Ch?re Violaine merci de demander des pr?cisions car ce que j'ai ici indiqu? est tr?s elliptique. Je vais prendre un exemple concret et tr?s courant dans les relations analyste/analysant. Un analysant manque de nombreuses s?ances ou arrive tr?s souvent en retard. Quelles peuvent ?tre les r?actions de l'analyste? Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se sentir oblig? d'incarner la loi de l'analyse: "Vous devez venir imp?rativement ? vos s?ances, sinon je vais vous virer". L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il incarne une fonction coercitive de respect de l'ordre ?tabli. L'analyste y r?pond: "Nous avions conclu un contrat, tu es en train de le violer, je t'oblige ? le respecter par la contrainte." L'analyste est l? juge, partie, et policier. Il a r?pondu ? la demande hyst?rique de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!" Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais d'un dispositif de parole, qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant qu'psychanalyste, il sera ? m?me de dire quelque chose du genre: "-- Chaque s?ance ? laquelle vous n'assistez pas est une s?ance perdue ? jamais pour la psychanalyse." Il y a l? un refus de r?pondre ? la demande de l'analysant en indiquant quelle est la direction de la cure. ? partir de cet exemple il devrait ?tre possible d'inf?rer ce que j'?nonce du contre transfert Bien amicalement Jacques On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement <violaine.clement at co-perolles.ch> wrote:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Jacques,
Votre intervention sur le tiers m'int?resse beaucoup. Ce que je ne comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert. J'en avais une id?e ? la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la somme des pr?jug?s de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve d'une analyse pas termin?e. Vous parlez de l'analyste qui,
parfois dans ses manifestations contre transf?rentielles --- va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un contrat pervers. Cela peut ?tre en r?f?rant ? un organisme ordinal ou imposant par la force ou l'intimidation pour imposer sa volont?.
Il me semble que si l'analyste joue ? cela, il n'est plus analyste, mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant de l'existence du tiers, et la seule possibilit? qu'a l'analyste, en dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est utilis? consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel", ou pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne serait pas lui-m?me soumis au tiers, un fou, n'est pas un analyste. Je n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait des psychotiques aussi bien : les n?vros?s ne sont pas seuls au monde.
Pouvez-vous m'?clairer sur ce point du contre-transfert ?
Violaine Cl?ment
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