai pu recueillir comme r?f?rences : 1- Freud, ? Le d?but du traitement ?, dans La technique analytique, p. 80 ? 104. Le traitement d'essai n'est pas le moment de l'interpr?tation. L'interpr?tation est apr?s. Les pr?liminaires voient l'?mergence du transfert. Le fait d'allonger sur le divan, dont Freud maintient la n?cessit?, permet d'isoler le transfert, le mettre ? l'?cart pour mieux le voir appara?tre ? l'?tat de r?sistance, p. 93. 2- Lacan, Le transfert, le?on du 16 11 1960, p.20. Le divan permet de se d?rober ? l'?ros de la situation, l'analyste se fait intouchable. 3- Lacan, s?minaire XI, p. 147, l'analyste est en place d'objet conjointe ? celle d'id?ale du moi, ce qui d?finit l'entr?e en analyse. 4- ? L'entr?e en analyse : moment et enjeux ?, Actes de l'Ecole de la Cause freudienne, XVI, Marseille 1989. C'est un recueil de plusieurs articles sur le d?but de l'analyse. Il y a en particulier un tr?s bon commentaire du ? journal d'un analyse ? (l'homme au loup) sur la question du d?but de l'analyse et son appui sur un signifiant quelconque, ? mon capitaine ?. Au final, je crois que le fait de parvenir ? rep?rer le transfert, savoir sur quel signifiant il s'appuie, implique du m?me coup d'avoir un aper?u sur ce que l'on peut ?tre comme objet pour l'analysant. Quand nous avons pu faire ce travail pr?liminaire, l'analyse peut commencer. Je cherche d?sesp?r?ment un article de Lacan: Lacan, ? Ouverture de la section clinique ?, Ornicar ?, n?9, p. 8. Je n'ai toujours pas r?ussi ? le trouver. Vous, peut-?tre ? Il parait qu'il existerait aussi un tr?s bon article de F?nichel, que je n'ai pas. Cordialement. ___________________________________ Emmanuel Fleury 17 place Leclerc M?tro Cormontaigne 59800 Lille T?l.: 03 20 92 58 42 -----Message d'origine----- De : lutecium-group-bounces at lutecium.org [mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org] De la part de Natalia Milopolskaya Envoy? : mercredi 25 mai 2005 13:37 ? : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne Objet : [Lutecium-group] Re: [Lutecium-gr oup] entretiens pr?limiminaires lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour Liliane, je me pose la m?me question depuis quelque temps. Bien que tout au long de ma pratique j'?tais de plus en plus convaincue que la p?riode d'accessement doit ?tre strictement r?gl?e par la capacit? d'analyste de reconna?tre la possibilit? du travail au cours de trois-quatre premi?res entretiens, les caract?ristiques de ce travail, je sais maintenant, d?pendent de ce cadre dessin? ensemble. Il y a des patients qui restent dans le fauteuil non pas parce que ils sont trop loin du divan, mais parce que c'est l? o? la cure aura lieu. De la m?me mani?re il y a ceux qui passent directement au divan, parce que ils savent - point. Et c'est ? ce savoir r?ciproque je me r?f?re pour prendre la d?cision de commencer. Dans les deux cas j'essaie de "brancher" notre m?moire respective, voil? ce que dit Lacan ? ce propos: "... c'est cela qui rend sensible, fait toucher du doigt, mais de fa?on tout ? fait illusoire, ce que peut ?tre ce que l'on appelle la r?miniscence, et qui consiste ? imaginer, ? propos de quelque chose qui fait fonction d'id?e mais n'en est pas une, qu'on se la r?minsce, si je puis m'exprimer ainsi. La r?miniscence est distincte de la rem?moration. Les deux fonctions sont distingu?es dans Freud, parce qu?il avait le sens des distinctions" Le sinthome, Seuil, p.131 Cordialement, Natalia ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" Subject: [Lutecium-group] entretiens pr?limiminaires Date: Sun, 22 May 2005 09:15:55 +0200
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
Bonjour ? tous,
Dans son texte Psychog?n?se d'un cas d'homosexualit? f?minine,
Freud d?crit l'analyse comme l'organisation d'un voyage en deux
temps, le temps o? on pr?pare minutieusement ses bagages et le
moment o? on part pour de bon.
Pr?parer minitieusement ses bagages, dans cette m?taphore, c'est
pour Freud le fait de rep?rer ce qu'il en est de la structure de
l'analysant, de rep?rer donc comment s'est organis? sa n?vrose, sa
psychose ou sa perversion autour d'un ?v?nement dit traumatique.
Pour la jeune homosexuelle, il d?couvre que c'est au moment o?,
alors qu'elle ?tait en phase de r?g?n?ration, de r?activation de
son Oedipe et donc qu'inconsciemment en d?sirait recevoir un enfant
de son p?re, que dans la r?alit?, ce f?t ? sa m?re qu'il donna cet
enfant.
La question que je me pose ? ce propos est celle des entretiens
pr?liminaires. Je ne pense que ce que Freud d?crit comme ?tant la
pr?paration du voyage corresponde exactement ? ce qu'on appelle les
entretiens pr?liminaires, mais enfin il y a quand m?me quelque
chose de ces deux ?tapes qui est aussi marqu?e, un avant et un
apr?s s'?tre allong? sur le divan.
Je me demande donc et je vous demande ? partir de quand cette
question a bien pu surgir dans la technique analytique.
Est-ce que par exemple, c'?tait une question que s'?tait pos?e
Freud ? A partir de quand d?cidait-il d'allonger ses analysants sur
le divan ? Lacan disait lui qu'il faisait de tr?s longs entretiens
pr?liminaires.
Or j'ai oubli? o? il en parlait. Quelqu'un se le rappelle-t-il ? Je
me demande si ce n'est pas dans un discours qui ne serait du
semblant ou dans le savoir du psychanalyste.
Y aurait-il d'autres textes sur cette question ?
Amicalement. Liliane Fainsilber.
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