Ch?re Violaine, vous ?crivez:
Qu'un accident, une catastrophe une agression laissent des traces pose la question de ce qu'est une trace.
En effet, mais les d?finitions ne manquent pas, ? commencer par les "traces mn?siques" dont Freud, fait un usage intensif, dans ses textes m?tapsychologiques, et Lacan, pour n'en citer qu'une : "L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqu? par un blanc ou occup? par un mensonge : c'est le chapitre censur?. Mais la v?rit? peut-?tre retrouv?e ; le plus souvent elle est d?j? ?crite ailleurs. A savoir : - dans les monuments : et ceci est mon corps, c'est ? dire le noyau... de la n?vrose o? le sympt?me hyst?rique montre la structure d'un langage et se d?chiffre comme une inscription qui, une fois recueillie, peut sans perte grave ?tre d?truite. - dans les documents d'archives, aussi ; et ce sont les souvenirs de mon enfance, imp?n?trables, quand je n?en connais pas la provenance; - dans l'?volution s?mantique : et et ceci r?pond aux stocks et aux acceptions du vocabulaire qui m?est particulier, comme au style de ma vie , et ? mon caract?re.... - dans les traditions aussi, voire dans les l?gendes, qui sous une forme h?ro?s?e v?hiculent mon histoire; - dans les traces enfin, qu?en conservent in?vitablement les distorsions, n?cessit?es par le raccord du chapitre adult?r? dans les chapitres qui l?encadrent , et dont mon ex?g?se r?tablira le sens." Jacques Lacan, Fonction et champ de la parole et du langage, ?crits p. 259. Tout un programme de recherche, qui ?tabli d?j? bien des distinctions rep?rables dans le seul registre de la n?vrose !
"outils de formation au debriefing", gestion du stress , etc. , je n'ai rien ni pour ni contre: j'ignore de quoi il s'agit. Des mots, des trucs, surgissent au fil des ans, comme des marques de v?tements, ou de nouvelles margarines ... et passent de mode. J'avoue m'en tenir ? des r?f?rents choisis, et exercer, comme un artisan ou un sculpteur, avec des techniques maintes fois ?prouv?es, quoique jamais tout ? fait abouties. Je pr?f?re, par ex. chez Freud, suivre l'?volution d'un concept, (trauma ou autre) d?s L'esquisse ... en 1895, et jusqu'? ses derniers textes. Il v?rifie ses hypoth?ses dans la pratique, ou en r?ponse ? des critiques, pour rectifier et compl?ter ses th?ories, et en tirer des cons?quences.
Je ne sais pas si, comme vous le formulez, et c'est une crainte souvent exprim?e, certaines paroles peuvent ?tre
plus traumatiques que des ?v?nements, parce qu'elles nomment, elles font exister quelque chose ... Les ?v?nements y suffisent amplement, parfois. L'exemple que vous proposez, (dire ? quelqu'un "vous ?tes .... ceci ou cela ) illustre bien les ?cueils de la g?n?ralisation.
Merci pour ce passage de la vie d'Esope. Bonne journ?e Mireille Le 7 f?vr. 07, ? 17:03, Violaine Clement a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Traumatisme "r?el"...
Qu'un accident, une catastrophe une agression laissent des traces pose la question de ce qu'est une trace. Avez-vous vu le film "L'effroi des hommes ?" Ce film de 1991 est souvent montr? ? ceux qui travaillent sur les traumatismes dit r?els, c'est-?-dire guerres, catastrophes, etc... Dans mes souvenirs, il a ?t? produit avec l'aide d'entreprises qui produisent des m?dicaments. Il fait partie des outils de formation au debriefing.
Parmi les "victimes", il y a ceux qui restent fix?s ? certaines images, et d'autres pour qui la catastrophe a donn? un sens ? leur vie. Ce qui est int?ressant, c'est ce que les personnes qui parlent disent de l'effet qu'a eu sur eux cette prise m?me de parole. C'est ce qui m'int?resse. Lors d'une conf?rence ? Lausanne sur l'angoisse et le transfert, Fran?ois Ansermet terminait avec ces mots :
L?analyse a beaucoup d?effets, et donc d?effets secondaires. C?est plus prudent d?utiliser des m?dicaments?
En parler, voil? la question. Certaines paroles justement peuvent ?tre plus traumatiques que des ?v?nements, parce qu'elles nomment, elles font exister quelque chose. Ainsi dire ? quelqu'un "vous ?tes une victime", chose que l'on conseille de dire, peut paradoxalement figer de fa?on traumatique. C'est toujours l'id?e de la singularit?, de la rencontre, qui permet de sortir de ces fix(at)ions traumatiques. Je ne r?siste pas au plaisir de vous transmettre cette citation....
Xanthus commanda [? ?sope] d?acheter ce qu?il y aurait de meilleur. Il n?acheta que des langues, l?entr?e, le second, l?entremets, tout ne fut que langues. Et qu?y a-t-il de meilleur que la langue ? reprit ?sope : c?est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l?organe de la v?rit? et de la raison. Eh bien, dit Xanthus, ach?te-moi demain ce qui est de pire...Le lendemain, ?sope ne fit servir que le m?me mets, disant que la langue est la pire chose qui soit au monde : ? C?est la m?re de tous d?bats,... la source des divisions et des guerres... ? La Fontaine -Vie d??sope
Violaine
Le 6 f?vr. 07, ? 19:05, Chantal Collet a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Mireille,
Bonsoir ? vous et merci ? Laurent de faire appara?tre votre texte une seconde fois. Je suis int?ress?e de poursuivre la r?flexion telle que vous l'annoncez, ? savoir ce qui diff?rencie trauma infantile / traumatisme r?el.
Merci d'avance pour la liste annonc?e de r?f?rences bibliographiques.
Ch.
Le 6/02/07 11:22, ??Mireille?? <mipsy at club-internet.fr> a ?crit?:
Au d?part, votre questionnement portait , me semble-t-il, sur ce qui diff?rencie - dans la th?orie psychanalytique, le trauma infantile qui fonde un fantasme subjectif, d'un traumatisme r?el dont les gens ont ?t? victimes, - qu'on l'admette ou non. Un accident, une agression, une catastrophe, qui font irruption, une privation grave, laissent des traces ...
Amicalement
Mireille