[Lutecium-group] chronique d' Aldo Naouri du "Monde"
Une chonique (d?di?e aux psy) et quotidienne qui me semble est tr?s d'actualit? cordial ft source http://www.lemonde.fr/web/recherche_resultats/1,13-0,1-0,0.html?dans=dansarticle&num_page=1&booleen=et&ordre=pertinence&query=psychanalyse&periode=7&sur=LEMONDE&x=11&y=8 Douleurs et d?g?ts, par Aldo Naouri LE MONDE | 22.08.06 | 09h27 ? Mis ? jour le 22.08.06 | 09h27 <http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/WWW_autres/1642499129/Frame1/default/empty.gif/35316634363262623434656163613530> <http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/WWW_autres/596708246/Top2/default/empty.gif/35316634363262623434656163613530> [image: Augmentez la taille du texte] <javascript:selectStyleSheet(2);;> [image: Diminuez la taille du texte] <javascript:selectStyleSheet(-2);;> [image: Imprimez cet article]<http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0,50-805220,0.html> [image: Envoyez cet article par e-mail]<http://www.lemonde.fr/web/envoyer_element/0,40-0,50-805220,0.html> [image: Recommandez cet article]<http://www.lemonde.fr/web/reco_element/enreg/1,40-0,50-805220,0.html> [image: Citez cet article sur votre blog]<http://www.lemonde.fr/web/blog_element/0,40-0,50-805220,0.html> [image: Classez cet article]<http://abonnes.lemonde.fr/web/classeur/ajouter/1,0-0,1-0,0.html?type=article&itm_id=805220&seq_id=&ens_id=> [image: R?agissez ? cet article]<http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/0,1-0,36-805220,0.html> [image: P]ourquoi traiter de l'adult?re, des adult?res ? N'est-ce pas un sujet rebattu et n'en a-t-on pas tout dit ? La r?serve serait pertinente, s'il devait ?tre question d'en pister seulement les traces antiques ou d'en cerner le statut dans les mythologies et autres textes sacr?s ; s'il s'agissait de s'attarder sur les exploits d'un Casanova, sur le mythe de Don Juan ou sur les moeurs des hommes et femmes c?l?bres, r?gnants ou pas, qui l'ont pratiqu? ? grande ?chelle ; s'il fallait enfin embo?ter le pas ? la presse people et exploiter, du c?t? masculin, les grossiers ?talages de conqu?tes ou, du c?t? f?minin, les confessions path?tiques de telle ou telle autre grande ?crivaine amoureuse, celles ?plor?es de telle grande actrice tromp?e ou celles encore plus piment?es de telle intellectuelle vantant ses performances en la mati?re. <http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/WWW_autres/1951627237/Middle/default/empty.gif/35316634363262623434656163613530> Qu'on se rassure ! Je n'ai pas l'intention d'aller dans ce sens. Je ne produirai pas plus un descriptif des strat?gies mises en oeuvre dans ce registre que je n'en ferai l'apologie ou que je porterai ? son endroit un quelconque jugement. Je ne cesserai pas d'?tre le p?diatre que j'ai toujours ?t?. J'ai en effet pass? beaucoup de temps ? m'interroger sur le devenir des jeunes couples dont j'ai eu ? soigner les enfants et ? tenter de rep?rer les raisons qui conduisent parfois l'un ou l'autre des partenaires ? devoir rompre le pacte implicite de fid?lit? dans lequel il s'?tait engag? ? l'aube de l'aventure et ? aller explorer un ailleurs, en une incursion passag?re dont il ne sait jamais pourquoi elle est survenue, ce qu'elle signifie et encore moins ? l'avance le tour qu'elle pourra prendre. A m'interroger, autrement dit, sur ce qui contraint les anciens enfants qu'ont ?t? l'un et/ou l'autre de ces partenaires ? en passer par l?, tout en cultivant l'illusion d'?tre autonomes et libres de leurs choix. Les questions que je me pose portent sur une th?matique ?ternelle. Malgr? la d?nonciation et l'opprobre dont il n'a jamais cess? d'?tre l'objet, l'adult?re a en effet toujours eu cours. Comme s'il constituait, pour l'humain, une exp?rience ? ce point tentatrice que ce dernier serait condamn? ? devoir la traverser t?t ou tard dans sa vie. C'est ce que laisse entendre, avec beaucoup d'humour, le psychanalyste Lucien Isra?l quand il affirme que* "seuls les parano?aques sont convaincus de la fid?lit? de leurs femmes"*. Propos qui fait un ?trange ?cho ? la fameuse sentence du Christ absolvant de la lapidation la femme adult?re et engageant *"celui qui n'a jamais p?ch?* (?)* lui* (jeter)* la premi?re pierre"*. Pourquoi en serait-il ainsi ? On sait qu'il y a eu, de tout temps et dans tous les codes, au sein de soci?t?s d?nonc?es aujourd'hui pour leurs exc?s "machistes", des commandements condamnant cette pratique. Adress?s aux seuls hommes et stigmatisant l'attrait f?minin, qualifi? de diabolique, ils les engageaient ? ne pas y c?der et ? r?fr?ner la violence de leurs pulsions sexuelles. Les r?sultats obtenus n'ont gu?re ?t? brillants. Car ces m?mes hommes n'ont pas cess? de mener une sourde lutte contre l'injonction qui leur ?tait faite.* "La chair est faible"*, ont-ils plaid?, ce dont ils ont rendu les femmes coupables au point de justifier le sort qu'ils leur ont r?serv? : de l'invention puis de la r?glementation de la prostitution ? la maltraitance l?gale des femmes, avec les r?gles iniques des jugements pour faute dans les proc?s de divorce, en passant par une litt?rature l?gitimant en les magnifiant les exploits sexuels masculins. Les choses ont commenc? ? changer ? partir du moment o?, depuis quelques d?cennies, les femmes se sont dot?es des moyens d'aller jusqu'au bout de leur lutte et de restaurer enfin une dignit? bafou?e jusque-l?. On ne peut que se f?liciter, tout insuffisants qu'ils soient encore, des r?sultats qu'elles ont obtenus. Leur assomption, en particulier, d'une sexualit? gu?re moins exigeante que celle de leurs comparses a abouti ? la lib?ralisation actuelle des moeurs. Que recouvre d?s lors le concept d'adult?re ? Peut-on en effet encore en faire usage quand chacun, au nom d'une libert? qui lui est reconnue et dont il est f?rocement jaloux, revendique - et se voit reconna?tre - le droit de suivre son caprice sans avoir ? en rendre compte ? quiconque ? On sait les dispositions prises par exemple, ? cet ?gard, par le couple morganatique form? par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir : ils s'?taient engag?s non seulement ? tol?rer leurs infid?lit?s respectives mais ? se les raconter par le menu. Qu'ils n'aient pas tenu leur engagement n'a ?t? su que fort tard, apr?s que la publicit? donn?e ? leur comportement a fait quantit? de na?fs adeptes, lesquels en ont parfois pay? les cons?quences d'un prix exorbitant. Et pourtant ! Il suffit de revenir ? ce qu'enseigne la clinique du quotidien. Suivant sur de nombreuses ann?es les nombreux couples que j'ai rencontr?s dans ma carri?re et qui avaient opt? pour toutes sortes d'options en la mati?re, je n'ai jamais eu ? conna?tre d'une infid?lit? ou d'une rupture qui n'ait produit d'intol?rables douleurs quand ce n'?tait pas de profonds, voire tr?s profonds, d?g?ts. -- Tassigny Frans Sint Fransiscusstraat 25 8400 Ostende BELGIQUE 0496 85 56 82 nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ? 1 Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ? Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ? Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l?agressivit? : ? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ? Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise. Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice. C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents. Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques Je ne fais que les citer pour l?instant Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a. Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion. Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller. Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?. Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage : A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ? Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e. Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ? Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. ? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Mises en pi?ces agressives 2 Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?. Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ? Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats. Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?. ? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ? A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ? Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ? Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet. ? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l?exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?. Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs. Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate. Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re 3 Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ? Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?. Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice. Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression. Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ? Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe. Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent : ? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ? Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re : ? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l?agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain. Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu?implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu?hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet. Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation. L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social au nom de la lutte pour la vie 4 Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l?identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social. Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste : Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ? (Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ? Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre. Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel. Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122. 1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ? Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit. 2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l?Etat universel ? (Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique. Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?. C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s. 3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation : Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu?elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?) a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ? Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ? Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ? L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre. b- la lutte des sexes Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose. Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l?Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ? Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante. Questions ? foison 1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ? 2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique : Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l?oedipisme ?. ? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?] C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l?homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
Merci, Liliane. At? breve. Att. jlcaon ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:00 AM Subject: [Spam] [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l? ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ? 1 Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ? Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ? Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l? agressivit? : ? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l? ?conomie psychique. ? Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise. Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice. C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents. Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques Je ne fais que les citer pour l?instant Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a. Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion. Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller. Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d? identification que nous appelons narcissique ?. Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage : A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ? Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l? ?dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e. Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ? Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. ? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Mises en pi?ces agressives 2 Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?. Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ? Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats. Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?. ? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ? A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ? Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ? Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d ?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet. ? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l? exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?. Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs. Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate. Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re 3 Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ? Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?. Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice. Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l? enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression. Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ? Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe. Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent : ? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ? Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l? autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re : ? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l? agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain. Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu? implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu? hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet. Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation. L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social au nom de la lutte pour la vie 4 Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l? identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social. Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste : Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ? (Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ? Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre. Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel. Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122. 1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d? un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ? Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit. 2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l ?Etat universel ? (Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique. Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?. C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s. 3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation : Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu? elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?) a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ? Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ? Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ? L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C ?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre. b- la lutte des sexes Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose. Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l? Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ? Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante. Questions ? foison 1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ? 2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique : Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l? oedipisme ?. ? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?] C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l? oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l? homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ? _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group E-mail classificado pelo Identificador de Spam Inteligente Terra. Para alterar a categoria classificada, visite http://mail.terra.com.br/protected_email/imail/imail.cgi?+_u=jlcaon&_l=1,1156323757.744119.31791.curepipe.hst.terra.com.br,30098,20031127114101,20031127114101 Esta mensagem foi verificada pelo E-mail Protegido Terra. Scan engine: McAfee VirusScan / Atualizado em 22/08/2006 / Vers?o: 4.4.00/4835 Proteja o seu e-mail Terra: http://mail.terra.com.br/
Mon Compaq Presario Windows 98 ? l'agonie et qui s'essouffle de sa fin de vie, une connexion de Wanadoo Int?grale de plus en plus lente et difficile, ces logiciels de moins en moins compatibles avec la technologie nouvelle (dont prochainement l'anti virus)... dureront ce qu'ils endureront... avec les mails priv?s (familiaux et amicaux) D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours ! A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?: [ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...] A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-) Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France ----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ? 1 Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ? Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ? Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l?agressivit? : ? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ? Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise. Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice. C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents. Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques Je ne fais que les citer pour l?instant Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a. Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion. Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller. Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?. Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage : A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ? Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e. Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ? Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. ? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Mises en pi?ces agressives 2 Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?. Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ? Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats. Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?. ? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ? A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ? Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ? Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet. ? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l?exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?. Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs. Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate. Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re 3 Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ? Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?. Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice. Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression. Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ? Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe. Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent : ? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ? Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re : ? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l?agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain. Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu?implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu?hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet. Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation. L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social au nom de la lutte pour la vie 4 Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l?identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social. Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste : Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ? (Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ? Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre. Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel. Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122. 1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ? Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit. 2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l?Etat universel ? (Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique. Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?. C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s. 3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation : Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu?elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?) a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ? Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ? Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ? L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre. b- la lutte des sexes Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose. Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l?Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ? Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante. Questions ? foison 1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ? 2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique : Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l?oedipisme ?. ? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?] C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l?homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
A bient?t cher po?te en mots et en pinceaux . Liliane. ----- Original Message ----- From: "thanh-thang.ly" <thanh-thang.ly at wanadoo.fr> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 12:58 PM Subject: Re: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Mon Compaq Presario Windows 98 ? l'agonie et qui s'essouffle de sa fin de vie, une connexion de Wanadoo Int?grale de plus en plus lente et difficile, ces logiciels de moins en moins compatibles avec la technologie nouvelle (dont prochainement l'anti virus)... dureront ce qu'ils endureront... avec les mails priv?s (familiaux et amicaux) D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours ! A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?: [ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...] A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-) Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France ----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ? 1 Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ? Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ? Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l?agressivit? : ? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ? Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise. Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice. C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents. Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques Je ne fais que les citer pour l?instant Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a. Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion. Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller. Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?. Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage : A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ? Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e. Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ? Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. ? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Mises en pi?ces agressives 2 Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?. Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ? Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats. Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?. ? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ? A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ? Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ? Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet. ? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l?exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?. Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs. Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate. Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re 3 Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ? Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?. Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice. Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression. Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ? Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe. Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent : ? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ? Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re : ? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l?agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain. Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu?implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu?hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet. Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation. L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social au nom de la lutte pour la vie 4 Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l?identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social. Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste : Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ? (Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ? Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre. Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel. Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122. 1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ? Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit. 2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l?Etat universel ? (Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique. Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?. C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s. 3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation : Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu?elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?) a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ? Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ? Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ? L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre. b- la lutte des sexes Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose. Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l?Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ? Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante. Questions ? foison 1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ? 2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique : Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l?oedipisme ?. ? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?] C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l?homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ? _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Ch?re Liliane, Je suis tr?s int?ress? ? la discussion sur l?agressivit? tr?s pr?sente comme vous le savez dans la soci?t? br?silienne. Je n?ai pas de solutions, mais des faits qui confirment ce que Lacan en dit et qui demandent des r?ponses. ? La fonction pacifiante de l?Id?al du moi et sa connection avec une normativit? culturelle ? (Lacan, 117) ? N?est-ce pas un des probl?mes ? r?soudre dans ce pays o? la corruption r?gne ? tous les niveaux depuis les Chambres de d?put?s et de s?nateurs jusque dans les prisons ? De quoi est fait l?Id?al du moi au Br?sil ? O? est la normativit? culturelle ? La normativit? culturelle et en cons?quence l?id?al du moi de chacun au Br?sil n?est-il entre autre fait ? partir de l?id?ologie de la colonisation portugaise avide de tout emporter vers la m?tropole, de s?enrichir et d?exploiter au maximum l?indien, le noir ? ses fins et aujourd?hui la majorit? des br?siliens, plut?t esclaves d?sirant remplacer ou tuer le ma?tre ? Civilisation portugaise qui s?oppose ? l?espagnole puisqu?elle a d? attendre la fuite du roi du Portugal devant Napol?on en 1808 et l??migration de 15.000 courtisans qui accompagnaient leur roi pour avoir son imprimerie, ses premi?res universt?s, etc. Sans parler du mensal?o (une s?rie de d?put?s recevaient un salaire mensuel pay? par le parti des travailleurs pour voter en leurs faveur, tous sauf deux ont ?t? absous par les coll?gues de la Chambre), 120 de nos 500 d?put?s (chiffre plus ou moins exact) ont ?t? d?nonc?s par celui qui les subornait et sont en jugement. Non contents de leur salaire, avides de s?enrichir en 4 ans de mandat. N?est-ce ce m?me symbolique, celui de la Couronne portugaire, qui les m?ne ? Cela ne fait-il pas partie aussi de l?id?ologie de tout ?migr?, s?enrichir et revenir au pays ou dans sa r?gion, avec une fortune suffisante pour le reste de sa vie ? Le PCC (groupe de bandits structur? ? partir des prisons et vivant du narcotrafic) corrompt les gardiens, les policiers, les avocats, les juges ou les fait tuer par leurs acolytes en libert? et b?n?ficieraient de l?appui de plus de 500.000 personnes hors de la prison. A leur d?charge, la plupart des prisons sont de v?ritables enfers o? les conditions horribles ont engendr? ce PCC , ce qui me fait demander si nous sommes pr?s de la constitution d?une mafia ou la r?p?tition de la bande des Dix-mille dirig?e par Vautrin dans les Illusions perdues de Balzac. Pourquoi ce peu d?attention des politiciens aux prisons ? Leurs priorit?s sont ailleurs et la corruption est pr?sente partout. Autre exemple : la Police f?d?rale vient de prendre des chefs d?entreprises qui soudoyaient des fonctionnaires de la douane pour importer des biens sans les d?clarer. Les imp?ts non pay?s, au total plus de 500.000 millions de reals, correspondraient ? la cr?ation de 20.000 emplois. L?ideal du moi et l?identit? : ? je suis un ara = je suis m?decin ? (Lacan.p.117) Je sais que le rapport oedipien est ? la base de la constitution de l?identit?, mais quelle sa projection culturelle ici devant ces exemples ? Que veut dire ? Je suis br?silien ? pour la plupart des jeunes embauch?s par le PCC qui voient cette corruption ? Leur avenir n?est-il pas dans le PCC plut?t que dans notre soci?t?, m?me au prix de leur mort (la plupart ne d?passe pas les 25 ans) ? Ne sont-ils ? que des rat?s de l?identification oeidipenne ? (Lacan p.118) ? L?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?id?al du moi (p.121) Est-ce le manque de f?tes civiques ? Le football et parfois le basket f?minin et le volley masculin et f?minin (champions du monde) r?unissent la majorit? des br?siliens, ils se sentent br?siliens en supportant leurs ?quipes, souvent en mainfestant leur agressivit? pour l?autre time.. N?est-ce pas suffisant ? Ce ne sont pas des esp?ces de saturations en l?absence de f?tes civiques ? Liliane, je ne sais si je contribue au d?bat soulev? par vos remarques judicieuses bien j?esp?re y collaborer. Philippe Philippe Willemart rua Pio VII, 86 05657 220 S?o Paulo(Brasil) http://planeta.terra. com.br/arte/ms_psicanalise Citando "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr>:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- A bient?t cher po?te en mots et en pinceaux . Liliane. ----- Original Message ----- From: "thanh-thang.ly" <thanh-thang.ly at wanadoo.fr> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail
pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 12:58 PM Subject: Re: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en
psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Mon Compaq Presario Windows 98 ? l'agonie et qui s'essouffle de sa fin de vie, une connexion de Wanadoo Int?grale de plus en plus lente et difficile, ces logiciels de moins en moins compatibles avec la technologie nouvelle (dont prochainement l'anti virus)... dureront ce qu'ils endureront... avec les mails priv?s (familiaux et amicaux)
D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours !
A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?:
[ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin
la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...]
A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-)
Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France
----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique".
A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage :
"Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182)
J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes.
Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm
Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber.
Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ?
1
Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan
A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ?
Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ?
Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l?agressivit? :
? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ?
Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise.
Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice.
C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents.
Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques
Je ne fais que les citer pour l?instant
Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a.
Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion.
Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller.
Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?.
Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage :
A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ?
Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e.
Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ?
Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ?
Mises en pi?ces agressives
2
Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?.
Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ?
Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats.
Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?.
? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ?
A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ?
Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ?
Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom
d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet.
? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l?exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?.
Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs.
Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate.
Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re
3
Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?
Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?.
Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice.
Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression.
Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ?
?
Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe.
Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent :
? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi ?
Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re :
? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l?agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain.
Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu?implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu?hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet.
Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation.
L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social
au nom de la lutte pour la vie
4
Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l?identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social.
Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste :
Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ?
(Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ?
Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre.
Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel.
Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122.
1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne
A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ?
Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit.
2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de
l?Etat universel ?
(Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique.
Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?.
C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s.
3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation :
Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu?elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?)
a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ?
Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ?
Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ?
L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui.
C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre.
b- la lutte des sexes
Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose.
Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s
? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l?Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ?
Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante.
Questions ? foison
1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ?
2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique :
Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l?oedipisme ?.
? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [ ]
C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l?homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
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Cher philippe, j'ai besoin d'un peu de temps pour vous r?pondre. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Philippe Willemart" <plmgwill at usp.br> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:57 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Liliane, Je suis tr?s int?ress? ? la discussion sur l?agressivit? tr?s pr?sente comme vous le savez dans la soci?t? br?silienne. Je n?ai pas de solutions, mais des faits qui confirment ce que Lacan en dit et qui demandent des r?ponses. ? La fonction pacifiante de l?Id?al du moi et sa connection avec une normativit? culturelle ? (Lacan, 117) ? N?est-ce pas un des probl?mes ? r?soudre dans ce pays o? la corruption r?gne ? tous les niveaux depuis les Chambres de d?put?s et de s?nateurs jusque dans les prisons ? De quoi est fait l?Id?al du moi au Br?sil ? O? est la normativit? culturelle ? La normativit? culturelle et en cons?quence l?id?al du moi de chacun au Br?sil n?est-il entre autre fait ? partir de l?id?ologie de la colonisation portugaise avide de tout emporter vers la m?tropole, de s?enrichir et d?exploiter au maximum l?indien, le noir ? ses fins et aujourd?hui la majorit? des br?siliens, plut?t esclaves d?sirant remplacer ou tuer le ma?tre ? Civilisation portugaise qui s?oppose ? l?espagnole puisqu?elle a d? attendre la fuite du roi du Portugal devant Napol?on en 1808 et l??migration de 15.000 courtisans qui accompagnaient leur roi pour avoir son imprimerie, ses premi?res universt?s, etc. Sans parler du mensal?o (une s?rie de d?put?s recevaient un salaire mensuel pay? par le parti des travailleurs pour voter en leurs faveur, tous sauf deux ont ?t? absous par les coll?gues de la Chambre), 120 de nos 500 d?put?s (chiffre plus ou moins exact) ont ?t? d?nonc?s par celui qui les subornait et sont en jugement. Non contents de leur salaire, avides de s?enrichir en 4 ans de mandat. N?est-ce ce m?me symbolique, celui de la Couronne portugaire, qui les m?ne ? Cela ne fait-il pas partie aussi de l?id?ologie de tout ?migr?, s?enrichir et revenir au pays ou dans sa r?gion, avec une fortune suffisante pour le reste de sa vie ? Le PCC (groupe de bandits structur? ? partir des prisons et vivant du narcotrafic) corrompt les gardiens, les policiers, les avocats, les juges ou les fait tuer par leurs acolytes en libert? et b?n?ficieraient de l?appui de plus de 500.000 personnes hors de la prison. A leur d?charge, la plupart des prisons sont de v?ritables enfers o? les conditions horribles ont engendr? ce PCC , ce qui me fait demander si nous sommes pr?s de la constitution d?une mafia ou la r?p?tition de la bande des Dix-mille dirig?e par Vautrin dans les Illusions perdues de Balzac. Pourquoi ce peu d?attention des politiciens aux prisons ? Leurs priorit?s sont ailleurs et la corruption est pr?sente partout. Autre exemple : la Police f?d?rale vient de prendre des chefs d?entreprises qui soudoyaient des fonctionnaires de la douane pour importer des biens sans les d?clarer. Les imp?ts non pay?s, au total plus de 500.000 millions de reals, correspondraient ? la cr?ation de 20.000 emplois. L?ideal du moi et l?identit? : ? je suis un ara = je suis m?decin ? (Lacan.p.117) Je sais que le rapport oedipien est ? la base de la constitution de l?identit?, mais quelle sa projection culturelle ici devant ces exemples ? Que veut dire ? Je suis br?silien ? pour la plupart des jeunes embauch?s par le PCC qui voient cette corruption ? Leur avenir n?est-il pas dans le PCC plut?t que dans notre soci?t?, m?me au prix de leur mort (la plupart ne d?passe pas les 25 ans) ? Ne sont-ils ? que des rat?s de l?identification oeidipenne ? (Lacan p.118) ? L?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?id?al du moi (p.121) Est-ce le manque de f?tes civiques ? Le football et parfois le basket f?minin et le volley masculin et f?minin (champions du monde) r?unissent la majorit? des br?siliens, ils se sentent br?siliens en supportant leurs ?quipes, souvent en mainfestant leur agressivit? pour l?autre time.. N?est-ce pas suffisant ? Ce ne sont pas des esp?ces de saturations en l?absence de f?tes civiques ? Liliane, je ne sais si je contribue au d?bat soulev? par vos remarques judicieuses bien j?esp?re y collaborer. Philippe Philippe Willemart rua Pio VII, 86 05657 220 S?o Paulo(Brasil) http://planeta.terra. com.br/arte/ms_psicanalise Citando "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr>:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- A bient?t cher po?te en mots et en pinceaux . Liliane. ----- Original Message ----- From: "thanh-thang.ly" <thanh-thang.ly at wanadoo.fr> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail
pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 12:58 PM Subject: Re: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en
psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Mon Compaq Presario Windows 98 ? l'agonie et qui s'essouffle de sa fin de vie, une connexion de Wanadoo Int?grale de plus en plus lente et difficile, ces logiciels de moins en moins compatibles avec la technologie nouvelle (dont prochainement l'anti virus)... dureront ce qu'ils endureront... avec les mails priv?s (familiaux et amicaux)
D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours !
A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?:
[ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin
la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...]
A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-)
Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France
----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique".
A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage :
"Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182)
J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes.
Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l'ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm
Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber.
Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L'agressivit? en psychanalyse ?
1
Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan
A propos de l'ouvre freudienne, Lacan affirme ? qu'? l'oppos? du dogmatisme qu'on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ?
Et l'une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l'homme dans le registre de la biologie ?
Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l'agressivit? :
? Cette aporie est au cour de la notion de l'agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu'il convient de lui attribuer dans l'?conomie psychique. ?
Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l'importance de l'image dans la constitution du monde humain. C'est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l'Autre maternel, celui qui d?tient l'objet de sa jalousie et de sa convoitise.
Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d'un oil plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice.
C'est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents.
Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques
Je ne fais que les citer pour l'instant
Th?se I - L'agressivit? se manifeste dans l'exp?rience analytique, elle est l? pour ?a.
Th?se II - L'agressivit? se manifeste dans l'analyse d'une part comme intention d'agression, d'autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d' ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion.
Th?se III - En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller.
Th?se IV - ? L'agressivit? est la tendance corr?lative d'un mode d'identification que nous appelons narcissique ?.
Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l'objet. C'est la partie la plus importante de ce texte. J'en cite d?j? ce passage :
A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l'?veil de son d?sir pour l'objet du d?sir de l'autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c'est d'elle que na?t la triade de l'autrui, du moi et de l'objet. ?
Ce que Lacan d?montrera c'est que par la fonction du p?re, la fonction de l'Odipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e.
Th?se V - C'est ce qui nous int?ressera la plus, l'agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l'exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ?
Ce sont ces deux derni?res parties qui m'int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
? La lutte des sexes ? Ce n'est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ?
Mises en pi?ces agressives
2
Th?se II - ? l'agressivit?, dans l'exp?rience, nous est donn?e comme intention d'agression et comme image de dislocation corporelle, et c'est sous de tels modes qu'elle se d?montre efficiente ?.
Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus - dans les rat?s de son action - dans l'aveu de ses fantasmes privil?gi?s - dans les r?bus de sa vie onirique. ?
Puisque nous travaillons en ce moment l'Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l'anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l'id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats.
Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l'action formatrice d'un individu sur les personnes de sa d?pendance ?.
? L'agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n'avait pas ?t? sans effets ?
A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu'en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ?
Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n'ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l'inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ?
Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d'Imago ?. A mon avis, c'est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom
d'imago du corps morcel? ou encore, comme il l'?crit dans l'en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l'effet du d?sir de destruction du sujet.
? Il n'est besoin que d'?couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu'arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l'exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?.
Il n'est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d'analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et sours.
Ce qui m'avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c'est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate.
Action ? salvatrice ? de l'identification au p?re
3
Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l'agressivit? est corr?lative d'un mode d'identification que nous appelons narcissique. ?
Lacan distingue l'intention agressive et la tendance ? l'agression. Si j'ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu'on peut qualifier comme ?tats d'?me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d'?tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?.
Pour d?crire en quoi cette tendance ? l'agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d'un enfant contemplant d'un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice.
Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d'une part l'empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et sours r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d'autre part, l'enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l'enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l'agression.
Lacan ?crit ? la notion d'une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d'accidents et d'atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l'?cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ?
?
Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d'embl?e ? la question de la fonction de l'Odipe et donc ? la fonction du p?re, dans l'Odipe.
Voici en effet ce qu'il en avance dans les quelques lignes qui suivent :
? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d'Odipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet . une identification secondaire par introjection de l'imago du parent de m?me sexe. Mais il est clair que l'identification ? l'objet rival ne va pas de soi. ?
Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l'autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c'est justement l? que se marque la fonction du p?re :
? Freud en effet nous montre que le besoin d'une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l'identification au Totem paternel. Ainsi l'identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l'agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu'elle constitue dans l'instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l'ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain.
Il me semble que cette fonction de l'Odipe et l'identification au p?re qu'implique sa travers?e peut d'embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l'aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu'hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet.
Je vais arriver au point 4, celui qui est l'objet de cette lecture : le r?le de l'agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l'eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation.
L'exaltation et la valorisation de l'agressivit? dans le champ social
au nom de la lutte pour la vie
4
Dans sa remarque au sujet de l'agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l'agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l'Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l'enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu'? l'identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l'agressivit? telle qu'elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social.
Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste :
Il l'annonce ainsi : nous ne voulons ici qu'ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l'ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l'agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu'elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d'un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d'un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les mours qu'il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d'une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ?
(Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d'autrui ? S'agirait-il dans ce cas d'une sorte de processus de d?n?gation portant sur l'importance que l'on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d'autrui ?
Cela me fait penser ? une formule que l'on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c'?tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l'importance de son moi compar? ? celui de l'autre.
Enfin l'important c'est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel.
Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c'est l? que j'ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu'il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu'il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122.
1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne
A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l'euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu'elle inaugurait ? l'?chelle de la plan?te, ? ce qu'il les justifie par l'image d'un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ?
Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit.
2 - Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l'esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants - c'est tout au moins la fa?on dont j'essaie de l'interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l'agressivit? dans l'ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C'est du conflit du ma?tre et de l'esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu'au citoyen futur de
l'Etat universel ?
(Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu'il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique.
Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l'esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l'?mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l'armature qu'a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l'esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?.
C'est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s.
3 - Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation :
Lacan prend pour l'?voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l'?me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu'elles doivent subir les m?mes lois, et qu'? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?)
a- ? absence de saturations du surmoi et de l'id?al du moi ?
Il indique que l'une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l'absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l'Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l'intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ?
Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ?
L? il me semble qu'il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s'identifie ? lui.
C'est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l'interdit non seulement de l'inceste mais du meurtre.
b- la lutte des sexes
Une autre raison qu'il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c'est ? cette lutte des sexes qu'est li?e, par des voies d'abord qui auraient besoin d'?tre pr?cis?es, ce que Lacan n'h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu'il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose.
Je formule ma question telle qu'elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d'un phallus pris et maintenu au niveau de l'imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu'une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s
? son propre d?sir, m?me s'il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l'Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ?
Mais ce qui est difficile ? saisir, c'est que c'est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu'elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu'elle se trouve manquante et donc d?sirante.
Questions ? foison
1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ?
2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique :
Toute son argumentation est centr?e sur ce qu'en 1950 donc, il appelle ? l'oedipisme ?.
? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l'individu en tant q'uil est normal s'en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu'il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [.]
C'est en quoi le symbolisme, d'ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu'il s'agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l'oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l'ensemble des sciences de l'homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l'oedipisme. nous laissent ? penser qu'ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
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Bonjour Philippe, j'attendais pour r?pondre ? votre message, d'avoir un peu plus travaill?. J'avais en effet besoin d'un peu plus de temps. Parmi les trois textes qui sont regroup?s du point de vue du temps et du sujet trait?, celui de l'agressivit? en psychanalyse et Propos sur la causalit? psychique, il y a le troisi?me qui lui plus pr?s des questions que vous ?voquez celui de "la fonction de la psychanalyse en criminologie". C'est ? celui-l? que je me r?f?rerais pour vous r?pondre. Mais pas directement, tout au moins pour l'instant. Lacan cite en effet "les remarquables observations princeps par lesquelles Alexander et Staub ont introduit la psychanalyse dans la criminologie. Leur teneur est convaincante q'uil s'agisse de la tentative d'homicide d'un n?vros?, ou des vols singuliers de cet ?tudiant en m?decine qui n'eut de cesse qu'il se fit emprisonner par la police berlinoise et qui plut?t que d'acqu?rir le dipl?me auquel ses connaissances et ses dons r?els lui donnaient droit, pr?f?rait les exercer en infraction ? la loi [...] ses conduites deviennent tout ? fait claires ? la lumi?re de l'interpr?tation oedipienne. Mais ce qui les distingue comme morbides, c'est leur caract?re symbolique. Leur structure psychopathologique n'est point dans la situation criminelle qu'elles expriment mais dans le mode irr?el de cette expression. " La-dessus pour mieux se faire comprendre Lacan prend un autre exemple, les exactions d'une arm?e qui s'arroge le droit de violer une ou plusieurs femmes de pr?f?rence en pr?sence d'un homme plus ?g? et pr?alablement r?duit ? l'impuissance. "Nous disons que c'est l? un crime r?el encore qu'il soit r?alis? pr?cis?ment dans une forme oedipienne. Donc pour l'arm?e, ce serait une conduite "normale" - je pousse un peu loin le bouchon, une conduite r?elle, dans l'autre cas, celui d'un crime qui bien que toujours toujours oedipien serait une conduite symbolique. Je pense ? la sc?ne si violente d'"Orange m?canique" o? des jeunes adolescents violent ? plusieurs une femme en pr?sence de son mari pr?alablement ligot? et baillonn?. Bon mais ce n'est pas sur cette question que je comptais m'arr?ter pour vous r?pondre au sujet de la d?linquance du champ social lui-m?me. Je veux en effet me r?f?rer au livre de ces deux psychanalystes contemporains de Freud et qui se sont donc int?ress?s ? la criminalit? avec le titre de leur bouquin paru en automne 1928 "le criminel et ses juges". C'est un bouquin que je trouve passionnant par la simplicit? et la solidit? de ses approches des liens du criminel et du d?linquant ? la soci?t? dans lequel il vit. Donc par rapport ? ce que voux ?crivez des actes ou criminels ou d?lictueux de ceux qui devraient ?tre les garants des droits et des devoirs dans la cit?, ils donnent des pistes de travail tout ? fait int?ressantes. Dans leur introduction, les deux auteurs commencent pas se justifier de s'interroger sur les motifs du criminel, comme s'il ne suffisait pas de le savoir coupable et de le condamner en cons?quence. C'est en effet que leur ?tude sert ?galement ? la soci?t? elle-m?me. il n'est pas bon pour elle que le droit, son sentiment de la justice ne soit pas respect?. "Nous consid?rons que notre effort sert en premier lieu ? la soci?t?, car le sentiment de la justice appartient aux principes psychologiques fondamentaux de toute formation de soci?t?, et parce que sa violation a sur la soci?t? une action d?composante. Cette partie du moi que Freud appelle Surmoi - qui conditionne la vie de l'homme ? la vie sociale perd sa puissance sur la partie asociale de la personnalit? si on viole le sentiment du droit". (p. 13) Ils reprennent ce point dans le premier chapitre de leur ouvrage qu'ils intitulent "La lutte pour le droit" : "Comme simples preuves empiriques de l'action d?composante des erreurs judiciaires sur toute organisation sociale, on peut citer des faits historiques ? volont?. Les erreurs judiciaires... ont une action irritante sur les masses qui ne sont plus alors dispos?es l'ordre existant et ses lois. L'effet psychologique ... est l'indignation et la diminution de l'adaptation sociale d?j? obtenue... C'est ainsi que nous voyons au commencement de bouleversements sociaux, l'accumulation d'erreurs judiciaires apparaitre comme moment d?cisif et toutefois nullement en cause. On pourrait dire que le sentiment chronique de l'injustice, d? ? une oppression sociale, et ne poss?dant pas la force dynamique de faire passer dans l'action l'insurrection r?volutionnaire, s'?l?ve, lors d'une violation aig?e du sentiment de justice par des erreurs judiciaires, jusqu'? l'indignation, et seule cette indignation cr?e le terrain pour l'acte r?volutionnaire, pour le d?bordemnt des pulsions jusque l? r?prim?es. En somme pour r?sumer, si qui sont les repr?sentants du droit et de la justice se permettent de ne pas les respecter, j'ai le droit d'en faire autant et ce qui avait ?t? si ch?rement acquis de la r?pression des pulsions, au nom de la civilisation, se trouve tout d'un coup balay?. On repart ? z?ro. Mais ce red?part ? z?ro ne pourrait-il pas ?tre b?n?fique. D'injustices en injustices, ne pourrait-on pas obtenir qu'elles ne soient pas aussi flagrantes ! Je n'ose r?pondre par l'affirmative. en tout cas, cette approche est int?ressante par rapport ? la question de la d?linquance dans un champ social donn?, comme si avant de tenter de rem?dier aux probl?mes de la d?linquance des jeunes dans la cit?, elle ?tait pri?e de balayer devant sa porte. Mais Dans ce livre, les auteurs d?ploient toute une argumentation sur ce lien des criminels et d?linquants dans un rapport dialectique avec la soci?t? dans laquelle ils sont tenus de vivre. M?me ?crit en 1928, je trouve qu'il reste encore tr?s actuel pour les pistes d'exploration qu'il propose. Il se peut que je vous en raconte un peu^plus sur le contenu de ce livre. N.B. J'ai remarqu? que ce n'est jamais inutile de suivre les d?tours que Lacan nous propose. C'est aussi le cas de ce bouquin d'Auguste Aichhorn : "Jeunes en souffrance". (psychanalyse et ?ducation sp?cialis?e) Son approche de la d?linquance m?riterait en effet d'?tre ? nouveau prise en compte. C'est bourr? d'exemples cliniques et vraiment tr?s int?ressants. Tout est ramen? ? l'Oedipe et par le jeu du transfert, c'est ainsi qu'il travaille avec ces jeunes en difficult?. il tente d'y occuper une place transf?rentielle, ? partir de laquelle, l'adolescent puisse remettre en jeu ses difficult?s oedipiennes et les r?soudre. Voici donc jsute des bribes de r?ponse et encore un peu ? c?t?. amicalement. Liliane Fainsilber. ----- Original Message ----- From: "Philippe Willemart" <plmgwill at usp.br> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:57 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Liliane, Je suis tr?s int?ress? ? la discussion sur l?agressivit? tr?s pr?sente comme vous le savez dans la soci?t? br?silienne. Je n?ai pas de solutions, mais des faits qui confirment ce que Lacan en dit et qui demandent des r?ponses. ? La fonction pacifiante de l?Id?al du moi et sa connection avec une normativit? culturelle ? (Lacan, 117) ? N?est-ce pas un des probl?mes ? r?soudre dans ce pays o? la corruption r?gne ? tous les niveaux depuis les Chambres de d?put?s et de s?nateurs jusque dans les prisons ? De quoi est fait l?Id?al du moi au Br?sil ? O? est la normativit? culturelle ? La normativit? culturelle et en cons?quence l?id?al du moi de chacun au Br?sil n?est-il entre autre fait ? partir de l?id?ologie de la colonisation portugaise avide de tout emporter vers la m?tropole, de s?enrichir et d?exploiter au maximum l?indien, le noir ? ses fins et aujourd?hui la majorit? des br?siliens, plut?t esclaves d?sirant remplacer ou tuer le ma?tre ? Civilisation portugaise qui s?oppose ? l?espagnole puisqu?elle a d? attendre la fuite du roi du Portugal devant Napol?on en 1808 et l??migration de 15.000 courtisans qui accompagnaient leur roi pour avoir son imprimerie, ses premi?res universt?s, etc. Sans parler du mensal?o (une s?rie de d?put?s recevaient un salaire mensuel pay? par le parti des travailleurs pour voter en leurs faveur, tous sauf deux ont ?t? absous par les coll?gues de la Chambre), 120 de nos 500 d?put?s (chiffre plus ou moins exact) ont ?t? d?nonc?s par celui qui les subornait et sont en jugement. Non contents de leur salaire, avides de s?enrichir en 4 ans de mandat. N?est-ce ce m?me symbolique, celui de la Couronne portugaire, qui les m?ne ? Cela ne fait-il pas partie aussi de l?id?ologie de tout ?migr?, s?enrichir et revenir au pays ou dans sa r?gion, avec une fortune suffisante pour le reste de sa vie ? Le PCC (groupe de bandits structur? ? partir des prisons et vivant du narcotrafic) corrompt les gardiens, les policiers, les avocats, les juges ou les fait tuer par leurs acolytes en libert? et b?n?ficieraient de l?appui de plus de 500.000 personnes hors de la prison. A leur d?charge, la plupart des prisons sont de v?ritables enfers o? les conditions horribles ont engendr? ce PCC , ce qui me fait demander si nous sommes pr?s de la constitution d?une mafia ou la r?p?tition de la bande des Dix-mille dirig?e par Vautrin dans les Illusions perdues de Balzac. Pourquoi ce peu d?attention des politiciens aux prisons ? Leurs priorit?s sont ailleurs et la corruption est pr?sente partout. Autre exemple : la Police f?d?rale vient de prendre des chefs d?entreprises qui soudoyaient des fonctionnaires de la douane pour importer des biens sans les d?clarer. Les imp?ts non pay?s, au total plus de 500.000 millions de reals, correspondraient ? la cr?ation de 20.000 emplois. L?ideal du moi et l?identit? : ? je suis un ara = je suis m?decin ? (Lacan.p.117) Je sais que le rapport oedipien est ? la base de la constitution de l?identit?, mais quelle sa projection culturelle ici devant ces exemples ? Que veut dire ? Je suis br?silien ? pour la plupart des jeunes embauch?s par le PCC qui voient cette corruption ? Leur avenir n?est-il pas dans le PCC plut?t que dans notre soci?t?, m?me au prix de leur mort (la plupart ne d?passe pas les 25 ans) ? Ne sont-ils ? que des rat?s de l?identification oeidipenne ? (Lacan p.118) ? L?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?id?al du moi (p.121) Est-ce le manque de f?tes civiques ? Le football et parfois le basket f?minin et le volley masculin et f?minin (champions du monde) r?unissent la majorit? des br?siliens, ils se sentent br?siliens en supportant leurs ?quipes, souvent en mainfestant leur agressivit? pour l?autre time.. N?est-ce pas suffisant ? Ce ne sont pas des esp?ces de saturations en l?absence de f?tes civiques ? Liliane, je ne sais si je contribue au d?bat soulev? par vos remarques judicieuses bien j?esp?re y collaborer. Philippe Philippe Willemart rua Pio VII, 86 05657 220 S?o Paulo(Brasil) http://planeta.terra. com.br/arte/ms_psicanalise Citando "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr>:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- A bient?t cher po?te en mots et en pinceaux . Liliane. ----- Original Message ----- From: "thanh-thang.ly" <thanh-thang.ly at wanadoo.fr> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail
pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 12:58 PM Subject: Re: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en
psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Mon Compaq Presario Windows 98 ? l'agonie et qui s'essouffle de sa fin de vie, une connexion de Wanadoo Int?grale de plus en plus lente et difficile, ces logiciels de moins en moins compatibles avec la technologie nouvelle (dont prochainement l'anti virus)... dureront ce qu'ils endureront... avec les mails priv?s (familiaux et amicaux)
D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours !
A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?:
[ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin
la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...]
A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-)
Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France
----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique".
A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage :
"Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182)
J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes.
Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l'ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm
Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber.
Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L'agressivit? en psychanalyse ?
1
Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan
A propos de l'ouvre freudienne, Lacan affirme ? qu'? l'oppos? du dogmatisme qu'on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ?
Et l'une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l'homme dans le registre de la biologie ?
Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l'agressivit? :
? Cette aporie est au cour de la notion de l'agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu'il convient de lui attribuer dans l'?conomie psychique. ?
Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l'importance de l'image dans la constitution du monde humain. C'est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l'Autre maternel, celui qui d?tient l'objet de sa jalousie et de sa convoitise.
Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d'un oil plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice.
C'est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents.
Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques
Je ne fais que les citer pour l'instant
Th?se I - L'agressivit? se manifeste dans l'exp?rience analytique, elle est l? pour ?a.
Th?se II - L'agressivit? se manifeste dans l'analyse d'une part comme intention d'agression, d'autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d' ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion.
Th?se III - En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller.
Th?se IV - ? L'agressivit? est la tendance corr?lative d'un mode d'identification que nous appelons narcissique ?.
Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l'objet. C'est la partie la plus importante de ce texte. J'en cite d?j? ce passage :
A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l'?veil de son d?sir pour l'objet du d?sir de l'autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c'est d'elle que na?t la triade de l'autrui, du moi et de l'objet. ?
Ce que Lacan d?montrera c'est que par la fonction du p?re, la fonction de l'Odipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e.
Th?se V - C'est ce qui nous int?ressera la plus, l'agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l'exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ?
Ce sont ces deux derni?res parties qui m'int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
? La lutte des sexes ? Ce n'est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ?
Mises en pi?ces agressives
2
Th?se II - ? l'agressivit?, dans l'exp?rience, nous est donn?e comme intention d'agression et comme image de dislocation corporelle, et c'est sous de tels modes qu'elle se d?montre efficiente ?.
Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus - dans les rat?s de son action - dans l'aveu de ses fantasmes privil?gi?s - dans les r?bus de sa vie onirique. ?
Puisque nous travaillons en ce moment l'Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l'anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l'id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats.
Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l'action formatrice d'un individu sur les personnes de sa d?pendance ?.
? L'agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n'avait pas ?t? sans effets ?
A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu'en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ?
Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n'ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l'inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ?
Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d'Imago ?. A mon avis, c'est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom
d'imago du corps morcel? ou encore, comme il l'?crit dans l'en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l'effet du d?sir de destruction du sujet.
? Il n'est besoin que d'?couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu'arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l'exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?.
Il n'est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d'analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et sours.
Ce qui m'avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c'est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate.
Action ? salvatrice ? de l'identification au p?re
3
Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l'agressivit? est corr?lative d'un mode d'identification que nous appelons narcissique. ?
Lacan distingue l'intention agressive et la tendance ? l'agression. Si j'ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu'on peut qualifier comme ?tats d'?me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d'?tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?.
Pour d?crire en quoi cette tendance ? l'agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d'un enfant contemplant d'un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice.
Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d'une part l'empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et sours r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d'autre part, l'enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l'enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l'agression.
Lacan ?crit ? la notion d'une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d'accidents et d'atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l'?cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ?
?
Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d'embl?e ? la question de la fonction de l'Odipe et donc ? la fonction du p?re, dans l'Odipe.
Voici en effet ce qu'il en avance dans les quelques lignes qui suivent :
? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d'Odipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet . une identification secondaire par introjection de l'imago du parent de m?me sexe. Mais il est clair que l'identification ? l'objet rival ne va pas de soi. ?
Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l'autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c'est justement l? que se marque la fonction du p?re :
? Freud en effet nous montre que le besoin d'une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l'identification au Totem paternel. Ainsi l'identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l'agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu'elle constitue dans l'instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l'ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain.
Il me semble que cette fonction de l'Odipe et l'identification au p?re qu'implique sa travers?e peut d'embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l'aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu'hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet.
Je vais arriver au point 4, celui qui est l'objet de cette lecture : le r?le de l'agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l'eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation.
L'exaltation et la valorisation de l'agressivit? dans le champ social
au nom de la lutte pour la vie
4
Dans sa remarque au sujet de l'agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l'agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l'Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l'enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu'? l'identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l'agressivit? telle qu'elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social.
Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste :
Il l'annonce ainsi : nous ne voulons ici qu'ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l'ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l'agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu'elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d'un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d'un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les mours qu'il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d'une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ?
(Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d'autrui ? S'agirait-il dans ce cas d'une sorte de processus de d?n?gation portant sur l'importance que l'on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d'autrui ?
Cela me fait penser ? une formule que l'on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c'?tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l'importance de son moi compar? ? celui de l'autre.
Enfin l'important c'est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel.
Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c'est l? que j'ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu'il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu'il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122.
1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne
A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l'euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu'elle inaugurait ? l'?chelle de la plan?te, ? ce qu'il les justifie par l'image d'un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ?
Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit.
2 - Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l'esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants - c'est tout au moins la fa?on dont j'essaie de l'interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l'agressivit? dans l'ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C'est du conflit du ma?tre et de l'esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu'au citoyen futur de
l'Etat universel ?
(Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu'il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique.
Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l'esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l'?mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l'armature qu'a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l'esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?.
C'est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s.
3 - Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation :
Lacan prend pour l'?voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l'?me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu'elles doivent subir les m?mes lois, et qu'? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?)
a- ? absence de saturations du surmoi et de l'id?al du moi ?
Il indique que l'une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l'absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l'Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l'intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ?
Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ?
L? il me semble qu'il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s'identifie ? lui.
C'est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l'interdit non seulement de l'inceste mais du meurtre.
b- la lutte des sexes
Une autre raison qu'il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c'est ? cette lutte des sexes qu'est li?e, par des voies d'abord qui auraient besoin d'?tre pr?cis?es, ce que Lacan n'h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu'il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose.
Je formule ma question telle qu'elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d'un phallus pris et maintenu au niveau de l'imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu'une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s
? son propre d?sir, m?me s'il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l'Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ?
Mais ce qui est difficile ? saisir, c'est que c'est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu'elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu'elle se trouve manquante et donc d?sirante.
Questions ? foison
1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ?
2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique :
Toute son argumentation est centr?e sur ce qu'en 1950 donc, il appelle ? l'oedipisme ?.
? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l'individu en tant q'uil est normal s'en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu'il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [.]
C'est en quoi le symbolisme, d'ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu'il s'agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l'oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l'ensemble des sciences de l'homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l'oedipisme. nous laissent ? penser qu'ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
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??? ??????? ??????? ??????? ??????? ?? Guy Flecher http://www.lacanchine.com Le 23 ao?t 06 ? 12:58, thanh-thang.ly a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Mon Compaq Presario Windows 98 ? l'agonie et qui s'essouffle de sa fin de vie, une connexion de Wanadoo Int?grale de plus en plus lente et difficile, ces logiciels de moins en moins compatibles avec la technologie nouvelle (dont prochainement l'anti virus)... dureront ce qu'ils endureront... avec les mails priv?s (familiaux et amicaux)
D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours !
A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?:
[ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin
la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...]
A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-)
Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France
----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique".
A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage :
"Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182)
J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes.
Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/ chantier.htm
Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber.
Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ?
1
Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan
A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ?
Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ?
Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l?agressivit? :
? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ?
Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise.
Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice.
C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents.
Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques
Je ne fais que les citer pour l?instant
Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a.
Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion.
Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller.
Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?.
Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage :
A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ?
Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e.
Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ?
Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ?
Mises en pi?ces agressives
2
Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?.
Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ?
Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats.
Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?.
? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ?
A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ?
Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ?
Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet.
? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l?exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?.
Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs.
Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate.
Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re
3
Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ?
Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?.
Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice.
Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression.
Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ?
Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe.
Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent :
? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ?
Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re :
? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l?agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain.
Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu?implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu?hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet.
Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation.
L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social
au nom de la lutte pour la vie
4
Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l?identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social.
Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste :
Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ?
(Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ?
Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre.
Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel.
Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122.
1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne
A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ?
Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit.
2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l?Etat universel ?
(Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique.
Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?.
C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s.
3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation :
Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est- ce ? dire qu?elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?)
a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ?
Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ?
Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ?
L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre.
b- la lutte des sexes
Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose.
Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l?Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ?
Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante.
Questions ? foison
1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ?
2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique :
Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l?oedipisme ?.
? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?]
C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l?homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
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Je n'ai pas, pour ma part, d'ordinateur que je pourrais vous donner, mais je sais d?j? le regret de ne plus vous lire. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "thanh-thang.ly" <thanh-thang.ly at wanadoo.fr> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 12:58 PM Subject: Re: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivitX en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Mon Compaq Presario Windows 98 ? l'agonie et qui s'essouffle de sa fin de vie, une connexion de Wanadoo Int?grale de plus en plus lente et difficile, ces logiciels de moins en moins compatibles avec la technologie nouvelle (dont prochainement l'anti virus)... dureront ce qu'ils endureront... avec les mails priv?s (familiaux et amicaux) D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours ! A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?: [ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...] A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-) Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France ----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l ?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ? 1 Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ? Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ? Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l? agressivit? : ? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ? Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l? Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise. Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice. C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents. Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques Je ne fais que les citer pour l?instant Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a. Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion. Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller. Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d? identification que nous appelons narcissique ?. Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J? en cite d?j? ce passage : A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ? Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e. Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ? Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. ? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Mises en pi?ces agressives 2 Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?. Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ? Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l? id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats. Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?. ? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ? A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ? Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ? Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet. ? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l? exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?. Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs. Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate. Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re 3 Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l? agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ? Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j? ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?. Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice. Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression. Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ? Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe. Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent : ? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ? Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re : ? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l? agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain. Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu? implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu? hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet. Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation. L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social au nom de la lutte pour la vie 4 Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l? agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l? identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social. Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste : Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ? (Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ? Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre. Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel. Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c? est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122. 1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ? Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit. 2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l? agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l?Etat universel ? (Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique. Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?. C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s. 3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation : Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu? elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?) a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ? Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ? Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ? L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre. b- la lutte des sexes Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose. Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d? un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l? Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ? Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante. Questions ? foison 1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ? 2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique : Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l ?oedipisme ?. ? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?] C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l? homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ? _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
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D?sinscription triste ce dimanche prochain avec l'aide d'un ami averti et bonne continuation ? tous... dans l'attente d'un ordinateur plus moderne pour ? ces beaux jours !
A quelques unes et uns devenus tous dans une amiti? accord?e ou venue ? mon Bout du Village, les mots et la voix de l'ami L?o Ferr?:
[ ...] les mots d'amour c'est comm' les fleurs ?a ne se cueille qu'une fois je t'aime un peu de tout mon coeur et je m'effeuille entre tes doigts dans mon jardin j'ai tout coup? il ne reste rien pour demain qu'un peu de ma joie en all?e dans la bruy?re de satin
la fleur de l'?ge c'est l'avenir qui meurt ? l'aube quand tu oublies que je t'oublie [...]
A mon amie et a?n?e Liliane Fainsilber qui m'a inscrit en Lut?cium en 2000, pour son travail actuel sur l'agressivit? en psychanalyse, "Laissez moi la place de crever..." in l'Esp?ce Humaine de Robert ANTELME: (page 279 -chapitre La Fin ?dition Gallimard 1996-)
Ly thanh thang Peintures ? l'huile en nature et sur motif Le Bout du Village par la route de Samouillan Lussan Adeilhac 31430 France
----- Message d'origine ----- De : Liliane.Fainsilber ? : Lut?cium Envoy? : mercredi 23 ao?t 2006 11:00 Objet : [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique".
A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage :
"Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182)
J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes.
Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm
Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber.
Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ?
1
Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan
A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ?
Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ?
Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l?agressivit? :
? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ?
Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise.
Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice.
C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents.
Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques
Je ne fais que les citer pour l?instant
Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a.
Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion.
Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller.
Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?.
Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage :
A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ?
Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e.
Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ?
Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ?
Mises en pi?ces agressives
2
Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?.
Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ?
Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats.
Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?.
? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ?
A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ?
Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ?
Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet.
? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l?exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?.
Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs.
Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate.
Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re
3
Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?
Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?.
Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice.
Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression.
Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ?
Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe.
Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent :
? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi ?
Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re :
? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l?agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain.
Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu?implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu?hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet.
Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation.
L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social
au nom de la lutte pour la vie
4
Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l?identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social.
Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste :
Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ?
(Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ?
Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre.
Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel.
Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122.
1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne
A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ?
Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit.
2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l?Etat universel ?
(Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique.
Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?.
C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s.
3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation :
Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu?elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?)
a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ?
Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ?
Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ?
L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre.
b- la lutte des sexes
Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose.
Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l?Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ?
Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante.
Questions ? foison
1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ?
2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique :
Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l?oedipisme ?.
? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [ ]
C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l?homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
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Il suffit donc d'avoir d?pass? son Oedipe pour ?tre du bon c?t?. Et bien, nous voil? bien rassur?s ! A un r?el pr?s. Dont se vouloir, se penser, dans le bon camp, est le sympt?me. Pour se revivifier un peu, je remets ici quelques extraits d'une allocution de Jacques-Alain Miller, introductive ? l'un de ses s?minaires, intitul? "L'Autre qui n'existe pas et ses comit?s d'?thique". Il y est largement question de civilisation, du nom du p?re, et surtout, du r?el. Pour l'heure, je n'ai pas d'autre courage que ce copi?-coll?. "(...) C'est aux fins de mettre en ?vidence, d'exhiber, j'irai m?me jusqu'? dire de mettre en sc?ne, ce dont il s'agit, c'est-?-dire pr?cis?ment que l'Autre n'existe pas, de mettre en ?vidence que nous renon?ons cette ann?e au monologue enseignant, qui, quoi qu'on en ait, fait croire ? l'Autre, ? l'Autre singulier, majuscule, unique, ? l'Autre de r?f?rence. Nous pr?f?rons, ?tant donn? ce dont il s'agit, vous pr?senter l'Autre de l'enseignement sous une forme double, d?doubl?e. Ce tandem est ainsi l'amorce d'un pluriel. Si d?j? on franchit la prison de l'un, de l'un Autre, pour passer au deux, alors tous les espoirs sont permis, et peut-?tre tous les d?sespoirs le sont aussi. nous nous pr?sentons ici ? deux, c'est pour affaiblir l'Autre, conform?ment ? notre th?se de d?part. C'est pour l'?branler, le miner, le ruiner, le r?v?ler dans sa ruine. Et c'est aussi du m?me coup constituer le comit?, pour esquisser le comit?, pour jouer au comit?, pour manifester ainsi que l'inexistence de l'Autre ouvre pr?cis?ment l'?poque des comit?s, celle o? il y a d?bat, controverse, polylogue, conflit, ?bauche de consensus, dissension, communaut?, avouable ou inavouable, partialit?, scepticisme, et cela, sur le vrai, sur le bon, sur le beau, sur ce que parler veut dire, sur les mots et les choses, sur le r?el. Et ce, sans la s?curit? de l'Id?e majuscule, sans celle de la tradition, ni m?me sans la s?curit? du sens commun. Est-ce cela qui a ?t? proclam? par le dit fameux ?Dieu est mort? ? Certainement pas. Car la mort de Dieu, comme celle du p?re, mise en sc?ne par Freud dans son Totem et tabou, ne met fin au pouvoir d'aucun, ni de Dieu ni du p?re, mais au contraire l'?ternise et sert de voile ? la castration. La mort de Dieu est contemporaine de ce qui s'est ?tabli dans la psychanalyse comme r?gne du Nom-du-P?re. Et au moins peut-on d?finir ici le Nom-du-P?re, en premi?re approximation, comme le signifiant que l'Autre existe. Le r?gne du Nom-du-P?re correspond dans la psychanalyse ? l'?poque de Freud. Si Lacan l'a d?gag?, mis au jour, formalis?, ce n'est pas pour y adh?rer, ce n'est pas pour le continuer, le Nom-du-P?re, c'est pour y mettre fin. C'est l'?quivoque c?l?bre entre les Noms-du-P?re, les non-dupes errent, ? quoi Lacan a ?t? logiquement amen?, ? partir de son S?minaire Encore - que j'ai comment? en partie l'ann?e derni?re ? mon cours -, et cette ?quivoque consacre celle de l'inexistence de l'Autre. L'inexistence de l'Autre ouvre v?ritablement ce que nous appellerons l'?poque lacanienne de la psychanalyse. Et cette ?poque, c'est la n?tre. Pour le dire autrement, c'est la psychanalyse de l'?poque de l'errance, la psychanalyse de l'?poque des non-dupes. De quoi sont-ils non dupes, ces Noms-du? Certes, ils ne sont plus, plus ou moins, plus dupes du Nom-du-P?re. Au-del?, ils ne sont plus, plus ou moins, plus dupes de l'existence de l'Autre. Ils savent, explicitement, implicitement, en le m?connaissant, inconsciemment, mais ils savent que l'Autre n'est qu'un semblant. De l?, l'?poque, la n?tre, l'actuelle, voit s'inscrire, ? son horizon - plut?t l'horizon que le mur - la sentence que tout n'est que semblant. L'?poque, en effet, est prise dans le mouvement, toujours s'acc?l?rant d'une d?mat?rialisation vertigineuse qui va jusqu'? nimber d'angoisse la question du r?el. Cette ?poque est celle o? l'?tre, ou plut?t le sens du r?el, est devenu une question. Nous aurons sans doute ? examiner cette ann?e des travaux contemporains, actuels, de philosophie, o? s'?talent aussi bien la mise en question que la d?fense du r?el, et qui t?moignent, comme nous pouvons les lire, sous des modalit?s na?ves ou sophistiqu?es, de la douleur des non-dupes quant au statut et quant ? l'existence du r?el. S'il y a crise aujourd'hui - il n'est pas s?r que le mot soit appropri? - ce n est pas comme ? l'?poque de Descartes, une crise du savoir. D'o? Descartes a pu forer l'issue de cette crise du savoir par la promotion du savoir scientifique. Une crise, la crise de l'?poque cart?sienne, est une crise dont le ressort sans doute principal a ?t? l'?quivoque introduite dans la lecture du signifiant biblique, ?quivoque due ? l'irruption de la R?forme. Donc, on a assist? ? une crise de l'interpr?tation, du message divin, qui a mis l'Europe ? feu et ? sang. Cette crise elle-m?me succ?dant au retour aux textes de la sagesse antique gr?co-romaine ? la Renaissance. Cette crise du savoir - il faudrait la d?crire avec bien plus de d?tails et de minutie que je ne le fais - de l'interpr?tation, ne touchait pas au r?el. Elle ne touchait pas ? l'instance de Dieu comme ?tant le r?el, de Dieu, qu'il existe. C'est le titre que Descartes donne ? sa Troisi?me M?ditation, ? laquelle je me suis r?f?r? pour avancer le titre L' Autre n 'existe pas. C'est l? la mutation scientifique que Dieu n'est plus ? ?tre seulement l'objet de l'acte de foi, mais bien celui d'une d?monstration, adossant la solitude assi?g?e, pr?caire, du cogito ? un r?el qui ne trompe pas. Ce r?el, ? cette ?poque, ?tait en mesure de mettre le sujet ? l'abri des semblants, des simulacres, disons des hallucinations. En revanche, aujourd'hui, s'il y a crise, c'est une crise du r?el. Est-ce une crise ? ? ce mot, on peut pr?f?rer le mot de Freud malaise. On pourrait dire - Il y a du malaise quant au r?el. Mais le mot de malaise est peut-?tre en passe d'?tre d?pass?. En effet, l'immersion du sujet contemporain dans les semblants fait d?sormais, pour tous, du r?el une question. Une question dont ce n'est pas trop de dire qu'elle se dessine sur fond d'angoisse. Il y a l?, sans doute, comme une inversion paradoxale. C'est le discours de la science qui a, depuis l'?ge classique, fix? le sens du r?el, pour notre civilisation. Et c'est - rappelons-le - ? partir de l'assurance prise de cette fixion scientifique du r?el, que Freud a pu d?couvrir l'inconscient, et inventer le dispositif s?culaire, dont nous faisons encore usage ?a marche encore - la pratique que nous nous vouons ? perp?tuer sous le nom de psychanalyse. Cette pratique a ?t? rendue possible par la fixion scientifique du r?el, qui, au temps de Freud, il faut le dire, tenait encore, et m?me faisait l'objet d'une valorisation sp?ciale sous les esp?ces de l'id?ologie scientiste - ? quoi Freud a particip? largement. Or - l?, je m'avance le monde des semblants, issu de nul autre discours que du discours de la science, a d?sormais pris le tour - ce n'est pas aujourd'hui, mais c'est en cours - de d?truire la fixion du r?el, au point que la question Qu'est-ce que le r?el? n'a plus que des r?ponses contradictoires, inconsistantes, en tous les cas, incertaines. Eh bien, ce lieu entre semblant et r?el, ce lieu de tension, ce lieu d'?motion, ce lieu de r?flexion aussi, c'est d?sormais l? qu'il nous appartient de d?placer la psychanalyse pour la mettre ? sa juste place. Eric Laurent a, dans le pass?, soulign? la port?e de la phrase, ou du Witz de Lacan - On peut se passer du Nom-du-P?re ? condition de s'en servir. Comment l'entendrons-nous aujourd'hui? Peut-?tre ainsi - On peut se passer du Nom-du-P?re en tant que r?el ? condition de s'en servir comme semblant. On peut dire que la psychanalyse m?me, c'est ?a - pour autant que c'est ? titre ou en place de semblant que le psychanalyste entre dans l'op?ration qui s'accomplit sous sa direction, et qu'il s'offre comme la cause du d?sir de l'analysant, pour lui permettre de produire les signifiants qui ont pr?sid? ? ses identifications. C'est en tout cas un commentaire du sch?ma donn? par Lacan comme ?tant celui du discours analytique. Mais aussi bien, l'usage des semblants est vain, inop?rant, voire fonci?rement nocif, si impasse est faite sur le r?el dont il s'agit. Il y a du r?el dans l'exp?rience analytique. L'inexistence de l'Autre n'est pas antinomique au r?el. Au contraire, elle lui est corr?lative. Mais ce r?el - celui dont j 'ai dit Il y a du r?el dans l'exp?rience analytique - n'est pas le r?el du discours de la science, n'est pas ce r?el gangren? par les semblants m?mes qui en sont issus, et qu'on est r?duit, pour le situer, ? aborder, comme on le fait depuis toujours, par les nombres. C'est au contraire le r?el propre ? l'inconscient, du moins celui dont, selon l'expression de Lacan, l'inconscient t?moigne. ? mesure que l'empire des semblants s'?tend, il importe d'autant plus de maintenir dans la psychanalyse l'orientation vers le r?el. C'est tout le sens, la port?e, de l'ultime tentative de Lacan, consistant ? pr?senter le r?el propre ? la psychanalyse, en le rendant pr?sent, visible, touchable, manipulable, sous les esp?ces des nouds borrom?ens et autres. Que cette tentative ait ?t? concluante ou non, elle t?moigne que l'orientation lacanienne c'est l'orientation vers le r?el. Car le noud, susceptible de se manifester sous les formes visibles les plus diff?rentes, cet objet par excellence flexible, pluriel, bien l?, et aussi qui se d?robe, ?chappant - comme dit Mallarm? -, cet objet ondoyant, divers, aux apparences, aux facettes innombrables -, cet objet n'est pas un semblant. Il est, aussi bien que le nombre, de l'ordre du r?el. Et c'est pourquoi Lacan aurait voulu en faire le t?moignage, la manifestation, du r?el propre ? la psychanalyse. Le r?el propre ? la psychanalyse, c'est quelque chose comme ?a. Pouvoir dire - Le r?el dans la psychanalyse, c'est ?a. Et ce n'est pas un semblant. M?me si ?a bouge, m?me si ?a a des aspects multiples et insaisissables. J'ai dit que ce noud ?tait, aussi bien que le nombre, de l'ordre du r?el. Et il a, par rapport au nombre, le privil?ge de n'?tre pas chiffr? et de n'avoir pas de sens. La le?on ? en tirer, c'est qu'il importe, dans la psychanalyse, de maintenir, si je puis dire, cap sur le r?el. Cela n'importe pas que dans la psychanalyse. Cela importe aussi bien au malaise dans la civilisation. La civilisation, que nous laissons au singulier, bien qu'il y ait les civilisations, et qu'on annonce d?j?, pour le si?cle prochain, que l'histoire sera faite du choc, de la rivalit?, de la guerre des civilisations. C'est la th?se toute r?cente, et fort discut?e, d'un professeur am?ricain, qui pourrait nous retenir un moment cette ann?e. Mais il y a bien s?r aussi la civilisation au singulier, l'h?g?mon - d'h?g?monie - scientifique et capitaliste, dont l'emprise, que l'on pourrait dire totalitaire, est aujourd'hui devenue patente, et que l'on d?signe ici, dans notre contr?e, comme la globalisation. Cette globalisation entra?ne, traverse, fissure, et peut-?tre m?me d?j? fusionne les civilisations. Dans ce malaise, ou ce vertige global, la psychanalyse a sa place. Elle en subit les effets quotidiens dans sa pratique. Mais aussi, elle a sa partie ? tenir qui n'int?resse pas que sa discipline, qui importe ? ceux et ? celles qui habitent avec nous le malaise) Lacan pouvait ?crire, il y a une ?ternit?, en 1953, dans son rapport de Rome - La psychanalyse a jou? un r?le dans la direction de la subjectivit? moderne, et elle ne saurait Le soutenir sans l'ordonner au mouvement qui, dans la science, l'?lucide. Le contexte d'aujourd'hui est tout diff?rent. Mais la question reste de savoir quel r?le peut en effet soutenir la psychanalyse dans ce que Lacan appelait la direction de la subjectivit? moderne. Pour notre comit?, c'est de cela qu'il sera question cette ann?e, de la direction de la subjectivit? moderne, voire post-moderne - on ne va pas pouvoir ?viter le mot -, disons de la subjectivit? contemporaine, du r?le que la psychanalyse peut y soutenir, des ?impasses croissantes de la civilisation?, dont Lacan voyait dans le malaise freudien le pressentiment, et dont il annon?ait que la psychanalyse pourrait y faire d?faut, rendre ses armes. J'en ai dit assez, pr?c?demment, pour indiquer la voie o? nous entendons engager notre effort. La subjectivit? contemporaine - je ne sais pas si nous garderons cette expression, qui est commode pour lancer le mouvement - est entra?n?e, captiv?e, roul?e - c est le cas de le dire - dans un mouvement peu r?sistible, qui la submerge industriellement de semblants, dont la production toujours acc?l?r?e constitue d?sormais un monde qui ne laisse plus ? l'id?e de nature qu'une fonction de nostalgie, qu'un avenir de conservatoire, d'esp?ce prot?g?e, de zoo, de mus?e. Et le symbolique? Eh bien, le symbolique contemporain, l? o? il est vif, l? o? il est productif , l? o? il est intense, l? o? il concerne le sujet et ses affects, est comme asservi ? l'imaginaire, ou comme en continuit? avec lui. Loin que ce symbolique soit en mesure de percer, de traverser l'imaginaire [...] Le symbolique contemporain n'accomplit plus d?sormais cette travers?e dialectique, ? quoi jadis Lacan ordonnait l'exp?rience analytique. Et on pourrait croire, au contraire, que le symbolique se voue ? l'image, quand on voit comme, dans nos ordinateurs, il se dissimule comme hardware derri?re l' ?cran o? il miroite comme semblant. Dans ce paysage d'apocalypse - apocalypse confortable, pour un certain nombre en tout cas -, le r?le que la psychanalyse a ? soutenir ne souffre pas d'ambigu?t?. C'est le rappel du r?el qu'il lui revient d'accomplir. C' est ce que Lacan a indiqu?, pour finir. Que la v?rit? ait structure de fiction n'est que trop vrai, mais c'est au point que d?sormais la structure de fiction a submerg? la v?rit?, qu'elle l' inclut, qu'elle l'avale. La v?rit? y prosp?re, sans doute, elle s'y multiplie, elle s'y pluralise, mais elle y est comme morte. C'est l? que s'impose, devant cette d?su?tude fictionnelle de la v?rit?, le recours au r?el comme ? ce qui n'a pas structure de fiction. Le privil?ge de la psychanalyse - encore faudrait-il qu'elle le conn?t, qu'elle l'ait appris de Lacan -, c'est le rapport univoque qu'elle soutient au r?el. Ce n'est que des autres discours, ?non?ait Lacan en 1967, ceux qui ne sont pas le discours analytique, que le r?el vient ? flotter. L'usage contemporain du terme de d?pression, terme ?videmment fourre-tout, fait ici sympt?me du rapport au r?el quand il s'av?re dans la clinique comme l'impossible ? supporter. A le leurrer de semblants, on ne peut en effet que le faire flotter. La clinique psychanalytique est le site propre du r?el dont il s'agit. C'est l?, dans la pratique que s'?tablit le rapport. Et c'est l? que, depuis des ann?es, nous nous attachons, ? la Section clinique, au D?partement de Psychanalyse, dans les diverses sections cliniques qui existent en France et ailleurs, ? mettre le r?el en ?vidence dans son relief, dans son orographie. Cette ann?e, il s'agira seulement pour nous de mettre ce r?el explicitement en relation avec la civilisation qui n'est plus sans doute ? l'?ge du malaise, pour ?tre entr?e d?cid?ment dans l'?poque de l'impasse. L'impasse est en particulier parente au niveau de l'?thique. La solution victorienne, qui pr?valait encore au temps de Freud, celle d'une ?thique capitaliste des vertus, a ?t? emport?e, et si elle revient aujourd'hui, c'est toujours sous des formes d?risoires et inconsistantes. La nouvelle ?thique se cherche, mais ne se trouve pas. Elle se cherche par la voie qu'Eric Laurent a soulign?e des comit?s . C'est une pratique de bavardage, comme telle assourdissante, mais qui, ? la diff?rence du bavardage analytique, n'a pas chance de d?livrer un rapport au r?el qui ne flotte pas. La faillite de l'humanitaire se d?clare tous les jours, comme pr?vu par Lacan. Comment l'humanitaire r?sisterait-il au calcul universel de la plus-value-de-jouir ? Nous n'allons pas faire du journal la pri?re du matin du psychanalyste, mais nous allons lire les journaux, cette ann?e. Comment op?rer tous les jours dans la pratique, sans inscrire le sympt?me dans le contexte actuel du lien social qui le d?termine dans sa forme ? - pour autant qu'il le d?termine dans sa forme. Nous avons l'intention, Eric Laurent et moi, d'affirmer cette ann?e la dimension sociale du sympt?me. Affirmer le social dans le sympt?me, n'est pas contradictoire avec la th?se de l'inexistence de l'Autre. Au contraire, l'inexistence de l'Autre implique et explique la promotion du lien social dans le vide qu'elle ouvre. En nous int?ressant ? ce que nous allons isoler comme des ph?nom?nes de civilisation, nous n'entendons pas nous divertir d'une clinique qui est celle du r?el, mais bien au contraire prendre la perspective qu'il faut, et qui comporte un recul, pour cerner ce r?el en son lieu. Prenons l'identification. J'ai ?voqu?, comme ?tant bien connue de la plupart, la production par l'analysant des signifiants de l'identification, comme ce qui est attendu de l'op?ration analytique - selon la lecture la plus simple du sch?ma du discours analytique par Lacan. Or l'identification fait pr?cis?ment comme telle lien social. Elle est en elle-m?me lien social. Et c'est pourquoi Freud a pu glisser sans peine de l'analyse subjective ? la Massenpsychologie, et retour, pour construire sa th?orie de l'identification. Qui peut penser, par exemple, que l'identification au signifiant ?tre une femme reste intouch?e par la spectaculaire mutation qui, de la proclamation r?volutionnaire des droits de l'homme, a conduit ? l'?mancipation juridique et politique des femmes, jusqu'? la r?volte proprement ?thique du f?minisme, dont l'incidence se fait sentir ? tous les niveaux du nouvel american way of life - bien diff?rent de ce qu'il ?tait du temps du rapport de Rome -, depuis le contrat du travail, jusqu'au mode de relation sexuelle? Qu'est-ce qui reste invariable de l'homosexualit? et qu'est-ce qui en change, quand l'Autre social y fait d?sormais accueil d'une fa?on tout autre, et qu'une norme nouvelle est en cours d'?laboration, conf?rant une l?gitimit? in?dite et de masse au lien homosexuel ? Et cela n'est pas confin? ? San Francisco. Je peux ajouter que j'ai vu l'an dernier des comit?s d'?thique, des comit?s spontan?s - ce qu'on appelait avant Eric Laurent des conversations de bistrot -, des comit?s spontan?s d'?thique se former en Italie, quand ? surprise, la couronne de Miss Italie f?t donn?e ? une Africaine. La superbe dont t?moignait le Comment peut-on ?tre persan ? s'?teint aujourd'hui pour laisser place ? Comment peut-on ?tre fran?ais? Comment peut-on ?tre encore fran?ais? Interrogation qui taraude un peuple, jusqu'? la d?pression collective, dit-on, dont les id?aux universalistes, ?tablis sur des certitudes identificatoires mill?naires, sont d?mentis par l'actuelle globalisation. Non seulement ce s?minaire ne pourra s'abstraire de ce contexte, mais il ne saurait le faire. C'est pourquoi nous trouverons sans doute nos r?f?rences ?lectives, cette ann?e, dans les ph?nom?nes de la civilisation am?ricaine. Pour le dire rapidement, les sympt?mes dans la civilisation sont d'abord ? d?chiffrer aux ?tats-Unis d'Am?rique. Et il n'est pas vain de le faire depuis la France, qui est ? beaucoup d'?gards l'Autre des ?tats-Unis. Universalisme, versus globalisation. Ce sera au moins notre chapitre US, ? lire United Symptoms. ? la fin du chapitre V du Malaise dans La civilisation, Freud pr?cise qu'il r?siste ? la tentation d'entamer une critique de l'?tat pr?sent de la civilisation en Am?rique. Eh bien, nous avons l'intention de ne pas r?sister ? cette critique. Elle porte d'ailleurs sur un point tr?s pr?cis. Freud en donne un tout petit aper?u. Alors qu'en Europe, on pratique plus volontiers l'identification verticale au leader, qui met en action la sublimation d'une fa?on puissante - et il a quelque m?rite ? le dire au moment o? il le dit, puisque ?a conduit ses contemporains dans un certain nombre de difficult?s dans la civilisation en m?me temps - les Etats-Unis, dit-il, la sacrifie au b?n?fice de ce qu'on peut appel1er l'identification horizontale des membres de La soci?t? entre eux. Non pas identification au plus-un, mais identification horizontale des membres de la soci?t? entre eux. Ce n'est sans doute pas excessif d'y voir le pressentiment de l'Autre qui n'existe pas, et de son remplacement par la circulation des comit?s d'?thique. J'ai ?voqu? l'identification, pour marquer la dimension sociale des concepts les plus fondamentaux de la psychanalyse. Pourquoi ne pas parler de la pulsion ? Quand il faut ? Freud inventer ? la pulsion un partenaire, quelle est l'instance qui, pour lui, est partenaire de la pulsion ? C'est celle qu'il a d?nomm?e du surmoi. Et il peut la r?f?rer au seul Ich, au seul moi, au seul Je. Elle d?borde le sujet, cette instance. l'instance qui lui sert ? penser la pulsion ne peut ?tre par Freud m?me situ?e qu'au niveau de ce qu'il appelle la civilisation. C'est ? ce niveau-l?, au moins dans cet ouvrage, qu'il pense les avatars de la pulsion, les renoncements comme les sublimations. C'est Freud qui, lorsqu'il s'agit de parler de la pulsion, implique la civilisation. Allons jusque-l? - Qu'est-ce qu'une civilisation? Disons que c'est un syst?me de distribution de la jouissance ? partir de semblants. Dans la perspective analytique, c'est-?-dire dans celle du surmoi - et nous ne pouvons pas faire mieux que le concept de surmoi - une civilisation est un mode de jouissance, et m?me un mode commun de jouissance, une r?partition syst?matis?e des moyens et des mani?res de jouir. Il faudra bien en dire davantage sur qu'est-ce qu'une civilisation ?, quitte ? revenir m?me ? l'historique du mot, ? l'opposer ? la culture, etc., mais cela fera office pour l'instant. Comment la clinique psychanalytique pourrait ?tre indiff?rente au r?gime de civilisation o? nous, ici, entrons maintenant sur la voie o? les United Symptoms nous ont pr?c?d?s ? Comment la clinique serait-elle indiff?rente ? cette voie, si cette voie est bien celle que l'on pourrait appeler du terme freudien d' Hiflosigkeit - l'Hiflosigkeit capitaliste, la d?tresse organis?e, envers les fondements de l'imp?ratif de rentabilit? ? C'est donc ? un peu de nostalgie, tout de m?me illusoire. La civilisation antique comportait que l'on soign?t l'esclave - j'abr?ge - la n?tre qu'on angoisse m?thodiquement le salari?. Il faut ici pr?venir une inqui?tude qui peut na?tre de ce que nous voulions introduire dans la clinique un relativisme social. ? cette inqui?tude, j'opposerai le rappel fait par Lacan, d?s ses Complexes familiaux, en 1938, que l'odipe ne se fonde pas hors de la relativit? sociologique et que la fonction du p?re est li?e ? la pr?valence d'une d?termination sociale, celle de la famille paternaliste. ? l'?poque, il faisait une r?f?rence expresse ? l'enqu?te ethnologique de Malinovski en M?lan?sie, o?, comme on sait, c est l'oncle maternel qui repr?sente l'autorit? familiale. Donc, au lieu que le p?re cumule sur sa personne ? la fois les fonctions r?pressives et la sublimation, cela se trouve r?parti en deux - l'oncle maternel assurant l'autorit? et la r?pression, et le p?re, gentiment, les activit?s sublimatoires. Selon Malinovski, il s'ensuivait, de ce dispositif social distinct, un ?quilibre diff?rent du psychisme, disait Lacan, attest? par l'absence de n?vrose. D'o? la notion que le complexe d'odipe est relatif ? une structure sociale, et que, loin d'?tre le paradis, la s?paration de r?pression et sublimation avait comme cons?quence une st?r?otypie des cr?ations subjectives dans cette soci?t?. Que Lacan ait ?labor? le mythe freudien ensuite, jusqu'? le formaliser sur le mod?le linguistique de la m?taphore ne veut pas dire qu'il ait jamais n?glig? sa relativit?. Il en a m?me annonc? le d?clin, en 1938 - Les formes de n?vrose dominantes ? La fin du si?cle dernier semblent - j'abr?ge -, depuis le temps de Freud, avoir ?volu? dans le sens d'un complexe caract?riel, o? l'on peut reconna?tre la grande n?vrose contemporaine. Il en d?signait ? l'?poque la d?termination principale dans la carence du p?re dont la personnalit? est absente, humili?e, divis?e ou postiche. Le Nom-du-P?re a pu passer pour une restauration du p?re par Lacan, alors que c'?tait tout autre chose. C'?tait un concept du retour ? Freud, qui n'?tait fait, par sa formalisation m?me, que pour en d?montrer le semblant et ouvrir ? sa pluralisation. Pouvons-nous parler aujourd'hui d'une grande n?vrose contemporaine? Si on pouvait le faire, on pourrait dire que sa d?termination principale, c'est l'inexistence de l'Autre - en tant qu'elle rive le sujet ? la chasse au plus-de-jouir. Le surmoi freudien a produit des trucs comme l'interdit, le devoir, voire la culpabilit?. Autant de termes qui font exister l'Autre. Ce sont les semblants de l'Autre. Ils supposent l'Autre. Le surmoi lacanien, celui que Lacan a d?gag? dans Encore, produit, lui, un imp?ratif tout diff?rent - Jouis. Ce surmoi-l? est le surmoi de notre civilisation. Je termine, pour passer la parole ? l'autre. Bien s?r, le surmoi lacanien rend compte des donn?es rassembl?es par Freud. Il est la v?rit? du surmoi freudien. Mais le fait qu'il soit maintenant ?nonc? en clair a traduit le passage, est isochrone, au nouveau r?gime de la civilisation contemporaine. " -- Catherine http://catherine-grandjean.perso.cegetel.net ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:00 AM Subject: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l? ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. (...)
Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 3:09 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il suffit donc d'avoir d?pass? son Oedipe pour ?tre du bon c?t?. Et bien, nous voil? bien rassur?s ! A un r?el pr?s. Dont se vouloir, se penser, dans le bon camp, est le sympt?me. Pour se revivifier un peu, je remets ici quelques extraits d'une allocution de Jacques-Alain Miller, introductive ? l'un de ses s?minaires, intitul? "L'Autre qui n'existe pas et ses comit?s d'?thique". Il y est largement question de civilisation, du nom du p?re, et surtout, du r?el. Pour l'heure, je n'ai pas d'autre courage que ce copi?-coll?. "(...) C'est aux fins de mettre en ?vidence, d'exhiber, j'irai m?me jusqu'? dire de mettre en sc?ne, ce dont il s'agit, c'est-?-dire pr?cis?ment que l'Autre n'existe pas, de mettre en ?vidence que nous renon?ons cette ann?e au monologue enseignant, qui, quoi qu'on en ait, fait croire ? l'Autre, ? l'Autre singulier, majuscule, unique, ? l'Autre de r?f?rence. Nous pr?f?rons, ?tant donn? ce dont il s'agit, vous pr?senter l'Autre de l'enseignement sous une forme double, d?doubl?e. Ce tandem est ainsi l'amorce d'un pluriel. Si d?j? on franchit la prison de l'un, de l'un Autre, pour passer au deux, alors tous les espoirs sont permis, et peut-?tre tous les d?sespoirs le sont aussi. nous nous pr?sentons ici ? deux, c'est pour affaiblir l'Autre, conform?ment ? notre th?se de d?part. C'est pour l'?branler, le miner, le ruiner, le r?v?ler dans sa ruine. Et c'est aussi du m?me coup constituer le comit?, pour esquisser le comit?, pour jouer au comit?, pour manifester ainsi que l'inexistence de l'Autre ouvre pr?cis?ment l'?poque des comit?s, celle o? il y a d?bat, controverse, polylogue, conflit, ?bauche de consensus, dissension, communaut?, avouable ou inavouable, partialit?, scepticisme, et cela, sur le vrai, sur le bon, sur le beau, sur ce que parler veut dire, sur les mots et les choses, sur le r?el. Et ce, sans la s?curit? de l'Id?e majuscule, sans celle de la tradition, ni m?me sans la s?curit? du sens commun. Est-ce cela qui a ?t? proclam? par le dit fameux ?Dieu est mort? ? Certainement pas. Car la mort de Dieu, comme celle du p?re, mise en sc?ne par Freud dans son Totem et tabou, ne met fin au pouvoir d'aucun, ni de Dieu ni du p?re, mais au contraire l'?ternise et sert de voile ? la castration. La mort de Dieu est contemporaine de ce qui s'est ?tabli dans la psychanalyse comme r?gne du Nom-du-P?re. Et au moins peut-on d?finir ici le Nom-du-P?re, en premi?re approximation, comme le signifiant que l'Autre existe. Le r?gne du Nom-du-P?re correspond dans la psychanalyse ? l'?poque de Freud. Si Lacan l'a d?gag?, mis au jour, formalis?, ce n'est pas pour y adh?rer, ce n'est pas pour le continuer, le Nom-du-P?re, c'est pour y mettre fin. C'est l'?quivoque c?l?bre entre les Noms-du-P?re, les non-dupes errent, ? quoi Lacan a ?t? logiquement amen?, ? partir de son S?minaire Encore - que j'ai comment? en partie l'ann?e derni?re ? mon cours -, et cette ?quivoque consacre celle de l'inexistence de l'Autre. L'inexistence de l'Autre ouvre v?ritablement ce que nous appellerons l'?poque lacanienne de la psychanalyse. Et cette ?poque, c'est la n?tre. Pour le dire autrement, c'est la psychanalyse de l'?poque de l'errance, la psychanalyse de l'?poque des non-dupes. De quoi sont-ils non dupes, ces Noms-du? Certes, ils ne sont plus, plus ou moins, plus dupes du Nom-du-P?re. Au-del?, ils ne sont plus, plus ou moins, plus dupes de l'existence de l'Autre. Ils savent, explicitement, implicitement, en le m?connaissant, inconsciemment, mais ils savent que l'Autre n'est qu'un semblant. De l?, l'?poque, la n?tre, l'actuelle, voit s'inscrire, ? son horizon - plut?t l'horizon que le mur - la sentence que tout n'est que semblant. L'?poque, en effet, est prise dans le mouvement, toujours s'acc?l?rant d'une d?mat?rialisation vertigineuse qui va jusqu'? nimber d'angoisse la question du r?el. Cette ?poque est celle o? l'?tre, ou plut?t le sens du r?el, est devenu une question. Nous aurons sans doute ? examiner cette ann?e des travaux contemporains, actuels, de philosophie, o? s'?talent aussi bien la mise en question que la d?fense du r?el, et qui t?moignent, comme nous pouvons les lire, sous des modalit?s na?ves ou sophistiqu?es, de la douleur des non-dupes quant au statut et quant ? l'existence du r?el. S'il y a crise aujourd'hui - il n'est pas s?r que le mot soit appropri? - ce n est pas comme ? l'?poque de Descartes, une crise du savoir. D'o? Descartes a pu forer l'issue de cette crise du savoir par la promotion du savoir scientifique. Une crise, la crise de l'?poque cart?sienne, est une crise dont le ressort sans doute principal a ?t? l'?quivoque introduite dans la lecture du signifiant biblique, ?quivoque due ? l'irruption de la R?forme. Donc, on a assist? ? une crise de l'interpr?tation, du message divin, qui a mis l'Europe ? feu et ? sang. Cette crise elle-m?me succ?dant au retour aux textes de la sagesse antique gr?co-romaine ? la Renaissance. Cette crise du savoir - il faudrait la d?crire avec bien plus de d?tails et de minutie que je ne le fais - de l'interpr?tation, ne touchait pas au r?el. Elle ne touchait pas ? l'instance de Dieu comme ?tant le r?el, de Dieu, qu'il existe. C'est le titre que Descartes donne ? sa Troisi?me M?ditation, ? laquelle je me suis r?f?r? pour avancer le titre L' Autre n 'existe pas. C'est l? la mutation scientifique que Dieu n'est plus ? ?tre seulement l'objet de l'acte de foi, mais bien celui d'une d?monstration, adossant la solitude assi?g?e, pr?caire, du cogito ? un r?el qui ne trompe pas. Ce r?el, ? cette ?poque, ?tait en mesure de mettre le sujet ? l'abri des semblants, des simulacres, disons des hallucinations. En revanche, aujourd'hui, s'il y a crise, c'est une crise du r?el. Est-ce une crise ? ? ce mot, on peut pr?f?rer le mot de Freud malaise. On pourrait dire - Il y a du malaise quant au r?el. Mais le mot de malaise est peut-?tre en passe d'?tre d?pass?. En effet, l'immersion du sujet contemporain dans les semblants fait d?sormais, pour tous, du r?el une question. Une question dont ce n'est pas trop de dire qu'elle se dessine sur fond d'angoisse. Il y a l?, sans doute, comme une inversion paradoxale. C'est le discours de la science qui a, depuis l'?ge classique, fix? le sens du r?el, pour notre civilisation. Et c'est - rappelons-le - ? partir de l'assurance prise de cette fixion scientifique du r?el, que Freud a pu d?couvrir l'inconscient, et inventer le dispositif s?culaire, dont nous faisons encore usage ?a marche encore - la pratique que nous nous vouons ? perp?tuer sous le nom de psychanalyse. Cette pratique a ?t? rendue possible par la fixion scientifique du r?el, qui, au temps de Freud, il faut le dire, tenait encore, et m?me faisait l'objet d'une valorisation sp?ciale sous les esp?ces de l'id?ologie scientiste - ? quoi Freud a particip? largement. Or - l?, je m'avance le monde des semblants, issu de nul autre discours que du discours de la science, a d?sormais pris le tour - ce n'est pas aujourd'hui, mais c'est en cours - de d?truire la fixion du r?el, au point que la question Qu'est-ce que le r?el? n'a plus que des r?ponses contradictoires, inconsistantes, en tous les cas, incertaines. Eh bien, ce lieu entre semblant et r?el, ce lieu de tension, ce lieu d'?motion, ce lieu de r?flexion aussi, c'est d?sormais l? qu'il nous appartient de d?placer la psychanalyse pour la mettre ? sa juste place. Eric Laurent a, dans le pass?, soulign? la port?e de la phrase, ou du Witz de Lacan - On peut se passer du Nom-du-P?re ? condition de s'en servir. Comment l'entendrons-nous aujourd'hui? Peut-?tre ainsi - On peut se passer du Nom-du-P?re en tant que r?el ? condition de s'en servir comme semblant. On peut dire que la psychanalyse m?me, c'est ?a - pour autant que c'est ? titre ou en place de semblant que le psychanalyste entre dans l'op?ration qui s'accomplit sous sa direction, et qu'il s'offre comme la cause du d?sir de l'analysant, pour lui permettre de produire les signifiants qui ont pr?sid? ? ses identifications. C'est en tout cas un commentaire du sch?ma donn? par Lacan comme ?tant celui du discours analytique. Mais aussi bien, l'usage des semblants est vain, inop?rant, voire fonci?rement nocif, si impasse est faite sur le r?el dont il s'agit. Il y a du r?el dans l'exp?rience analytique. L'inexistence de l'Autre n'est pas antinomique au r?el. Au contraire, elle lui est corr?lative. Mais ce r?el - celui dont j 'ai dit Il y a du r?el dans l'exp?rience analytique - n'est pas le r?el du discours de la science, n'est pas ce r?el gangren? par les semblants m?mes qui en sont issus, et qu'on est r?duit, pour le situer, ? aborder, comme on le fait depuis toujours, par les nombres. C'est au contraire le r?el propre ? l'inconscient, du moins celui dont, selon l'expression de Lacan, l'inconscient t?moigne. ? mesure que l'empire des semblants s'?tend, il importe d'autant plus de maintenir dans la psychanalyse l'orientation vers le r?el. C'est tout le sens, la port?e, de l'ultime tentative de Lacan, consistant ? pr?senter le r?el propre ? la psychanalyse, en le rendant pr?sent, visible, touchable, manipulable, sous les esp?ces des nouds borrom?ens et autres. Que cette tentative ait ?t? concluante ou non, elle t?moigne que l'orientation lacanienne c'est l'orientation vers le r?el. Car le noud, susceptible de se manifester sous les formes visibles les plus diff?rentes, cet objet par excellence flexible, pluriel, bien l?, et aussi qui se d?robe, ?chappant - comme dit Mallarm? -, cet objet ondoyant, divers, aux apparences, aux facettes innombrables -, cet objet n'est pas un semblant. Il est, aussi bien que le nombre, de l'ordre du r?el. Et c'est pourquoi Lacan aurait voulu en faire le t?moignage, la manifestation, du r?el propre ? la psychanalyse. Le r?el propre ? la psychanalyse, c'est quelque chose comme ?a. Pouvoir dire - Le r?el dans la psychanalyse, c'est ?a. Et ce n'est pas un semblant. M?me si ?a bouge, m?me si ?a a des aspects multiples et insaisissables. J'ai dit que ce noud ?tait, aussi bien que le nombre, de l'ordre du r?el. Et il a, par rapport au nombre, le privil?ge de n'?tre pas chiffr? et de n'avoir pas de sens. La le?on ? en tirer, c'est qu'il importe, dans la psychanalyse, de maintenir, si je puis dire, cap sur le r?el. Cela n'importe pas que dans la psychanalyse. Cela importe aussi bien au malaise dans la civilisation. La civilisation, que nous laissons au singulier, bien qu'il y ait les civilisations, et qu'on annonce d?j?, pour le si?cle prochain, que l'histoire sera faite du choc, de la rivalit?, de la guerre des civilisations. C'est la th?se toute r?cente, et fort discut?e, d'un professeur am?ricain, qui pourrait nous retenir un moment cette ann?e. Mais il y a bien s?r aussi la civilisation au singulier, l'h?g?mon - d'h?g?monie - scientifique et capitaliste, dont l'emprise, que l'on pourrait dire totalitaire, est aujourd'hui devenue patente, et que l'on d?signe ici, dans notre contr?e, comme la globalisation. Cette globalisation entra?ne, traverse, fissure, et peut-?tre m?me d?j? fusionne les civilisations. Dans ce malaise, ou ce vertige global, la psychanalyse a sa place. Elle en subit les effets quotidiens dans sa pratique. Mais aussi, elle a sa partie ? tenir qui n'int?resse pas que sa discipline, qui importe ? ceux et ? celles qui habitent avec nous le malaise) Lacan pouvait ?crire, il y a une ?ternit?, en 1953, dans son rapport de Rome - La psychanalyse a jou? un r?le dans la direction de la subjectivit? moderne, et elle ne saurait Le soutenir sans l'ordonner au mouvement qui, dans la science, l'?lucide. Le contexte d'aujourd'hui est tout diff?rent. Mais la question reste de savoir quel r?le peut en effet soutenir la psychanalyse dans ce que Lacan appelait la direction de la subjectivit? moderne. Pour notre comit?, c'est de cela qu'il sera question cette ann?e, de la direction de la subjectivit? moderne, voire post-moderne - on ne va pas pouvoir ?viter le mot -, disons de la subjectivit? contemporaine, du r?le que la psychanalyse peut y soutenir, des ?impasses croissantes de la civilisation?, dont Lacan voyait dans le malaise freudien le pressentiment, et dont il annon?ait que la psychanalyse pourrait y faire d?faut, rendre ses armes. J'en ai dit assez, pr?c?demment, pour indiquer la voie o? nous entendons engager notre effort. La subjectivit? contemporaine - je ne sais pas si nous garderons cette expression, qui est commode pour lancer le mouvement - est entra?n?e, captiv?e, roul?e - c est le cas de le dire - dans un mouvement peu r?sistible, qui la submerge industriellement de semblants, dont la production toujours acc?l?r?e constitue d?sormais un monde qui ne laisse plus ? l'id?e de nature qu'une fonction de nostalgie, qu'un avenir de conservatoire, d'esp?ce prot?g?e, de zoo, de mus?e. Et le symbolique? Eh bien, le symbolique contemporain, l? o? il est vif, l? o? il est productif , l? o? il est intense, l? o? il concerne le sujet et ses affects, est comme asservi ? l'imaginaire, ou comme en continuit? avec lui. Loin que ce symbolique soit en mesure de percer, de traverser l'imaginaire [...] Le symbolique contemporain n'accomplit plus d?sormais cette travers?e dialectique, ? quoi jadis Lacan ordonnait l'exp?rience analytique. Et on pourrait croire, au contraire, que le symbolique se voue ? l'image, quand on voit comme, dans nos ordinateurs, il se dissimule comme hardware derri?re l' ?cran o? il miroite comme semblant. Dans ce paysage d'apocalypse - apocalypse confortable, pour un certain nombre en tout cas -, le r?le que la psychanalyse a ? soutenir ne souffre pas d'ambigu?t?. C'est le rappel du r?el qu'il lui revient d'accomplir. C' est ce que Lacan a indiqu?, pour finir. Que la v?rit? ait structure de fiction n'est que trop vrai, mais c'est au point que d?sormais la structure de fiction a submerg? la v?rit?, qu'elle l' inclut, qu'elle l'avale. La v?rit? y prosp?re, sans doute, elle s'y multiplie, elle s'y pluralise, mais elle y est comme morte. C'est l? que s'impose, devant cette d?su?tude fictionnelle de la v?rit?, le recours au r?el comme ? ce qui n'a pas structure de fiction. Le privil?ge de la psychanalyse - encore faudrait-il qu'elle le conn?t, qu'elle l'ait appris de Lacan -, c'est le rapport univoque qu'elle soutient au r?el. Ce n'est que des autres discours, ?non?ait Lacan en 1967, ceux qui ne sont pas le discours analytique, que le r?el vient ? flotter. L'usage contemporain du terme de d?pression, terme ?videmment fourre-tout, fait ici sympt?me du rapport au r?el quand il s'av?re dans la clinique comme l'impossible ? supporter. A le leurrer de semblants, on ne peut en effet que le faire flotter. La clinique psychanalytique est le site propre du r?el dont il s'agit. C'est l?, dans la pratique que s'?tablit le rapport. Et c'est l? que, depuis des ann?es, nous nous attachons, ? la Section clinique, au D?partement de Psychanalyse, dans les diverses sections cliniques qui existent en France et ailleurs, ? mettre le r?el en ?vidence dans son relief, dans son orographie. Cette ann?e, il s'agira seulement pour nous de mettre ce r?el explicitement en relation avec la civilisation qui n'est plus sans doute ? l'?ge du malaise, pour ?tre entr?e d?cid?ment dans l'?poque de l'impasse. L'impasse est en particulier parente au niveau de l'?thique. La solution victorienne, qui pr?valait encore au temps de Freud, celle d'une ?thique capitaliste des vertus, a ?t? emport?e, et si elle revient aujourd'hui, c'est toujours sous des formes d?risoires et inconsistantes. La nouvelle ?thique se cherche, mais ne se trouve pas. Elle se cherche par la voie qu'Eric Laurent a soulign?e des comit?s . C'est une pratique de bavardage, comme telle assourdissante, mais qui, ? la diff?rence du bavardage analytique, n'a pas chance de d?livrer un rapport au r?el qui ne flotte pas. La faillite de l'humanitaire se d?clare tous les jours, comme pr?vu par Lacan. Comment l'humanitaire r?sisterait-il au calcul universel de la plus-value-de-jouir ? Nous n'allons pas faire du journal la pri?re du matin du psychanalyste, mais nous allons lire les journaux, cette ann?e. Comment op?rer tous les jours dans la pratique, sans inscrire le sympt?me dans le contexte actuel du lien social qui le d?termine dans sa forme ? - pour autant qu'il le d?termine dans sa forme. Nous avons l'intention, Eric Laurent et moi, d'affirmer cette ann?e la dimension sociale du sympt?me. Affirmer le social dans le sympt?me, n'est pas contradictoire avec la th?se de l'inexistence de l'Autre. Au contraire, l'inexistence de l'Autre implique et explique la promotion du lien social dans le vide qu'elle ouvre. En nous int?ressant ? ce que nous allons isoler comme des ph?nom?nes de civilisation, nous n'entendons pas nous divertir d'une clinique qui est celle du r?el, mais bien au contraire prendre la perspective qu'il faut, et qui comporte un recul, pour cerner ce r?el en son lieu. Prenons l'identification. J'ai ?voqu?, comme ?tant bien connue de la plupart, la production par l'analysant des signifiants de l'identification, comme ce qui est attendu de l'op?ration analytique - selon la lecture la plus simple du sch?ma du discours analytique par Lacan. Or l'identification fait pr?cis?ment comme telle lien social. Elle est en elle-m?me lien social. Et c'est pourquoi Freud a pu glisser sans peine de l'analyse subjective ? la Massenpsychologie, et retour, pour construire sa th?orie de l'identification. Qui peut penser, par exemple, que l'identification au signifiant ?tre une femme reste intouch?e par la spectaculaire mutation qui, de la proclamation r?volutionnaire des droits de l'homme, a conduit ? l'?mancipation juridique et politique des femmes, jusqu'? la r?volte proprement ?thique du f?minisme, dont l'incidence se fait sentir ? tous les niveaux du nouvel american way of life - bien diff?rent de ce qu'il ?tait du temps du rapport de Rome -, depuis le contrat du travail, jusqu'au mode de relation sexuelle? Qu'est-ce qui reste invariable de l'homosexualit? et qu'est-ce qui en change, quand l'Autre social y fait d?sormais accueil d'une fa?on tout autre, et qu'une norme nouvelle est en cours d'?laboration, conf?rant une l?gitimit? in?dite et de masse au lien homosexuel ? Et cela n'est pas confin? ? San Francisco. Je peux ajouter que j'ai vu l'an dernier des comit?s d'?thique, des comit?s spontan?s - ce qu'on appelait avant Eric Laurent des conversations de bistrot -, des comit?s spontan?s d'?thique se former en Italie, quand ? surprise, la couronne de Miss Italie f?t donn?e ? une Africaine. La superbe dont t?moignait le Comment peut-on ?tre persan ? s'?teint aujourd'hui pour laisser place ? Comment peut-on ?tre fran?ais? Comment peut-on ?tre encore fran?ais? Interrogation qui taraude un peuple, jusqu'? la d?pression collective, dit-on, dont les id?aux universalistes, ?tablis sur des certitudes identificatoires mill?naires, sont d?mentis par l'actuelle globalisation. Non seulement ce s?minaire ne pourra s'abstraire de ce contexte, mais il ne saurait le faire. C'est pourquoi nous trouverons sans doute nos r?f?rences ?lectives, cette ann?e, dans les ph?nom?nes de la civilisation am?ricaine. Pour le dire rapidement, les sympt?mes dans la civilisation sont d'abord ? d?chiffrer aux ?tats-Unis d'Am?rique. Et il n'est pas vain de le faire depuis la France, qui est ? beaucoup d'?gards l'Autre des ?tats-Unis. Universalisme, versus globalisation. Ce sera au moins notre chapitre US, ? lire United Symptoms. ? la fin du chapitre V du Malaise dans La civilisation, Freud pr?cise qu'il r?siste ? la tentation d'entamer une critique de l'?tat pr?sent de la civilisation en Am?rique. Eh bien, nous avons l'intention de ne pas r?sister ? cette critique. Elle porte d'ailleurs sur un point tr?s pr?cis. Freud en donne un tout petit aper?u. Alors qu'en Europe, on pratique plus volontiers l'identification verticale au leader, qui met en action la sublimation d'une fa?on puissante - et il a quelque m?rite ? le dire au moment o? il le dit, puisque ?a conduit ses contemporains dans un certain nombre de difficult?s dans la civilisation en m?me temps - les Etats-Unis, dit-il, la sacrifie au b?n?fice de ce qu'on peut appel1er l'identification horizontale des membres de La soci?t? entre eux. Non pas identification au plus-un, mais identification horizontale des membres de la soci?t? entre eux. Ce n'est sans doute pas excessif d'y voir le pressentiment de l'Autre qui n'existe pas, et de son remplacement par la circulation des comit?s d'?thique. J'ai ?voqu? l'identification, pour marquer la dimension sociale des concepts les plus fondamentaux de la psychanalyse. Pourquoi ne pas parler de la pulsion ? Quand il faut ? Freud inventer ? la pulsion un partenaire, quelle est l'instance qui, pour lui, est partenaire de la pulsion ? C'est celle qu'il a d?nomm?e du surmoi. Et il peut la r?f?rer au seul Ich, au seul moi, au seul Je. Elle d?borde le sujet, cette instance. l'instance qui lui sert ? penser la pulsion ne peut ?tre par Freud m?me situ?e qu'au niveau de ce qu'il appelle la civilisation. C'est ? ce niveau-l?, au moins dans cet ouvrage, qu'il pense les avatars de la pulsion, les renoncements comme les sublimations. C'est Freud qui, lorsqu'il s'agit de parler de la pulsion, implique la civilisation. Allons jusque-l? - Qu'est-ce qu'une civilisation? Disons que c'est un syst?me de distribution de la jouissance ? partir de semblants. Dans la perspective analytique, c'est-?-dire dans celle du surmoi - et nous ne pouvons pas faire mieux que le concept de surmoi - une civilisation est un mode de jouissance, et m?me un mode commun de jouissance, une r?partition syst?matis?e des moyens et des mani?res de jouir. Il faudra bien en dire davantage sur qu'est-ce qu'une civilisation ?, quitte ? revenir m?me ? l'historique du mot, ? l'opposer ? la culture, etc., mais cela fera office pour l'instant. Comment la clinique psychanalytique pourrait ?tre indiff?rente au r?gime de civilisation o? nous, ici, entrons maintenant sur la voie o? les United Symptoms nous ont pr?c?d?s ? Comment la clinique serait-elle indiff?rente ? cette voie, si cette voie est bien celle que l'on pourrait appeler du terme freudien d' Hiflosigkeit - l'Hiflosigkeit capitaliste, la d?tresse organis?e, envers les fondements de l'imp?ratif de rentabilit? ? C'est donc ? un peu de nostalgie, tout de m?me illusoire. La civilisation antique comportait que l'on soign?t l'esclave - j'abr?ge - la n?tre qu'on angoisse m?thodiquement le salari?. Il faut ici pr?venir une inqui?tude qui peut na?tre de ce que nous voulions introduire dans la clinique un relativisme social. ? cette inqui?tude, j'opposerai le rappel fait par Lacan, d?s ses Complexes familiaux, en 1938, que l'odipe ne se fonde pas hors de la relativit? sociologique et que la fonction du p?re est li?e ? la pr?valence d'une d?termination sociale, celle de la famille paternaliste. ? l'?poque, il faisait une r?f?rence expresse ? l'enqu?te ethnologique de Malinovski en M?lan?sie, o?, comme on sait, c est l'oncle maternel qui repr?sente l'autorit? familiale. Donc, au lieu que le p?re cumule sur sa personne ? la fois les fonctions r?pressives et la sublimation, cela se trouve r?parti en deux - l'oncle maternel assurant l'autorit? et la r?pression, et le p?re, gentiment, les activit?s sublimatoires. Selon Malinovski, il s'ensuivait, de ce dispositif social distinct, un ?quilibre diff?rent du psychisme, disait Lacan, attest? par l'absence de n?vrose. D'o? la notion que le complexe d'odipe est relatif ? une structure sociale, et que, loin d'?tre le paradis, la s?paration de r?pression et sublimation avait comme cons?quence une st?r?otypie des cr?ations subjectives dans cette soci?t?. Que Lacan ait ?labor? le mythe freudien ensuite, jusqu'? le formaliser sur le mod?le linguistique de la m?taphore ne veut pas dire qu'il ait jamais n?glig? sa relativit?. Il en a m?me annonc? le d?clin, en 1938 - Les formes de n?vrose dominantes ? La fin du si?cle dernier semblent - j'abr?ge -, depuis le temps de Freud, avoir ?volu? dans le sens d'un complexe caract?riel, o? l'on peut reconna?tre la grande n?vrose contemporaine. Il en d?signait ? l'?poque la d?termination principale dans la carence du p?re dont la personnalit? est absente, humili?e, divis?e ou postiche. Le Nom-du-P?re a pu passer pour une restauration du p?re par Lacan, alors que c'?tait tout autre chose. C'?tait un concept du retour ? Freud, qui n'?tait fait, par sa formalisation m?me, que pour en d?montrer le semblant et ouvrir ? sa pluralisation. Pouvons-nous parler aujourd'hui d'une grande n?vrose contemporaine? Si on pouvait le faire, on pourrait dire que sa d?termination principale, c'est l'inexistence de l'Autre - en tant qu'elle rive le sujet ? la chasse au plus-de-jouir. Le surmoi freudien a produit des trucs comme l'interdit, le devoir, voire la culpabilit?. Autant de termes qui font exister l'Autre. Ce sont les semblants de l'Autre. Ils supposent l'Autre. Le surmoi lacanien, celui que Lacan a d?gag? dans Encore, produit, lui, un imp?ratif tout diff?rent - Jouis. Ce surmoi-l? est le surmoi de notre civilisation. Je termine, pour passer la parole ? l'autre. Bien s?r, le surmoi lacanien rend compte des donn?es rassembl?es par Freud. Il est la v?rit? du surmoi freudien. Mais le fait qu'il soit maintenant ?nonc? en clair a traduit le passage, est isochrone, au nouveau r?gime de la civilisation contemporaine. " -- Catherine http://catherine-grandjean.perso.cegetel.net ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:00 AM Subject: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l? ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. (...) _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane.
Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
Bonsoir Je trouve ce d?bat tr?s int?ressant car il pose le probl?me de la psychanalyse d'aujourd'hui. Que l'Autre n'existe pas, nous en faisons l'exp?rience tous les jours, m?me les cognitivistes ont supprim? l'Autre en en faisant un ?quivalent de l'esprit (un esprit m?canis? se comportant comme le hardware d'un ordinateur). Pour autant, les cognitivistes donnent ? fond dans le semblant et ce n'est pas pour rien qu'ils ne supportent pas le discours psychanalytique. Pour eux, nous ne sommes que des art?facts soumis aux effets de nos s?cr?tions de dopamine et de s?rotonine comme le montre le dernier rapport de l'Inserm sur le d?pistage pr?coce des troubles du comportement de l'enfant. Ce rapport pr?f?re le semblant des ?tudes statistiques (par exemple, la fess?e serait plus efficaces pour les sujets de race noire que pour les sujets de race blanche !!!), et finit par d?plorer en quelque sorte l'absence d'un surmoi pr?coce chez l'enfant qui emp?cherait de faire l'imb?cile en classe. Ce rapport aboutit cependant ? un paradoxe car il fait une sorte d'apologie du Nom-du-P?re et de la Sainte famille en m?me temps qu' il constate son ?chec. Mais comme on reste dans le semblant donc, pour s'en sortir, comme il n'est pas question d'invoquer Dieu qui a disparu de la machine cognitiviste, il y a, en attendant, pour ces chers petits jouisseurs agit?s*.. les m?dicaments, la ritaline en particulier. (Il est heureux de constater que des milliers de signatures ont d?savou? ce rapport) Je pense que Lacan, dans ses derniers s?minaires a ?labor? la th?orie du sinthome pour en finir avec cette nostalgie du Nom du P?re qui, comme noeud est de plus en plus coulant ;-). Cordial Jean-Paul Kornobis Victor Hugo dans "l'Art d'?tre grand-p?re" ?tait d?j? du cot? des petits jouisseurs contre les p?res qui incarnaient la loi. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
Cher Jean-Paul, merci pour ce message, je vous r?ponds - au pied lev? - ? propos du Sinthome : Quand Lacan a ?labor? le sinthome, c'est bien pour d?montrer comment chacun doit se fabriquer avec ses sympt?mes, des sympt?mes, au reste, emprunt?s ? l'Autre,( ? l'inconscient de l'Autre, je pr?cise) sa propre m?taphore paternelle, celle qui pourra se faire la garante de la dimension de son d?sir. Aussi je trouve que vous y allez un peu vite, avec cette nostalgie du nom du p?re ? qui on r?glerait ainsi son compte. Je ne pense pas qu'on puisse s'en d?gager ainsi mais quand on a la nostalgie de quelque chose, c'est bien qu'elle nous manque et le sympt?me est l? pour tenter d'y rem?dier. Tant bien que mal, on se d?brouille pour qu'un brin de m?taphore paternelle tienne le coup. Mais d?s le s?minaire des Psychoses, cette question du sympt?me comme un des modes d'instauration de la fonction paternelle, est abord?. Mais comme il n'avait pas ?labor? encore le noeud borrom?en, il ne l'avait pas encore appell? Sinthome, ce qui fait tenir les trois registres du symbolique, de l'imaginaire et du r?el. Lacan pr?cise bien, dans l'un de ses derniers s?minaires sur le noeud borrom?en, que tout ce qu'il avance ne peut trouver son sens, que par rapport ? tout ce qui a pr?c?d? de ses ann?es de s?minaires. Il n'y a pas un avant et un apr?s le noeud borrom?en, o? tout ce qui le pr?c?de serait ? jeter au panier. Ce serait quelque chose d'aberrant et de dangereux de proc?der ainsi. Si le noeud ?tait coulant, il nous ?tranglerait, ce n'est jamais tr?s agr?able de se faire serrer le kiki, sous l'emprise du d?sir de l'Autre. Il faudrait trouver un autre mot que "coulant". Pour qu'un noeud tienne, au temps o? je faisais du scoutisme, il y a belle lurette, il me semble qu'il fallait faire un geste donn?, tel que cela devienne un noeud plat. Celui l? tenait le coup, il ne se d?faisait pas. Mais c'est une id?e qui me vient en passant. Bonne journ?e, Jean-Paul. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:04 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Je trouve ce d?bat tr?s int?ressant car il pose le probl?me de la psychanalyse d'aujourd'hui. Que l'Autre n'existe pas, nous en faisons l'exp?rience tous les jours, m?me les cognitivistes ont supprim? l'Autre en en faisant un ?quivalent de l'esprit (un esprit m?canis? se comportant comme le hardware d'un ordinateur). Pour autant, les cognitivistes donnent ? fond dans le semblant et ce n'est pas pour rien qu'ils ne supportent pas le discours psychanalytique. Pour eux, nous ne sommes que des art?facts soumis aux effets de nos s?cr?tions de dopamine et de s?rotonine comme le montre le dernier rapport de l'Inserm sur le d?pistage pr?coce des troubles du comportement de l'enfant. Ce rapport pr?f?re le semblant des ?tudes statistiques (par exemple, la fess?e serait plus efficaces pour les sujets de race noire que pour les sujets de race blanche !!!), et finit par d?plorer en quelque sorte l'absence d'un surmoi pr?coce chez l'enfant qui emp?cherait de faire l'imb?cile en classe. Ce rapport aboutit cependant ? un paradoxe car il fait une sorte d'apologie du Nom-du-P?re et de la Sainte famille en m?me temps qu' il constate son ?chec. Mais comme on reste dans le semblant donc, pour s'en sortir, comme il n'est pas question d'invoquer Dieu qui a disparu de la machine cognitiviste, il y a, en attendant, pour ces chers petits jouisseurs agit?s*.. les m?dicaments, la ritaline en particulier. (Il est heureux de constater que des milliers de signatures ont d?savou? ce rapport) Je pense que Lacan, dans ses derniers s?minaires a ?labor? la th?orie du sinthome pour en finir avec cette nostalgie du Nom du P?re qui, comme noeud est de plus en plus coulant ;-). Cordial Jean-Paul Kornobis Victor Hugo dans "l'Art d'?tre grand-p?re" ?tait d?j? du cot? des petits jouisseurs contre les p?res qui incarnaient la loi. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Ch?re Liliane, dans le fil de cette conversation et dans le sens de ce que dit Catherine Grandjean dans son avnant dernier mail, je me souviens avoir ?voqu? sur cette liste les travaux de Marcela Iacub, juriste, qui dans "le crime ?tait presque sexuel" tordait le cou ? "l'ordre symbolique". Je pense que d?j? en 1969, dans le s?minaire d'un Autre ? l'autre, Lacan ?tait tr?s clair avec ce qu'il en est de l'Autre qu'il compare ? "un cheval de Troie qui fonctionnerait en sens inverse", je comprends cette phrase comme le fait que chaque fois qu'on tente de tirer de l'Autre un sens que l'on voudrait imposer ? l'autre, on proc?de de fa?on perverse (Lacan parle de l'usage de la statue dans la religion chr?tienne qui en s'exhibant ?tait sens?e ouvrir les ?mes). Il me semble que le sinthome, au contraire du Nom du P?re, (qui lui, sort du cheval de Troie pour investir la ville et lui imposer ses propres signifiants) maintient mais d'une autre fa?on ensemble les cat?gories de l'imaginaire, du symbolique et du r?el. C'est ce qu'a r?alis? Joyce avec son ?go transform? en "n?go". Ce n?go n'est pas un emprunt ? l'Autre mais bien une authentique cr?ation ? partir de rien et c'est ce qui oblige Joyce ? r?inventer la langue (cf. Finnegans wake). Le sinthome emp?che ? sa mani?re le sujet de devenir fou. sans pour autant l'?trangler comme le fait le noeud coulant du N D P (avec le N D P il n'y a jamais rien de nouveau sous le soleil). Marcela Iacub a montr? dans ses livres en quoi un droit fond? sur le Nom du P?re (? la Legendre) ?tait de nos jours incapable de r?pondre aux probl?mes qui se posent en mati?re de clonage, de procr?ation assist?e, d'ut?rus artificiel etc. Que Iacub soit dans le vrai ou pas n'est pas la question, la question est celle du r?el auquel elle se confronte, c'est ? dire de la jouissance. Dans la revue Quarto n?86 consacr?e au sinthome, il y a un article tr?s int?ressant de Philippe Lacad?e sur le t?moignage d'H?l?ne Grimaud, pianiste c?l?bre chez qui on ne voit pas de trace du N D P. Bien ? toi ;-) JP ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 8:50 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Jean-Paul, merci pour ce message, je vous r?ponds - au pied lev? - ? propos du Sinthome : Quand Lacan a ?labor? le sinthome, c'est bien pour d?montrer comment chacun doit se fabriquer avec ses sympt?mes, des sympt?mes, au reste, emprunt?s ? l'Autre,( ? l'inconscient de l'Autre, je pr?cise) sa propre m?taphore paternelle, celle qui pourra se faire la garante de la dimension de son d?sir. Aussi je trouve que vous y allez un peu vite, avec cette nostalgie du nom du p?re ? qui on r?glerait ainsi son compte. Je ne pense pas qu'on puisse s'en d?gager ainsi mais quand on a la nostalgie de quelque chose, c'est bien qu'elle nous manque et le sympt?me est l? pour tenter d'y rem?dier. Tant bien que mal, on se d?brouille pour qu'un brin de m?taphore paternelle tienne le coup. Mais d?s le s?minaire des Psychoses, cette question du sympt?me comme un des modes d'instauration de la fonction paternelle, est abord?. Mais comme il n'avait pas ?labor? encore le noeud borrom?en, il ne l'avait pas encore appell? Sinthome, ce qui fait tenir les trois registres du symbolique, de l'imaginaire et du r?el. Lacan pr?cise bien, dans l'un de ses derniers s?minaires sur le noeud borrom?en, que tout ce qu'il avance ne peut trouver son sens, que par rapport ? tout ce qui a pr?c?d? de ses ann?es de s?minaires. Il n'y a pas un avant et un apr?s le noeud borrom?en, o? tout ce qui le pr?c?de serait ? jeter au panier. Ce serait quelque chose d'aberrant et de dangereux de proc?der ainsi. Si le noeud ?tait coulant, il nous ?tranglerait, ce n'est jamais tr?s agr?able de se faire serrer le kiki, sous l'emprise du d?sir de l'Autre. Il faudrait trouver un autre mot que "coulant". Pour qu'un noeud tienne, au temps o? je faisais du scoutisme, il y a belle lurette, il me semble qu'il fallait faire un geste donn?, tel que cela devienne un noeud plat. Celui l? tenait le coup, il ne se d?faisait pas. Mais c'est une id?e qui me vient en passant. Bonne journ?e, Jean-Paul. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:04 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Je trouve ce d?bat tr?s int?ressant car il pose le probl?me de la psychanalyse d'aujourd'hui. Que l'Autre n'existe pas, nous en faisons l'exp?rience tous les jours, m?me les cognitivistes ont supprim? l'Autre en en faisant un ?quivalent de l'esprit (un esprit m?canis? se comportant comme le hardware d'un ordinateur). Pour autant, les cognitivistes donnent ? fond dans le semblant et ce n'est pas pour rien qu'ils ne supportent pas le discours psychanalytique. Pour eux, nous ne sommes que des art?facts soumis aux effets de nos s?cr?tions de dopamine et de s?rotonine comme le montre le dernier rapport de l'Inserm sur le d?pistage pr?coce des troubles du comportement de l'enfant. Ce rapport pr?f?re le semblant des ?tudes statistiques (par exemple, la fess?e serait plus efficaces pour les sujets de race noire que pour les sujets de race blanche !!!), et finit par d?plorer en quelque sorte l'absence d'un surmoi pr?coce chez l'enfant qui emp?cherait de faire l'imb?cile en classe. Ce rapport aboutit cependant ? un paradoxe car il fait une sorte d'apologie du Nom-du-P?re et de la Sainte famille en m?me temps qu' il constate son ?chec. Mais comme on reste dans le semblant donc, pour s'en sortir, comme il n'est pas question d'invoquer Dieu qui a disparu de la machine cognitiviste, il y a, en attendant, pour ces chers petits jouisseurs agit?s*.. les m?dicaments, la ritaline en particulier. (Il est heureux de constater que des milliers de signatures ont d?savou? ce rapport) Je pense que Lacan, dans ses derniers s?minaires a ?labor? la th?orie du sinthome pour en finir avec cette nostalgie du Nom du P?re qui, comme noeud est de plus en plus coulant ;-). Cordial Jean-Paul Kornobis Victor Hugo dans "l'Art d'?tre grand-p?re" ?tait d?j? du cot? des petits jouisseurs contre les p?res qui incarnaient la loi. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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Jean-Paul, Je ne suis pas trop d'accord, pour ne pas dire pas du tout, avec ce que vous ?crivez du Sinthome et si je me souviens bien de ce que vous avez racont? de votre rencontre avec de Marcela Iacub, tout n'?tait certes pas ? prendre pour argent comptant, en tout cas vue du point de vue de la psychanalyse, mais je vais quand m?me aller relire cette histoire du cheval de Troie, le souvenir que j'en ai c'est que c'est le Signifiant 1 qui vient frapper le ventre de ce grand Autre que repr?sente la S2 et en quelque sorte vient le f?conder. Enfin la m?taphore vaut ce qu'elle vaut : -) Pour le sinthome, on pourrait retrouver de multiples occurrences o? il s'agit encore tout ? fait d'y soutenir le nom du p?re, je pense par exemple ? tout ces passages sur la p?re-version du p?re, de quoi s'agit-il sinon de l'amour de ce p?re, d'un p?re qui ne peut ?tre que castr?, car il a pour objet d'amour une femme, objet a, cause de son d?sir. C'est ? ce p?re l? que l'enfant a ? s'identifier. Comme vous ?voquiez ce matin un noeud coulant, rien de tel pour s'?trangler soi-m?me avec, je repensais ? ce que disait Lacan dans les Non dupes errent, que les rapports de l'amour ? l'identification ?taient rest?s pour Freud et pour lui aussi non r?solus et donc qu'il fallait prendre cette question comme un noeud gordien. pof, il faut trancher. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 1:14 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Liliane, dans le fil de cette conversation et dans le sens de ce que dit Catherine Grandjean dans son avnant dernier mail, je me souviens avoir ?voqu? sur cette liste les travaux de Marcela Iacub, juriste, qui dans "le crime ?tait presque sexuel" tordait le cou ? "l'ordre symbolique". Je pense que d?j? en 1969, dans le s?minaire d'un Autre ? l'autre, Lacan ?tait tr?s clair avec ce qu'il en est de l'Autre qu'il compare ? "un cheval de Troie qui fonctionnerait en sens inverse", je comprends cette phrase comme le fait que chaque fois qu'on tente de tirer de l'Autre un sens que l'on voudrait imposer ? l'autre, on proc?de de fa?on perverse (Lacan parle de l'usage de la statue dans la religion chr?tienne qui en s'exhibant ?tait sens?e ouvrir les ?mes). Il me semble que le sinthome, au contraire du Nom du P?re, (qui lui, sort du cheval de Troie pour investir la ville et lui imposer ses propres signifiants) maintient mais d'une autre fa?on ensemble les cat?gories de l'imaginaire, du symbolique et du r?el. C'est ce qu'a r?alis? Joyce avec son ?go transform? en "n?go". Ce n?go n'est pas un emprunt ? l'Autre mais bien une authentique cr?ation ? partir de rien et c'est ce qui oblige Joyce ? r?inventer la langue (cf. Finnegans wake). Le sinthome emp?che ? sa mani?re le sujet de devenir fou. sans pour autant l'?trangler comme le fait le noeud coulant du N D P (avec le N D P il n'y a jamais rien de nouveau sous le soleil). Marcela Iacub a montr? dans ses livres en quoi un droit fond? sur le Nom du P?re (? la Legendre) ?tait de nos jours incapable de r?pondre aux probl?mes qui se posent en mati?re de clonage, de procr?ation assist?e, d'ut?rus artificiel etc. Que Iacub soit dans le vrai ou pas n'est pas la question, la question est celle du r?el auquel elle se confronte, c'est ? dire de la jouissance. Dans la revue Quarto n?86 consacr?e au sinthome, il y a un article tr?s int?ressant de Philippe Lacad?e sur le t?moignage d'H?l?ne Grimaud, pianiste c?l?bre chez qui on ne voit pas de trace du N D P. Bien ? toi ;-) JP ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 8:50 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Jean-Paul, merci pour ce message, je vous r?ponds - au pied lev? - ? propos du Sinthome : Quand Lacan a ?labor? le sinthome, c'est bien pour d?montrer comment chacun doit se fabriquer avec ses sympt?mes, des sympt?mes, au reste, emprunt?s ? l'Autre,( ? l'inconscient de l'Autre, je pr?cise) sa propre m?taphore paternelle, celle qui pourra se faire la garante de la dimension de son d?sir. Aussi je trouve que vous y allez un peu vite, avec cette nostalgie du nom du p?re ? qui on r?glerait ainsi son compte. Je ne pense pas qu'on puisse s'en d?gager ainsi mais quand on a la nostalgie de quelque chose, c'est bien qu'elle nous manque et le sympt?me est l? pour tenter d'y rem?dier. Tant bien que mal, on se d?brouille pour qu'un brin de m?taphore paternelle tienne le coup. Mais d?s le s?minaire des Psychoses, cette question du sympt?me comme un des modes d'instauration de la fonction paternelle, est abord?. Mais comme il n'avait pas ?labor? encore le noeud borrom?en, il ne l'avait pas encore appell? Sinthome, ce qui fait tenir les trois registres du symbolique, de l'imaginaire et du r?el. Lacan pr?cise bien, dans l'un de ses derniers s?minaires sur le noeud borrom?en, que tout ce qu'il avance ne peut trouver son sens, que par rapport ? tout ce qui a pr?c?d? de ses ann?es de s?minaires. Il n'y a pas un avant et un apr?s le noeud borrom?en, o? tout ce qui le pr?c?de serait ? jeter au panier. Ce serait quelque chose d'aberrant et de dangereux de proc?der ainsi. Si le noeud ?tait coulant, il nous ?tranglerait, ce n'est jamais tr?s agr?able de se faire serrer le kiki, sous l'emprise du d?sir de l'Autre. Il faudrait trouver un autre mot que "coulant". Pour qu'un noeud tienne, au temps o? je faisais du scoutisme, il y a belle lurette, il me semble qu'il fallait faire un geste donn?, tel que cela devienne un noeud plat. Celui l? tenait le coup, il ne se d?faisait pas. Mais c'est une id?e qui me vient en passant. Bonne journ?e, Jean-Paul. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:04 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Je trouve ce d?bat tr?s int?ressant car il pose le probl?me de la psychanalyse d'aujourd'hui. Que l'Autre n'existe pas, nous en faisons l'exp?rience tous les jours, m?me les cognitivistes ont supprim? l'Autre en en faisant un ?quivalent de l'esprit (un esprit m?canis? se comportant comme le hardware d'un ordinateur). Pour autant, les cognitivistes donnent ? fond dans le semblant et ce n'est pas pour rien qu'ils ne supportent pas le discours psychanalytique. Pour eux, nous ne sommes que des art?facts soumis aux effets de nos s?cr?tions de dopamine et de s?rotonine comme le montre le dernier rapport de l'Inserm sur le d?pistage pr?coce des troubles du comportement de l'enfant. Ce rapport pr?f?re le semblant des ?tudes statistiques (par exemple, la fess?e serait plus efficaces pour les sujets de race noire que pour les sujets de race blanche !!!), et finit par d?plorer en quelque sorte l'absence d'un surmoi pr?coce chez l'enfant qui emp?cherait de faire l'imb?cile en classe. Ce rapport aboutit cependant ? un paradoxe car il fait une sorte d'apologie du Nom-du-P?re et de la Sainte famille en m?me temps qu' il constate son ?chec. Mais comme on reste dans le semblant donc, pour s'en sortir, comme il n'est pas question d'invoquer Dieu qui a disparu de la machine cognitiviste, il y a, en attendant, pour ces chers petits jouisseurs agit?s*.. les m?dicaments, la ritaline en particulier. (Il est heureux de constater que des milliers de signatures ont d?savou? ce rapport) Je pense que Lacan, dans ses derniers s?minaires a ?labor? la th?orie du sinthome pour en finir avec cette nostalgie du Nom du P?re qui, comme noeud est de plus en plus coulant ;-). Cordial Jean-Paul Kornobis Victor Hugo dans "l'Art d'?tre grand-p?re" ?tait d?j? du cot? des petits jouisseurs contre les p?res qui incarnaient la loi. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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Ch?re Liliane La citation sur le cheval de Troie se trouve dans le S?minaire XVI, "D'un Autre ? l'autre", Paris, Seuil, 2006, p. 380 (le?on du18 juin 1969) et pour ce qui est du sinthome, voici ce que dit Lacan dans le s?minaire XXIII, le?on du 17 f?vrier 1976, Paris, Seuil, 2005, p.94 : "Joyce a un sympt?me qui part de ceci que son p?re ?tait carent, radicalement carent ? il ne parle que de ?a. J'ai centr? la chose autour du nom propre, et j'ai pens? ? faites-en ce que vous voulez de cette pens?e ? que c'est de se vouloir un nom que Joyce a fait la compensation de la carence paternelle. C'est tout au moins ce que j'ai dit, parce que je ne pouvais pas dire mieux. J'essaierai d'articuler cela d'une fa?on plus pr?cise. Mais il est clair que l'art de Joyce est quelque chose de tellement particulier que le terme de sinthome est bien ce qui lui convient." Comme le dit Lacan, on peut faire ce que l'on veut de cette pens?e, mais la th?orie du sinthome me semble mieux "coller" avec le r?el des situations cliniques actuelles. Cordial ;-) JPK ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 1:45 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Jean-Paul, Je ne suis pas trop d'accord, pour ne pas dire pas du tout, avec ce que vous ?crivez du Sinthome et si je me souviens bien de ce que vous avez racont? de votre rencontre avec de Marcela Iacub, tout n'?tait certes pas ? prendre pour argent comptant, en tout cas vue du point de vue de la psychanalyse, mais je vais quand m?me aller relire cette histoire du cheval de Troie, le souvenir que j'en ai c'est que c'est le Signifiant 1 qui vient frapper le ventre de ce grand Autre que repr?sente la S2 et en quelque sorte vient le f?conder. Enfin la m?taphore vaut ce qu'elle vaut : -) Pour le sinthome, on pourrait retrouver de multiples occurrences o? il s'agit encore tout ? fait d'y soutenir le nom du p?re, je pense par exemple ? tout ces passages sur la p?re-version du p?re, de quoi s'agit-il sinon de l'amour de ce p?re, d'un p?re qui ne peut ?tre que castr?, car il a pour objet d'amour une femme, objet a, cause de son d?sir. C'est ? ce p?re l? que l'enfant a ? s'identifier. Comme vous ?voquiez ce matin un noeud coulant, rien de tel pour s'?trangler soi-m?me avec, je repensais ? ce que disait Lacan dans les Non dupes errent, que les rapports de l'amour ? l'identification ?taient rest?s pour Freud et pour lui aussi non r?solus et donc qu'il fallait prendre cette question comme un noeud gordien. pof, il faut trancher. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 1:14 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Liliane, dans le fil de cette conversation et dans le sens de ce que dit Catherine Grandjean dans son avnant dernier mail, je me souviens avoir ?voqu? sur cette liste les travaux de Marcela Iacub, juriste, qui dans "le crime ?tait presque sexuel" tordait le cou ? "l'ordre symbolique". Je pense que d?j? en 1969, dans le s?minaire d'un Autre ? l'autre, Lacan ?tait tr?s clair avec ce qu'il en est de l'Autre qu'il compare ? "un cheval de Troie qui fonctionnerait en sens inverse", je comprends cette phrase comme le fait que chaque fois qu'on tente de tirer de l'Autre un sens que l'on voudrait imposer ? l'autre, on proc?de de fa?on perverse (Lacan parle de l'usage de la statue dans la religion chr?tienne qui en s'exhibant ?tait sens?e ouvrir les ?mes). Il me semble que le sinthome, au contraire du Nom du P?re, (qui lui, sort du cheval de Troie pour investir la ville et lui imposer ses propres signifiants) maintient mais d'une autre fa?on ensemble les cat?gories de l'imaginaire, du symbolique et du r?el. C'est ce qu'a r?alis? Joyce avec son ?go transform? en "n?go". Ce n?go n'est pas un emprunt ? l'Autre mais bien une authentique cr?ation ? partir de rien et c'est ce qui oblige Joyce ? r?inventer la langue (cf. Finnegans wake). Le sinthome emp?che ? sa mani?re le sujet de devenir fou. sans pour autant l'?trangler comme le fait le noeud coulant du N D P (avec le N D P il n'y a jamais rien de nouveau sous le soleil). Marcela Iacub a montr? dans ses livres en quoi un droit fond? sur le Nom du P?re (? la Legendre) ?tait de nos jours incapable de r?pondre aux probl?mes qui se posent en mati?re de clonage, de procr?ation assist?e, d'ut?rus artificiel etc. Que Iacub soit dans le vrai ou pas n'est pas la question, la question est celle du r?el auquel elle se confronte, c'est ? dire de la jouissance. Dans la revue Quarto n?86 consacr?e au sinthome, il y a un article tr?s int?ressant de Philippe Lacad?e sur le t?moignage d'H?l?ne Grimaud, pianiste c?l?bre chez qui on ne voit pas de trace du N D P. Bien ? toi ;-) JP ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 8:50 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cher Jean-Paul, merci pour ce message, je vous r?ponds - au pied lev? - ? propos du Sinthome : Quand Lacan a ?labor? le sinthome, c'est bien pour d?montrer comment chacun doit se fabriquer avec ses sympt?mes, des sympt?mes, au reste, emprunt?s ? l'Autre,( ? l'inconscient de l'Autre, je pr?cise) sa propre m?taphore paternelle, celle qui pourra se faire la garante de la dimension de son d?sir. Aussi je trouve que vous y allez un peu vite, avec cette nostalgie du nom du p?re ? qui on r?glerait ainsi son compte. Je ne pense pas qu'on puisse s'en d?gager ainsi mais quand on a la nostalgie de quelque chose, c'est bien qu'elle nous manque et le sympt?me est l? pour tenter d'y rem?dier. Tant bien que mal, on se d?brouille pour qu'un brin de m?taphore paternelle tienne le coup. Mais d?s le s?minaire des Psychoses, cette question du sympt?me comme un des modes d'instauration de la fonction paternelle, est abord?. Mais comme il n'avait pas ?labor? encore le noeud borrom?en, il ne l'avait pas encore appell? Sinthome, ce qui fait tenir les trois registres du symbolique, de l'imaginaire et du r?el. Lacan pr?cise bien, dans l'un de ses derniers s?minaires sur le noeud borrom?en, que tout ce qu'il avance ne peut trouver son sens, que par rapport ? tout ce qui a pr?c?d? de ses ann?es de s?minaires. Il n'y a pas un avant et un apr?s le noeud borrom?en, o? tout ce qui le pr?c?de serait ? jeter au panier. Ce serait quelque chose d'aberrant et de dangereux de proc?der ainsi. Si le noeud ?tait coulant, il nous ?tranglerait, ce n'est jamais tr?s agr?able de se faire serrer le kiki, sous l'emprise du d?sir de l'Autre. Il faudrait trouver un autre mot que "coulant". Pour qu'un noeud tienne, au temps o? je faisais du scoutisme, il y a belle lurette, il me semble qu'il fallait faire un geste donn?, tel que cela devienne un noeud plat. Celui l? tenait le coup, il ne se d?faisait pas. Mais c'est une id?e qui me vient en passant. Bonne journ?e, Jean-Paul. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:04 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Je trouve ce d?bat tr?s int?ressant car il pose le probl?me de la psychanalyse d'aujourd'hui. Que l'Autre n'existe pas, nous en faisons l'exp?rience tous les jours, m?me les cognitivistes ont supprim? l'Autre en en faisant un ?quivalent de l'esprit (un esprit m?canis? se comportant comme le hardware d'un ordinateur). Pour autant, les cognitivistes donnent ? fond dans le semblant et ce n'est pas pour rien qu'ils ne supportent pas le discours psychanalytique. Pour eux, nous ne sommes que des art?facts soumis aux effets de nos s?cr?tions de dopamine et de s?rotonine comme le montre le dernier rapport de l'Inserm sur le d?pistage pr?coce des troubles du comportement de l'enfant. Ce rapport pr?f?re le semblant des ?tudes statistiques (par exemple, la fess?e serait plus efficaces pour les sujets de race noire que pour les sujets de race blanche !!!), et finit par d?plorer en quelque sorte l'absence d'un surmoi pr?coce chez l'enfant qui emp?cherait de faire l'imb?cile en classe. Ce rapport aboutit cependant ? un paradoxe car il fait une sorte d'apologie du Nom-du-P?re et de la Sainte famille en m?me temps qu' il constate son ?chec. Mais comme on reste dans le semblant donc, pour s'en sortir, comme il n'est pas question d'invoquer Dieu qui a disparu de la machine cognitiviste, il y a, en attendant, pour ces chers petits jouisseurs agit?s*.. les m?dicaments, la ritaline en particulier. (Il est heureux de constater que des milliers de signatures ont d?savou? ce rapport) Je pense que Lacan, dans ses derniers s?minaires a ?labor? la th?orie du sinthome pour en finir avec cette nostalgie du Nom du P?re qui, comme noeud est de plus en plus coulant ;-). Cordial Jean-Paul Kornobis Victor Hugo dans "l'Art d'?tre grand-p?re" ?tait d?j? du cot? des petits jouisseurs contre les p?res qui incarnaient la loi. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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Bonjour ? tous, ? la suite de notre discussion avec Jean-Paul, j'ai voulu en avoir le coeur net, si je puis dire, et j'ai command? deux des bouquins de Marcela Iacub, le premier "Le crime ?tait presque sexuel" ?tait un peu indigeste mais le second que j'ai tellement aim? et lu avec d?lices s'appelle " Qu'avez vous fait de la lib?ration sexuelle ? " (Flammarion) C'est une femme tr?s intelligente et un moment elle se compare, non sans humour, ? Socrate, en raison des ennuis qu'elle s'attire avec la dialectique quelle d?ploie avec brio concernant son approche de la lutte des femmes. J'ai cru un moment que c'?tait une sorte d'hyperf?ministe, mais pas du tout, elle prend, mine de rien, ce que j'approuve enti?rement, la d?fense des hommes et m?me des femmes qui se sont pi?g?es elles-m?mes. Elle critique Legendre, l? je ne peux rien en dire parce que je n'ai jamais eu la patience de lire ce qu'il racontait, mais l? o? je ne la suis pas, c'est sur l'ironie qu'elle pratique par rapport ? la fonction symbolique, c'est le point faible de son argumentation. Mais c'est vif et intelligent, et je vais avoir beaucoup de mal ? d?montrer en quoi elle a tort, parce qu'en m?me temps, il y a du vrai dans ce qu'elle ?crit. A part cela, ces th?ses sur le viol et sur la prostitution sont du registre de la provocation, en ce sens elle vise quelque chose de juste, mais cette approche ironique laisse tout un pan de ces questions qui ne peuvent qu'?tre prises au s?rieux. Il suffit de penser ? cette jeune fille de dix-sept ans viol?e hier, sur le chemin du lyc?e, pour ne pas prendre tout ? fait ? la lettre, les arguments qu'elle donne concernant le viol, ainsi que la prostitution forc?e, comme ?tant quelque chose qui au demeurant n'a pas forc?ment les incidences traumatisantes qu'on lui accorde g?n?ralement dans le champ social. Lisez ce petit bouquin plein d'humour et de verve. De plus Marcela Iacub s'est donn? comme nom de plume Louise Tug?nes. Amicalement. Liliane. J'aimerais bien qu'on ait l'occasion d'en rediscuter et vais d'ailleurs relire d'un peu plus pr?s son autre bouquin, car les deux sont en continuit? l'un avec l'autre comme l'envers et l'endroit. Je pense que ce livre est une satire, je l'avais ?crit avec un Y, du f?minisme.
Dans le m?me ordre d'id?e, il faudra bien un jour constater les d?g?ts faits par un genre de respect intangible ? la fonction paternelle, sur les r?sidents et sur les ?quipes, dans des institutions qui vont souvent mal, et dans lesquelles les concepts psychanalytiques s'appliquent avec une f?rocit? qui semble aller de soi... Et il n'y a pas mieux que des psychologues-psychanalystes ou des psychiatres-psychanalystes convaincus de leur ultra-orthodoxie freudienne pour mener ? cela. Tout cela conduisant au contraire de ce pourquoi ces institutions sont faites : les ?quipes sont paralys?es, et le fonctionnement institutionnel, tout autant que les relations aux r?sidents et aux membres de l'?quipe entre eux sont sans aucune spontan?it?, mais r?gl?es sur un mode qui n'est pas sans rappeler la psychose. A toujours en appeler ? la loi symbolique, au nom du p?re, ? la fonction paternelle, on n'en appelle plus jamais ? soi en tant que sujet, ce qui est tout de m?me un comble ! Je dois dire que je ne vois m?me pas le b?n?fice secondaire d'une telle position, tant ces atmosph?res sont irrespirables. Et que dire des d?g?ts faits par de telles conceptions dans les cures ? C'est la mort psychique qui est alors propos?e, ni plus ni moins. On ne retire pas une jouissance au nom de la th?orie. Je veux dire par l? que je me demande s'il n'y a pas une tentation, par le biais d'une application outranci?re de principes analytiques ? tel ou tel domaine (dans l'occurrence qui nous occupe : la soci?t?, la civilisation, le politique), de recr?er du rapport sexuel l? o? il n'existe pas, par le biais d'un rapport th?orie/pratique, qui lui existerait parfaitement. Une fa?on de coucher avec la loi, avec le p?re, en tentant de coucher la loi sur le r?el. Ce n'est pas sans perversion. Il y a cette phrase d'une femme que je trouve admirable, Radmila Zygouris, et qui dit : "Entre th?orie et pratique il n'y a pas de continuit? ni de rapports univoques. Je dirais qu'il n'y a pas de rapport th?orique. Comme on peut dire 'il n'y a pas de rapport sexuel'." -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:04 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Je trouve ce d?bat tr?s int?ressant car il pose le probl?me de la psychanalyse d'aujourd'hui. Que l'Autre n'existe pas, nous en faisons l'exp?rience tous les jours, m?me les cognitivistes ont supprim? l'Autre en en faisant un ?quivalent de l'esprit (un esprit m?canis? se comportant comme le hardware d'un ordinateur). Pour autant, les cognitivistes donnent ? fond dans le semblant et ce n'est pas pour rien qu'ils ne supportent pas le discours psychanalytique. Pour eux, nous ne sommes que des art?facts soumis aux effets de nos s?cr?tions de dopamine et de s?rotonine comme le montre le dernier rapport de l'Inserm sur le d?pistage pr?coce des troubles du comportement de l'enfant. Ce rapport pr?f?re le semblant des ?tudes statistiques (par exemple, la fess?e serait plus efficaces pour les sujets de race noire que pour les sujets de race blanche !!!), et finit par d?plorer en quelque sorte l'absence d'un surmoi pr?coce chez l'enfant qui emp?cherait de faire l'imb?cile en classe. Ce rapport aboutit cependant ? un paradoxe car il fait une sorte d'apologie du Nom-du-P?re et de la Sainte famille en m?me temps qu' il constate son ?chec. Mais comme on reste dans le semblant donc, pour s'en sortir, comme il n'est pas question d'invoquer Dieu qui a disparu de la machine cognitiviste, il y a, en attendant, pour ces chers petits jouisseurs agit?s*.. les m?dicaments, la ritaline en particulier. (Il est heureux de constater que des milliers de signatures ont d?savou? ce rapport) Je pense que Lacan, dans ses derniers s?minaires a ?labor? la th?orie du sinthome pour en finir avec cette nostalgie du Nom du P?re qui, comme noeud est de plus en plus coulant ;-). Cordial Jean-Paul Kornobis Victor Hugo dans "l'Art d'?tre grand-p?re" ?tait d?j? du cot? des petits jouisseurs contre les p?res qui incarnaient la loi. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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Ecoutez Catherine, vous ?tes fatigante a dire partout la meme chose : la jouissance, la loi, le symbolique, les mechants-psy-qui-vous-veulent-du-mal et cela serait coquasse si vous ne vous ?tiez pas instaur? psychanalyste en six mois.
Et bien voila Catherine, avec votre message vous pouvez nous dire ce que, vous, vous pensez. A partir de ces deux mots, "d?fendre", "attaquer" vous me donnez de quoi penser, penser quelque chose de nouveau par rapport ? ce que j'essaie d'avancer. Pour l'instant, je ne d?fends pas, ni je n'attaque d'ailleurs ce qu'il en de la m?taphore paternelle, j'essaie simplement de rep?rer ce que Lacan a essay? d'avancer sur cette question et ce, en diff?rents temps de son enseignement. Je n'ai donc fait que lire ce qu'il en dit dans ces trois textes de ces ann?es 1948, 1950, donc tr?s peu de temps apr?s la guerre. Comme ce qu'il dit de cette "d?g?n?rescence catastrophique" de la fonction du p?re en 1974 est tr?s difficile ? cerner je m'en suis tir?e comme j'ai pu, si on peut dire en prenant le large, et donc en reprenant la question de textes en textes. Mais ce terme de "catastrophique" est de Lacan et non pas de moi. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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pour t?l?vision, je ne sais pas pourquoi cela s'arr?te ? l'?coute au bout de 18' , sur une image fixe qui dit: "vous lirez".(dans le contexte de d?chiffrement ? lire) est-ce volontaire? d'autre-part je me souvenais pas de Lacan gaucher, est-ce une inversion de l'image? pour r?inventar, pas r?ussi ? charger, il me manquerait un logiciel quick time et l? pas dou?e, pas r?ussi non plus, faut l'acheter? est aussi un Lacan vid?o? en tous cas merci de l'envoi, je me demande quand je saurai me servir de cette machine , OSX all?grement. amiti?s D. Le 24 ao?t 06 ? 09:04, Jacques Ponzio a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- http://www.sendspace.com/file/46wn7w http://www.sendspace.com/file/go7kce
amiti?s jp
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Le 24 ao?t 06, ? 12:04, notert a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- pour t?l?vision, je ne sais pas pourquoi cela s'arr?te ? l'?coute au bout de 18' , sur une image fixe qui dit: "vous lirez".(dans le contexte de d?chiffrement ? lire) est-ce volontaire?
non, du tout je ne vais pas m'amuser ? caviarder un film?
d'autre-part je me souvenais pas de Lacan gaucher, est-ce une inversion de l'image?
pas de mon fait en tout cas et je n'y avais pas pris garde
pour r?inventar, pas r?ussi ? charger, il me manquerait un logiciel quick time et l? pas dou?e, pas r?ussi non plus, faut l'acheter? est aussi un Lacan vid?o?
il faut distinguer charger et lire charger se fait en cliquant sur le lien lire se fait avec vlc pour windows : <http://www.01net.com/telecharger/windows/Multimedia/ lecteurs_video_dvd/fiches/23823.html> pour mac : <http://www.videolan.org/vlc/download-macosx.html> il y a des passages avec Lacan le film est en espagnol (que je ne pratique pas)
en tous cas merci de l'envoi, je me demande quand je saurai me servir de cette machine , OSX all?grement.
merci de ce retour
amiti?s D. Le 24 ao?t 06 ? 09:04, Jacques Ponzio a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- http://www.sendspace.com/file/46wn7w http://www.sendspace.com/file/go7kce
amiti?s jp
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merci pour ces films note : il ne faut les regarder "en ligne" (? tout moment la connexion risque d'?tre rompue, et il n'y a pas moyen de la reprendre, (? moins de payer un abonnement ? sendpace), mais les t?l?charger chez soi (le plus rapidement possible si on le peut (avec l'adsl le plus rapide possible)) , puis les regarder ? partir de son disque dur mj notert a ?crit : lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- pour t?l?vision, je ne sais pas pourquoi cela s'arr?te ? l'?coute au bout de 18' , sur une image fixe qui dit: "vous lirez".(dans le contexte de d?chiffrement ? lire) est-ce volontaire? d'autre-part je me souvenais pas de Lacan gaucher, est-ce une inversion de l'image? pour r?inventar, pas r?ussi ? charger, il me manquerait un logiciel quick time et l? pas dou?e, pas r?ussi non plus, faut l'acheter? est aussi un Lacan vid?o? en tous cas merci de l'envoi, je me demande quand je saurai me servir de cette machine , OSX all?grement. amiti?s D. Le 24 ao?t 06 ? 09:04, Jacques Ponzio a ?crit : lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- [1]http://www.sendspace.com/file/46wn7w [2]http://www.sendspace.com/file/go7kce amiti?s jp _______________________________________________ A question? click [3]Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list [4]Lutecium-group at lutecium.org [5]http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group _______________________________________________ A question? click [6]Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list [7]Lutecium-group at lutecium.org [8]http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group References 1. http://www.sendspace.com/file/46wn7w 2. http://www.sendspace.com/file/go7kce 3. mailto:Help-Me at lutecium.org 4. mailto:Lutecium-group at lutecium.org 5. http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group 6. mailto:Help-Me at lutecium.org 7. mailto:Lutecium-group at lutecium.org 8. http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
merci marc voici les quartier Lacan que j'ai ?t? oblig? de tron?onner pour satisfaire aux contraintes de sendspace http://www.sendspace.com/file/n5craw http://www.sendspace.com/file/qvguwz http://www.sendspace.com/file/ht6iyo ? suivre jp Le 24 ao?t 06, ? 12:32, marc a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
merci pour ces films note : il ne faut les regarder "en ligne" (? tout moment la connexion risque d'?tre rompue, et il n'y a pas moyen de la reprendre, (? moins de payer un abonnement ? sendpace), mais les t?l?charger chez soi (le plus rapidement possible si on le peut (avec l'adsl le plus rapide possible)) , puis les regarder ? partir de son disque dur
absolument
mj
? propos de Quartier Lacan Avez-vous d?j? rendu accessible la premi?re partie ? Si oui, comment y acc?der ? Si non, vivement de pouvoir en disposer ! Je piaffe ! D?s ? pr?sent : merci Guy FLECHER 03 88 35 20 63 Le 24 ao?t 06 ? 12:56, Jacques Ponzio a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- merci marc voici les quartier Lacan que j'ai ?t? oblig? de tron?onner pour satisfaire aux contraintes de sendspace http://www.sendspace.com/file/n5craw http://www.sendspace.com/file/qvguwz http://www.sendspace.com/file/ht6iyo
? suivre jp
Le 24 ao?t 06, ? 12:32, marc a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
merci pour ces films note : il ne faut les regarder "en ligne" (? tout moment la connexion risque d'?tre rompue, et il n'y a pas moyen de la reprendre, (? moins de payer un abonnement ? sendpace), mais les t?l?charger chez soi (le plus rapidement possible si on le peut (avec l'adsl le plus rapide possible)) , puis les regarder ? partir de son disque dur
absolument
mj
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comme de juste, la premi?re partie vient apr?s la deuxi?me;) si quelqu'un avait louvain en int?grale, je serais tr?s int?ress? jp PS ? l'attention de Bruno et/ou Jacques je pense que ces films peuvent ?tre plac?s dans la partie accessible aux inscrits ? lutecium en tout cas pour moi ces choses (et d'autres) doivent ?tre partag?es Le 24 ao?t 06, ? 18:43, Guy Flecher a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- ? propos de Quartier Lacan
Avez-vous d?j? rendu accessible la premi?re partie ? Si oui, comment y acc?der ? Si non, vivement de pouvoir en disposer ! Je piaffe !
D?s ? pr?sent : merci
Guy FLECHER 03 88 35 20 63
Le 24 ao?t 06 ? 12:56, Jacques Ponzio a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- merci marc voici les quartier Lacan que j'ai ?t? oblig? de tron?onner pour satisfaire aux contraintes de sendspace http://www.sendspace.com/file/n5craw http://www.sendspace.com/file/qvguwz http://www.sendspace.com/file/ht6iyo
? suivre jp
Le 24 ao?t 06, ? 12:32, marc a ?crit :
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merci pour ces films note : il ne faut les regarder "en ligne" (? tout moment la connexion risque d'?tre rompue, et il n'y a pas moyen de la reprendre, (? moins de payer un abonnement ? sendpace), mais les t?l?charger chez soi (le plus rapidement possible si on le peut (avec l'adsl le plus rapide possible)) , puis les regarder ? partir de son disque dur
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Amiti?, Jacques Ponzio le site du GRP www.legrp.org le site fran?ais de Thelonious Monk http://www.sojazz.org/monk/
Catherine, Je rajoute ceci ? mon message votre terme "petits Ayatollah du symbolique" fait bien s?r mouche, surtout m'?tant adress? et je me suis souvenue pour me consoler un peu que Lacan disait des psychanalystes qu'ils ?taient "des praticiens du symbolique", moi je trouve qu'ils sont aussi des po?tes du sympt?me et des troubadours de l'inconscient. Ils c?l?brent sa pr?sence discr?te et au reste ?pisodique. A bient?t. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 8:21 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Et bien voila Catherine, avec votre message vous pouvez nous dire ce que, vous, vous pensez. A partir de ces deux mots, "d?fendre", "attaquer" vous me donnez de quoi penser, penser quelque chose de nouveau par rapport ? ce que j'essaie d'avancer. Pour l'instant, je ne d?fends pas, ni je n'attaque d'ailleurs ce qu'il en de la m?taphore paternelle, j'essaie simplement de rep?rer ce que Lacan a essay? d'avancer sur cette question et ce, en diff?rents temps de son enseignement. Je n'ai donc fait que lire ce qu'il en dit dans ces trois textes de ces ann?es 1948, 1950, donc tr?s peu de temps apr?s la guerre. Comme ce qu'il dit de cette "d?g?n?rescence catastrophique" de la fonction du p?re en 1974 est tr?s difficile ? cerner je m'en suis tir?e comme j'ai pu, si on peut dire en prenant le large, et donc en reprenant la question de textes en textes. Mais ce terme de "catastrophique" est de Lacan et non pas de moi. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 9:22 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Votre ami Than-Thang Ly - qu'il me pardonne cette prise ? parti -, citant Antelme, ?crivait aujourd'hui (et c'est ? vous qu'il l'?crivait et ? propos de votre travail) : "Laissez-moi la place de crever...". C'est cette place qui part toute recouverte des oripeaux du nom du p?re que je ne retrouve jamais dans ce que vous ?crivez. Mais ? quoi sert donc le nom du p?re si ce n'est ? cette place. Le nom du p?re, il faut le d?fendre, mais pas trop fort, Liliane. Sinon, il prend toute la place, toute la place de ce qu'il devrait servir, et cette place n'est pas celle de sa d?fense. Il ne faut pas trop d?fendre le nom du p?re parce qu'il se d?fend tr?s bien tout seul. Si on le d?fend trop, on retire ce pourquoi il est fait. Et l'on devient de petits Ayatollah de la loi symbolique. Et quand le nom du p?re cherche ? prendre trop de place (et ? se d?truire lui-m?me), il est m?me parfaitement l?gitime, Liliane, de l'attaquer. -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 7:15 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Catherine, je sais bien que j'ai abord? un sujet fort scabreux, mais il me semble que ces questions m?ritent d'?tre pos?es et discut?es. En tout cas elles me tiennent ? coeur. Je dis ce que je pense mais je ne peux pas vous dire ce que je ne pense pas. Mais je vous accorde tout ? fait que ce que je pense peut ?tre tout ? fait sujet ? caution, en tout cas ? questionnement. Mais il en va de m?me pour tout ?tre humain. J'aime bien la phrase de Lacan qui me sert toujours un peu de talisman : "La v?rite rattrape toujours l'erreur au collet sous la forme de la m?prise". cela donne de l'espoir de savoir qu'avec cette dimension de l'erreur, la v?rit? finira quand m?me se donner le droit ? la parole. Vous me r?pondrez que c'est sous la forme de la m?prise. C'est toujours un peu de traviole, mais quand m?me ?a dit ce que ?a veut dire. ?a ne vaut donc pas le coup de se g?ner ! Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:39 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonsoir Liliane, Ce n'est pas ce que vous pensez qui me g?ne, c'est ce que vous ne pensez pas. Je ne suis pas en d?saccord avec ce que vous ?crivez. Simplement, il manque toujours de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. C'est triste et cette vue univoque de la psychanalyse me plonge tellement dans la d?solation que j'en perds le go?t d'argumenter. C'est ainsi... Bonne soir?e, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 5:23 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Catherine, Je pose une s?rie de questions et ne pr?tend nullement les avoir r?solues. Pour moi, c'est important qu'il existe un Autre castr? et donc d?sirant. C'est quand m?me autour de cela que fonctionne l'analyse, c'est ainsi que je comprends tout au moins ce que Lacan a avanc? du d?sir du psychanalyste. Je pense que cela ne peut tenir qu'avec cette proposition qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre. On ne peut se d?brouiller qu'avec nos sympt?mes que l'on emprunte m?me ? cet Autre, cela n'a en soi rien d'inf?mant. C'est la seule preuve que nous ayons de l'existence de l'inconscient. Qu'est-ce que vous en pensez ? Amicalement. Liliane. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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Liliane :
Catherine, Je rajoute ceci ? mon message votre terme "petits Ayatollah du symbolique" fait bien s?r mouche, surtout m'?tant adress? (...)
Ne prenez pas ce que je r?ponds comme s'adressant ? votre personne, Liliane. Il se trouve juste que le discours que vous soutenez est un discours assez commun de la part d'analystes, et c'est avec ce discours (non avec vous en tant que personne) que je suis en d?saccord. -- Catherine
Ch?re Liliane, Ch?re Catherine, Votre d?bat est tr?s int?ressant, et j'ai un exemple institutionnel ? vous soumettre. C'est aujourd'hui dans l'?cole o? je travaille la rentr?e scolaire. Ce matin donc, une ?l?ve est annonc?e absente, et sa m?re, appel?e, est surprise, car elle l'a envoy?e ? l'?cole. Cette ?l?ve de 15 ans refuse absolument d'entrer en classe. Sa meilleure amie est partie dans une autre ?cole, elle est certaine que personne ne l'aime, et ne veut pas rester ici. Le directeur la re?oit, elle et sa m?re : elle reconna?t qu'elle n'aime pas non plus les autres ?l?ves, elle pleure dans les bras de sa m?re, son non est cat?gorique. Je la re?ois donc ? la demande du directeur, et, apr?s un entretien au cours duquel, en pr?sence de sa m?re, elle m'explique ses peurs, et son refus, je lui propose d'aller avec elle dans la classe et de dire ? ses camarades qu'elle a peur d'eux. Surprise, elle accepte, mais au moment d'agir, elle revient ? sa position de refus. Jouant sur le malentendu, je me rends vers la classe, elle me suit, et comme elle ne veut pas entrer, je lui propose de rester devant la classe, et d'?couter ce que je vais dire ? ses camarades. Ceux-ci sont ?videmment surpris d'entendre qu'ils puissent faire peur. Ils jouent le jeu, et lorsque l'une des ?l?ves me dit qu'elle qu'elle voudrait bien que sa copine les rejoigne, je lui propose d'aller le lui dire elle-m?me. Elle sort. L'?l?ve persiste dans son refus. En fin de matin?e, une des ?l?ves de la classe est venue chercher sa copine, j'esp?re que cet apr?s-midi, elles reviendront ensemble. Il me semble que d'entendre ce que dit cette ?l?ve lorsqu'elle refuse de venir en classe, c'est d'accepter qu'il y ait l? ?mergence d'un sujet. C'est donc une position d'analyste. Il s'agit de dire : oui, tu as peur d'entre en classe. Toutefois, rien ne m'interdit d'y aller de mon d?sir que cette jeune fille rejoigne ses camarades, ce qu'elle accepte lorsqu'elle me voit d?cid?e. En fin de matin?e, elle ?crit : "On est all? ? notre (elle trace ce terme) classe de -----, elle leur a parl? de moi de mes peurs puis x...... est arriv?e, on a parl? un peu, ?a m'a fait du bien ! Pour apr?s-midi, j'ai encore un peu peur. J'esp?re que ?a va aller bien." Prendre au s?rieux ce dire que non ne ligote pas, mais de ma position ? moi, j'ai ? r?pondre. Qu'en pensez-vous ? Violaine Cl?ment
Bonjour Violaine, moi, je trouve ?a bien ce que vous avez fait ( ne prenez pas ?a pour une distribution de bons points parce que c'est par rapport ? notre discussion) il me semble que c'est ?a aussi la loi du p?re, pour dire les choses simplement, de faire que cette jeune fille ait envie de retourner en classe et, de plus, pour son plaisir. Et vous n'avez pas jou? au grand Autre non castr?, au Ma?tre, vous ne lui avait pas dit d'un ton autoritaire "allez file en classe", vous avez exist? en tant qu'Autre d?sirante pour elle, du coup elle a pu, elle aussi, vous dire qu'elle avait tr?s peur. Bien sympa, votre exemple pris sur le vif. Liliane. Mais promis je n'interviens plus, en ne ram?ne plus ma fraise ! ----- Original Message ----- From: "Violaine Clement" <violaine.clement at co-perolles.ch> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 12:34 PM Subject: [Lutecium-group] Sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Liliane, Ch?re Catherine, Votre d?bat est tr?s int?ressant, et j'ai un exemple institutionnel ? vous soumettre. C'est aujourd'hui dans l'?cole o? je travaille la rentr?e scolaire. Ce matin donc, une ?l?ve est annonc?e absente, et sa m?re, appel?e, est surprise, car elle l'a envoy?e ? l'?cole. Cette ?l?ve de 15 ans refuse absolument d'entrer en classe. Sa meilleure amie est partie dans une autre ?cole, elle est certaine que personne ne l'aime, et ne veut pas rester ici. Le directeur la re?oit, elle et sa m?re : elle reconna?t qu'elle n'aime pas non plus les autres ?l?ves, elle pleure dans les bras de sa m?re, son non est cat?gorique. Je la re?ois donc ? la demande du directeur, et, apr?s un entretien au cours duquel, en pr?sence de sa m?re, elle m'explique ses peurs, et son refus, je lui propose d'aller avec elle dans la classe et de dire ? ses camarades qu'elle a peur d'eux. Surprise, elle accepte, mais au moment d'agir, elle revient ? sa position de refus. Jouant sur le malentendu, je me rends vers la classe, elle me suit, et comme elle ne veut pas entrer, je lui propose de rester devant la classe, et d'?couter ce que je vais dire ? ses camarades. Ceux-ci sont ?videmment surpris d'entendre qu'ils puissent faire peur. Ils jouent le jeu, et lorsque l'une des ?l?ves me dit qu'elle qu'elle voudrait bien que sa copine les rejoigne, je lui propose d'aller le lui dire elle-m?me. Elle sort. L'?l?ve persiste dans son refus. En fin de matin?e, une des ?l?ves de la classe est venue chercher sa copine, j'esp?re que cet apr?s-midi, elles reviendront ensemble. Il me semble que d'entendre ce que dit cette ?l?ve lorsqu'elle refuse de venir en classe, c'est d'accepter qu'il y ait l? ?mergence d'un sujet. C'est donc une position d'analyste. Il s'agit de dire : oui, tu as peur d'entre en classe. Toutefois, rien ne m'interdit d'y aller de mon d?sir que cette jeune fille rejoigne ses camarades, ce qu'elle accepte lorsqu'elle me voit d?cid?e. En fin de matin?e, elle ?crit : "On est all? ? notre (elle trace ce terme) classe de -----, elle leur a parl? de moi de mes peurs puis x...... est arriv?e, on a parl? un peu, ?a m'a fait du bien ! Pour apr?s-midi, j'ai encore un peu peur. J'esp?re que ?a va aller bien." Prendre au s?rieux ce dire que non ne ligote pas, mais de ma position ? moi, j'ai ? r?pondre. Qu'en pensez-vous ? Violaine Cl?ment _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Moi je l'aime bien votre fraise Liliane. Une fraise qui, par ailleurs, ram?ne souvent au noeud du probl?me, pour ne pas dire de la question. Pour en revenir au d?bat passionn? de ces derni?res heures, cela ne coincerait-il pas du fait que les concepts sont utilis?s ? des sauces quelque peu vari?es par les uns et les autres... Peut-?tre pourrait-on dire tout cela de mani?re plus simple -plus inventive? Il se fait, d'ailleurs, que c'est au moment o? a surgi l'exemple bien r?el, bien concret, que le rythme des ?changes est devenu musique. Ce n'est pas ? vous que je vais l'apprendre, Lacan disait de lui qu'il ?tait celui qui avait lu Freud. Traducteurs que nous sommes. ?vitons le pi?ge du mot ? mot et allons du sens au sens, autrement cela n'a pas de sens dans le sens que cela devient insens?, quelque peu d?lirant. Si les concepts et les formules ne sont plus l? pour nous aider ? saisir l'objet analys? en nous donnant une compr?hension commune, mais qu'ils deviennent alibis, quand ce n'est pas obstacle ? ce saissement, alors, retour au r?el et ? la re-lecture. C'est pourquoi Liliane, je vous r?ponds : merci pour la fraise -il fallait bien que quelqu'un la pr?t, cette place, dans le d?bat!- et au plaisir de vous lire tr?s bient?t. JC PS Merci aux autres aussi, m?me si je n'en partage pas les analyses -il fallait bien que d'autres prissent cette place autre dans ce m?me d?bat. ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 1:05 PM Subject: Re: [Lutecium-group]Sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour Violaine, moi, je trouve ?a bien ce que vous avez fait ( ne prenez pas ?a pour une distribution de bons points parce que c'est par rapport ? notre discussion) il me semble que c'est ?a aussi la loi du p?re, pour dire les choses simplement, de faire que cette jeune fille ait envie de retourner en classe et, de plus, pour son plaisir. Et vous n'avez pas jou? au grand Autre non castr?, au Ma?tre, vous ne lui avait pas dit d'un ton autoritaire "allez file en classe", vous avez exist? en tant qu'Autre d?sirante pour elle, du coup elle a pu, elle aussi, vous dire qu'elle avait tr?s peur. Bien sympa, votre exemple pris sur le vif. Liliane. Mais promis je n'interviens plus, en ne ram?ne plus ma fraise ! ----- Original Message ----- From: "Violaine Clement" <violaine.clement at co-perolles.ch> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 12:34 PM Subject: [Lutecium-group] Sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Liliane, Ch?re Catherine, Votre d?bat est tr?s int?ressant, et j'ai un exemple institutionnel ? vous soumettre. C'est aujourd'hui dans l'?cole o? je travaille la rentr?e scolaire. Ce matin donc, une ?l?ve est annonc?e absente, et sa m?re, appel?e, est surprise, car elle l'a envoy?e ? l'?cole. Cette ?l?ve de 15 ans refuse absolument d'entrer en classe. Sa meilleure amie est partie dans une autre ?cole, elle est certaine que personne ne l'aime, et ne veut pas rester ici. Le directeur la re?oit, elle et sa m?re : elle reconna?t qu'elle n'aime pas non plus les autres ?l?ves, elle pleure dans les bras de sa m?re, son non est cat?gorique. Je la re?ois donc ? la demande du directeur, et, apr?s un entretien au cours duquel, en pr?sence de sa m?re, elle m'explique ses peurs, et son refus, je lui propose d'aller avec elle dans la classe et de dire ? ses camarades qu'elle a peur d'eux. Surprise, elle accepte, mais au moment d'agir, elle revient ? sa position de refus. Jouant sur le malentendu, je me rends vers la classe, elle me suit, et comme elle ne veut pas entrer, je lui propose de rester devant la classe, et d'?couter ce que je vais dire ? ses camarades. Ceux-ci sont ?videmment surpris d'entendre qu'ils puissent faire peur. Ils jouent le jeu, et lorsque l'une des ?l?ves me dit qu'elle qu'elle voudrait bien que sa copine les rejoigne, je lui propose d'aller le lui dire elle-m?me. Elle sort. L'?l?ve persiste dans son refus. En fin de matin?e, une des ?l?ves de la classe est venue chercher sa copine, j'esp?re que cet apr?s-midi, elles reviendront ensemble. Il me semble que d'entendre ce que dit cette ?l?ve lorsqu'elle refuse de venir en classe, c'est d'accepter qu'il y ait l? ?mergence d'un sujet. C'est donc une position d'analyste. Il s'agit de dire : oui, tu as peur d'entre en classe. Toutefois, rien ne m'interdit d'y aller de mon d?sir que cette jeune fille rejoigne ses camarades, ce qu'elle accepte lorsqu'elle me voit d?cid?e. En fin de matin?e, elle ?crit : "On est all? ? notre (elle trace ce terme) classe de -----, elle leur a parl? de moi de mes peurs puis x...... est arriv?e, on a parl? un peu, ?a m'a fait du bien ! Pour apr?s-midi, j'ai encore un peu peur. J'esp?re que ?a va aller bien." Prendre au s?rieux ce dire que non ne ligote pas, mais de ma position ? moi, j'ai ? r?pondre. Qu'en pensez-vous ? Violaine Cl?ment _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group -------------------------------------------------------------------------------- Ma Bo?te de R?ception est prot?g?e par SPAMfighter 5290 e-mails spam ont ?t? bloqu?s jusqu'? maintenant. T?l?chargez au jour d'hui gratuitement SPAMfighter !
Prendre au s?rieux ce dire que non ne ligote pas, mais de ma position ? moi, j'ai ? r?pondre. Je trouve cela tres bien , je voulais dire super ; cela ne vous a t il pas grise ? agir , physiquement dans ce bourbier appele ecole . Franck --- Violaine Clement <violaine.clement at co-perolles.ch> a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Ch?re Liliane, Ch?re Catherine,
Votre d?bat est tr?s int?ressant, et j'ai un exemple institutionnel ? vous soumettre.
C'est aujourd'hui dans l'?cole o? je travaille la rentr?e scolaire. Ce matin donc, une ?l?ve est annonc?e absente, et sa m?re, appel?e, est surprise, car elle l'a envoy?e ? l'?cole.
Cette ?l?ve de 15 ans refuse absolument d'entrer en classe. Sa meilleure amie est partie dans une autre ?cole, elle est certaine que personne ne l'aime, et ne veut pas rester ici. Le directeur la re?oit, elle et sa m?re : elle reconna?t qu'elle n'aime pas non plus les autres ?l?ves, elle pleure dans les bras de sa m?re, son non est cat?gorique. Je la re?ois donc ? la demande du directeur, et, apr?s un entretien au cours duquel, en pr?sence de sa m?re, elle m'explique ses peurs, et son refus, je lui propose d'aller avec elle dans la classe et de dire ? ses camarades qu'elle a peur d'eux. Surprise, elle accepte, mais au moment d'agir, elle revient ? sa position de refus. Jouant sur le malentendu, je me rends vers la classe, elle me suit, et comme elle ne veut pas entrer, je lui propose de rester devant la classe, et d'?couter ce que je vais dire ? ses camarades. Ceux-ci sont ?videmment surpris d'entendre qu'ils puissent faire peur. Ils jouent le jeu, et lorsque l'une des ?l?ves me dit qu'elle qu'elle voudrait bien que sa copine les rejoigne, je lui propose d'aller le lui dire elle-m?me. Elle sort. L'?l?ve persiste dans son refus.
En fin de matin?e, une des ?l?ves de la classe est venue chercher sa copine, j'esp?re que cet apr?s-midi, elles reviendront ensemble.
Il me semble que d'entendre ce que dit cette ?l?ve lorsqu'elle refuse de venir en classe, c'est d'accepter qu'il y ait l? ?mergence d'un sujet. C'est donc une position d'analyste. Il s'agit de dire : oui, tu as peur d'entre en classe. Toutefois, rien ne m'interdit d'y aller de mon d?sir que cette jeune fille rejoigne ses camarades, ce qu'elle accepte lorsqu'elle me voit d?cid?e. En fin de matin?e, elle ?crit : "On est all? ? notre (elle trace ce terme) classe de -----, elle leur a parl? de moi de mes peurs puis x...... est arriv?e, on a parl? un peu, ?a m'a fait du bien ! Pour apr?s-midi, j'ai encore un peu peur. J'esp?re que ?a va aller bien." Prendre au s?rieux ce dire que non ne ligote pas, mais de ma position ? moi, j'ai ? r?pondre.
Qu'en pensez-vous ?
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Ch?re Catherine, vous avez bien fait d'argumenter parce que je commence ? piger ce contre quoi vous vous insurgez , mais je dirais, avec mes mots, qu'il me semble que c'est alors un appel ? la m?taphore paternelle de chiqu?, qui n'est l? que parce que la th?orie analytique a ?nonc? - et autant le dire, Lacan - qu'elle ?tait n?cessaire. C'est une parodie. C'est quand m?me toute autre chose quand elle peut donner acc?s ? la parole du sujet, au del? de ses relations imaginaires agressives et surtout de jalousie ? ses petits autres rivaux. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, August 24, 2006 11:34 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Liliane :
Catherine, Je rajoute ceci ? mon message votre terme "petits Ayatollah du symbolique" fait bien s?r mouche, surtout m'?tant adress? (...)
Ne prenez pas ce que je r?ponds comme s'adressant ? votre personne, Liliane. Il se trouve juste que le discours que vous soutenez est un discours assez commun de la part d'analystes, et c'est avec ce discours (non avec vous en tant que personne) que je suis en d?saccord. -- Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Ch?re Catherine, vous avez bien fait d'argumenter parce que je commence ?
Liliane Fainsilber : piger ce contre quoi vous vous insurgez , mais je dirais, avec mes mots, qu'il me semble que c'est alors un appel ? la m?taphore paternelle de chiqu?, qui n'est l? que parce que la th?orie analytique a ?nonc? - et autant le dire, Lacan - qu'elle ?tait n?cessaire. C'est une parodie. C'est quand m?me toute autre chose quand elle peut donner acc?s ? la parole du sujet, au del? de ses relations imaginaires agressives et surtout de jalousie ? ses petits autres rivaux. Amicalement. Liliane. C'est plus profond que cela ; ce que je disais ne se cantonne pas ? l'exemple des institutions que j'ai donn?. Le "chiqu?", de mon point de vue, c'est de penser que la fonction paternelle peut tout r?guler. Ou que le v?cu oedipien structure tout notre psychisme. Il faut faire attention ? ce "tout". Parce qu'il y a un totalitarisme possible derri?re, avec, je le disais, le danger de mort psychique. La fonction paternelle ne peut pas tout. Il y a un reste, du c?t? du r?el. Ne pas le prendre en compte peut rendre fou (du c?t? de l'hyst?rie) ou m?chamment cr?tin (du c?t? de l'obsessionnel). Elle est l? la "parodie", c'en est une parce que en attendre autant de la fonction paternelle ne correspond ? aucune r?alit? psychique, si ce n'est pathologique (et pathog?ne). C'est donc une parodie th?orique. Je crois qu'il n'y a pas d'autre fa?on de s'?viter, au moins un peu, ce genre de parodie, qu'en laissant une petite place au r?el dans la fa?on dont on pense la r?alit? psychique. Ou au moins est-ce une fa?on de se souvenir qu'il y a un d?calage, un c?t? chiqu?, dans toute th?orisation, et de laisser sa chance au sujet "tel quel", si je puis dire, d?barrass? de nos th?orisations. Je ne sais pas si je suis claire. Disons que tout ce qui tourne autour de la loi symbolique, de la fonction paternelle, est aussi ce qui repr?sente le plus grand danger pour la psychanalyse de croire qu'elle peut tout solutionner. Peut-?tre que ce serait plus compr?hensible pour vous ? partir du phallus, puisque vous dites dans un de vos textes qu'"il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche" (de m?moire). Or m?me si l'on est dupe de ce semblant, ?a n'est pas du 100%. Je crois me souvenir que les dupes aussi, errent. Je trouve dommage de pense que toutes les errances sont des impasses. Bonne journ?e, -- Catherine
Ch?re Catherine, vous avez bien fait d'argumenter parce que je commence ?
O ! la la !Catherine, je d?couvre que nous sommes presque d'accord : avec ce "il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche", qui est effectivement de mon cru, on peut dire que c'est ?a le r?el et que c'est la m?taphore paternelle qui nous y donne acc?s. Ce phallus pour du beurre, c'est le phallus imaginaire, le phallus symbolique, lui, en tant qu'?lev? au rang de signifiant est ce qui marque, selon Lacan, je n'invente rien mais je le dis avec mes mots, que l'Autre, celui ? qui on se r?f?re, ? qui on adresse sa demande d'amour et donc de reconnaissance et tout aussi castr? que nous-m?me et que donc pour ce qu'il en est de sa reconnaissance, on peut toujours courir. Elle aussi - cette reconnaissance - ne peut ?tre que du chiqu?. Ca aussi, c'est du r?el. Lacan le marque de ce Signifiant de grand A barr?. Mais quand m?me sans le symbolique, aucun r?el ne peut ?tre approch?, nous n'avons donc aucun int?r?t ? lui tordre le cou, sans lui nous deviendrons tous fous comme des lapins. Ce r?el, il se manifeste par des sympt?mes, le Sinthome en est sa lettre, une sorte d'effet de retour sur ce r?el, quand seulement quand celui qui faisait sympt?me est interpr?t?. Mais ? moins d'analyse ou de sublimation, ce qui f?t la chance de Joyce, ce sinthome nous n'avons pas le chiffre. On peut dire que c'est en quelque sorte le chiffre de notre destin?e. Il fonctionne tout seul et ignor? de nous. Comment pouvez-vous penser que dans l'analyse on ne peut pas tenir compte du r?el ? Si on n'en tient pas compte, on est hors analyse et c'est vrai que certaines approches th?oriques qui jonglent avec du signifiant peuvent en faire partie ( de cet hors champ). Il me semble que c'est ce que disait Freud que pour savoir ce qu'est l'inconscient, comment il existe, rien ne peut nous ?viter d'en faire l'exp?rience par l'analyse, et encore une analyse pouss?e tr?s loin. Ceci ne peut en effet s'apprendre dans les livres ou dans les s?minaires, pas plus ceux de Freud que ceux de Lacan. Mais la plupart des analystes, j'ose l'esp?rer, on fait une analyse, donc le r?el, ils ont d? l'?prouver, car c'est une ?preuve, quand il vous tombe, si je puis dire sur le coin de la gueule. Mais inutile de le cacher, il y a aussi des analyses qui sont du chiqu?. Merci Catherine, de d?ployer cette argumentation, qui me fait bien travailler moi aussi. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, August 25, 2006 9:59 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Liliane Fainsilber : piger ce contre quoi vous vous insurgez , mais je dirais, avec mes mots, qu'il me semble que c'est alors un appel ? la m?taphore paternelle de chiqu?, qui n'est l? que parce que la th?orie analytique a ?nonc? - et autant le dire, Lacan - qu'elle ?tait n?cessaire. C'est une parodie. C'est quand m?me toute autre chose quand elle peut donner acc?s ? la parole du sujet, au del? de ses relations imaginaires agressives et surtout de jalousie ? ses petits autres rivaux. Amicalement. Liliane. C'est plus profond que cela ; ce que je disais ne se cantonne pas ? l'exemple des institutions que j'ai donn?. Le "chiqu?", de mon point de vue, c'est de penser que la fonction paternelle peut tout r?guler. Ou que le v?cu oedipien structure tout notre psychisme. Il faut faire attention ? ce "tout". Parce qu'il y a un totalitarisme possible derri?re, avec, je le disais, le danger de mort psychique. La fonction paternelle ne peut pas tout. Il y a un reste, du c?t? du r?el. Ne pas le prendre en compte peut rendre fou (du c?t? de l'hyst?rie) ou m?chamment cr?tin (du c?t? de l'obsessionnel). Elle est l? la "parodie", c'en est une parce que en attendre autant de la fonction paternelle ne correspond ? aucune r?alit? psychique, si ce n'est pathologique (et pathog?ne). C'est donc une parodie th?orique. Je crois qu'il n'y a pas d'autre fa?on de s'?viter, au moins un peu, ce genre de parodie, qu'en laissant une petite place au r?el dans la fa?on dont on pense la r?alit? psychique. Ou au moins est-ce une fa?on de se souvenir qu'il y a un d?calage, un c?t? chiqu?, dans toute th?orisation, et de laisser sa chance au sujet "tel quel", si je puis dire, d?barrass? de nos th?orisations. Je ne sais pas si je suis claire. Disons que tout ce qui tourne autour de la loi symbolique, de la fonction paternelle, est aussi ce qui repr?sente le plus grand danger pour la psychanalyse de croire qu'elle peut tout solutionner. Peut-?tre que ce serait plus compr?hensible pour vous ? partir du phallus, puisque vous dites dans un de vos textes qu'"il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche" (de m?moire). Or m?me si l'on est dupe de ce semblant, ?a n'est pas du 100%. Je crois me souvenir que les dupes aussi, errent. Je trouve dommage de pense que toutes les errances sont des impasses. Bonne journ?e, -- Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Ch?re Catherine, vous avez bien fait d'argumenter parce que je commence ?
Bien, nous voil?, me semble-t-il d'accord (du moins ? gros traits) sur la relativit? que donne le r?el au symbolique, et ? la fonction paternelle par o? ce symbolique trouve ses inscriptions. Ok pour appeler cette relativit? sinthome. Nous sommes d'accord aussi, me semble-t-il, pour dire que cette relativit? n'est aucunement une annulation d'un symbolique ? combien n?cessaire. Alors, tentons d'avancer encore un peu. Je reprends cette phrase de votre message : "Comment pouvez-vous penser que dans l'analyse on ne peut pas tenir compte du r?el ?" Je le pense parce qu'il y a des analystes, et pas rien qu'un peu, et chez les lacaniens aussi, pour dire qu'ils ne s'appuient que sur le symbolique. Que le r?el est ce qui doit ?tre absolument banni. Qu'il apparaisse et ?a y est, on est dans l'inanalysable, et le contrat analytique est au bord d'?tre rompu... Etc, etc... Le consensus en psychanalyse actuellement, il me semble ?tre de ce c?t? l?. Pas du tout du c?t? d'une prise en compte du r?el. Vous ne trouvez pas ? C'est pour cela que lorsque vous parliez, dans votre texte, de "la d?g?n?rescence catastrophique" de la fonction paternelle, certes ? la suite de Lacan, j'ai trouv? qu'il aurait fallu que ce soit contrebalanc?, ? certains endroits de votre texte, par quelque argumentation qui dise aussi ce que la fonction paternelle ne peut pas, ses limites. Parce que tel quel, ce me semble ?tre typiquement le genre de texte qui trouvera grand nombre de preneurs du c?t? de ceux qui n'en veulent rien savoir du r?el, et qui fondent toute leur pratique sur une fonction paternelle rendue f?roce d'aveuglement. Et cela aussi est une d?g?n?r?scense catastrophique. Bon. Il nous reste la question de l'agressivit? sur les bras. Bon, que la fonction paternelle vienne r?guler l'agressivit? issue des rivalit?s oedipiennes, ok. Mais n'y a-t-il pas une violence plus fondamentale, qui est celle de ce bout de r?el qui nous engouffre parfois, et dont l'Oedipe ne vient pas ? bout. Qu'en fait-on ? Comment en prend-on acte sans chercher ? l'?vincer par une fonction paternelle qui touche l? ? sa limite? -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, August 25, 2006 1:24 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- O ! la la !Catherine, je d?couvre que nous sommes presque d'accord : avec ce "il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche", qui est effectivement de mon cru, on peut dire que c'est ?a le r?el et que c'est la m?taphore paternelle qui nous y donne acc?s. Ce phallus pour du beurre, c'est le phallus imaginaire, le phallus symbolique, lui, en tant qu'?lev? au rang de signifiant est ce qui marque, selon Lacan, je n'invente rien mais je le dis avec mes mots, que l'Autre, celui ? qui on se r?f?re, ? qui on adresse sa demande d'amour et donc de reconnaissance et tout aussi castr? que nous-m?me et que donc pour ce qu'il en est de sa reconnaissance, on peut toujours courir. Elle aussi - cette reconnaissance - ne peut ?tre que du chiqu?. Ca aussi, c'est du r?el. Lacan le marque de ce Signifiant de grand A barr?. Mais quand m?me sans le symbolique, aucun r?el ne peut ?tre approch?, nous n'avons donc aucun int?r?t ? lui tordre le cou, sans lui nous deviendrons tous fous comme des lapins. Ce r?el, il se manifeste par des sympt?mes, le Sinthome en est sa lettre, une sorte d'effet de retour sur ce r?el, quand seulement quand celui qui faisait sympt?me est interpr?t?. Mais ? moins d'analyse ou de sublimation, ce qui f?t la chance de Joyce, ce sinthome nous n'avons pas le chiffre. On peut dire que c'est en quelque sorte le chiffre de notre destin?e. Il fonctionne tout seul et ignor? de nous. Comment pouvez-vous penser que dans l'analyse on ne peut pas tenir compte du r?el ? Si on n'en tient pas compte, on est hors analyse et c'est vrai que certaines approches th?oriques qui jonglent avec du signifiant peuvent en faire partie ( de cet hors champ). Il me semble que c'est ce que disait Freud que pour savoir ce qu'est l'inconscient, comment il existe, rien ne peut nous ?viter d'en faire l'exp?rience par l'analyse, et encore une analyse pouss?e tr?s loin. Ceci ne peut en effet s'apprendre dans les livres ou dans les s?minaires, pas plus ceux de Freud que ceux de Lacan. Mais la plupart des analystes, j'ose l'esp?rer, on fait une analyse, donc le r?el, ils ont d? l'?prouver, car c'est une ?preuve, quand il vous tombe, si je puis dire sur le coin de la gueule. Mais inutile de le cacher, il y a aussi des analyses qui sont du chiqu?. Merci Catherine, de d?ployer cette argumentation, qui me fait bien travailler moi aussi. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, August 25, 2006 9:59 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Liliane Fainsilber : piger ce contre quoi vous vous insurgez , mais je dirais, avec mes mots, qu'il me semble que c'est alors un appel ? la m?taphore paternelle de chiqu?, qui n'est l? que parce que la th?orie analytique a ?nonc? - et autant le dire, Lacan - qu'elle ?tait n?cessaire. C'est une parodie. C'est quand m?me toute autre chose quand elle peut donner acc?s ? la parole du sujet, au del? de ses relations imaginaires agressives et surtout de jalousie ? ses petits autres rivaux. Amicalement. Liliane. C'est plus profond que cela ; ce que je disais ne se cantonne pas ? l'exemple des institutions que j'ai donn?. Le "chiqu?", de mon point de vue, c'est de penser que la fonction paternelle peut tout r?guler. Ou que le v?cu oedipien structure tout notre psychisme. Il faut faire attention ? ce "tout". Parce qu'il y a un totalitarisme possible derri?re, avec, je le disais, le danger de mort psychique. La fonction paternelle ne peut pas tout. Il y a un reste, du c?t? du r?el. Ne pas le prendre en compte peut rendre fou (du c?t? de l'hyst?rie) ou m?chamment cr?tin (du c?t? de l'obsessionnel). Elle est l? la "parodie", c'en est une parce que en attendre autant de la fonction paternelle ne correspond ? aucune r?alit? psychique, si ce n'est pathologique (et pathog?ne). C'est donc une parodie th?orique. Je crois qu'il n'y a pas d'autre fa?on de s'?viter, au moins un peu, ce genre de parodie, qu'en laissant une petite place au r?el dans la fa?on dont on pense la r?alit? psychique. Ou au moins est-ce une fa?on de se souvenir qu'il y a un d?calage, un c?t? chiqu?, dans toute th?orisation, et de laisser sa chance au sujet "tel quel", si je puis dire, d?barrass? de nos th?orisations. Je ne sais pas si je suis claire. Disons que tout ce qui tourne autour de la loi symbolique, de la fonction paternelle, est aussi ce qui repr?sente le plus grand danger pour la psychanalyse de croire qu'elle peut tout solutionner. Peut-?tre que ce serait plus compr?hensible pour vous ? partir du phallus, puisque vous dites dans un de vos textes qu'"il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche" (de m?moire). Or m?me si l'on est dupe de ce semblant, ?a n'est pas du 100%. Je crois me souvenir que les dupes aussi, errent. Je trouve dommage de pense que toutes les errances sont des impasses. Bonne journ?e, -- Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 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Ch?re Catherine, vous avez bien fait d'argumenter parce que je commence ?
Mais Catherine, s'il y "d?g?n?rescence catastrophique", c'est bien parce que cette fonction paternelle ou symbolique, rencontre ses limites. et le terme de "catastrophe" est un terme fort : c'est du d?sastre, je rajoute, un d?sastre subjectif. Et ?a c'est du r?el. Mais vous avez raison j'avais appuy? sur ses effets b?n?fiques, en attendant de d?montrer les effets de ses manquements. Je pense que c'?tait une maladresse de ma d?monstration. Je veillerai au grain et c'est en quoi, cette discussion m'a ?t? tr?s utile. Bonne journ?e. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, August 25, 2006 2:17 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bien, nous voil?, me semble-t-il d'accord (du moins ? gros traits) sur la relativit? que donne le r?el au symbolique, et ? la fonction paternelle par o? ce symbolique trouve ses inscriptions. Ok pour appeler cette relativit? sinthome. Nous sommes d'accord aussi, me semble-t-il, pour dire que cette relativit? n'est aucunement une annulation d'un symbolique ? combien n?cessaire. Alors, tentons d'avancer encore un peu. Je reprends cette phrase de votre message : "Comment pouvez-vous penser que dans l'analyse on ne peut pas tenir compte du r?el ?" Je le pense parce qu'il y a des analystes, et pas rien qu'un peu, et chez les lacaniens aussi, pour dire qu'ils ne s'appuient que sur le symbolique. Que le r?el est ce qui doit ?tre absolument banni. Qu'il apparaisse et ?a y est, on est dans l'inanalysable, et le contrat analytique est au bord d'?tre rompu... Etc, etc... Le consensus en psychanalyse actuellement, il me semble ?tre de ce c?t? l?. Pas du tout du c?t? d'une prise en compte du r?el. Vous ne trouvez pas ? C'est pour cela que lorsque vous parliez, dans votre texte, de "la d?g?n?rescence catastrophique" de la fonction paternelle, certes ? la suite de Lacan, j'ai trouv? qu'il aurait fallu que ce soit contrebalanc?, ? certains endroits de votre texte, par quelque argumentation qui dise aussi ce que la fonction paternelle ne peut pas, ses limites. Parce que tel quel, ce me semble ?tre typiquement le genre de texte qui trouvera grand nombre de preneurs du c?t? de ceux qui n'en veulent rien savoir du r?el, et qui fondent toute leur pratique sur une fonction paternelle rendue f?roce d'aveuglement. Et cela aussi est une d?g?n?r?scense catastrophique. Bon. Il nous reste la question de l'agressivit? sur les bras. Bon, que la fonction paternelle vienne r?guler l'agressivit? issue des rivalit?s oedipiennes, ok. Mais n'y a-t-il pas une violence plus fondamentale, qui est celle de ce bout de r?el qui nous engouffre parfois, et dont l'Oedipe ne vient pas ? bout. Qu'en fait-on ? Comment en prend-on acte sans chercher ? l'?vincer par une fonction paternelle qui touche l? ? sa limite? -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, August 25, 2006 1:24 PM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- O ! la la !Catherine, je d?couvre que nous sommes presque d'accord : avec ce "il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche", qui est effectivement de mon cru, on peut dire que c'est ?a le r?el et que c'est la m?taphore paternelle qui nous y donne acc?s. Ce phallus pour du beurre, c'est le phallus imaginaire, le phallus symbolique, lui, en tant qu'?lev? au rang de signifiant est ce qui marque, selon Lacan, je n'invente rien mais je le dis avec mes mots, que l'Autre, celui ? qui on se r?f?re, ? qui on adresse sa demande d'amour et donc de reconnaissance et tout aussi castr? que nous-m?me et que donc pour ce qu'il en est de sa reconnaissance, on peut toujours courir. Elle aussi - cette reconnaissance - ne peut ?tre que du chiqu?. Ca aussi, c'est du r?el. Lacan le marque de ce Signifiant de grand A barr?. Mais quand m?me sans le symbolique, aucun r?el ne peut ?tre approch?, nous n'avons donc aucun int?r?t ? lui tordre le cou, sans lui nous deviendrons tous fous comme des lapins. Ce r?el, il se manifeste par des sympt?mes, le Sinthome en est sa lettre, une sorte d'effet de retour sur ce r?el, quand seulement quand celui qui faisait sympt?me est interpr?t?. Mais ? moins d'analyse ou de sublimation, ce qui f?t la chance de Joyce, ce sinthome nous n'avons pas le chiffre. On peut dire que c'est en quelque sorte le chiffre de notre destin?e. Il fonctionne tout seul et ignor? de nous. Comment pouvez-vous penser que dans l'analyse on ne peut pas tenir compte du r?el ? Si on n'en tient pas compte, on est hors analyse et c'est vrai que certaines approches th?oriques qui jonglent avec du signifiant peuvent en faire partie ( de cet hors champ). Il me semble que c'est ce que disait Freud que pour savoir ce qu'est l'inconscient, comment il existe, rien ne peut nous ?viter d'en faire l'exp?rience par l'analyse, et encore une analyse pouss?e tr?s loin. Ceci ne peut en effet s'apprendre dans les livres ou dans les s?minaires, pas plus ceux de Freud que ceux de Lacan. Mais la plupart des analystes, j'ose l'esp?rer, on fait une analyse, donc le r?el, ils ont d? l'?prouver, car c'est une ?preuve, quand il vous tombe, si je puis dire sur le coin de la gueule. Mais inutile de le cacher, il y a aussi des analyses qui sont du chiqu?. Merci Catherine, de d?ployer cette argumentation, qui me fait bien travailler moi aussi. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, August 25, 2006 9:59 AM Subject: Re: [Lutecium-group]quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Liliane Fainsilber : piger ce contre quoi vous vous insurgez , mais je dirais, avec mes mots, qu'il me semble que c'est alors un appel ? la m?taphore paternelle de chiqu?, qui n'est l? que parce que la th?orie analytique a ?nonc? - et autant le dire, Lacan - qu'elle ?tait n?cessaire. C'est une parodie. C'est quand m?me toute autre chose quand elle peut donner acc?s ? la parole du sujet, au del? de ses relations imaginaires agressives et surtout de jalousie ? ses petits autres rivaux. Amicalement. Liliane. C'est plus profond que cela ; ce que je disais ne se cantonne pas ? l'exemple des institutions que j'ai donn?. Le "chiqu?", de mon point de vue, c'est de penser que la fonction paternelle peut tout r?guler. Ou que le v?cu oedipien structure tout notre psychisme. Il faut faire attention ? ce "tout". Parce qu'il y a un totalitarisme possible derri?re, avec, je le disais, le danger de mort psychique. La fonction paternelle ne peut pas tout. Il y a un reste, du c?t? du r?el. Ne pas le prendre en compte peut rendre fou (du c?t? de l'hyst?rie) ou m?chamment cr?tin (du c?t? de l'obsessionnel). Elle est l? la "parodie", c'en est une parce que en attendre autant de la fonction paternelle ne correspond ? aucune r?alit? psychique, si ce n'est pathologique (et pathog?ne). C'est donc une parodie th?orique. Je crois qu'il n'y a pas d'autre fa?on de s'?viter, au moins un peu, ce genre de parodie, qu'en laissant une petite place au r?el dans la fa?on dont on pense la r?alit? psychique. Ou au moins est-ce une fa?on de se souvenir qu'il y a un d?calage, un c?t? chiqu?, dans toute th?orisation, et de laisser sa chance au sujet "tel quel", si je puis dire, d?barrass? de nos th?orisations. Je ne sais pas si je suis claire. Disons que tout ce qui tourne autour de la loi symbolique, de la fonction paternelle, est aussi ce qui repr?sente le plus grand danger pour la psychanalyse de croire qu'elle peut tout solutionner. Peut-?tre que ce serait plus compr?hensible pour vous ? partir du phallus, puisque vous dites dans un de vos textes qu'"il n'y a pas plus de phallus que de beurre en broche" (de m?moire). Or m?me si l'on est dupe de ce semblant, ?a n'est pas du 100%. Je crois me souvenir que les dupes aussi, errent. Je trouve dommage de pense que toutes les errances sont des impasses. Bonne journ?e, -- Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group ---------------------------------------------------------------------------- ----------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Chers coll?gues, Chers (?s) amis (es) L'?change de vues sur l'agressivit?, anim? ici entre plusieurs personnes, se cristallise dans l'actualit? m?ditique des guerres. L'angoisse qu'elle suscite aussi. Ci-joint l'annonce d'un colloque o? cela sera ?voqu?.. . En vous attendand, Bien amicalement, Gricelda Sarmiento CENTRE DE RECHERCHE EN PSYCHANALYSE ET ?CRITURES ANGOISSE ET D?SIR Le 15 et 16 septembre 2006 Dans les ann?es de construction de la th?orie analytique, son inventeur ram?ne l'affect d'angoisse ? la proximit? d'un danger pressenti comme extr?me. Un peu plus tard, Jacques Lacan apporte par ses travaux et ses r?flexions, l'invention n?cessaire de l'objet a, avec lequel il parcourra le chemin de l'angoisse, seul apte ? mettre en branle la dialectique du d?sir. Cet affect aide ? cerner la fonction de l'objet par rapport ? celle du d?sir. Est-ce qu'il est vraiment n?cessaire d'apprendre la topologie pour ?tre psychanalyste?. La r?ponse ne se fait pas attendre : ? La topologie c'est l'?toffe m?me dans laquelle il taille le sujet de l'op?ration analytique, qu'il le sache ou qu'il ne le sache pas ?. Il s'agit de rep?rer ? chaque moment de l'?veil constitutif du d?sir ce que Lacan appelle le point d'angoisse, point qui marque la distance entre manque et d?sir et qui se situe dans une dimension autre, celle de la manifestation sp?cifique du d?sir de l'Autre, lieu du signifiant. Le recentrement de l'acte analytique, par l'attention exclusive au langage et ? la parole, met en relief l'enjeu fondateur pour le sujet : le rapport d'un Autre ? l'autre avec le refoulement, le d?sir et l'angoisse que cela implique. Ainsi, nul ?l?ment dans une structure ne peut avoir la fonction d'objet a s'il n'est associable ? d'autres objets. Avec l'intervention de Paul Laurent Assoun, Jean Charmoille, Alain Didier Weill, Denise Lepeltier, Serafino Malaguarnera, Christian Hoffmann, Philippe Julien, Jeanne Lafont, Claudie Massaloux, G?rard Pommier, Jacques Siboni, Pierre Smet et Hector Yankelevich. ANGOISSE ET D?SIR Vendredi 15 septembre 20h30 Gricelda Sarmiento, "Lettre d'introduction" 20h45 Serafino Malaguarnera, ? L'angoisse cern?e ? travers le sch?ma optique?. 21h15 Jeanne Lafont ? Le non-endroit du d?sir et de l'angoisse: ombilic et triskel ? 22h Jacques Siboni, ? Le d?sir est la m?tonymie du manque ? ?tre ? Samedi 16 septembre 9h30 Claudie Massaloux, ? Propos sur le viol - angoisse, pardon et culpabilit? ? 10h Denise Lepeltier, ? Unheimlich objet cause ? 10H45 Christian Hoffmann, ? ? propos de l'image phallique ? 11H30 Pierre Smet, ? Le sujet de la conjonction entre l'homme et la femme ? 12H15 Jean Charmoille, ? Entendre l'angoisse ? apr?s-midi 14h30 H?ctor Yankelevich, ? Traverser son angoisse ? ? 15h15 Alain Didier Weill, ? Invocation et angoisse ? 16h Paul Laurent Assoun, ? Sujet d'angoisse et objet du d?sir ? 16h45 G?rard Pommier, ? Le d?sir n'a pas d'objet ? 17h15 Philippe Julien, ? Que veux-tu de moi ? ? 18h Cocktail T?l. : 01 43 31 46 22 Fax O1.45 48 83 53 - Sarmient at msh-paris.fr http://crpeparis.free.fr ANGOISSE ET D?SIR Vendredi 15 septembre 20h30 Gricelda Sarmiento, "Lettre d'introduction" 20h45 Serafino Malaguarnera, ? L'angoisse cern?e ? travers le sch?ma optique?. 21h15 Jeanne Lafont ? Le non-endroit du d?sir et de l'angoisse: ombilic et triskel ? 22h Jacques Siboni, ? Le d?sir est la m?tonymie du manque ? ?tre ? Samedi 16 septembre 9h30 Claudie Massaloux, ? Propos sur le viol - angoisse, pardon et culpabilit? ? 10h Denise Lepeltier, ? Unheimlich objet cause ? 10H45 Christian Hoffmann, ? ? propos de l'image phallique ? 11H30 Pierre Smet, ? Le sujet de la conjonction entre l'homme et la femme ? 12H15 Jean Charmoille, ? Entendre l'angoisse ? apr?s-midi 14h30 H?ctor Yankelevich, ? Traverser son angoisse ? ? 15h15 Alain Didier Weill, ? Invocation et angoisse ? 16h Paul Laurent Assoun, ? Sujet d'angoisse et objet du d?sir ? 16h45 G?rard Pommier, ? Le d?sir n'a pas d'objet ? 17h15 Philippe Julien, ? Que veux-tu de moi ? ? 18h Cocktail Envoyer un ch?que ? l'ordre du CRPE au 12 bd. Arago, Paris 75013
Gricelda, J'aimerai beaucoup savoir si Phillipe Julien propose des conf?rences organis?es par toi cette ann?e ? la maison de l'Am?riquine latine ou Autre; Cordialement Claude Selon SARMIENTO Gricelda <sarmient at msh-paris.fr>:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
"Etre du bon c?t?" .... "bien rassur?s", chacun sur soi m?me, avec un Moi fort et irr?prochable. "A un r?el pr?s. Dont se vouloir, se penser, dans le bon camp, est le sympt?me." Cela donne ? penser ... merci, Catherine. Le 23 ao?t 06, ? 15:09, Catherine Grandjean a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il suffit donc d'avoir d?pass? son Oedipe pour ?tre du bon c?t?. Et bien, nous voil? bien rassur?s !
A un r?el pr?s. Dont se vouloir, se penser, dans le bon camp, est le sympt?me.
Pour se revivifier un peu, je remets ici quelques extraits d'une allocution de Jacques-Alain Miller, introductive ? l'un de ses s?minaires, intitul? "L'Autre qui n'existe pas et ses comit?s d'?thique". Il y est largement question de civilisation, du nom du p?re, et surtout, du r?el. Pour l'heure, je n'ai pas d'autre courage que ce copi?-coll?.
"(...) C'est aux fins de mettre en ?vidence, d'exhiber, j'irai m?me jusqu'? dire de mettre en sc?ne, ce dont il s'agit, c'est-?-dire pr?cis?ment que l'Autre n'existe pas, de mettre en ?vidence que nous renon?ons cette ann?e au monologue enseignant, qui, quoi qu'on en ait, fait croire ? l'Autre, ? l'Autre singulier, majuscule, unique, ? l'Autre de r?f?rence. Nous pr?f?rons, ?tant donn? ce dont il s'agit, vous pr?senter l'Autre de l'enseignement sous une forme double, d?doubl?e. Ce tandem est ainsi l'amorce d'un pluriel. Si d?j? on franchit la prison de l'un, de l'un Autre, pour passer au deux, alors tous les espoirs sont permis, et peut-?tre tous les d?sespoirs le sont aussi. nous nous pr?sentons ici ? deux, c'est pour affaiblir l'Autre, conform?ment ? notre th?se de d?part. C'est pour l'?branler, le miner, le ruiner, le r?v?ler dans sa ruine. Et c'est aussi du m?me coup constituer le comit?, pour esquisser le comit?, pour jouer au comit?, pour manifester ainsi que l'inexistence de l'Autre ouvre pr?cis?ment l'?poque des comit?s, celle o? il y a d?bat, controverse, polylogue, conflit, ?bauche de consensus, dissension, communaut?, avouable ou inavouable, partialit?, scepticisme, et cela, sur le vrai, sur le bon, sur le beau, sur ce que parler veut dire, sur les mots et les choses, sur le r?el. Et ce, sans la s?curit? de l'Id?e majuscule, sans celle de la tradition, ni m?me sans la s?curit? du sens commun. Est-ce cela qui a ?t? proclam? par le dit fameux ?Dieu est mort? ? Certainement pas. Car la mort de Dieu, comme celle du p?re, mise en sc?ne par Freud dans son Totem et tabou, ne met fin au pouvoir d'aucun, ni de Dieu ni du p?re, mais au contraire l'?ternise et sert de voile ? la castration. La mort de Dieu est contemporaine de ce qui s'est ?tabli dans la psychanalyse comme r?gne du Nom-du-P?re. Et au moins peut-on d?finir ici le Nom-du-P?re, en premi?re approximation, comme le signifiant que l'Autre existe. Le r?gne du Nom-du-P?re correspond dans la psychanalyse ? l'?poque de Freud. Si Lacan l'a d?gag?, mis au jour, formalis?, ce n'est pas pour y adh?rer, ce n'est pas pour le continuer, le Nom-du-P?re, c'est pour y mettre fin. C'est l'?quivoque c?l?bre entre les Noms-du-P?re, les non-dupes errent, ? quoi Lacan a ?t? logiquement amen?, ? partir de son S?minaire Encore - que j'ai comment? en partie l'ann?e derni?re ? mon cours -, et cette ?quivoque consacre celle de l'inexistence de l'Autre. L'inexistence de l'Autre ouvre v?ritablement ce que nous appellerons l'?poque lacanienne de la psychanalyse. Et cette ?poque, c'est la n?tre. Pour le dire autrement, c'est la psychanalyse de l'?poque de l'errance, la psychanalyse de l'?poque des non-dupes. De quoi sont-ils non dupes, ces Noms-du? Certes, ils ne sont plus, plus ou moins, plus dupes du Nom-du-P?re. Au-del?, ils ne sont plus, plus ou moins, plus dupes de l'existence de l'Autre. Ils savent, explicitement, implicitement, en le m?connaissant, inconsciemment, mais ils savent que l'Autre n'est qu'un semblant. De l?, l'?poque, la n?tre, l'actuelle, voit s'inscrire, ? son horizon - plut?t l'horizon que le mur - la sentence que tout n'est que semblant. L'?poque, en effet, est prise dans le mouvement, toujours s'acc?l?rant d'une d?mat?rialisation vertigineuse qui va jusqu'? nimber d'angoisse la question du r?el. Cette ?poque est celle o? l'?tre, ou plut?t le sens du r?el, est devenu une question. Nous aurons sans doute ? examiner cette ann?e des travaux contemporains, actuels, de philosophie, o? s'?talent aussi bien la mise en question que la d?fense du r?el, et qui t?moignent, comme nous pouvons les lire, sous des modalit?s na?ves ou sophistiqu?es, de la douleur des non-dupes quant au statut et quant ? l'existence du r?el. S'il y a crise aujourd'hui - il n'est pas s?r que le mot soit appropri? - ce n est pas comme ? l'?poque de Descartes, une crise du savoir. D'o? Descartes a pu forer l'issue de cette crise du savoir par la promotion du savoir scientifique. Une crise, la crise de l'?poque cart?sienne, est une crise dont le ressort sans doute principal a ?t? l'?quivoque introduite dans la lecture du signifiant biblique, ?quivoque due ? l'irruption de la R?forme. Donc, on a assist? ? une crise de l'interpr?tation, du message divin, qui a mis l'Europe ? feu et ? sang. Cette crise elle-m?me succ?dant au retour aux textes de la sagesse antique gr?co-romaine ? la Renaissance. Cette crise du savoir - il faudrait la d?crire avec bien plus de d?tails et de minutie que je ne le fais - de l'interpr?tation, ne touchait pas au r?el. Elle ne touchait pas ? l'instance de Dieu comme ?tant le r?el, de Dieu, qu'il existe. C'est le titre que Descartes donne ? sa Troisi?me M?ditation, ? laquelle je me suis r?f?r? pour avancer le titre L' Autre n 'existe pas. C'est l? la mutation scientifique que Dieu n'est plus ? ?tre seulement l'objet de l'acte de foi, mais bien celui d'une d?monstration, adossant la solitude assi?g?e, pr?caire, du cogito ? un r?el qui ne trompe pas. Ce r?el, ? cette ?poque, ?tait en mesure de mettre le sujet ? l'abri des semblants, des simulacres, disons des hallucinations. En revanche, aujourd'hui, s'il y a crise, c'est une crise du r?el. Est-ce une crise ? ? ce mot, on peut pr?f?rer le mot de Freud malaise. On pourrait dire - Il y a du malaise quant au r?el. Mais le mot de malaise est peut-?tre en passe d'?tre d?pass?. En effet, l'immersion du sujet contemporain dans les semblants fait d?sormais, pour tous, du r?el une question. Une question dont ce n'est pas trop de dire qu'elle se dessine sur fond d'angoisse. Il y a l?, sans doute, comme une inversion paradoxale. C'est le discours de la science qui a, depuis l'?ge classique, fix? le sens du r?el, pour notre civilisation. Et c'est - rappelons-le - ? partir de l'assurance prise de cette fixion scientifique du r?el, que Freud a pu d?couvrir l'inconscient, et inventer le dispositif s?culaire, dont nous faisons encore usage ?a marche encore - la pratique que nous nous vouons ? perp?tuer sous le nom de psychanalyse. Cette pratique a ?t? rendue possible par la fixion scientifique du r?el, qui, au temps de Freud, il faut le dire, tenait encore, et m?me faisait l'objet d'une valorisation sp?ciale sous les esp?ces de l'id?ologie scientiste - ? quoi Freud a particip? largement. Or - l?, je m'avance le monde des semblants, issu de nul autre discours que du discours de la science, a d?sormais pris le tour - ce n'est pas aujourd'hui, mais c'est en cours - de d?truire la fixion du r?el, au point que la question Qu'est-ce que le r?el? n'a plus que des r?ponses contradictoires, inconsistantes, en tous les cas, incertaines. Eh bien, ce lieu entre semblant et r?el, ce lieu de tension, ce lieu d'?motion, ce lieu de r?flexion aussi, c'est d?sormais l? qu'il nous appartient de d?placer la psychanalyse pour la mettre ? sa juste place. Eric Laurent a, dans le pass?, soulign? la port?e de la phrase, ou du Witz de Lacan - On peut se passer du Nom-du-P?re ? condition de s'en servir. Comment l'entendrons-nous aujourd'hui? Peut-?tre ainsi - On peut se passer du Nom-du-P?re en tant que r?el ? condition de s'en servir comme semblant. On peut dire que la psychanalyse m?me, c'est ?a - pour autant que c'est ? titre ou en place de semblant que le psychanalyste entre dans l'op?ration qui s'accomplit sous sa direction, et qu'il s'offre comme la cause du d?sir de l'analysant, pour lui permettre de produire les signifiants qui ont pr?sid? ? ses identifications. C'est en tout cas un commentaire du sch?ma donn? par Lacan comme ?tant celui du discours analytique. Mais aussi bien, l'usage des semblants est vain, inop?rant, voire fonci?rement nocif, si impasse est faite sur le r?el dont il s'agit. Il y a du r?el dans l'exp?rience analytique. L'inexistence de l'Autre n'est pas antinomique au r?el. Au contraire, elle lui est corr?lative. Mais ce r?el - celui dont j 'ai dit Il y a du r?el dans l'exp?rience analytique - n'est pas le r?el du discours de la science, n'est pas ce r?el gangren? par les semblants m?mes qui en sont issus, et qu'on est r?duit, pour le situer, ? aborder, comme on le fait depuis toujours, par les nombres. C'est au contraire le r?el propre ? l'inconscient, du moins celui dont, selon l'expression de Lacan, l'inconscient t?moigne. ? mesure que l'empire des semblants s'?tend, il importe d'autant plus de maintenir dans la psychanalyse l'orientation vers le r?el. C'est tout le sens, la port?e, de l'ultime tentative de Lacan, consistant ? pr?senter le r?el propre ? la psychanalyse, en le rendant pr?sent, visible, touchable, manipulable, sous les esp?ces des nouds borrom?ens et autres. Que cette tentative ait ?t? concluante ou non, elle t?moigne que l'orientation lacanienne c'est l'orientation vers le r?el. Car le noud, susceptible de se manifester sous les formes visibles les plus diff?rentes, cet objet par excellence flexible, pluriel, bien l?, et aussi qui se d?robe, ?chappant - comme dit Mallarm? -, cet objet ondoyant, divers, aux apparences, aux facettes innombrables -, cet objet n'est pas un semblant. Il est, aussi bien que le nombre, de l'ordre du r?el. Et c'est pourquoi Lacan aurait voulu en faire le t?moignage, la manifestation, du r?el propre ? la psychanalyse. Le r?el propre ? la psychanalyse, c'est quelque chose comme ?a. Pouvoir dire - Le r?el dans la psychanalyse, c'est ?a. Et ce n'est pas un semblant. M?me si ?a bouge, m?me si ?a a des aspects multiples et insaisissables. J'ai dit que ce noud ?tait, aussi bien que le nombre, de l'ordre du r?el. Et il a, par rapport au nombre, le privil?ge de n'?tre pas chiffr? et de n'avoir pas de sens. La le?on ? en tirer, c'est qu'il importe, dans la psychanalyse, de maintenir, si je puis dire, cap sur le r?el. Cela n'importe pas que dans la psychanalyse. Cela importe aussi bien au malaise dans la civilisation. La civilisation, que nous laissons au singulier, bien qu'il y ait les civilisations, et qu'on annonce d?j?, pour le si?cle prochain, que l'histoire sera faite du choc, de la rivalit?, de la guerre des civilisations. C'est la th?se toute r?cente, et fort discut?e, d'un professeur am?ricain, qui pourrait nous retenir un moment cette ann?e. Mais il y a bien s?r aussi la civilisation au singulier, l'h?g?mon - d'h?g?monie - scientifique et capitaliste, dont l'emprise, que l'on pourrait dire totalitaire, est aujourd'hui devenue patente, et que l'on d?signe ici, dans notre contr?e, comme la globalisation. Cette globalisation entra?ne, traverse, fissure, et peut-?tre m?me d?j? fusionne les civilisations. Dans ce malaise, ou ce vertige global, la psychanalyse a sa place. Elle en subit les effets quotidiens dans sa pratique. Mais aussi, elle a sa partie ? tenir qui n'int?resse pas que sa discipline, qui importe ? ceux et ? celles qui habitent avec nous le malaise) Lacan pouvait ?crire, il y a une ?ternit?, en 1953, dans son rapport de Rome - La psychanalyse a jou? un r?le dans la direction de la subjectivit? moderne, et elle ne saurait Le soutenir sans l'ordonner au mouvement qui, dans la science, l'?lucide. Le contexte d'aujourd'hui est tout diff?rent. Mais la question reste de savoir quel r?le peut en effet soutenir la psychanalyse dans ce que Lacan appelait la direction de la subjectivit? moderne. Pour notre comit?, c'est de cela qu'il sera question cette ann?e, de la direction de la subjectivit? moderne, voire post-moderne - on ne va pas pouvoir ?viter le mot -, disons de la subjectivit? contemporaine, du r?le que la psychanalyse peut y soutenir, des ?impasses croissantes de la civilisation?, dont Lacan voyait dans le malaise freudien le pressentiment, et dont il annon?ait que la psychanalyse pourrait y faire d?faut, rendre ses armes. J'en ai dit assez, pr?c?demment, pour indiquer la voie o? nous entendons engager notre effort. La subjectivit? contemporaine - je ne sais pas si nous garderons cette expression, qui est commode pour lancer le mouvement - est entra?n?e, captiv?e, roul?e - c est le cas de le dire - dans un mouvement peu r?sistible, qui la submerge industriellement de semblants, dont la production toujours acc?l?r?e constitue d?sormais un monde qui ne laisse plus ? l'id?e de nature qu'une fonction de nostalgie, qu'un avenir de conservatoire, d'esp?ce prot?g?e, de zoo, de mus?e. Et le symbolique? Eh bien, le symbolique contemporain, l? o? il est vif, l? o? il est productif , l? o? il est intense, l? o? il concerne le sujet et ses affects, est comme asservi ? l'imaginaire, ou comme en continuit? avec lui. Loin que ce symbolique soit en mesure de percer, de traverser l'imaginaire [...] Le symbolique contemporain n'accomplit plus d?sormais cette travers?e dialectique, ? quoi jadis Lacan ordonnait l'exp?rience analytique. Et on pourrait croire, au contraire, que le symbolique se voue ? l'image, quand on voit comme, dans nos ordinateurs, il se dissimule comme hardware derri?re l' ?cran o? il miroite comme semblant. Dans ce paysage d'apocalypse - apocalypse confortable, pour un certain nombre en tout cas -, le r?le que la psychanalyse a ? soutenir ne souffre pas d'ambigu?t?. C'est le rappel du r?el qu'il lui revient d'accomplir. C' est ce que Lacan a indiqu?, pour finir. Que la v?rit? ait structure de fiction n'est que trop vrai, mais c'est au point que d?sormais la structure de fiction a submerg? la v?rit?, qu'elle l' inclut, qu'elle l'avale. La v?rit? y prosp?re, sans doute, elle s'y multiplie, elle s'y pluralise, mais elle y est comme morte. C'est l? que s'impose, devant cette d?su?tude fictionnelle de la v?rit?, le recours au r?el comme ? ce qui n'a pas structure de fiction. Le privil?ge de la psychanalyse - encore faudrait-il qu'elle le conn?t, qu'elle l'ait appris de Lacan -, c'est le rapport univoque qu'elle soutient au r?el. Ce n'est que des autres discours, ?non?ait Lacan en 1967, ceux qui ne sont pas le discours analytique, que le r?el vient ? flotter. L'usage contemporain du terme de d?pression, terme ?videmment fourre-tout, fait ici sympt?me du rapport au r?el quand il s'av?re dans la clinique comme l'impossible ? supporter. A le leurrer de semblants, on ne peut en effet que le faire flotter. La clinique psychanalytique est le site propre du r?el dont il s'agit. C'est l?, dans la pratique que s'?tablit le rapport. Et c'est l? que, depuis des ann?es, nous nous attachons, ? la Section clinique, au D?partement de Psychanalyse, dans les diverses sections cliniques qui existent en France et ailleurs, ? mettre le r?el en ?vidence dans son relief, dans son orographie. Cette ann?e, il s'agira seulement pour nous de mettre ce r?el explicitement en relation avec la civilisation qui n'est plus sans doute ? l'?ge du malaise, pour ?tre entr?e d?cid?ment dans l'?poque de l'impasse. L'impasse est en particulier parente au niveau de l'?thique. La solution victorienne, qui pr?valait encore au temps de Freud, celle d'une ?thique capitaliste des vertus, a ?t? emport?e, et si elle revient aujourd'hui, c'est toujours sous des formes d?risoires et inconsistantes. La nouvelle ?thique se cherche, mais ne se trouve pas. Elle se cherche par la voie qu'Eric Laurent a soulign?e des comit?s . C'est une pratique de bavardage, comme telle assourdissante, mais qui, ? la diff?rence du bavardage analytique, n'a pas chance de d?livrer un rapport au r?el qui ne flotte pas. La faillite de l'humanitaire se d?clare tous les jours, comme pr?vu par Lacan. Comment l'humanitaire r?sisterait-il au calcul universel de la plus-value-de-jouir ? Nous n'allons pas faire du journal la pri?re du matin du psychanalyste, mais nous allons lire les journaux, cette ann?e. Comment op?rer tous les jours dans la pratique, sans inscrire le sympt?me dans le contexte actuel du lien social qui le d?termine dans sa forme ? - pour autant qu'il le d?termine dans sa forme. Nous avons l'intention, Eric Laurent et moi, d'affirmer cette ann?e la dimension sociale du sympt?me. Affirmer le social dans le sympt?me, n'est pas contradictoire avec la th?se de l'inexistence de l'Autre. Au contraire, l'inexistence de l'Autre implique et explique la promotion du lien social dans le vide qu'elle ouvre. En nous int?ressant ? ce que nous allons isoler comme des ph?nom?nes de civilisation, nous n'entendons pas nous divertir d'une clinique qui est celle du r?el, mais bien au contraire prendre la perspective qu'il faut, et qui comporte un recul, pour cerner ce r?el en son lieu. Prenons l'identification. J'ai ?voqu?, comme ?tant bien connue de la plupart, la production par l'analysant des signifiants de l'identification, comme ce qui est attendu de l'op?ration analytique - selon la lecture la plus simple du sch?ma du discours analytique par Lacan. Or l'identification fait pr?cis?ment comme telle lien social. Elle est en elle-m?me lien social. Et c'est pourquoi Freud a pu glisser sans peine de l'analyse subjective ? la Massenpsychologie, et retour, pour construire sa th?orie de l'identification. Qui peut penser, par exemple, que l'identification au signifiant ?tre une femme reste intouch?e par la spectaculaire mutation qui, de la proclamation r?volutionnaire des droits de l'homme, a conduit ? l'?mancipation juridique et politique des femmes, jusqu'? la r?volte proprement ?thique du f?minisme, dont l'incidence se fait sentir ? tous les niveaux du nouvel american way of life - bien diff?rent de ce qu'il ?tait du temps du rapport de Rome -, depuis le contrat du travail, jusqu'au mode de relation sexuelle? Qu'est-ce qui reste invariable de l'homosexualit? et qu'est-ce qui en change, quand l'Autre social y fait d?sormais accueil d'une fa?on tout autre, et qu'une norme nouvelle est en cours d'?laboration, conf?rant une l?gitimit? in?dite et de masse au lien homosexuel ? Et cela n'est pas confin? ? San Francisco. Je peux ajouter que j'ai vu l'an dernier des comit?s d'?thique, des comit?s spontan?s - ce qu'on appelait avant Eric Laurent des conversations de bistrot -, des comit?s spontan?s d'?thique se former en Italie, quand ? surprise, la couronne de Miss Italie f?t donn?e ? une Africaine. La superbe dont t?moignait le Comment peut-on ?tre persan ? s'?teint aujourd'hui pour laisser place ? Comment peut-on ?tre fran?ais? Comment peut-on ?tre encore fran?ais? Interrogation qui taraude un peuple, jusqu'? la d?pression collective, dit-on, dont les id?aux universalistes, ?tablis sur des certitudes identificatoires mill?naires, sont d?mentis par l'actuelle globalisation. Non seulement ce s?minaire ne pourra s'abstraire de ce contexte, mais il ne saurait le faire. C'est pourquoi nous trouverons sans doute nos r?f?rences ?lectives, cette ann?e, dans les ph?nom?nes de la civilisation am?ricaine. Pour le dire rapidement, les sympt?mes dans la civilisation sont d'abord ? d?chiffrer aux ?tats-Unis d'Am?rique. Et il n'est pas vain de le faire depuis la France, qui est ? beaucoup d'?gards l'Autre des ?tats-Unis. Universalisme, versus globalisation. Ce sera au moins notre chapitre US, ? lire United Symptoms. ? la fin du chapitre V du Malaise dans La civilisation, Freud pr?cise qu'il r?siste ? la tentation d'entamer une critique de l'?tat pr?sent de la civilisation en Am?rique. Eh bien, nous avons l'intention de ne pas r?sister ? cette critique. Elle porte d'ailleurs sur un point tr?s pr?cis. Freud en donne un tout petit aper?u. Alors qu'en Europe, on pratique plus volontiers l'identification verticale au leader, qui met en action la sublimation d'une fa?on puissante - et il a quelque m?rite ? le dire au moment o? il le dit, puisque ?a conduit ses contemporains dans un certain nombre de difficult?s dans la civilisation en m?me temps - les Etats-Unis, dit-il, la sacrifie au b?n?fice de ce qu'on peut appel1er l'identification horizontale des membres de La soci?t? entre eux. Non pas identification au plus-un, mais identification horizontale des membres de la soci?t? entre eux. Ce n'est sans doute pas excessif d'y voir le pressentiment de l'Autre qui n'existe pas, et de son remplacement par la circulation des comit?s d'?thique. J'ai ?voqu? l'identification, pour marquer la dimension sociale des concepts les plus fondamentaux de la psychanalyse. Pourquoi ne pas parler de la pulsion ? Quand il faut ? Freud inventer ? la pulsion un partenaire, quelle est l'instance qui, pour lui, est partenaire de la pulsion ? C'est celle qu'il a d?nomm?e du surmoi. Et il peut la r?f?rer au seul Ich, au seul moi, au seul Je. Elle d?borde le sujet, cette instance. l'instance qui lui sert ? penser la pulsion ne peut ?tre par Freud m?me situ?e qu'au niveau de ce qu'il appelle la civilisation. C'est ? ce niveau-l?, au moins dans cet ouvrage, qu'il pense les avatars de la pulsion, les renoncements comme les sublimations. C'est Freud qui, lorsqu'il s'agit de parler de la pulsion, implique la civilisation. Allons jusque-l? - Qu'est-ce qu'une civilisation? Disons que c'est un syst?me de distribution de la jouissance ? partir de semblants. Dans la perspective analytique, c'est-?-dire dans celle du surmoi - et nous ne pouvons pas faire mieux que le concept de surmoi - une civilisation est un mode de jouissance, et m?me un mode commun de jouissance, une r?partition syst?matis?e des moyens et des mani?res de jouir. Il faudra bien en dire davantage sur qu'est-ce qu'une civilisation ?, quitte ? revenir m?me ? l'historique du mot, ? l'opposer ? la culture, etc., mais cela fera office pour l'instant. Comment la clinique psychanalytique pourrait ?tre indiff?rente au r?gime de civilisation o? nous, ici, entrons maintenant sur la voie o? les United Symptoms nous ont pr?c?d?s ? Comment la clinique serait-elle indiff?rente ? cette voie, si cette voie est bien celle que l'on pourrait appeler du terme freudien d' Hiflosigkeit - l'Hiflosigkeit capitaliste, la d?tresse organis?e, envers les fondements de l'imp?ratif de rentabilit? ? C'est donc ? un peu de nostalgie, tout de m?me illusoire. La civilisation antique comportait que l'on soign?t l'esclave - j'abr?ge - la n?tre qu'on angoisse m?thodiquement le salari?. Il faut ici pr?venir une inqui?tude qui peut na?tre de ce que nous voulions introduire dans la clinique un relativisme social. ? cette inqui?tude, j'opposerai le rappel fait par Lacan, d?s ses Complexes familiaux, en 1938, que l'odipe ne se fonde pas hors de la relativit? sociologique et que la fonction du p?re est li?e ? la pr?valence d'une d?termination sociale, celle de la famille paternaliste. ? l'?poque, il faisait une r?f?rence expresse ? l'enqu?te ethnologique de Malinovski en M?lan?sie, o?, comme on sait, c est l'oncle maternel qui repr?sente l'autorit? familiale. Donc, au lieu que le p?re cumule sur sa personne ? la fois les fonctions r?pressives et la sublimation, cela se trouve r?parti en deux - l'oncle maternel assurant l'autorit? et la r?pression, et le p?re, gentiment, les activit?s sublimatoires. Selon Malinovski, il s'ensuivait, de ce dispositif social distinct, un ?quilibre diff?rent du psychisme, disait Lacan, attest? par l'absence de n?vrose. D'o? la notion que le complexe d'odipe est relatif ? une structure sociale, et que, loin d'?tre le paradis, la s?paration de r?pression et sublimation avait comme cons?quence une st?r?otypie des cr?ations subjectives dans cette soci?t?. Que Lacan ait ?labor? le mythe freudien ensuite, jusqu'? le formaliser sur le mod?le linguistique de la m?taphore ne veut pas dire qu'il ait jamais n?glig? sa relativit?. Il en a m?me annonc? le d?clin, en 1938 - Les formes de n?vrose dominantes ? La fin du si?cle dernier semblent - j'abr?ge -, depuis le temps de Freud, avoir ?volu? dans le sens d'un complexe caract?riel, o? l'on peut reconna?tre la grande n?vrose contemporaine. Il en d?signait ? l'?poque la d?termination principale dans la carence du p?re dont la personnalit? est absente, humili?e, divis?e ou postiche. Le Nom-du-P?re a pu passer pour une restauration du p?re par Lacan, alors que c'?tait tout autre chose. C'?tait un concept du retour ? Freud, qui n'?tait fait, par sa formalisation m?me, que pour en d?montrer le semblant et ouvrir ? sa pluralisation. Pouvons-nous parler aujourd'hui d'une grande n?vrose contemporaine? Si on pouvait le faire, on pourrait dire que sa d?termination principale, c'est l'inexistence de l'Autre - en tant qu'elle rive le sujet ? la chasse au plus-de-jouir. Le surmoi freudien a produit des trucs comme l'interdit, le devoir, voire la culpabilit?. Autant de termes qui font exister l'Autre. Ce sont les semblants de l'Autre. Ils supposent l'Autre. Le surmoi lacanien, celui que Lacan a d?gag? dans Encore, produit, lui, un imp?ratif tout diff?rent - Jouis. Ce surmoi-l? est le surmoi de notre civilisation. Je termine, pour passer la parole ? l'autre. Bien s?r, le surmoi lacanien rend compte des donn?es rassembl?es par Freud. Il est la v?rit? du surmoi freudien. Mais le fait qu'il soit maintenant ?nonc? en clair a traduit le passage, est isochrone, au nouveau r?gime de la civilisation contemporaine. "
-- Catherine http://catherine-grandjean.perso.cegetel.net
----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 11:00 AM Subject: [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique".
A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage :
"Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182)
J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes.
Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l? ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm
Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber.
(...)
_______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
bonjour ? tous, Merci Liliane pour ce travail et ses balises, bien utiles pour conduire une r?flexion sur des questions d'actualit?... bien amicalement Mireille Le 23 ao?t 06, ? 11:00, Liliane.Fainsilber a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous,
je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique".
A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage :
"Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182)
J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes.
Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l?ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm
Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber.
Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ?
1
Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan
A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ?
Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ?
Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l?agressivit? :
? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l??conomie psychique. ?
Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise.
Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice.
C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents.
Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques
Je ne fais que les citer pour l?instant
Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a.
Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion.
Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller.
Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique ?.
Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage :
A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ?
Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l??dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e.
Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ?
Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ?
Mises en pi?ces agressives
2
Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?.
Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ?
Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats.
Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?.
? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ?
A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ?
Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ?
Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet.
? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l?exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?.
Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs.
Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate.
Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re
3
Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ?
Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?.
Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice.
Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l?enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression.
Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ?
Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe.
Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent :
? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ?
Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l?autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re :
? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l?agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain.
Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu?implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu?hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet.
Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation.
L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social
au nom de la lutte pour la vie
4
Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l?identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social.
Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste :
Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ?
(Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ?
Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre.
Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel.
Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122.
1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne
A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d?un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ?
Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit.
2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l?Etat universel ?
(Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique.
Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?.
C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s.
3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation :
Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu?elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?)
a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ?
Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ?
Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ?
L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre.
b- la lutte des sexes
Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions :
? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes.
En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose.
Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l?Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ?
Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante.
Questions ? foison
1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ?
2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique :
Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l?oedipisme ?.
? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?]
C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l?oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l?homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ?
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