Oui Jacques, effectivement les points de vue se rapprochent. Mais cette coupure, je la d?finirais encore autrement, c'est celle d'une modification de la Demande par rapport ? l'analyse, je sais d'exp?rience que c'est ce que Lacan attendait avant d'accepter que commence l'analyse. C'est donc vrai que cela comporte beaucoup plus de complexit? qu'un simple passage du premier fauteuil, celui qu'on utilise quand on vient pour la premi?re fois voir et parler ? un analyste, ? son divan. Cela peut d'ailleurs ?tre une chaise, mais c'est vrai que ces successifs passages de fauteuil ? divan puis de divan ? fauteuil ne sont que des m?taphores qui se r?v?lent en effet beaucoup plus structur?es et riches que ce qu'elles laisseraient par?itre au premier abord ou ? un regard peu attentif. Ce que j'en sais, pour l'avoir v?cu, c'est que cette premi?re demande d'analyse, demande si je puis dire innocente, ?tait en apparence tout ? fait claire et bien d?termin?e tandis que la seconde ?tait au contraire ?nigmatique, pleine de points de suspension, de points en attente de d?chiffrage et c'?tait pourtant celle-l? que Lacan avait prise en compte, comme ?tant une demande "en bonne et due forme" d'analyse. Je me souviens encore parfaitement de la forme qu'elle avait prise mais c'est sans doute parce que Lacan l'avait reprise mot pour mot et en soulignant ainsi sa forme suspensive, laissant des trous, des trous de silence entre les mots prononc?s. Ce qui me parait important, par rapport ? cette question, c'est donc la part de libert? qui est laiss?e ? l'analysant ind?pendamment de ce que j'appellerai les disponibilit?s de l'analyste ? occuper cette place du psychanalyste. A propos de ce terme de coupure que vous proposez, je ne suis pas une fana de la topologie, mais quand m?me je trouve que la bande de moebius nous permet souvent de s?parer des champs et pourtant de les laisser en continuit? d'une fa?on souple. Je me demande si elle ne pourrait pas ?tre utilis?e pour rendre compte de ce passage de la psychoth?rapie ? la psychanalyse. Mais il faut que j'y pense un peu plus. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jacques B. Siboni" <jacsib at lutecium.org> To: <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Monday, December 29, 2008 10:32 AM Subject: [Lutecium-group] Entretiens pr?liminaires / psychanalyse proprement dite: la coupure encore lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. --- Pour ajouter un dernier point ? notre discussion, ce qui va peut-?tre rapprocher nos points de vue, j'insisterai sur le franchissement entretiens pr?liminaires - psychanalyse. Ce n'est pas seulement le passage de la position assise ? la position couch?e avec l'analyste qui n'est plus dans le champ du regard. Il s'agit d'une phase beaucoup plus ?labor?e; c'est le passage du fou au non-fou. Je dis fou et non psychotique bien s?r, l'un n'a pas grand chose ? voir avec l'autre. La folie de celui qui est en entretiens pr?liminaires est de croire qu'il n'y est pour rien dans ses symptomes, qu'il est une victime, que ce sont les autres qui sont responsables, qu'il est un malade psychiatrique, que ses maladies somatiques sont un effet du hasard, que son patron le harc?le, que sa femme le trompe, etc. Tant que l'analysant (ou le patient, pour le coup) maintient cette position subjective, il est du devoir de l'analyste de consid?rer que l'analyse n'a pas encore commenc?. Ceci avec toutes les cons?quences que ?a a, notamment en terme de psychoth?rapie, feuilles de maladie, voire direction de conscience etc. Cette phase peut durer une s?ance, un mois, une ann?e, une vie. Puis il y a l'occupation subjective de la position du non-fou; c-a-d celui qui souffre encore de ses symptomes mais qui r?alise quelque chose de leurs ?conomies libidinales, comme disait Freud. Le patient entre alors en analyse proprement dite et devient un analysant. C'est, l? encore, une coupure fondamentale qui structure le discours et le travail. En fin de travail il y aura une autre coupure structurante celle entre symptome et sinthome. Mais ?a c'est une autre histoire! Je dirai pour conclure que ce que d?crit Yann Leroux n'est nullement criticable en termes de pratiques prychoth?rapiques ou d'entretiens pr?liminaires ? une psychanalyse. Mais il n'est pas certain que dans ces moments intersubjectifs l'analyse ait vraiment d?marr?. Bien amicalement Jacques -- Dr. Jacques B. Siboni mailto:jacsib at Lutecium.org 8 pass. Charles Albert, F75018 Paris, France Tel: +33 142 287 678 Fax: +33 951 720 069 Home Page: http://jacsib.lutecium.org/ Lutecium pages: http://www.lutecium.org http://www.lutecium.us _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group