[Lutecium-group] La manque et séances manquées
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Violaine
merci de demander des pr?cisions car ce que j'ai ici indiqu? est
Cher Guy de Villers, merci beaucoup pour vos textes. Je me permets de joindre votre dialogue avec Jaques Siboni ? propos de s?ances manqu?es. En tant que th?rapeute je constate assez rarement l'absence "accidentelle" des patients, mais je crois qu'il faut toute fois distinguer les differentes causes de cette absence, telles - une maladie, une voyage d'affaire urgent, un vrai accident je dirai vers la r?alit? exterieure, et les m?mes titres dirig?s ? l'interieur de soi pour envelopper le manque (de confiance, de miroir, de complicit?). En tout cas la s?ance manqu?e n'est certainement pas perdue car l'absence de l'analyste le jour prevu d'avance reste intensement vecu par l'inconscient du patient et dont les consequences vont ?tre analyser. Amiti?s, Natalia ----- Original Message ----- From: "Guy de Villers Grand-Champs" To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" Subject: Re: [Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone Date: Fri, 18 Aug 2006 00:47:27 +0200 lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Jacques Siboni, Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est effectivement tr?s fr?quent dans notre clinique. Je me permets de marquer mon d?saccord avec votre proposition de dire ? l'analysant : "Chaque s?ance ? laquelle vous n'assistez pas est une s?ance perdue ? jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne s'agit ni d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un coll?gue qui fait payer le double des honoraires pour chaque s?ance manqu?e!-, ni "d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait en d?faut. Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "n?vrose de transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en tire la cons?quence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son analyste appartient ? l'analyse et est donc ? entendre comme sympt?me, au lieu de l'Autre, que vous avez bien identifi? freudiennement ? la "dritte Person". Manquer une s?ance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court, ni pour l'analyse de cet analysant-l?. Du moins, s'il y a un analyste pour se faire partenaire de ce sympt?me. Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et d'autres lut?ciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive. Cordialement, Guy. N. B. : Je joins deux textes fort bien document?s, l'un sur la Dritte Person, de Pierre Th?ves, et l'autre sur la n?vrose de transfert, d'Erik Porge. Le 17/08/06 11:31, ? Jacques Siboni ? a ?crit : tr?s
elliptique.
Je vais prendre un exemple concret et tr?s courant dans les relations analyste/analysant.
Un analysant manque de nombreuses s?ances ou arrive tr?s souvent en retard. Quelles peuvent ?tre les r?actions de l'analyste?
Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se sentir oblig? d'incarner la loi de l'analyse: "Vous devez venir imp?rativement ? vos s?ances, sinon je vais vous virer". L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il incarne une fonction coercitive de respect de l'ordre ?tabli. L'analyste y r?pond: "Nous avions conclu un contrat, tu es en train de le violer, je t'oblige ? le respecter par la contrainte." L'analyste est l? juge, partie, et policier. Il a r?pondu ? la demande hyst?rique de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais d'un dispositif de parole, qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant qu'psychanalyste, il sera ? m?me de dire quelque chose du genre: "-- Chaque s?ance ? laquelle vous n'assistez pas est une s?ance perdue ? jamais pour la psychanalyse." Il y a l? un refus de r?pondre ? la demande de l'analysant en indiquant quelle est la direction de la cure.
? partir de cet exemple il devrait ?tre possible d'inf?rer ce que j'?nonce du contre transfert
Bien amicalement
Jacques
On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement wrote:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Jacques,
Votre intervention sur le tiers m'int?resse beaucoup. Ce que je ne comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert. J'en avais une id?e ? la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la somme des pr?jug?s de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve d'une analyse pas termin?e. Vous parlez de l'analyste qui,
parfois dans ses manifestations contre transf?rentielles --- va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un contrat pervers. Cela peut ?tre en r?f?rant ? un organisme ordinal ou imposant par la force ou l'intimidation pour imposer sa volont?.
Il me semble que si l'analyste joue ? cela, il n'est plus analyste, mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant de l'existence du tiers, et la seule possibilit? qu'a l'analyste, en dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est utilis? consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel", ou pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne serait pas lui-m?me soumis au tiers, un fou, n'est pas un analyste. Je n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait des psychotiques aussi bien : les n?vros?s ne sont pas seuls au monde.
Pouvez-vous m'?clairer sur ce point du contre-transfert ?
Violaine Cl?ment
_______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
<< E. Porge-N?vrose de transfert.doc >> << P. Th?ves-Witz-Dritte Person.doc >> _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group 6 rue de Savoie 75006 Paris 01 44 41 01 43 06 80 10 41 99 -- ___________________________________________________ Play 100s of games for FREE! http://games.mail.com/
Ch?re Natalia Milopolsky-Costiou, Quelques soient les "causes" de la s?ance manqu?e, volontaire ou involontaire, directe ou indirecte, ext?rieure ou int?rieure, il appartient ? l'analyste de verser ces "clocheries" (au sens o? Lacan dit qu' "il n'y a de cause que de ce qui cloche" -S?m. XI, s?ance du 22 janvier 1964, p. 25 dans l'?dition du texte ?tabli par J-A Miller et publi? au Seuil en 1973) au compte de l'inconscient. Ces s?ances manqu?es ne sont pas perdues pour l'analyse si on les re?oit comme des "acting out", c'est ? dire comme "amorce du transfert", dit Lacan dans la s?ance du 23 janvier 1963 du s?minaire sur L'angoisse. Dans l'?dition du texte ?tabli par J-A Miller ( Seuil, 2004), c'est ? la page 148. Je vous renvoie aussi ? un texte tr?s clair de Liliane Fainsilber:"La jouissance, le d?sir et le sympt?me" [http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/jouissance.htm] Toute la s?ance est ? lire. Bien ? vous, Guy. Le 18/08/06 10:58, ??Natalia Milopolsky-Costiou?? <sirano at iname.com> a ?crit?:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Guy de Villers,
merci beaucoup pour vos textes.
Je me permets de joindre votre dialogue avec Jaques Siboni ? propos de s?ances manqu?es. En tant que th?rapeute je constate assez rarement l'absence "accidentelle" des patients, mais je crois qu'il faut toute fois distinguer les differentes causes de cette absence, telles - une maladie, une voyage d'affaire urgent, un vrai accident je dirai vers la r?alit? exterieure, et les m?mes titres dirig?s ? l'interieur de soi pour envelopper le manque (de confiance, de miroir, de complicit?). En tout cas la s?ance manqu?e n'est certainement pas perdue car l'absence de l'analyste le jour prevu d'avance reste intensement vecu par l'inconscient du patient et dont les consequences vont ?tre analyser.
Amiti?s,
Natalia
----- Original Message ----- From: "Guy de Villers Grand-Champs" To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" Subject: Re: [Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone Date: Fri, 18 Aug 2006 00:47:27 +0200
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Cher Jacques Siboni, Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est effectivement tr?s fr?quent dans notre clinique. Je me permets de marquer mon d?saccord avec votre proposition de dire ? l'analysant : "Chaque s?ance ? laquelle vous n'assistez pas est une s?ance perdue ? jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne s'agit ni d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un coll?gue qui fait payer le double des honoraires pour chaque s?ance manqu?e!-, ni "d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait en d?faut. Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "n?vrose de transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en tire la cons?quence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son analyste appartient ? l'analyse et est donc ? entendre comme sympt?me, au lieu de l'Autre, que vous avez bien identifi? freudiennement ? la "dritte Person". Manquer une s?ance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court, ni pour l'analyse de cet analysant-l?. Du moins, s'il y a un analyste pour se faire partenaire de ce sympt?me. Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et d'autres lut?ciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive. Cordialement, Guy. N. B. : Je joins deux textes fort bien document?s, l'un sur la Dritte Person, de Pierre Th?ves, et l'autre sur la n?vrose de transfert, d'Erik Porge.
Le 17/08/06 11:31, ? Jacques Siboni ? a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Violaine
merci de demander des pr?cisions car ce que j'ai ici indiqu? est tr?s elliptique.
Je vais prendre un exemple concret et tr?s courant dans les relations analyste/analysant.
Un analysant manque de nombreuses s?ances ou arrive tr?s souvent en retard. Quelles peuvent ?tre les r?actions de l'analyste?
Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se sentir oblig? d'incarner la loi de l'analyse: "Vous devez venir imp?rativement ? vos s?ances, sinon je vais vous virer". L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il incarne une fonction coercitive de respect de l'ordre ?tabli. L'analyste y r?pond: "Nous avions conclu un contrat, tu es en train de le violer, je t'oblige ? le respecter par la contrainte." L'analyste est l? juge, partie, et policier. Il a r?pondu ? la demande hyst?rique de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais d'un dispositif de parole, qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant qu'psychanalyste, il sera ? m?me de dire quelque chose du genre: "-- Chaque s?ance ? laquelle vous n'assistez pas est une s?ance perdue ? jamais pour la psychanalyse." Il y a l? un refus de r?pondre ? la demande de l'analysant en indiquant quelle est la direction de la cure.
? partir de cet exemple il devrait ?tre possible d'inf?rer ce que j'?nonce du contre transfert
Bien amicalement
Jacques
On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement wrote:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Jacques,
Votre intervention sur le tiers m'int?resse beaucoup. Ce que je ne comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert. J'en avais une id?e ? la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la somme des pr?jug?s de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve d'une analyse pas termin?e. Vous parlez de l'analyste qui,
parfois dans ses manifestations contre transf?rentielles --- va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un contrat pervers. Cela peut ?tre en r?f?rant ? un organisme ordinal ou imposant par la force ou l'intimidation pour imposer sa volont?.
Il me semble que si l'analyste joue ? cela, il n'est plus analyste, mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant de l'existence du tiers, et la seule possibilit? qu'a l'analyste, en dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est utilis? consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel", ou pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne serait pas lui-m?me soumis au tiers, un fou, n'est pas un analyste. Je n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait des psychotiques aussi bien : les n?vros?s ne sont pas seuls au monde.
Pouvez-vous m'?clairer sur ce point du contre-transfert ?
Violaine Cl?ment
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<< E. Porge-N?vrose de transfert.doc >> << P. Th?ves-Witz-Dritte Person.doc >>
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