[Lutecium-group] Entretiens préliminaires
Bonjour ? tous, j'ai trouv? ce matin un passage de Lacan sur les entretiens pr?liminaires qui m'a bien int?ress? et je vous en fait part. Pourquoi si vous mettez tout de suite l'analysant sur le divan ce serait foutu ? Bonne journ?e. Liliane Fainsilber le go?t de la psychanalyse : http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/ Le livre bleu de la psychanalyse : http://psychanalyse.canalblog.com/ A propos de la n?cessit? des entretiens pr?liminaires et leur fonction dans l'analyse Dans un texte de Lacan qui a pour titre ? le sympt?me ?, une conf?rence faite ? Gen?ve en octobre 75, quelques lignes ?voquent la n?cessit? des entretiens pr?liminaires. Cette question n'est pas souvent abord?e, celle de savoir ? partir de quand quelqu'un qui vient demander une analyse s'allonge sur le divan. Lacan articule cette question des entretiens pr?liminaires au nom qu'il a donn? ? celui qui vient demander une analyse, celui non pas d'analys?, mais d'analysant. A la dur?e des entretiens pr?liminaires et de ce qui s'y passe d?pendra en effet le fait que l'analysant pourra effectuer sa tache psychanalysante. Du participe pass? au participe pr?sent c'est ainsi qu'il met au travail le dit analysant. Il a la charge de d?chiffrer lui-m?me le sens de ses sympt?mes et de tracer ainsi la voie de sa gu?rison en pr?sence de l'analyste ? qui il s'adresse mais qui est aussi l'objet de ses cogitations, de par l'effet du transfert. Il ?crit : ? Ce que je voulais dire, c'?tait que dans l'analyse, c'est la personne qui vient formuler une demande d'analyse qui travaille. A condition que vous ne l'ayez pas mise tout de suite sur le divan auquel cas c'est foutu. ? Il pr?cise donc ce qu'il faut attendre, une nouvelle formulation de sa demande : ? il est indispensable que cette demande ait vraiment pris forme avant que vous ne la fassiez ?tendre. Quand vous lui dites de commencer - et ?a ne doit ?tre ni la premi?re, ni la seconde fois, au moins si vous voulez vous comporter dignement - la personne donc, qui a fait cette demande d'analyse, quand elle commence le travail c'est elle qui travaille. Vous n'avez pas du tout ? la consid?rer comme quelqu'un que vous devez p?trir. C'est tout le contraire. Qu'est-ce que vous y faites l? ? Cette question est tout ce pour quoi je m'interroge depuis que j'ai commenc? ?. Dans ce paragraphe, chaque phrase, chaque mot a son importance. Tout d'abord, ce qu'il en est de la nouvelle formulation de cette demande. De l'exp?rience que j'ai v?cu avec Lacan, de ma d?marche analytique, les entretiens pr?liminaires avaient dur?, du souvenir que j'en ai, trois mois. Je pense qu'il y avait entre la premi?re demande et la seconde, la distance qu'il y a entre la signification et le sens, un sens qui pourtant n'est qu'? venir. C'est une ?nonciation, mais totalement ?nigmatique, en attente donc de r?ponse. Il importe que l'analyste puisse l'entendre ? ce moment-l?. Puisque c'est le moment de commencer l'analyse, allong? sur le divan. Un autre terme m?rit? ?galement d'?tre soulign?, celui de ? dignement ?. Quelle curieuse formulation en effet : ? si vous vous voulez vous comporter dignement ?. il s'agit donc de se comporter dignement en tant qu'analyste et pour cela savoir d?cider du moment o? il convient de commencer l'analyse. Il pose donc l? la question de l'?thique du psychanalyste, mais pas seulement puisque s'y rajoute cet autre question ? qu'est-ce que vous y faites-l? ?. L'analysant travaille et vous ? Peut-?tre qu'? cette question, Lacan a-t-il r?pondu, tr?s tard en 1978, au moment du congr?s sur la transmission de la psychanalyse, avec ce terme tout aussi ?nigmatique mais fort int?ressant celui de ? Truquage ?. ? Alors comment se fait-il que, par l'op?ration du signifiant, il y ait des gens qui gu?rissent ? Car c'est bien de ?a qu'il s'agit. C'est un fait qu'il y a des gens qui gu?rissent. Freud a bien soulign? qu'il ne fallait pas que l'analyste soit poss?d? du d?sir de gu?rir ; mais c'est un fait qu'il y a des gens qui gu?rissent, et qui gu?rissent de leur n?vrose, voire de leur perversion. Comment est-ce que ?a est possible ? Malgr? tout ce que j'en ai dit ? l'occasion, je n'en sais rien. C'est une question de truquage. Comment est-ce qu'on susurre au sujet qui vous vient en analyse quelque chose qui a pour effet de le gu?rir, c'est l? une question d'exp?rience dans laquelle joue un r?le ce que j'ai appel? le sujet suppos? savoir. En tout cas, dans cette conf?rence de Gen?ve sur le sympt?me, Lacan articule la question des entretiens pr?liminaires comme constituant les pr?misses, et des pr?misses ? ne pas rater, de la tache psychanalysante. De ces entretiens d?pend en effet qu'elle puisse ou non avoir lieu. La forme active ou passive du participe ce verbe, ?tre analys? ou ?tre analysant en t?moigne, indique ces deux choix, ces deux voies, la bonne et la mauvaise.
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Liliane.Fainsilber@wanadoo.fr