[Lutecium-group] Notes sur l'imaginaire et sa critique
"L'imaginaire, le "paysage" int?rieur d'un auteur, se dessine ? partir d'un ensemble de notions, de signifiants qui affleurent dans l'oeuvre consid?r?e". ?crit Michel Contat ? propos de la critique ... mais d'un certain type d'approche critique celle de Jean-Pierre Richard ? propos du "Dernier Barthes" dans le Monde des livres de ce vendredi..... Personnellement, te prendrai comme exemple : Antonin Artaud pr?destin? tel un ?corch? vif n'a h?las jamais habit? son corps, quand ? sa parole lucide et ? la fois hallucin?e elle rejoint les arch?types Jungiens.Il repr?sentera sa folie, non pas dans un statut d'acteur mais dans le seul espoir de l'exorciser. Cela lui ?tait devenu vital, comme l'air, l'eau. Il devient d?s lors le tyran de sa d?mence. Celle-ci n'appartient plus au jugement des "assis", ni des psychiatres, elle se fait m?tamorphose, incandescence. Il est l'homme qui habite les feux qui le d?truisent. J' appelle critique psychanalytique une recherche qui d?tient un savoir qui d?voile et articule le langage cach? de l'inconscient et reconstruit l'oeuvre -- Entre l'auteur et son lecteur s'?tablit une relation transf?rentielle analogue ? celle qui se d?clenche dans la cure analytique --. Le champ romanesque porte en lui une langue interne postulant que le drame est inscrit en nous. La destin?e nous d?passe, faisant tout basculer.--Toute oeuvre d?tient des clefs secr?tes en filigrane. L'analyse peut en r?v?ler, par exemple, que dans un r?cit r?trospectif, ce peut ?tre le rappel d'un ?v?nement essentiel, la confession est scand?e par une r?f?rence permanente ? un drame v?cu. Un monologue int?rieur ce peut ?tre une formule incantatoire qui revient comme un refrain (H. Boll, Portrait de groupe avec dame: "Je ne suis pas un monstre") Ce peut ?tre une simple phrase qui r?sume ? elle seule la personnalit? profonde d'un personnage ou d'une sc?ne -- un th?me lumineux et bien s?r ? l'image du monde "proustien" le rappel d'une sensation et d'une m?lodie: la madeleine et la petite symphonie de Vinteuil. Dans un journal intime ce peut ?tre le rappel d'un secret enfoui ou un retour obsessionnel aux ?pisodes d'une aventure...ect... Alors 'il me semble que Rimbaud l'avait bien sur parfaitement compris (en Abyssinie), il avait certainement d?pass? un art qu'il avait trop bien cern?; m?t?ore dans la matrice du po?te ? venir il n'avait d?s lors plus rien ? prouver: le d?finitif m?me l'incompris ne se rature point, ne se recommence pas. Il avait trop donn?, trop vite, trop loin, le foss? entre le Verbe et l'existence n'est ni une abysse ni un ru mais tout simplement une exp?rience v?cue, une ?quinoxe de l'esprit onirique. Quand ? l'oeuvre d'Artaud, c'est un peu comme si elle " ?prouve dans la folie sa propre absence", mais cette ?preuve, le courage recommenc? de cette ?preuve, tous ces mots jet?s contre une absence fondamentale de langage, tout cet espace de souffrance physique et de terreur qui entoure le vide ou plut?t co?ncide avec lui, voil? l'oeuvre elle-m?me: l'escarpement sur le gouffre de l'absence d'oeuvre la folie est l'espace et la d?cision ? partir de laquelle irr?vocablement elle cesse, et surplombe. C'est le monde qui devient coupable ? l'?gard de l'oeuvre; le voil? requis par elle, contraint de s'ordonner ? son langage, astreint par elle ? une t?che de reconnaissance, de r?paration. Voici les notes qui ?grainent mes lectures alors si dans chaque psychanalyste, il y a un po?te qui sommeille, et si dans chaque po?te un analyste qui s'oublie, c'est parce qu'ils ?veillent tous deux un langage articul?: celui de l'inconscient. Dans l'attende de vos commentaires et critiques je vous livre un aphorisme de Conrad Stein en guise de conclusion : "Tant que la psychanalyse est pour nous l'initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-m?mes la porte des demeures o? nous n'aurions pas su p?n?trer, son r?le dans notre vie est salutaire." cordialement frans tassigny -- Tassigny Frans Sint Fransiscusstraat 25 8400 Ostende BELGIQUE
Alors 'il me semble que Rimbaud l'avait bien sur parfaitement compris (en Abyssinie), il avait certainement d?pass? un art qu'il avait trop bien cern?; m?t?ore dans la matrice du po?te ? venir il n'avait d?s lors plus rien ? prouver: le d?finitif m?me l'incompris ne se rature point, ne se recommence pas. Il avait trop donn?, trop vite, trop loin, le foss? entre le Verbe et l'existence n'est ni une abysse ni un ru mais tout simplement une exp?rience v?cue, une ?quinoxe de l'esprit onirique.
------ comment "d?passer" l'art ??? personne ne donne trop, trop vite, trop loin, il y a "le poeme", c'est tout, il n'y a rien a prouver, le poeme ne s'arrette jamais ... le poeme est la ou pas, on le chante ou pas ... c'est rimbaud le "poete" qui s'en va, le poeme lui demeure, en abyssinie ou ailleurs ........................ rimbaud a compris la difference entre le poeme et le poete et il est parti gerard duguet-grasser
--- eliane franc <duguet.grasser at wanadoo.fr> a ?crit :
------ comment "d?passer" l'art ??? personne ne donne trop, trop vite, trop loin, il y a "le poeme", c'est tout, il n'y a rien a prouver, le poeme ne s'arrette jamais ... le poeme est la ou pas, on le chante ou pas ... c'est rimbaud le "poete" qui s'en va, le poeme lui demeure, en abyssinie ou ailleurs ........................ rimbaud a compris la difference entre le poeme et le poete et il est parti
gerard duguet-grasser
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