[Lutecium-group] Ektos atas
Cher Eric Huang, Cher Guy, Je n?ai pas la traduction de Robert Pignarre, mais je dois dire que celle de Paul Mazon (qu?on retrouve dans la petite ?dition bilingue des Classiques en poche des Belles-Lettres (2002), est assez bonne, et surtout que j?aime beaucoup l?introduction et le commentaire de Nicole Loraux. L?at?, c?est le destin funeste, le d?sastre, la punition que les dieux infligent aux hommes. En effet, dans cette famille des Labdacides (qui signifie : les boiteux?), avec Oedipe (le pied enfl?, et l??quivoque avec Oida : je sais, est ?vidente pour les Grecs), on a une succession d?horreurs, les enfants payant pour les fautes de leurs p?res. On pourrait dire que ?a ne marche pas foret dans cette famille?. Mais Antigone est, par son nom m?me, (celle qui est contre, anti la g?n?ration, gon?) celle qui arr?te la succession des horreurs. Elle d?cide de sa mort, sans enfant, ce qui arr?te la mal?diction qui p?se sur sa famille ; lire ? ce sujet le magnifique passage (891-928) dans lequel Antigone fait son propre ?loge fun?bre : en 917-19, elle dit : je n?aurai connu ni le lit nuptial ni le chant d?hym?n?e ; je n?aurai pas eu, comme une autre, un mari, des enfants grandissant sous mes yeux ; mais sans ?gards abandonn?e des miens, mis?rablement, je descends, vivante, au s?jour souverain des morts. ? Elle d?cide de son suicide (de sa propre main, autocheir, qu?on retrouve en 5 occurrences, comme l?expose magnifiquement Nicole Loraux dans un tr?s beau texte : La main d?Antigone, dans la m?me petite ?dition d?j? cit?e, (p.105-142). Comme Lacan l?indique bien dans les pages que vous mentionnez (S?m VII, p.305, et ensuite pp.314-322?) Antigone est au-del? de la limite. Elle d?cide de sa mort, elle se pend, elle devance la punition de Cr?on. J?avais suivi avec plaisir une journ?e d??tude ? Turin, sous la direction de Rosa-Elena Manzetti, qui portait sur le d?sir de mort d?Antigone, dont la beaut? est le masque dernier. Pour r?pondre ? l?aimable mot de Guy de Villers, qui m?a guid?e depuis quelques ann?es sur la route lacanienne, je me permets de vous adresser un texte que je viens de d?fendre ? Gen?ve sur une autre h?ro?ne grecque, dont Jacques-Alain Miller dit qu?elle est la vraie femme. Dans ce texte, je montre la r?sonance que peut avoir un nom propre dans la trag?die, surtout avec celle femme-l?, qui, contrairement ? Antigone, a eu des enfants, et peut donc ?tre appel?e gun?, et pas simplement nymph?. Je trouve que avec trois femmes de l?Antiquit?, Antigone, mais aussi Diotime (le Banquet), et, pour une seule phrase, M?d?e, Lacan nous donne de tr?s pr?cieuses indications sur ce qu?est une femme, une vraie femme... Bien cordialement, Violaine Cl?ment
Merci beaucoup, Mme. Cl?ment, c'est une tr?s tr?s belle explication. Merci Loic Toubel. ________________________________ From: Violaine Cl?ment <violaine.clement at co-perolles.ch> Sent: Friday, May 10, 2019 8:50 PM To: zuo huang; Guy de Villers Grand-Champs Cc: lutecium Subject: Ektos atas Cher Eric Huang, Cher Guy, Je n?ai pas la traduction de Robert Pignarre, mais je dois dire que celle de Paul Mazon (qu?on retrouve dans la petite ?dition bilingue des Classiques en poche des Belles-Lettres (2002), est assez bonne, et surtout que j?aime beaucoup l?introduction et le commentaire de Nicole Loraux. L?at?, c?est le destin funeste, le d?sastre, la punition que les dieux infligent aux hommes. En effet, dans cette famille des Labdacides (qui signifie : les boiteux?), avec Oedipe (le pied enfl?, et l??quivoque avec Oida : je sais, est ?vidente pour les Grecs), on a une succession d?horreurs, les enfants payant pour les fautes de leurs p?res. On pourrait dire que ?a ne marche pas foret dans cette famille?. Mais Antigone est, par son nom m?me, (celle qui est contre, anti la g?n?ration, gon?) celle qui arr?te la succession des horreurs. Elle d?cide de sa mort, sans enfant, ce qui arr?te la mal?diction qui p?se sur sa famille ; lire ? ce sujet le magnifique passage (891-928) dans lequel Antigone fait son propre ?loge fun?bre : en 917-19, elle dit : je n?aurai connu ni le lit nuptial ni le chant d?hym?n?e ; je n?aurai pas eu, comme une autre, un mari, des enfants grandissant sous mes yeux ; mais sans ?gards abandonn?e des miens, mis?rablement, je descends, vivante, au s?jour souverain des morts. ? Elle d?cide de son suicide (de sa propre main, autocheir, qu?on retrouve en 5 occurrences, comme l?expose magnifiquement Nicole Loraux dans un tr?s beau texte : La main d?Antigone, dans la m?me petite ?dition d?j? cit?e, (p.105-142). Comme Lacan l?indique bien dans les pages que vous mentionnez (S?m VII, p.305, et ensuite pp.314-322?) Antigone est au-del? de la limite. Elle d?cide de sa mort, elle se pend, elle devance la punition de Cr?on. J?avais suivi avec plaisir une journ?e d??tude ? Turin, sous la direction de Rosa-Elena Manzetti, qui portait sur le d?sir de mort d?Antigone, dont la beaut? est le masque dernier. Pour r?pondre ? l?aimable mot de Guy de Villers, qui m?a guid?e depuis quelques ann?es sur la route lacanienne, je me permets de vous adresser un texte que je viens de d?fendre ? Gen?ve sur une autre h?ro?ne grecque, dont Jacques-Alain Miller dit qu?elle est la vraie femme. Dans ce texte, je montre la r?sonance que peut avoir un nom propre dans la trag?die, surtout avec celle femme-l?, qui, contrairement ? Antigone, a eu des enfants, et peut donc ?tre appel?e gun?, et pas simplement nymph?. Je trouve que avec trois femmes de l?Antiquit?, Antigone, mais aussi Diotime (le Banquet), et, pour une seule phrase, M?d?e, Lacan nous donne de tr?s pr?cieuses indications sur ce qu?est une femme, une vraie femme... Bien cordialement, Violaine Cl?ment
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