Ch?re Catherine, je suis un peu froiss?e que vous me preniez pour une lacanienne un peu demeur?e : -) mais si j'essaie de me justifier, je trouverais pour ma d?fense un argument qui me semble de poids. il me semble que tr?s peu d'analystes se sont risqu?s comme je l'ai tent? d'expliciter et de donner quelques extensions ? ce que Lacan avait appel?, dans cette rude approche du r?el qui se fonde sur l'inexistence du rapport sexuel, le "Sinthome-il" d'une femme et le "Sinthome-elle" d'un homme t?moignant des deux fa?ons de rater ce rapport sexuel mais aussi d'y rem?dier. Cette approche je l'ai faite il y a quelques ann?es et notamment dans mon livre "La place des femmes dans la psychanalyse". C'est paru chez L'Harmattan je pense en 2000, et j'aurais du mettre en sous-titre "nouvelles approches de la sexualit? f?minine" puisque j'y abordais, mais en prenant appui sur le texte freudiens (tout en en marquant les limites), les derni?res ?laborations de Lacan avec les formules de la sexuation, et ces deux si po?tiques nominations de Lacan : "Une femme couleur d'homme" et "Un homme couleur de femme". Dois-je vous avouer que pour moi, le Lacan que j'aime est celui du Lacan po?te, plut?t que le Lacan topologue. Mais bon j'y prends quand m?me des petits trucs quand par la magie du transfert, j'y pige quelque chose, pas toujours. Il se trouve qu'hier j'ai ?t? oblig?e d'aller aux urgences de l'h?pital pour un petit malaise. Et en discutant avec les infirmi?res qui s'occupaient de moi, alors que j'?tais branch?e sur plein d'appareils, je leur ai dit que j'avais ?t? m?decin, dans le temps, mais que j'avais tout oubli?. Elles m'ont dit que c'?tait vraiment rare qu'un m?decin reconnaisse qu'il ne sait pas et elles ?taient tout ?tonn?es que je puisse le dire. Nous nous en sommes amus?es, en racontant quelques petites m?chancet?s sur leur compte. Ceci ?tant dit, j'ai ?t? bien contente que les m?decins s'occupent bien de moi, malgr? leurs petits d?fauts. Leur grand savoir nous est bien utile. Pour les analystes aussi, mais il rencontre vite ses limites et nous incite ? quelque modestie. Cette modestie nous est bien n?cessaire concernant les derni?res ?laborations de Lacan, je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup ? avoir "tout compris". Donc si je suis rest?e un peu demeur?e, j'ai bien peur de ne pas ?tre la seule. Amicalement. Liliane. Catherine, j'appr?cie votre rude fa?on d'aborder les questions. Elle me stimule toujours beaucoup. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, May 01, 2008 8:09 PM Subject: Re: [Lutecium-group] [SPAM]Re: [SPAM]Re:Demanded'aideconcernantl'enseignement deLacan lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. --- Bonjour Liliane,
oui je trouve en effet que cette discussion n'est pas le moins du monde inutile en tant qu'elle nous permet de pr?ciser un peu plus nos points de vue et ? ce propos je pensais ? ce petit r?ve que racontait Freud, dans l'Interpr?tation des r?ves, un r?ve que j'adore, il a pour titre "Le r?ve d'une agoraphobique". Il me semble que l? sont tr?s lisibles les effets d'une interpr?tation juste. On en a, tout ? la fois, l'approche imaginaire qui reste au niveau de la signification, je dirais la signification bateau, le chapeau est le symbole de l'organe g?nital m?le, et son approche symbolique, hautement symbolique, avec cette ?quivoque signifiante si riche en foisonnement de significations "se mettre sous la coiffe de quelqu'un" Il n'y pas d'?quivalents de cette expression en fran?ais. "se faire chapeauter" ne rend pas les m?mes effets du c?t? de la demande de protection, "se mettre sous l'?gide de" irait peut-?tre mieux. Quoiqu'il en soit on voit ?galemement se dessiner les effets r?els de cette interpr?tation de Freud.
Ce n'est pas d'effets r?els dont il ?tait question, mais du R?el lacanien. Qu'en est-il de ce R?el dans l'exemple que vous donnez l? ? Pour ce qui me concerne, je n'ai jamais compris justement quelle place vous faisiez ? ce R?el dans votre clinique. Et je vous ai donc toujours ressentie comme une lacanienne "1?re ?poque", une lacanienne tr?s attach?e au Nom-du-P?re, comme le sont d'ailleurs bons nombres de lacaniens. Et effectivement, la filiation avec Freud, dans ce cas l?, n'est pas probl?matique. Mais je pense aussi qu'il y a une rupture dans cette filiation d?s lors qu'on se r?f?re ? une clinique qui tient compte de la jouissance, du r?el, et que la r?f?rence ? Freud devient moins limpide, moins ?vidente : cette clinique l? a pris quelques distances avec le p?re fondateur. Et j'ai souvent constat? qu'il est tr?s tr?s difficile pour ces deux approches de se comprendre. Bonne soir?e, Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group