Ch?re Catherine, vous avez bien fait d'argumenter parce que je commence ?
Liliane Fainsilber : piger ce contre quoi vous vous insurgez , mais je dirais, avec mes mots, qu'il me semble que c'est alors un appel ? la m?taphore paternelle de chiqu?, qui n'est l? que parce que la th?orie analytique a ?nonc? - et autant le dire, Lacan - qu'elle ?tait n?cessaire. C'est une parodie. C'est quand m?me toute autre chose quand elle peut donner acc?s ? la parole du sujet, au del? de ses relations imaginaires agressives et surtout de jalousie ? ses petits autres rivaux. Amicalement. Liliane. C'est plus profond que cela ; ce que je disais ne se cantonne pas ? l'exemple des institutions que j'ai donn?. Le "chiqu?", de mon point de vue, c'est de penser que la fonction paternelle peut tout r?guler. Ou que le v?cu oedipien structure tout notre psychisme. Il faut faire attention ? ce "tout". Parce qu'il y a un totalitarisme possible derri?re, avec, je le disais, le danger de mort psychique. La fonction paternelle ne peut pas tout. Il y a un reste, du c?t? du r?el. Ne pas le prendre en compte peut rendre fou (du c?t? de l'hyst?rie) ou m?chamment cr?tin (du c?t? de l'obsessionnel). Elle est l? la "parodie", c'en est une parce que en attendre autant de la fonction paternelle ne correspond ? aucune r?alit? psychique, si ce n'est pathologique (et pathog?ne). C'est donc une parodie th?orique. Je crois qu'il n'y a pas d'autre fa?on de s'?viter, au moins un peu, ce genre de parodie, qu'en laissant une petite place au r?el dans la fa?on dont on pense la r?alit? psychique. Ou au moins est-ce une fa?on de se souvenir qu'il y a un d?calage, un c?t? chiqu?, dans toute th?orisation, et de laisser sa chance au sujet "tel quel", si je puis dire, d?barrass? de nos th?orisations. Je ne sais pas si je suis claire. Disons que tout ce qui tourne autour de la loi symbolique, de la fonction paternelle, est aussi ce qui repr?sente le plus grand danger pour la psychanalyse de croire qu'elle peut tout solutionner. Peut-?tre que ce serait plus compr?hensible pour vous ? partir du phallus, puisque vous dites dans un de vos textes qu'"il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche" (de m?moire). Or m?me si l'on est dupe de ce semblant, ?a n'est pas du 100%. Je crois me souvenir que les dupes aussi, errent. Je trouve dommage de pense que toutes les errances sont des impasses. Bonne journ?e, -- Catherine