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Cher Daniel, vous jonglez un peu trop prestement avec les mots et je n'arrive pas ? vous suivre, vous allez trop vite pour moi. Mais quand m?me vous m'avez bien aid? ? pr?ciser ma position, au moins actuelle.
Lire les textes de Lacan ? un c?t? tr?s laborieux. je compare ce travail ? la traduction d'une version latine, il faut faire attention ? l'agencemement des termes dans la phrase elle-m?me et la mesurer aussi ? l'aune de ce qui l'entoure.
Or vous dites que ce que vous ?crivez c'est sans r?fl?chir. Vous proposez d'inverser les choses. C'est ? dire que vous utlisez ces phrases comme des propositions logiques que vous pouvez modifier en inversant les termes, mais les propositions logiques utilisant des lettres, elles, sont transmises hors sens, donc on peut les retourner sans aucun inconv?nient comme des cr?pes.
Mais ces phrases de Lacan ont un sens, et m?me plusieurs sens, puisqu'elles sont toujours ?quivoques.
Nous avons ceci comme point de d?part, 1 - Le nom du p?re on peut l'avoir, encore faut-il savoir s'en servir.
Donc cela pose d'une part qu'on puisse ne pas l'avoir et que d'autre part on puisse ne pas savoir s'en servir.
2 - Si on l'a et qu'on sait s'en servir, mais si aussi la psychanalyse r?ussit, alors on peut s'en passer.
Il y a trois conditions pour pouvoir s'en passer, l'avoir, en premier, savoir s'en servir, en second, puis, si la psychanalyse r?ussit, s'en passer.
La question pour moi est celle de savoir, si avant analyse, donc dans le destin du sujet n?vros?, de ce nom du p?re il sait se servir, autrement dit s'il faut attendre l'analyse r?ussie pour ? la fois savoir s'en servir et du coup savoir s'en passer.
je miserai sur une exception, celle de la sublimation, l? pour le coup on sait s'en servir, avec ou sans analyse.
----- Original Message ----- From: Daniel Demey To: Liliane Fainsilber Sent: Friday, June 11, 2010 2:47 PM Subject: RE: [Lutecium-group] Le Nom-du -p?re associ? ? ces trois verbes, l'avoir, savoir s'en servir, pouvoir s'en passer
Que cela n'emp?che pas Didier Mathy de se mouiller...
(" la psychanalyse, de r?ussir, prouve qu'on peut aussi bien s'en passer".
"... le Nom-du-p?re on peut s'en passer ? condition de savoir s'en servir".
Ce que cela ?voque imm?diatement en moi, sans r?fl?chir, c'est ce passage du s?minaire sur les psychoses (avant-derni?re page au Seuil):
"il faut savoir ce qu'on dit. il ne suffit pas de faire intervenir les signifiants de cette fa?on -Je te tape dans le dos... T'es bien gentil... T'as eu un mauvais papa... ?a s'arrangera... Il faut les employer ? bon escient, les faire r?sonner autrement, et savoir au moins n'en pas employer certains.")
Le nom du p?re, un drapeau une banni?re
Dont on peut se passer ? condition de s?en servir.
Partir de la proposition inverse et de ceux qui ne peuvent pas ou ne pourraient pas s?en passer. Qu?est ce que ?a donne ? Cela donne qu?ils ne s?en servent pas.
Dans ? s?en servir ?, il y va comme de l?outillage qu?on peut saisir et d?poser.
Ils ne s?en servent pas, c?est le ? P?re ? qui se sert d?eux. Asservissement donc, et jouissance d?en ?tre l?objet.
"Normalement", langagi?rement, l?objet n?est pas joint. Il y a une distance, une s?paration qui est celle de la faille.
On se tient dans un entre-deux, ? faire avec l?espace du manque. On prend le ? p?re ?,on le ? d?pose ?, on construit sa relation au semblant dans ce va et vient, o? un amour de ? soi ? permet ? la fois de l?aimer et de le ha?r, de circuler avec son ? image ? sur nous.
Je crois que cela vient de l?.
Pour ceux et celles qui ne pourraient s?en passer ? ? Le nom du P?re ? s?impose. Ils ne s?en d?tachent pas et ?a les occupe furieusement, dans la confusion du semblant qui se perd.
Pour ceux et celles-l?, le p?re doit ?tre vrai. Ils ne peuvent s?en passer et le portent dans leurs revendications ? ?tre vrai, ? ne pas faillir.
Ils ne peuvent pas s?en servir c?est l?image, la repr?sentation qui se sert d?eux dans un recouvrement de l?angoisse, afin qu?il ne soit ? d?ficiant ?. Perversion.
Qui d?autres ne peuvent ? s?en passer ? et donc ne peuvent ou ne savent pas s?en servir ?
Deux conditions ? la psychose : forclusion de la castration, du Nom du P?re et absence de m?taphore paternelle. Cela reste assez li?. La m?taphore paternelle se construit sur l?absence de la m?re, sur le trou qu?elle apporte, qu?elle porte, et qui fait castration de fait. Elle manque ? l?enfant parce qu?elle d?sire ailleurs, parce qu?elle d?sire faire f?te ailleurs. La m?taphore paternelle est un effet de dialectisation du manque. La m?re se porte ailleurs. Elle d?passe l?angoisse de sa s?paration d?avec l?enfant et cela ne lui fait pas perdre l?amour qu?elle a pour lui. C?est m?me ce qui lui permet de lui laisser en gage de son manque, de son absence des mots, des objets de langage, sa lalangue, au corps de son enfant.
Si elle ne d?sire pas (sexuellement) ailleurs, le p?re n?existe pas, et son ek-sistence ? elle n?est pas port?e ailleurs.
Le risque alors est de l?avoir et de le garder (le phallus) ? port?e de main, si l?on peut dire, et pour le couple ? m?re-enfant ? de se refermer sur lui-m?me. Impasse du manque et de l?angoisse, dont Lacan nous dit dans le s?minaire X, que c?est ? l?approche du giron, de l?objet qu?elle survient.
Que nous apprend la psychose ?
La virulence du trou, de l?absence de bord qui fait projection d?abandon, de chute, d?objet chut (?)perdu et ? ce point ?gar? qu?il ou qu?elle ? en perdrait la t?te ?.Objet perdu Tiens
Merci de ces courriels, chers Lut?ciens, sur la question du Nom-du-P?re dont je saisis l'importance sans pour autant comprendre tr?s clairement ce dont il s'agit. C' est donc ? vous lire que je m'attache dans un premier temps. Dans un second, une phrase attire mon attention : L. F.- je miserai sur une exception, celle de la sublimation, l? pour le coup on sait s'en servir, avec ou sans analyse. Or, pour le th?me qui me pr?occupe, cette sublimation est une question centrale, et j'aurais aim? la voir pr?ciser. Faut-il partir du point de vue freudien -mais je ne sais pas o? ce point de vue se trouve exprim? dans l'oeuvre de S. Freud- que les artistes auraient un acc?s pour ainsi dire "naturel" ? l'inconscient par l'entremise du pr?conscient ? Donc, pour eux, "pas besoin" de psychanalyse pour puiser dans les ressources de l'inconscient. Quant au processus de sublimation, je n'en ai pas une vision tr?s claire pour ce qui concerne le chemin de la pulsion ? son expression. Tout au plus ai-je ? l'esprit le caf? en poudre obtenu par lyophilisation c'est-?-dire par sublimation apr?s dessication sous vide comme analogie de la sublimation psychique. On cong?le le caf? par un vide pouss? puis on lib?re les cristaux de glace ainsi form? en provoquant le passage de l'eau ? l'?tat de glace directement ? l'?tat de vapeur, ce qui donne la poudre que nous connaissons. Mais, je ne vois pas tellement la pulsion (sexuelle) devenue oeuvre d'art par le m?me m?me saut sur un ?tat interm?diaire: si j'assimile le grain de caf? ? un repr?sentant de la pulsion, que signifie l'?tat liquide qui est escamot? dans la sublimation ? A quoi correspondent d'autre part, les 3 ?tat liquide-glace-gaz de l'exemple pr?c?dent pour la pulsion sexuelle ? Je suis naturellement r?ceptif ? une explicitation de ce concept de sublimation. bien cordialement Jean-francois Doucet pour dire qu?il est
tu, sur lequel p?se un ordre, une injonction de silence ? chutt ! mais taisez-vous ! ?.
N?est-ce, naisse pas le pour quoi de l?analyse ? De partir ? la recherche de l?objet perdu qui le sera toujours mais de parvenir ? en faire quelque chose de cette perte radicale ?
De quel P?re avons-nous ?t?, ne sommes-nous pas toujours les abandonn?s ?
Question universelle, d?humanit?. O? est la fracture ? Qu?en faisons-nous ?
C?est avec Joyce, le quatri?me n?ud, que Lacan d?pose le Nom du P?re.
Qu?est ce qu?on entend par ? la psychanalyse, de r?ussir ? ? un nouage autrement que sur le Nom du P?re ? Un nouage avec le Nom du P?re est-il pour autant exclu ? L??dipe reste-t-il valable, un fondement ?
Pour autant, Joyce s?en sert-il, du Nom du P?re ? ou bien le subvertit-il ? sa fa?on?
Joyce a son n?ud, particulier, du NDP il fait quelque chose qui le d?passe et trouve son arrangement, sa ? solution ?
Qu?en dirait-il ?
L??dipe d?une certaine fa?on pr?tendait ? un universel que la clinique et la pratique analytique a constamment r?-fl?chi.
Pourrait-on dire que de ? l?universel on peut se passer, ? condition de s?en servir ? ?
La question reste ouverte
c?est sans doute-l? que g?t une ? bonne ?
r?ponse.
Daniel DEMEY
11/06/2010
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