Cher Didier, Vous avez raison, je travaille toujours ? la hache, ? l'emporte-pi?ce, ce qui finalement permet que quelque chose s'entende, par provocation du moins. Depuis 15 ans que je travaille dans cette ?cole, comme prof de lettres et comme adjointe de direction, j'ai pu y insuffler quelque chose d'un style. Au d?but, mon style a d?rang?, j'en ai subi les inconv?nients, la haine, la col?re, puis j'ai commenc? ? voir que ma jouissance y ?tait pour quelque chose, et c'est ainsi qu'aujourd'hui un CIEN existe ici, et mes coll?gues consid?rent qu'un enfant ou un coll?gue qui va mal peuvent m'?tre envoy?s ou choisir la personne chez qui ils vont. Ce qui est int?ressant chez nous, c'est que nous avons fait en sorte que chaque adulte, les secr?taires aussi, soient des ressources possibles pour des enfants. Nous avons m?me des pairs m?diateurs, c'est-?-dire des ?l?ves qui se sentent pr?ts ? recevoir les plaintes de leurs camarades, et ? les aider ? en faire qqch. Hier par exemple une jeune fille de 15 ans est venue ? la fin des cours me dire son souci pour sa m?re. en 30 secondes, elle me racontait le viol dont elle a ?t? victime samedi soir, mais elle ne sait pas quoi faire parce qu'elle a l'impression qu'elle ?tait d?j? coupable d'avoir bu un peu de la bi?re qu'on lui avait tendue, alors tout ce qui a d?coul? de cela est de sa faute.... Voil? aussi une question qui touche la psychanalyse en institution, non ? C'est mon quotidien, comme cette jeune fille qui d?sirait avoir un b?b? et dont nous avons parl? au CIEN: Je vous en propose du reste le texte que j'ai produit pour E-CIEN, puisque cela vous int?resse. La distinction dont vous parlez, celle qui devrait se faire entre ?ducateur, psychoth?rapeute... n'a rien ? voir avec celle qui est le choix d'un sujet ? parler avec celui ? qui il accorde sa distinction. Par ailleurs, j'ai ouvert une pratique analytique dans la ville, ? l'ext?rieur de l'?cole, et si une coll?gue ou un ?l?ve veut faire un travail suivi, c'est l? qu'il viendra me rencontrer. Une autre distinction qui, pour moi, devenait n?cessaire. Cordialement, Violaine Le 25 janv. 05, ? 09:07, DIDIER POTIN a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Violaine,
La question de la distinction, pas aussi subtile que ?a, entre assistante de direction et directeur-adjoint (ce que je suis dans l'IRP Institut de r??ducation psychoth?rapeutique dans lequel je travaille - sachant que par D?cret du 6 Janvier dernier, ces ?tablissements viennent de prendre la d?nomination d'ITEP -Institut psychoth?rapeutique, ?ducatif et p?dagogique -), me touche personnellement.
Lorsque nous entamons un travail sur "les m?tiers impossibles" et "la/les psychanalyse(s) pure(s) et/ou appliqu?e(s)", cette place (staut, r?le et fonction) du cadre hi?rarchique et non m?dical, vaut, ? mon sens, d'?tre examin? de plus pr?s.
Une institution qui permet ? un de ses cadres, de recevoir, comme vous dites le faire, un enfant en entretien d'o?, manifestement, le caract?re psychanalytique n'est pas absent, est une institution dont l'ensemble du personnel se sent impliqu?e dans une d?marche de psychoth?rapie institutionnelle, au sens noble du terme.
Je suppose que le fait de recevoir cet enfant n'est pas - ne peut pas - ?tre le fait d'un acte isol?, et qu'il n'est pas question, ici, d'une confusion des r?les et des fonctions, voire des statuts.
Ce n'est pas le cas de moult institutions de tous genres qui tiennent, co?te que co?te, ? une distinction tr?s nette : l'?ducateur ?duque, l'enseignant instruit, le m?decin soigne, le directeur dirige .... et que les vaches (si je puis me permettre) continuent d'?tre bien gard?es !
Ce saucissonnage continue d'?tre pr?judiciable aux sujets, soign?s et soignants dans la plus grande majorit? des ?tablissements pour enfants, adolescents et adultes en mal de vivre.
Mais, si, comme vous le dites tout ? fait naturellement, l'assistante de direction que vous ?tes, re?oit, dans son bureau, un enfant qui sait qu'il a ? faire avec un lieu et une personne per?u(es) comme soignant, tout ce qui fait que c'est possible constitue les conditions m?me du soin et de la psychanalyse "appliqu?e" ? l'institution.
C'est pr?cis?ment de ces pr?alables l? (ce que je nomme sans doute mal la "pliure institutionnelle" ) dont nous devons parler et ce n'est, ?videmment pas, une question toute simple !
Bien ? vous
Didier Potin ----- Original Message ----- From: Violaine Clement To: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne Sent: Sunday, January 23, 2005 10:25 PM Subject: [Lutecium-group] adjointe ou direction ?
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Didier,
Je suis, comme vous, adjointe de direction, mais cela ne veut rien dire, sauf qu'il ne faudrait pas confondre avec directrice adjointe, ce qui serait un peu plus ?lev? dans une hi?rarchie de semblants. Ces billeves?es mises ? part, il m'appara?t que la direction dans laquelle la psychanalyse pourrait nous amener n'est pas celle que nos directions souhaitent, parce que pour qu'une institution fonctionne, il faut que ?a roule, et pour que ?a roule, ce serait mieux sans tous ces grains qui risquent de d?ranger l'ordre des choses... Alors comment une adjointe peut-elle aider ? ce que ?a roule, et, malgr? tout, permettre que ?a d?raille ? C'est ?a l'enjeu, et je crois que pour permettre que quelque chose s'entende ici ou l? de ce que l'on ne veut pas savoir, l'orientation lacanienne est pr?cieuse, qui permet l'insolite, la surprise, le renversement, .... Non ?
Violaine
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