[Lutecium-group] deux choix d'objet et deux jouissances ?
Bonjour ? tous, En poursuivant notre lecture de Lacan relisant Dora, nous travaillons en ce moment comment, dans le s?minaire de la relation d'objet, Lacan met en structure, avec l'aide du sch?ma L, l'histoire de Dora et celle de la jeune homosexuelle de Freud. C'est ? cette occasion que j'ai trouv? cette approche de ce qu'il appelle ? l'objet f?minin ?. En suivant ce texte, je me suis aper?ue qu'on pouvait approcher d'une fa?on tout ? fait inattendue, en tout cas pour moi, ce qu'il en est des deux jouissances d'une femme, la jouissance phallique et l'autre. Enfin c'est ? travailler. Amicalement. Liliane Fainsilber. Groupe des cinq psychanalyses : http://fr.groups.yahoo.com/group/Les_cinq_psychanalyses/ Les deux choix de l'objet d'amour : anaclitique et narcissique Dans le s?minaire de la relation d'objet, Lacan se lance, bille en t?te, dans une critique de la relation d'objet telle qu'elle avait cours en ces ann?es l?, notamment avec Maurice Bouvet. Mais il ne se contente pas de cela et comme d'habitude il relit Freud et notamment son texte : ? Pour introduire le narcissisme ?. Freud y d?crit deux choix d'objets possibles : le choix d'objet narcissique et anaclitique. Dans la forme dite narcissique, on aime ce que l'on est soi-m?me, ce que l'on voudrait ?tre ou ce qu'on a ?t?. Dans la forme anaclitique, c'est un choix d'objet dit par ?tayage, c'est ? dire qu'on choisit les objets qui nous ont ?t? favorables, favorables ? notre survie. Il en donne deux exemples : la femme qui nourrit, l'homme qui prot?ge. A propos de ce choix d'objet anaclitique d?fini par Freud comme un choix d'objet typiquement masculin, Lacan effectue un renversement saisissant : c'est le substitut de l'objet sur lequel on s'appuyait qui devient en tant qu'objet f?minin, celle qui manque, celle qui est manquante et que l'on se voue ? combler. Du coup le substitut de celle qui, dans votre enfance, ?tait votre soutien est maintenant devenue celle que, gr?ce ? votre force virile, vous soutenez. Donc si la relation d'amour entre un homme et une femme est anaclitique, c'est quand m?me parce que les r?les sont pour ainsi dire invers?s. C'est une fa?on de d?ployer le trac? de ce qu'on peut appeler l'aphorisme de Freud, si objet il y a, ce ne peut ?tre que l'objet perdu et donc ? ce titre recherch?. Or non seulement l'objet retrouv?, n'est jamais le bon, puisqu'il n'est qu'un substitut du premier, mais il y a ?galement renversement des r?les : La m?re nourrissait son petit. Celui-ci devenu grand, devenu homme, s'occupe de sa femme, substitut maternel. C'est lui qui a la charge de la faire jouir. C'est dans un fragment du s?minaire de la relation d'objet que Lacan d?ploie sa d?monstration. (S?minaire du 19 d?cembre 1956) ? . Freud nous dit qu'il y a deux types d'objet d'amour, l'objet d'amour anaclitique qui porte la marque d'une d?pendance primitive ? la m?re, l'objet d'amour narcissique qui est model? sur l'image qui est l'image du sujet lui-m?me, qui est l'image narcissique. C'est une image que nous avons essay? d'?laborer en en montrant la racine dans la relation sp?culaire ? l'autre. Le mot anaclitique. est indiqu? par le mot allemand Anlehnung, relation, c'est une relation d'appui contre. Ceci d'ailleurs pr?tant encore ? de multiples malentendus. Mais laissons cela de c?t?, si on lit Freud on voit bel et bien qu'il s'agit de ce besoin d'appui et de quelque chose qui en effet ne demande ? s'ouvrir du c?t? d'une relation de d?pendance. Si on pousse un peu plus loin on verra qu'il y a de singuli?res contradictions dans la formulation oppos?e que Freud donne de ces deux modes de relations, anaclitique et narcissique. Tr?s curieusement il est amen? ? parler dans la relation anaclitique d'un besoin d'?tre aim? beaucoup plus que d'aimer ; inversement et tr?s paradoxalement le narcissique appara?t tout d'un coup sous un jour qui nous surprend, car ? la v?rit? certainement il est attir? par un ?l?ment d'activit? inh?rent au comportement tr?s sp?cial du narcissique, il appara?t actif pour autant que justement il m?conna?t toujours jusqu'? un certain point l'autre. . Ce qu'on appelle la relation anaclitique, l? o? elle a son int?r?t, c'est ? dire au niveau de sa persistance chez l'adulte, est toujours con?ue comme une sorte de pure et simple survivance, prolongation de ce qu'on appelle une position infantile. Si effectivement le sujet qui a cette position . ce qui en fait m?conna?tre l'essence, c'est pr?cis?ment de ne pas s'apercevoir que pour autant que le sujet acquiert dans la relation symbolique, se voit investi du phallus comme tel, comme lui appartenant et comme ?tant pour lui d'un exercice disons l?gitime, il devient, par rapport ? ce qui succ?de ? l'objet maternel, ? cet objet retrouv?, marqu? de la relation ? la m?re primitive, qui sera, dans la position normale de l'Odipe. l'objet pour le sujet m?le, c'est ? dire qu'il devient le porteur de cet objet de d?sir pour la femme. La position devient anaclitique en tant que c'est de lui, du phallus dont il est d?sormais le ma?tre (c'est de l'outrecuidance !) le repr?sentant, le d?positaire, c'est en tant que la femme d?pend de lui, que la position est anaclitique. La relation de d?pendance s'?tablit pour autant que s'identifiant ? l'autre, au partenaire objectal, il est indispensable ? ce partenaire, que c'est lui qui la satisfait, et lui seul, parce qu'il est en principe le seul d?positaire de cet objet qui est l'objet du d?sir de la m?re ?. Par cette approche Lacan met alors en exergue ce qu'il appelle les trois objets primordiaux, premiers qui sont l'enfant, la m?re et le phallus ces trois objets ?tant tenu ensemble de par la fonction symbolique dont le p?re est le garant : Voici ma question : Si le choix d'objet narcissique -comme l'affirme Lacan - est ce qui sp?cifie la n?vrose, comment le sujet n?vros? en analyse pourrait-il passer de ce choix d'objet narcissique qui le sp?cifie, choix d'objet qui consiste quand m?me ? s'aimer soi-m?me, ? l'autre choix d'objet, celui de la relation libidinale entre un homme et une femme, le choix de l'objet f?minin, pour un homme, de l'objet viril pour une femme ? C'est quand m?me la question qui agite Dora : Tout cela doit avoir affaire avec cette question du phallus qui l'a et surtout qui l'est ? Quand dans ce s?minaire de la Relation d'objet, Lacan compare la situation subjective de Dora et de celle que j'ai baptis?e Sarah, la jeune fille homosexuelle de Freud, on s'aper?oit que m?me si c'est sans le savoir, car, pour elle aussi, sa d?marche est inconsciente, cette derni?re r?pond ? la question que se posait Dora, qu'est-ce que c'est ?tre une femme, et comment une femme peut-elle ?tre aim?e ? Sarah en fait une brillante d?monstration en se vouant ? sa dame. Qu'est-ce qu'elle d?montre ? C'est justement cette forme anaclitique du choix de l'objet : on aime une femme justement pour ce qu'elle n'a pas et on se voue ? le lui offrir, ? le lui donner. Comme Sarah d?ployait sa grande mise en sc?ne d'amour pour sa dame, devant son p?re, est-ce que ce n'?tait pas la p?re-version de son p?re, son mode de choix d'objet, qu'elle remettait ainsi en cause ? Est-ce qu'elle n'interrogeait pas, elle aussi, comme Dora, le choix d'objet d'amour de son p?re, l'amour qu'il portait ? sa m?re, un amour qui ne laissait pas place ? son manque phallique. Autre question : Freud donne un autre exemple de choix d'objet anaclitique, en dehors de l'objet maternel, c'est ? l'homme qui prot?ge ?. Est-ce que ce devrait ?tre le mod?le du choix d'objet anaclitique pour une femme ? Mais alors comment inverser la relation, faire en sorte que ce soit l'objet qui soit soutenu, ?tay? et non plus le sujet ? C'est l? peut-?tre qu'une femme trouve sa place dans l'amour, celle d'?tre le phallus, le signifiant du d?sir de l'Autre, donc de ce qui lui manque. L'homme qui prot?ge ?tant lui aussi manquant et donc d?sirant. C'est ? cette forme de choix d'objet qu'est li?e ce que Lacan appelle l'autre jouissance, cette jouissance f?minine qu'il a sp?cifi? comme ?tant une jouissance au del? du phallus. Enfin, c'est le point o? j'en suis de mes cogitations. Mais cette hypoth?se que selon les deux choix d'objets anaclitiques sur le mod?le de la femme qui nourrit et l'homme qui prot?ge, nous pourrions rendre compte - ? condition de les renverser - des deux formes de jouissance f?minines, la jouissance phallique et l'autre, l'autre jouissance, est quand m?me bien s?duisante. Elle ne me para?t pourtant pas le moins du monde farfelue, mais elle m?rite quand m?me d'?tre un peu plus. ?tay?e.
participants (1)
-
Liliane.Fainsilber@wanadoo.fr