J.-C. Milner et les noeuds (1995) : le "c'est montré" et le "c'est écrit"
Bonjour, Je vous lis avec beaucoup d'int?r?t et je vous propose de (re)lire Milner (1995) : "Ainsi le second classicisme a-t-il pass?, ? l'instant o? il paraissait s'accomplir. Lacan lui-m?me y a mis un terme. Le s?minaire XX, qui en constitue le sommet, d?clenche aussi le m?canisme de sa d?construction. Tout est d?j? mis en pi?ces, lorsque Lacan choisit, aux approches de 1980, de se taire. Le noeud d'un c?t?, le po?me de l'autre ; la ficelle et la lettre ; le silence et le calembour. On songe ? l'Ethiopie. [...] Monstration par monstration, le noeud a entrav? le mi-dire en tant que moyen du bien dire, mais les entraves du mi-dire et l'inaccessibilit? du bien dire sont une abolition de l'inconscient. Si non seulement le silence est requis, mais aussi possible [...], c'est que la v?rit? ne parle pas et que l'inconscient n'existe pas. Il n'y a pas de chose freudienne. Si Wittgenstein l'emporte, si le noeud l'emporte sur l'?crit, Lacan n'est pas seul d?truit. [...] Je ne conclurai pourtant pas cela. Je conclurai seulement ? un d?p?rissement du second classicisme. Comme le premier, lui aussi, avait d?p?ri. A cet ?v?nement, il y a une cause de doctrine : l'?mergence du noeud. Par un effet presque machinique, cette ?mergence d?samarre l'instance de la lettre ; celle-ci, flottant comme un vaisseau en ?tat d'?bri?t?, foisonne ind?finiment - sous le fanion de Joyce. Le programme, alors, est clair ; apr?s la fin du second classicisme, un seul probl?me demeure : quels rapports entretiennent le "c'est montr?" et le "c'est ?crit" ? [...] De ce qui pouvait relever le second classicisme, nul ne doit rien assurer. Mais on peut assurer que le second classicisme ?tait achev? et qu'il n'?tait pas le dernier mot." J.-C. Milner, *L'Oeuvre claire, Lacan, la science, la philosophie *(1995).
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Bonjour, merci pour ces ? saillies ontologiques ? de Milner qui ne m?int?ressent pas beaucoup quant au renforcement et ? ? la compactification de la faille ? qui nourrit le discours analytique. Enlis? dans l?ontologie, il a cru que celui-ci pouvait engendrer un ? m?talangage ? qui aurait pu avoir raison du ? manque ? ?tre ? induit par la d?pendance irr?versible de l?ordre symbolique. La linguistique, assise sur l?ontologie, et non pas sur la ? linguisterie ? lacanienne, n?apporte rien ? la raison freudienne, et partant au discours analytique. Or, pour occuper au mieux ma place d?analyste et mener ? bien la t?che analytique - ? combien rigoureuse et exigeante- je pr?f?re ( mais d?autres choix sont possibles) m?atteler ? mieux mettre en ?vidence la v?rit? du d?sir en tant qu?elle est affaire de parole et?..d??criture. Envoy? de mon iPhone
Le 17 sept. 2025 ? 06:22, Loic TOUBEL <toubel1974 at gmail.com> a ?crit :
? Bonjour,
Je vous lis avec beaucoup d'int?r?t et je vous propose de (re)lire Milner (1995) :
"Ainsi le second classicisme a-t-il pass?, ? l'instant o? il paraissait s'accomplir. Lacan lui-m?me y a mis un terme. Le s?minaire XX, qui en constitue le sommet, d?clenche aussi le m?canisme de sa d?construction. Tout est d?j? mis en pi?ces, lorsque Lacan choisit, aux approches de 1980, de se taire. Le noeud d'un c?t?, le po?me de l'autre ; la ficelle et la lettre ; le silence et le calembour. On songe ? l'Ethiopie.
[...]
Monstration par monstration, le noeud a entrav? le mi-dire en tant que moyen du bien dire, mais les entraves du mi-dire et l'inaccessibilit? du bien dire sont une abolition de l'inconscient. Si non seulement le silence est requis, mais aussi possible [...], c'est que la v?rit? ne parle pas et que l'inconscient n'existe pas. Il n'y a pas de chose freudienne. Si Wittgenstein l'emporte, si le noeud l'emporte sur l'?crit, Lacan n'est pas seul d?truit.
[...]
Je ne conclurai pourtant pas cela. Je conclurai seulement ? un d?p?rissement du second classicisme. Comme le premier, lui aussi, avait d?p?ri. A cet ?v?nement, il y a une cause de doctrine : l'?mergence du noeud. Par un effet presque machinique, cette ?mergence d?samarre l'instance de la lettre ; celle-ci, flottant comme un vaisseau en ?tat d'?bri?t?, foisonne ind?finiment - sous le fanion de Joyce. Le programme, alors, est clair ; apr?s la fin du second classicisme, un seul probl?me demeure : quels rapports entretiennent le "c'est montr?" et le "c'est ?crit" ?
[...]
De ce qui pouvait relever le second classicisme, nul ne doit rien assurer. Mais on peut assurer que le second classicisme ?tait achev? et qu'il n'?tait pas le dernier mot."
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