lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. --- Est-ce que ces deux tableaux sont de vous ou font-ils parti de la couverture du livre? Je pense qu'ils sont de vous n'est-ce pas ? S'il en est ainsi, ils ont pour singularit? d'isoler cette repr?sentation de la mort au lieu de la sugg?rer plus ou moins explicitement au milieu de vraies vanit?s, parce que ainsi isol?es, ces deux t?tes ne sont pas vaines, elles sont pr?sentification de la mort sans fioritures. Comme je suis sur cette piste, j'ai furet? un peu dans les dictionnaires et j'ai eu la surprise de constater que dans le "Petit Robert" mais qui n'est quand m?me pas si petit que ?a, cette cat?gorie de peintures n'est m?me plus mentionn?e dans les diff?rents sens du mot ! Ce qui est quand m?me un comble du c?t? de l'inculture ou justement du c?t? du d?menti de l'existence de la mort. Liliane ----- Original Message ----- From: "Emmanuel Bing" <bing at club-internet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Saturday, June 07, 2008 1:59 AM Subject: [Lutecium-group] Re : Re : R ? f. : Re : Tr : Sucri ? re plutot am ? re ce mail suivait le tien
lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. --- L?exposition de Hagens n?a rien ? voir avec celle de Lyon !... C?est justement le d?bat, ? mon sens. http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2008/05/polmique-autour.html EB
Le 7/06/08 00:16, ? David Thepaut ? <dthepaut at sympatico.ca> a ?crit notamment :
lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. --- Quant ? la pr?sence de femmes dans ces corps, oui Danielle il y en avait : il y avait m?me le corps d'une femme enceinte de 6 mois, dont on voyait le foetus vu la mise en sc?ne du corps ouvert. Ce qui m'a le plus choqu? (j'ai vu l'exposition ? Montr?al, l'?t? dernier) c'est la jouissance des parents avec leurs enfants de 4 ? 6 ans. J'ai entendu des "Allez viens Charlotte, on va voir les pacemakers..." ? cette ?poque, l'expo n'expliquait pas qu'il s'agissait de corps de chinois et affirmait que tous les corps ?taient ceux de personnes qui "avaient librement donn? leur corps ? la science ? des fins p?dagogiques"... J'ai trouv? cela insoutenable et je n'ai pas pu terminer l'expo, mais je crois que tout le monde n'?tait pas de cet avis...
David ----- Original Message ----- From: "Jacques Ponzio" <jacques.ponzio at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, June 06, 2008 5:53 PM Subject: Re: [Lutecium-group] Re : R ? f. : Re : Tr : Sucri ? re plutot am ? re ce mail suivait le tien
lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. ---
> (S) > > autrement dit je m'?tonne de nos doctes horreurs, comme si plastifier > les > "?corch?s" serait un r?dibitoire art ? notre ?poque de l'imagerie dans > tous ses ?tats. la repr?sentation graphique et en peinture n'aurait
Bonjour Liliane, je r?ponds ici ?galement, d?sol? pour la r?p?tition... Toutefois mes images ne sont visibles que sur ?psychanalyse?. Oui, ces tableaux sont de moi. Dans les vanit?s contemporaines l?angle est d?ailleurs souvent le m?me, celui de l??pure. Comme si le memento mori se d?barrassait des artifices du sens pour aller ? l?essentiel. Peut-?tre histoire de se d?barrasser de la patauge pataude du symbolisme. Mais la vanit? vient d?une traduction un peut ?trange de l?Eccl?siaste, et les deux traductions que je poss?de, moins interpr?tatives, ne donnent pas ce sens moral. Voici une partie de la conf?rence que j?ai prononc?e ? l??poque de cette exposition, dont les vanit?s n??taient qu?un petit ?l?ment, diverticulaire, pour ainsi dire (et pour moi r?f?rence ? Lascaux, o? est la seule et premi?re repr?sentation de l?homme ithyphallique point?e par Bataille dans son magnifique Lascaux ou la naissance de l?art.) : * * ??* Une amie est pass?e chez moi l?autre soir, un peu inqui?te, ayant appris la mort r?cente de mon p?re. La communaut? qui nous lie est celle de la peinture. Elle est peintre, elle aussi fille de peintre. Ce p?re-l? qui est mort ?tait peintre lui aussi. Je montre ? mon amie mon travail du moment. Ce sont des vanit?s. Elle pousse un cri. Ne dessine pas de vanit?s. Tu sais, c?est toujours la derni?re ?uvre des peintres. Quand ils dessinent des vanit?s, c?est qu?ils sont ? la fin de leur vie. Mon p?re est mort apr?s avoir fait une vanit?. C?est sa derni?re ?uvre. Son p?re, en effet, s??tait pendu ? la vo?te de la chapelle qu?il r?novait. Souvent, presque toujours, ma peinture me dit ce que je ne sais pas encore. Parce que le savoir tarit l?acte de la cr?ation. Ma peinture me passe un savoir qui est ? venir, d?j? pr?sent en moi. La pr?vention de mon amie m?indiquait quelque passage. Il existe un ouvrage titr? ??vanit?s contemporaines??, recueil de vanit?s de peintres contemporains, Cueco, Fabre, Favier, Rustin? Voici deux phrases tir?es du texte d??velyne Artaud, en pr?face, La finitude en partage. ??Vanit? des vanit?s, tout est vanit???, telle est la parole de l?Eccl?siaste et qui fut ? l?origine d?un nombre consid?rable de tableaux dont l?indice incontournable est la pr?sence d?un cr?ne?: ? savoir le rappel ? des fin religieuses, morales et m?ditatives de la condition future de l?homme [?] Aujourd?hui, ce th?me nous permet de comprendre ? quel point notre relation ? cette image de la vie et de la mort est fortement li?e ? notre pens?e contemporaine?: cette pens?e n?est plus celle d?un sujet posant devant soi un objet qu?il examine, ?value et ? partir duquel il m?dite sur sa propre existence, mais bien l?exp?rience m?me que le sujet fait de sa propre pens?e. La fa?on dont j?ai eu personnellement acc?s ? ces phrases (c?est ? dire dans la plus totale subjectivit?), c?est ? travers la traduction ?des paroles du sage, en 1970, de Henri Meschonnic. La vanit? n?avait pas lieu. Seule la bu?e. Je cite Meschonnic?: ??Ce livre est construit par ses obsessions. Exemples, proverbes, tout est rythm? par le ressac, le ressassement de termes dont la vis?e n?est pas le pessimisme mais la lucidit?, pas l?abstrait mais le concret. Leitmotiv le ?vanit??, ?vanit? des vanit?s?, r?solu ici en ce qu?il est d?abord, en bu?e, et p?ture de vent, qui lui r?pond [?]?? Paroles ??????du Sage fils de David ????roi dans J?rusalem Bu?e de bu?es ???adit le Sage ???bu?e de bu?e ???tout est bu?e Quel profit ???pour l?homme ???Dans tout son effort L?effort qu?il fera ???sous le soleil Passe une ?poque ???et vient une ?poque Et la terre ???? jamais demeure Et le soleil s?est lev? ???et le soleil s?est couch? Et vers son lieu ???il aspire ???l? il se l?ve Il va ???vers le sud ???et tourne ???vers le nord Tourne tourne ???va le vent ???et sur ses d?tours ???retourne le vent Tous les fleuves ???vont vers la mer ???et la mer n?est pas pleine Vers le lieu ???o? vont les fleuves ???l? ???ils vont ???toujours Toutes choses sont d?une lassitude ???nul ne saura ????le dire L??il n?en n?aura pas assez ???de voir ???et l?oreille ne se remplira pas ???d?entendre Ce qui a ?t? ???est ce qui sera ???et ce qu?on a fait ????est ce q?on fera Et il n?est rien de nouveau ???sous le soleil Voil? une chose ???dont on dira vois ???cela c?est nouveau D?j? ???cela ?tait dans les temps ????qui ont ?t? ?????bien avant nous On n?a pas souvenir ????des premiers hommes Et non plus ceux d?apr?s ???qui viendront ???on n?en n?aura pas ???souvenir Chez ceux qui viendront ???apr?s Moi le Sage ???j?ai ?t? roi ???en Isra?l ???dans J?rusalem Et j?ai consacr? mon c?ur ???? sonder et ? d?couvrir ???par la sagesse dans ??tout ce qui s?est fait sous le ciel triste besogne ???qu?a donn?e Dieu ???aux fils de l?homme ???pour leur travail j?ai vu toutes les ?uvres ????qui se sont faites ???sous le soleil et tenez tout est bu?e ???et p?ture de vent ce qui est tordu ???ne pourra pas se remettre et le d?ficit ????ne pourra pas se compter j?ai dit ? mon c?ur ces mots ????moi voil? j?ai ?lev? et grandi ???la sagesse au dessus ????de tous ceux qui ont r?gn? avant moi ???sur J?rusalem Et mon c?ur ??????a vu ? foison ?????sagesse et savoir Et j?ai consacr? mon c?ur ???? savoir la sagesse Et ? savoir d?mence ???et b?tise J?ai s? ????que cela aussi est torture de vent Car ???en beaucoup de sagesse ????beaucoup de tourment Et qui accro?t son savoir ????il accro?t sa douleur Et puis il y a Chouraqui, et d?autres r?sonnances. Le m?me texte, dans sa traduction. L?Eccl?siaste 1,1 1- Fum?e de fum?es Paroles de Qoh?l?t, le fils de David, roi de Ieroushala?m. Fum?e de fum?e, dit Qoh?l?t?; fum?e de fum?es, tout est fum?e. Quel avantage pour l?humain en tout son labeur, Dont il a labeur sous le soleil?? Un cycle va, un cycle vient?; en p?rennit? la terre se dresse. Le soleil brille, le soleil d?cline?; ? son lieu il aspire et brille l?. Il va au midi, il tourne au septentrion, il tourne, Tourne et va, le souffle, et retourne sur ses tours, le souffle. Tous les torrents vont ? la mer et la mer n?est pas pleine. Au lieu o? les torrents vont, l?, ils retournent pour aller. Toutes les paroles lassent, l?homme ne peut pas en parler. L??il ne se rassasie pas de voir, l?oreille ne se remplit pas d?entendre. Ce qui a ?t? sera, ce qui s?est fait se fera?: Il n?est rien de tout neuf sous le soleil. Il est une parole qui dit?:???Vois cela, c?est neuf?!?? C??tait d?j? dans les p?rennit?s, c??tait avant nous. Pas de souvenir d?eux, ni de ceux qui seront en dernier. Traduction d?Andr? Chouraqui ? 1974-1979 ? Descl?e de Brouwer Ainsi, ce qui est neuf ?tait ant?rieur ? ce qui est. Ce qui est neuf ?tait d?j? avant nous. Ce qui est futur est toujours d?j? pass?. Rien de nouveau. La vanit? est nette, sans bavures. Peut-?tre trompeuse, comme sur cette toile, Les ambassadeurs, de Holbein, o? le premier plan est une anamorphose, au premier abord illisible. Je cite Lacan?: Les deux personnages sont fig?s, raidis dans leurs ornements monstrateurs. Entre eux toute une s?rie d?objets qui figurent dans la peinture de l??poque les symboles de la vanitas.[?] Alors, qu?est-ce donc, devant cette monstration du domaine de l?apparence sous ses formes les plus fascinantes, qu?est-ce donc cet objet, ici volant, ici inclin??? Vous ne pouvez le savoir, car vous vous d?tournez, ?chappant ? la fascination du tableau. Commencez ? sortir de la pi?ce o? sans doute il vous a longuement captiv?. C?est alors que, vous retournant en partant [?] vous saisissez sous cette forme quoi?? ? une t?te de mort. Ce n?est point ainsi qu?elle se pr?sente d?abord, cette figure, qui m??voque ce pain de deux livres que Dali, dans l?ancien temps, se complaisait ? poser sur la t?te d?une vieille femme, choisie expr?s bien mis?reuse, crasseuse, et d?ailleurs inconsciente, ou encore les montres molles du m?me, dont la signification n?est ?videmment pas moins phallique que celle de ce qui se dessine en position volante au premier plan de ce tableau. Tout cela nous manifeste qu?au c?ur m?me de l??poque o? se dessine le sujet et o? se cherche l?optique g?om?trale, Holbein nous rend ici visible quelque chose qui n?est rien d?autre que le sujet n?antis? ? n?antis? sous une forme qui est, ? proprement parler, l?incarnation imag?e du moins-phi de la castration, laquelle centre pour nous toute l?organisation des d?sirs ? travers le cadre des pulsions fondamentales. Jacques Lacan, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, chapitre ??du regard comme objet petit a??. Je suis all? voir la toile, ? Londres. Il y a un crucifix verd?tre cach?, en haut ? gauche, dans les plis du rideau. La toile est splendide. Connaissant peut-?tre ce qu?elle cache, on se place de c?t?. Le cr?ne appara?t, ?vident. Solitaire. Comme en trois dimensions. Il s?isole du reste. L?on est dans un autre monde, non pas celui de l?anamorphose, mais bien celui de la travers?e du miroir, du pas au-del?. * * ??* Les dictionnaires ne contiennent plus de mots, le petit Robert n?est plus ? la hauteur, les grands dictionnaires, Littr? et Grand Robert, sont hors de prix ! En copie une autre vanit?, qui faisait partie de mon exposition sur le sacr?, 2001. EB Le 7/06/08 08:14, ??Liliane Fainsilber?? <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr> a ?crit notamment?: pas
> la > m?me opprobre.
(S)
> bon app?tit ! > D. > PS, ? propos de peinture et de ma question, ce Hagen fait-il aussi > (re)pr?sentation de corps f?minin, j'ai pens? ? Lucian Freud et sa > mod?le > favorite, d'ailleurs son ami Bacon prignait bien des squelettes atroces > de > papes vagissant en cadavres ornement?s.
oui Danielle, et c'est l? toute la diff?rence : Il les PEIGNAIT autrement dit il repr?sentait sa vision d'un corps avec ses moyens, il ne collait pas le corps "r?el" de quelqu'un ayant +/- v?cu sur sa toile, sur une chaise S
Nous avions l'habitude d'enterrer nos morts, maintenant nous les cramons souvent, mais m?me dans l'amphi d'anatomie parmi les vapeurs de formol, et malgr? les blagues de carabin qui cachaient mal notre ?c?urement, nous n'en avions pas fait objet de voyeurisme ou de jouissance, fut-elle esth?tique : c'?taient des objets d'?tude.
Votre "bon app?tit" a mauvais go?t, je trouve j
_______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
_______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
-- Emmanuel Bing ? Paris : RdC. - Entr?e D 5 rue Tiphaine 75015 Paris 01 45 79 63 26 dans la Brie : La grange aux d?mes 1 rue du 11 novembre 77540 Voinsles (Rozay en Brie) 01 64 07 75 57 http://www.scytale.fr http://www.atelier-bing.com http://www.psychanalyse-77.com