Oui, Bruno, tu as raison quant au Freud biologiste mais c'est le temps d'avant son invention de la psychanalyse. Quand il construit l'esquisse, ce n'est plus de l'anatomie ni de la physiologie - m?me s'il en emprunte en quelque sorte le vocabulaire - c'est un appareil psychique en action pour rendre compte de ce qui se passe dans les n?vroses, pour rendre compte de se qui passe dans la clinique analytique qu'il est entrain de d?couvrir en m?me temps qu'il analyse ses r?ves et ses actes manqu?s. C'est donc la repr?sentation de l'appareil psychique en structure et en fonctionnement. C'est d'ailleurs sur cette esquisse que Lacan prendra appui pour poser l'?quivalence entre les vorstellelungen et les signifiants. Mais l? il faudrait que je replonge un peu dans la question pour argumenter davantage. Car j'ai un peu oubli?. Je pense aussi qu'il ne faut pas oublier non plus que Freud, ? partir de son ?loge fun?bre de Charcot, lui avait tir? sa r?v?rence, abandonnant les th?ses de ce dernier qui ne l'oublions pas gardait le secret espoir de trouver la localisation c?r?brale des troubles hyst?riques et faisait autopsier, dans cet espoir toutes ces vieilles hyst?riques qui avaient eu le tort de s?journer au peu trop longtemps dans ses services ? La Salp?tri?re. Avec les neuro-sciences, le grand Professeur Charcot doit sauter de joie dans sa tombe, ? l'id?e que sa recherche pourra enfin aboutir : On trouvera enfin la ou les localisations c?r?brales anatomiques de l'hyst?rie. Sur ce j'ai retrouv? ce passage des formations de l'inconscient qui m'a bien plu : "Si les choses de l'homme dont nous nous occupons en principe sont marqu?s de son rapport au signifiant, on ne peut pas user du signifiant pour parler de ces choses comme pour parler des choses que le signifiant aide ? poser. En d'autres termes, il doit y avoir une diff?rence dans la fa?on dont nous parlons des choses de l'homme et dans la fa?on dont nous parlons des autres choses" Je laisse de c?t? ce qu'il dit ? propos de ces autres choses, pour souligner ce qu'il dit ? propos de ces choses de l'homme. "Nous, nous en sommes ? l'homme, et l? tout ce que je vous fais remarquer, c'est que le langage n'est pas jusqu'? pr?sent d?gag?, le langage avec lequel l'interroger n'est pas d?gageable, comme nous le croyons d?gag?, ? savoir quand nous tenons sur les choses de l'homme le discours de l'acad?mie ou de la psychologie psychiatrique. Jusqu'? nouvel ordre c'est le m?me. Nous pouvons tr?s facilement nous apercevoir nous-m?mes de la pauvret? des constructions auxquelles nous nous livrons, et d'ailleurs de leur immutabilit?....Tout le langage de la psychologie psychiatrique porte ce m?me handicap de nous faire sentir en somme son pi?tinement et de nous faire sentir ceci que nous exprimons : nous disons qu'on r?ifi? telle ou telle fonction et nous sentons l'arbitraire de ces r?ifications quand on parle m?me en langage bleulerien de la discordance dans la schizoph?nie. Nous avons l'impression que nous sommes l? dans quelque chose quand nous disons r?ifier. Qu'est-ce que cela veut dire ? Ce n'est pas du tout que nous reprochions ? cette psychologie de faire de l'homme une chose - pl?t au ciel qu'il en fit une chose - c'est bien le but d'une science de l'homme. Mais justement il en fait une chose qui n'est rien d'autre que du langage qui g?le pr?matur?ment, qui substitue h?tivement sa propre forme de langage ? quelque chose qui est d?j? tiss? dans le langage. Ce que nous appelons formations de l'inconscient, ce que Freud nous a pr?sent? comme formations de l'inconscient, ce n'est pas autre chose que cette prise d'une certain primaire, d'ailleurs c'est bien pour cela qu'il l'a appell? processus primaire, cette prise d'une certain primaire dans le langage. " Bien s?r, c'est le moment o? jamais de se poser la question qu'est-ce que c'est que ce primaire pris dans le langage ? Il vaudrait la peine d'en retrouver la formulation exacte de Freud, mais dans les vocabulaire de Lacan, au moment o? il ?labore le graphe du d?sir, ce primaire ne peut-?tre me semble-t-il justement que de l'ordre du besoin, le besoin qui ne peut que passer par la demande, la demande adress?e ? l'Autre, celui qui est ? m?me de la satisfaire. Et on peut ainsi retrouver dans l'esquisse, ce que Freud appelle ? ce propos, dans un double mouvement, l'exp?rience de la satisfaction mais aussi et surtout l'?preuve de la souffrance, car h?las, cette Autre pr?historique ? ?ventuellement d'autres chats ? fouetter que d'avoir ? r?pondre au doigt et ? l'oeil ? vos cris d'appel. Bon sur ce je reprends ce passage : " Il s'agit de reconnaitre que ce primaire est d'abord et avant tout tiss? comme du langage. C'est pour cela que je vous y ram?ne et que c'est pour cela aussi qui jusqu'? pr?sent vous promettent, vous font miroiter la synth?se de la psychanalyse et de la biologie, vous montrent manifestement par qu'il n'y a absolument rien d'amorc? dans ce sens, vous d?montrent que c'est un leurre, et m?me nous irons plus loin en affirmant que jusqu'? nouvel ordre, de le promettre, c'est une escroquerie. Nous en sommes donc ? situer, de projeter, de manifester devant vous ce que j'appelle la texture du langage. Cela ne veut pas dire que nous excluions ce primaire. C'est bien ? sa recherche, pour autant que lui est autre chose que le langage que nous y avan?ons. Qu'est-ce que vous en pensez ce primaire, pris dans le langage n'est-il pas le d?sir lui m?me, en tant qu'articul? mais pourtant non articulable. En tout cas c'est coh?rent avec ce que Lacan est entrain d'articuler avec le graphe du d?sir. Je vais cogiter un peu plus sur ces questions. Amicalement. Liliane Fainsilber. Le go?t de la psychanalyse : http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/ ----- Original Message ----- From: "BdF" <bdf at deflorence.com> To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Sunday, May 07, 2006 2:47 PM Subject: [Lutecium-group] Freud/Biologie lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Je crois que Freud a r?ellement parcouru et bien connu ce champ biologique dont parle Lilianne. Il a fait des ?tudes de m?decine qui, ? l'?poque, s'apparentaient en partie ? ce qu'on appele aujourd'hui la biologie (telle qu'on la pratique en classe de 3i?me). Il a trifouill? les cuisses de grenouilles en faisant passer du courant ?lectrique, piqu? les amobes dans des plats de P?tri, et observ? les neurones au microscope. C'est dans l'Esquisse (qu'il reniera mais qui influncera fortement toute son oeuvre) qu'il incorpore en partie nombre de ses observations sur le biologique: frayage des voies neuronales, sensibilit? plus grande de l'organisme ? la douleur qu'au plaisir, etc... === BdF www.deflorence.com === _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Wanadoo vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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