27 mai 2008 Je vous remercie donc de m' avoir indiqu? votre ouvrage "Lacan et la po?sie " dont j' ai approfondis la lecture. Votre m?moire que je lis au moment o? je scanne un manuscrit " Espace de curiosit?s " que j' avais ?crit avant 1980 sur le processus cr?atif. Dans un premier temps, j' avais l' intention d'?diter le manuscrit scann?, en l'?tat, mais puisque votre m?moire ?claire ma lanterne sur un certain nombre de points, je pense r?aliser 2 ?ditions, l' une "en l'?tat" (avec toutes les frustrations qu' un premier texte " de jeunesse " peut apporter ) et l' autre en tenant compte de l' apport de votre m?moire. Tout naturellement, je vous adresse - mais je pense que cette lecture peut int?resser bon nombres de lut?ciens - mentions des points que, d?s aujourd'hui, votre texte soul?ve. 1.- Lalangue. C' est un concept dont j' ai entendu parl?, ou plut?t dont j' ai lu le libell? sur Lut?cium et votre texte m' en pr?cise les contours. 2.- "La psychanalyse appliqu?e ? l' art" dont le point de vue lacanien me conforte dans mon opinion : les cr?ateurs ont acc?s " naturellement " au pr?conscient, "coupant ainsi l' herbe sous le pied" des analystes. Je remarque au passage l' immense honn?tet? intellectuelle de J. Lacan se mettant ? l'?cole des cr?ateurs en quittant sa position d'analyste. 3.-La notion de sublimation que j' avais sur la m?me liste "Lut?cium" essay? de mettre sur le tapis, en pensant ? Liliane, mais sans grand succ?s. Votre texte indiquant une sublimation non pas li?e ? l'id?al mais comme moyen de r?cup?rer l'objet a pour un plus-de-jouir. 4.- Le point de cessation me semble avoir ?t? mentionn?e par Lyotard comme un point singulier du langage que j' appelle le point d'?nergie nulle. A ce point, j'?noncais une loi qui, peut-?tre correspond ? votre point de vue, ? savoir que "Le barycentre des points ? partir desquels s'?nonce un sens est vide " Etant donn? le peu de rigueur math?matique de cet ?nonc?, je le concois bien, on aurait pu prendre, en lieu et place du Barycentre son cas particulier qui est le Centre de Gravit?, les points "pesants" - pesant de tout leur poids de sens - en question ?tant utilis?s en r?f?rence aux matrices de signifiants (ou plus exactement de lettres puisque ce sont des signifiants enregistr?s sur une m?moire ) qu'on met en place pour indexer des documents, ces derniers ?tant repr?sent? par les mots qui les caract?risent ( les mots-clefs en g?n?ral ) d?pos? dans une matrice d?finissant pour chaque document un vecteur. La loi que je tente d' exprimer voudrait que le barycentre en g?n?ral ou le centre de gravit? de ces vecteurs repr?sentant les documents est un vecteur nul ( sans sens ). Ce qui me semble manquer ? votre texte, c' est l'option freudienne sur le sympt?me qui n' est pas centr? sur le plus-de-jouir par r?cup?ration de l' objet a, entre autre dans l' exp?rience analytique, mais sur la production d' un sens. 28 Mai 2008 Je commente maintenant votre m?moire : Page 4, vous ?crivez : Lacan met au point une m?thode d'abord de la po?sie "accord?e ? sa nature", qui tire toutes les cons?quences de la d?finition lacanienne de la m?taphore et la m?tonymie comme noms des "d?placement" et "condensation" freudiens. qui est une m?thode lacanienne de d?finition du sens de concepts d?finis par ailleurs. En l' occurence, la m?taphore et la m?tonymie ont un sens bien pr?cis en rh?torique tandis que le "d?placement " et la "condensation " sont au fondement de l' analyse des r?ves ( Traumdeutung). Mais la correspondance a ?t? contest?e par Alain Costes, Lacan : le fourvoiement linguistique : la m?taphore introuvable.PUF. Paris. Page 9 : A sa venue au monde, le petit d' homme prend sa place en "stabitat" qui lui pr?existe, le langage lui ?tant greff? d?s qu' il est "parl?" par ceux qui lui donnent le jour. Certes le petit homme, d?s avant d' appara?tre dans son berceau est "parl?", porteur des espoirs de ses g?niteurs (ou de la famille ), mais, apr?s un certain temps, il parle ?galement. A lire certains auteurs comme Chomsky, il ne s' agirait pas d' une greffe mais d' une bouture accueillie dans la structure d'une grammaire universelle. L'argument en faveur de l' existence de cette grammaire ?tant assez convainquant : m?me ? partir d' ?nonc?s imparfaits de la part de son entourage, le petit homme est capable de g?n?rer des propos corrects, propos dont il n' a pas entendu l'?nonc? exact mais qu'il produit lui-m?me. L' autre argument en faveur de cette grammaire universelle inn?e est la facilit? avec laquelle les enfants apprennent plusieurs langues simultan?ments sans les difficult?s constat?es ? l' ?ge adulte. -- Jean-fran?ois Doucet Novum corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives