cher jean fran?ois, vous venez de toucher une de mes cordes sensibles, sans le savoir, entre piano et coda (? me trompe-je), entre trois et quatre ce qui fait ton, le tonal. bon je m'exerce ? comprendre ma propre d?dacaphonie , zut ?a souligne ce n'est pas l'ortho-graphie qu'il faut. la note sensible orient toute l'harmonie entre majeure et mineure de , du romantisme, du phras? entre chopin et liszt, cette note qui nous tient en suspends d'une r?solution. cadence, suspensive ou r?solutive, nous dit-on. on l'entends: en notre sp?cialit?, tenter en r?pondre: suspendre, diff?rer, conclure ou scander. la scansion me semble la note sensibilis?e entre nos sp?cialit?s: l'audition. Oh j'ai perdu mon fil, ? tenter dire ? Bruno ce que je pense de son apport essentiel, essence, de la voix et du phras?, de ce qui se passe ? l'oral d'une cure en passant, et du piano, que nous dit Lacan, s'il s'agit d'interpr?tation, n'oubliez pas d'?tre accord? ?a c'est moa qui interpr?te: "s'il s'agit d'interpr?te, n'oubliez pas que vous ?tes le piano" autrement dit l'instrument, de la cure=la partition. longtemps cette m?taphore musicale m'a occup?e, ainsi je parle de "partition sexuelle", comme s'il s'agissait de notes, et je prends des notes dans les cures-blitz, comme je les appelent, celles qui sont hors les port?es des cadres d?finis, la mesure, entre deux lignes verticales et doivent avoir l'exacte num?ro de temps d?fini au d?part, comme trois/quatre, ou six/huit. bon je trouve des tas d'analogies avec l'?criture musicale sur ce qui ne peut se d?crire de la pratique analytique. et je n'ai pas dit ce qui me fait ?crire sur ce sujet, Gould, le piano, et l'impro et ces noires et ces blanches non d?finies arbitrairement et font que je serai pas guitariste, j'?coute. et je me r?serve de pouvoir ?crire s?rieusement sur ce sujet: lalangue, une musique? avec mon attention Danielle Le 26 janv. 06 ? 13:32, Jean-francois Doucet a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Merci de votre email qui, disons, met un doigt de pied dans le plat que je ne voulais pas tendre. Mais puisque vous abordez la question de savoir si la musique est un langage, je prends le train en marche m?me si je n' aime pas tellement les discussions qui partent de consid?rations sur l'interpr?tation entre fid?lit? et trahison ? un ?largissement au domaine musical par l' entremise de pianos divers et vari?s. Qu' un instrumentiste consid?re que la musique soit une langue pour emprunter ? la linguistique les notions de signifiants - le signifi? on s' en fout, disait l' autre - sous pr?texte que "ca marche", je veux bien apr?s tout bien que je pr?f?re les d?finitions ontologiques aux d?finitions op?rationnelles. Encore faudrait-il le mentionner. Faute de quoi, on s' expose ? des malentendus voire ? des dialogues de sourds ! Oui, je suis d' accord avec vous qu'il est aussi d?fendable de dire que la musique est un langage que le contraire, encore faut-il d?fendre justement ce point de vue. Or o? est la d?fense de ce point de vue ? Uniquement parce que " ca marche " : il y a tout de m?me bien des diff?rences entre la langue ou le langage et la musique, la premi?re ?tant que vous pouvez ?couter de la musique chinoise et l' appr?cier, alors que la langue chinoise vous pouvez appr?cier ses tonalit?s sans pour autant la comprendre. Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour,
Il n'est pas inutile de rappeler que la musique est "l'art des Muses", donc un art en soi, l'art des sons repr?sent? par l'une des neuf d?esses pr?sidant aux arts lib?raux dans la mythologie grecque (Euterpe), les autres ?tant Clio (histoire), Calliope (?loquence, po?sie h?ro?que), Melpom?ne (trag?die), Thalie (com?die), Euterpe (musique), Terpsichore (danse), ?rato (?l?gie), Polymnie (lyrisme), Uranie (astronomie). Donner une d?finition de l'art est d?j? une gageure quasi impossible ? tenir car il n'y a pas de consensus pas universellement admis. Les go?ts et les couleurs... Il s'ensuit que parler de musique comme d'un affect (la musique est l'affect) est un positionnement id?ologique ou esth?tique (je veux dire par l? qu'il est aussi d?fendable de dire que la musique est un langage ou qu'elle n'est pas un langage). Bref, on pourrait se placer sur le plan du ph?nom?ne vibratoire de fr?quence d?termin?e ou d'une succession de sons. Elle est sans doute tout cela en m?me temps et l'affubler d'une seule fonction, d'une seule qualit?, d'un seul qualificatif est d?j? la r?duire ? la d?finition d'un signifiant univoque, mais il n'est pas anodin de remarquer que les neuf Muses sont neuf femmes... et que tout le monde n'ayant pas l'oreille musicale ni la sensibilit? d'Euterpe, il arrive que l'on entende pas tous la m?me chose.
P.S. : psychanalyse at wanadoo.fr est mon adresse ?lectronique professionnelle.
MR
----- Original Message ----- From: Catherine Grandjean To: Psychanalyse ; Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne Sent: Thursday, January 26, 2006 10:09 AM Subject: Re: [Lutecium-group] Psychanalyse et musicalit?
Je sors compl?tement de son contexte une citation de De M'Uzan, tir? d'un article intitul? "Interpr?ter, pour qui, pourquoi ?", paru dans La bouche de l'inconscient.
"L'interpr?tation serait-elle tellement dangereuse ? Parfois sans doute, quand elle n'est pas ma?tris?e. Mais ? l'oppos?, il serait tout ? fait f?cheux qu'elle f?t totalement frapp?e de st?rilit?, *ce ? quoi l'expose la structure m?me de sa formulation*. Son ?nonciation, dans un langage souvent tr?s secondaris?, *entrave en effet la saisie authentique de son message*." (p.72) (c'est moi qui souligne).
Cette citation est tr?s int?ressante pour notre propos. On y retrouve une bi-polarit?. Que dit cette citation ? D'abord, qu'il faut de la ma?trise. Mais que cette ma?trise peut conduire ? la st?rilit?, et ce, en raison m?me de sa structure. Il faut donc autre chose. Quoi ? Quelque chose du c?t? de l'authentique.
Pr?cis?ment, la musique est du c?t? de l'authentique. La musique ne repr?sente pas. Elle *est* l'affect. Dans le langage verbal, je n'ai pas besoin qu'une table soit l? pour pouvoir en parler. En musique, la musique est ce dont elle parle, elle est l'affect qu'elle produit. C'est en quoi faire de la musique n?cessite un engagement de l'?tre, et notamment du corps. Ce que nous montre cette citation, c'est l'autre face de Janus, l'autre face de la linguistique (la ma?trise n?cessaire) et cette autre face, c'est l'engagement authentique de l'expressivit? de celui qui parle. Sa musique. Faute de quoi l'?nonciation est st?rile. Ce paradigme de l'expressivit? musicale va loin.
PS : c'est quoi cette liste psychanalyse at wanadoo.fr ? Qui en est le propri?taire ?
-- Catherine
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