Grain de sel ... et non de sable ... Les experiences d'Audouard (Xavier) et de sa "psychanalyse dans une maison d'enfants", celles du RI3 en Belgique, en France et en Israel, celles de Jean Oury ? la Borde, celle de la Chesnaie avec Jean Girard, celle de Guenouvry, celle de St Alban avec Tosquelles, de F. Dolto ? Avron, de Maud Mannoni ? Bonneuil, de Affelio Torrubia aux Nouvelles Forges, de F. Deligny ? Monoblet (hameau de Graniers), de Roger Gentis ? Orl?ans, etc ... m'am?nent ? confirmer qu'il y faut du "patron charismatique" et des ?quipes soud?es autour d'une d?marche psychanalytique appliqu?e ? l'institution ... pour que ?a marche. Il ne suffit pas qu'une, deux ou trois personnes soient convaincues du bien-fond? de la chose, pour en convaincre "rationnellement" les autres; ?a, ?a ne marche pas ... Il y faut des m?decins impliqu?s, des psychologues impliqu?s, des patrons impliqu?s, des aide-soignantes et des ?ducateurs impliqu?s, des enseignants impliqu?s; sinon ?a r?siste; ?a peut m?me r?sister tr?s fort et annuler, voire "foutre en l'air" les effets b?n?fiques qu'on pourrait en attendre ... m?me si, et surtout si l'on devient militant de la chose; ce genre de discours n'a rien ? voir "les techniques de la cure appliqu?es ? l'institution" ! En revanche, il y faut de la "pliure quotidienne", une conviction in?branlable, en attendant que ?a vienne ... Natalia et Suzanne parlent avec une grande perspicacit? du secret, de l'intime ? pr?server, ? partager avec une extr?me prudence, avec celles et ceux qui seraient "du s?rail" ou qui n'en seraient pas, d'"injection de signifiants" et de grande solitude de l'analyste. Dans la bo?te aux lettres aujourd'hui, Armelle Gaydon et Cathy Ravineau abordent les m?mes questions, sous des angles qui s'approchent beaucoup des questions connexes que posent la psychanalyse. En 1975, les "s?minaristes" de Lacan, qui portent tous de "grands noms" aujourd'hui, se frottaient aux m?mes questions dans d'hom?riques d?bats : "LA cure et l'institution". Jacques Alain Miller en remet une couche aujourd'hui, et Judith Miller tout autant ! Mais pourquoi donc la psychanalyse, la socio-psychanalyse, l'anthropo-psychanalyse, l'ethno-psychanalyse et la psychoth?rapie institutionnelle continuent-t-elles ? remuer tant de personnes, toutes sinc?res dans leur approche, ayant toutes go?t?es aux heurs et malheurs du divan, et portant une aussi lancinante plainte quant aux al?as du signifiant et au maniement du transfert-qui-ne-se-d?cr?te-pas, ? Peut-?tre devrions nous re-commencer ? serier les questions ? Elles sont, je crois, les m?mes que celles d'autrefois. Elles reviennent de loin, comme un rappel aux sources. Elles ont ? voir avec ce que nous re-d?couvrons avec le m?me enthousiasme, voire la m?me foi. Bien ? vous Didier Potin