Violaine Clement a ?crit :
Comme vous, je suis pay?e pour faire mon travail, pas par la s?cu, mais par l'?ducation, et j'essaie de le faire bien, c'est-?-dire de faire entendre quelque chose de cette petite voix qui insiste. Dans notre ?cole comme partout, il y a des ?l?ves qui rendent leurs enseignants fous, ainsi ce gar?on qui se pose en victime, quoi qu'on lui propose, cette jeune fille qui hurle des obsc?nit?s en plain cours, cet autre qui refuse de venir en classe de sport, celui-ci qui urine sur ses camarades. Il y a aussi ces enfants qui servent d'otages ? leurs parents, celles qui ne mangent plus au cours de cuisine, celui que le regard de l'autre pousse ? frapper... j'arr?te la liste, elle n'est pourtant pas ?puis?e. Bien s?r, ils sont la minorit?, mais une minorit? qui compte pour moi, d'autant qu'eux ne comptent pas souvent sur les adultes. Pas ?tonnant du reste qu'ils aient tant de mal ? compter, ou que leurs moyennes soient si faibles.
Ces enfants, Violaine, je les re?ois. Quand il peuvent venir jusqu'au CMPP. La question est : comment ?valuons nous notre travail. Nous payons nous de mots, nous, psychoth?rapeutes, en nous contentant d'un "je fais de mon mieux" ou avons nous des outils plus affut?s ? Restons en nous au sempiternel "la parole n'a pas de prix... il est des choses qui ne s'?valuent pas" ? La parole a bel et bien un prix : en angoisse et en argent. Et la cure s'?value bel et bien. Sur quel crit?re juge t on qu'une interpr?tation est juste ? Pourquoi la donner ? ce moment plutot qu'a cet autre ? Pourquoi lui donner cette forme plutot que celle la ? Pourquoi faire silence ici et r?pondre la ? A toutes ces questions, pour donner une r?ponse, le psychoth?rapeute se livre ? une ?valuation. C'est de cela qu'il nous faut, en urgence, discuter, entre nous et sur la cit?, avant ( mais n'est il pas trop tard) que l'id?e ne s'ancre que les psychanalystes font n'importe quoi n'importe comment.