Il y a effectivement deux questions qui se traversent l'une l'autre : comment bien dire quelque chose de sa pratique dans le cadre de l'?cole ou de groupes constitu?s pour cela, et la question de Yann, qui me para?t plut?t ouverte sur l'ext?rieur : comment bien dire quelque chose ? l'ext?rieur de ces groupes dans lesquels on parle, au fond, une m?me langue, avec des dialectes, certes, dans le malentendu, dans l'?quivoque, mais malgr? tout avec une certaine possibilit? d'?tre compris. Ce que j'observe, c'est qu'il y a, ? l'ext?rieur des ?coles de psychanalyse, des mots ? bannir totalement du vocabulaire : le mot de psychanalyse, par exemple, qui peut soulever toutes les passions, amour, haine et surtout, ignorance. Mais ce qui est usant, c'est que ce mot, utilis? comme injure par certains, sert parfois aux autres ? endormir la raison... La psychanalyse a ?t? souvent desservie par des psychanalystes, comme l'?glise par des cur?s. J'aime bien pourtant cette id?e que nous sommes des croyants de l'inconscient. Pour autant, faut-il partir en croisade ? Missionnaires de l'ics, nous risquons bien d'?tre bouillis dans le chaudron de Freud. Par chance, ce chaudron est trou?, comme chacun le sait. Or la "guerre sainte" qui est men?e dans les forums des psy par des psychanalystes a quelque chose d'agalmatique pour moi : loin de qui d?fendre une corporation, un confort, des privil?ges ou une assurance-vie, loin de d?fendre m?me l'existence de l'inconscient, cette guerre a pour but de permettre ? qui le d?sire de faire en son nom propre un voyage dont personne ne peut dire ? l'avance o? il m?ne. C'est pour chacun la grande d?couverte... C'est le risque absolu, dans un monde qui ne r?ve que de s?curit?. C'est pourquoi je souscris ? la phrase de Catherine Millot, cit?e par Gricelda Sarmiento: "Longtemps, j'ai cru que c'?tait leur jouissance qui m'attirait. je ne voyais pas que c'?tait leur libert?". Catherine Millot Violaine