Bonjour Jean-Fran?ois, Juste un mot pour rectifier cette petite confusion: il s'agit du texte des psychanalystes d'ALI, et non pas du mien. J'ai trouv? l'id?e d'en parler curieuse mais int?ressante et inspirante, comme d'ailleurs beaucoup d'autres, d?velopp?es par les coll?gues de cette association. N'?tant pas ? ALI je ne peux pas vous en dire d'avantage sur ce s?minaire, mais je crois que vous pouvez trouver plus d'information sur son site www.freud-lacan.com . Voil? :)) Cordialement, Natalia Jean-fran?ois Doucet <jeanfd at ulrik.uio.no> a ?crit : lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Je vois passer votre texte sur la musique qui me laisse un peu perplexe, ? la limite de le commenter et de me taire. Et puis je me dis que peut-?tre mon v?cu des questions que votre texte pose peut int?resser certains bien que j'aie fait sans doute allusion ? cette exp?rience musicale ant?rieurement. Effectivement, les livres que j' ai lus sur la psychanalyse de la musique sont peu nombreux sans doute parce que la musique est peu vue sous cet angle. A tort ? ? raison ? Tout d' abord, j' ai trouv? amusant " psychanalyse de la musique " en ce qu'il permet de voir un peu plus clair parmi les musiciens qu'il m' a ?t? donn? de rencontrer. On le sent confus?ment, choisir un instrument ou une place en musique n' est pas livr? au hasard et il existe bien une correspondance entre les instrumentistes ( les types de personnes) qu' on rencontre et les concepts psychanalytiques les plus communs : oral, anal, narcissique etc et " psychanalyse de la musique " permet d' affirmer un trompetiste proutant dans sa trompette comme "anal" ou un pianiste se regardant dans le miroir de son piano comme narcissique. Mais audel? de cette " psychanalyse de salon", que peut-on dire de psychanalyse et musique ? Le hasard a voulu que fl?tiste, non seulement je me suis int?ress? ? l' oralit? du choix de cet instrument mais ai jou? il y a bien des ann?es avec un quatuor ou plut?t quintette puisque le cinqui?me instrument ?tait un ordinateur. Puisque la combinaison "instruments " + "ordinateur " ne se faisait pas ? l'?poque, j ai ?t? amen? ? me poser la question de savoir si l'on jouait encore de la musique lorsqu' on programmait des sons sur un ordinateur. Le rapport au corps dont vous parlez de l' instrumentiste ? son instrument se posait comme vous le faites de mani?re insistante. Mais ce n' est pas le corps et son rapport aux sons produits qui attirait mon attention mais la notion de temps si sp?cifique de la musique : un temps v?cu par l' instrumentiste passant au temps physique de l ordinateur mettait en ?vidence les effets du temps que l'on peut constater. Lorsque vous posez la question de l' ordre symbolique et de la notation musicale, vous limitez en fait la notion musicale ? notre conception occidentale o? la musique est not?e alors que des traditions indiennes par exemple avec leurs "ragas" ?chappent ? notre d?filement lin?aire des sons pour proposer une structure comme entit? de construction des morceaux de musique. Nous avons donc d' un cot? le temps v?cu par l' instrumentiste et de l' autre le temps physique des machines ? traiter le son de telle sorte que la musique d?borde ? mon avis largement le temps de la parole propre ? la psychanalyse. Maintenant la psychanalyse parlant de "structure" a-t-elle ce point commun avec les structures musicales propos?es par certaines formes de musique non not?es ? Point commun donc entre musique et psychanalyse par l' entremise de sons et de la parole mais domaines bien distincts ? mon avis : c' est un peu comme l' art graphique assimil? par le Bauhaus ? une langue : c' est un peu tir? par les cheveux pour des raisons ?videntes de commodit? : si l' on pouvait faire rentrer la musique au bercail de notre logocentrisme, comme le Bauhaus a essay? d' inclure les formes dans un syst?me analogue ? une langue, tout deviendrait plus simple ! Mais pas forc?ment plus exact ! Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Chers amis, Je viens de recevoir une invitation au s?minaire dont le th?me me para?t fort int?ressant. J'ai d?j? observ? le lien entre les capacit?s analytiques et certains dons linguistiques de mes patients qui (ces dons) ? leur tour ont, comme nous le savons, un rapport souvent direct avec la ou?e musicale. Nombreux cas cliniques en sont la preuve... tout comme du contraire! Voici l'introduction du s?minaire organis? par ALI. Je pressens que Bruno en particulier en aura son mot ? dire ;))
La musique et la psychanalyse ont-elles ? apprendre l'une de l'autre ? La musique et la psychanalyse ont-elles ? apprendre l'une de l'autre ? Peu d'auteurs semblent s'y ?tre risqu?s. Aussi bien du c?t? des musiciens que des psychanalystes. Surtout si nous en excluons le lyrique, le chant, o? souvent l'aspect narratif, plus propice ? l'analyse, et la nature humaine de l'instrument vient ? masquer ais?ment la dimension proprement musicale. Ce peu de rencontre est somme toute ?tonnant. Car ? voir une partition, sans m?me ?tre musicien, il para?t ?vident qu'on a affaire ? l'ordre symbolique. Les Grecs anciens ne s'y ?taient pas tromp?s, eux qui associaient la musique aux math?matiques. La phrase musicale est en effet constitu?e d'?l?ments discrets, les notes, organis?e de fa?on diff?rentielle. Cette organisation, comme celle d'une langue, ob?it elle-m?me ? des r?gles syntaxiques, harmonie, rythme, composition, etc... Nous serions donc dans l'ordre du signifiant. Ne parle-t-on pas d'ailleurs d'interpr?tation ? Les instrumentistes jouant, lisant, ? sa fa?on ce que d'autres ont ?crit... Un langage musical donc. Une objection appara?t pourtant. C'est un langage sans traduction. Traduction au sens ordinaire, celle du fran?ais vers l'anglais, de l'anglais vers l'allemand, etc... En effet, nul lexique. C'est-?-dire nulle collection des diverses combinaisons possibles des ?l?ments discrets, des notes, en des entit?s stabilis?es. Autrement dit aucun dictionnaire. Ou si l'on pr?f?re nul tr?sor des signifiants. Qu'en serait-il le alors de l'Autre, dans ce cadre, comme le lieu de ce tr?sor ? Doit-on en conclure que cette assimilation de la musique au symbolique est une erreur ? Il est vrai que pour chacun, l'?coute de la musique est avant tout un plaisir, voire une jouissance, g?n?rateurs d'affects et de repr?sentations. Ce qui la situerait bien plut?t du c?t? de l'objet. Et les repr?sentations ?voqu?es du c?t? du fantasme, d'autant qu'elles apparaissent propres ? chacun. de l'objet, c'est aussi parler de la pulsion qui y serait en jeu. Celle invocante avanc?e par Lacan y serait-elle appropri?e ? Le ton, la modulation, la m?lodie d'un objet primitif s'y profilent. En ce sens, des hypoth?ses vari?es et nombreuses ont pu ?tre avanc?es : voix de la m?re, bruits divers de la vie intra-ut?rine, bruits du corps propre du sujet... (Cf. les diverses bases th?oriques ? toutes musicoth?rapies). Il s'y ajouterait les effets corporels directs vis?s par certaines musiques, modernes, (violence des basses par exemple), ou sacr?s, (derviches, etc..). Avec ce qui s'inscrit dans la diachronie d'une r?p?tition. Celle-ci ?tant en jeu dans l'affect m?me et les repr?sentations associ?es. Alors la musique serait-elle, en effet, du c?t? de l'imaginaire et de l'objet ? On pourrait le croire. Mais quelques arguments viennent entamer une pareille croyance. Certains compositeurs paraissent bien penser directement en musique et ne font que la transcrire directement sur le papier. N'est-ce pas l'indice, au moins pour eux, qu'il puisse y avoir des repr?sentants de la repr?sentation ? Et qu'? d?faut d'universelle, il puisse y avoir une langue personnelle ? Par ailleurs, si pour chacun des auditeurs, l'affect ?prouv? lui est propre, la repr?sentation ?voqu?e lui est singuli?re, il appara?t qu'il puisse les partager avec d'autres (cf. les sorties de concert ou les rave-parties). Ce qui rapproche la musique de la plupart des arts (peinture, sculpture, danse, etc...). Signifiants, repr?sentants seconds et partag?s des repr?sentations singuli?res. Mais ce qui reste sp?cifique ? la musique, c'est qu'? d?faut d'un dictionnaire r?pertoriant les diverses combinaisons de ses ?l?ments, il existe bel et bien une grammaire r?glant leur organisation diachronique, le solf?ge. Et par l?, elle est bien de l'ordre symbolique. Alors, peut-?tre, pourrait-on penser ? quelques oeuvres litt?raires modernes o? les auteurs gardent la structure syntaxique avec ce qu'elle peut induire, mais retirent aux signifiants leur sens, en en inventant d'autres, absolument inconnus, hors sens. Un exemple en pourrait ?tre le "Finnegans Wake" de Joyce, ou d'autres plus radicaux... Le texte appara?t alors comme une matrice, une matrice signifiante o? chacun y met les signifiants, les significations, qu'il d?sire, mais induit et encadr? qu'il est par cette matrice. Faut-il concevoir la musique ainsi, comme une matrice signifiante ? Au total, la formule de Lacan : "l'inconscient est structur? comme un langage" est-elle applicable ? la musique ? Si oui, ce qui semblerait, au vu de l'importance d'?l?ments comme l'objet, la r?p?tition, la repr?sentation, etc..., quelle proximit? peut-on en d?duire avec l'inconscient lui-m?me ?
Je vous souhaite ? toutes et ? tous une rentr?e f?conde et bien structur?e, Natalia
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