1? Vous distinguez nettement taches techniques et taches relationnelles et vous pensez que les d?marches qualit?s et les
2 La distinction travail r?el /travail prescrit n'est pas invent?e
3- Je ne suis pas sure que le pragmatisme soit ? l'origine du mouvement actuel des d?marches qualit?s en France . En revanche l'OST (Organisation Scientifique du Travail) me para?t faire partie des
4- Vous me paraissez d?crire les institutions et les professionnels du soin de mani?re un peu ang?lique. Vous savez bien que la maltraitance existe dans certaines institutions. Peut ?tre ? cause du manque de personnel. Mais on a donc (nous les citoyens et contribuables et futurs ?ventuels patients ou r?sidents) interet ? ce que ce manque soit ?valu?. Il y a d'autre part des usagers qui n'osent pas parler, se plaindre, demander, n?gocier ?.Mes premi?res confrontations avec le personnel soignant ont parfois ?t? rudes , m?me si c'?taient des gens de grande qualit? humaine, mais ils ont eu parfois besoin que je leur rappelle que j'?tais une malade et non une maladie.Et j'?tais entour?e. Mais quid du patient qui ne sait pas faire cela, et qui est seul ? Des psychologues m'ont aussi d?crit des ?quipes qui ne marchaient pas du tout, qu'ils cherchaient ? fuir? Des lieux routiniers. Des maisons de retraite o? la seule chose qui compte est l'argent gagn? sur les
5- Peut il exister une mani?re intelligente d'?valuer le travail relationnel? Il me semble qu'i faut aussi travailler cette question,
Merci beaucoup Lise d'avoir pris la peine de ce commentaire ?clair?. Je suis d'accord avec beaucoup des critiques que vous formulez, et je vais sans doute en tenir compte pour modifier un peu cet ?crit. Je vais ?galement guetter votre ouvrage. Je vous r?ponds entre les lignes : proc?dures sont bonne s pour les taches techniques. ( d?but de votre texte) Ma longue exp?rience de patiente en h?pital l'ann?e derni?re m'a montr? que la distinction n'est pas tr?s fiable. Remettre en route une boite ? perfusion qui se met en rideau et hurle de mani?re r?cidivante en pleine nuit est une tache autant relationnelle que technique. D'autres part, la mise en route de l'objet technique requiert des savoirs d'exp?rience et la jeune infirmi?re qui n'a que ses proc?dures et qu'elle r?p?te en vain dans le '"bon ordre" cale devant la r?sistance de l'objet technique. Je suis contente de vous entendre dire que cette distinction ne vaut pas de fa?on aussi radicale. Je le pressentais, mais je ne savais pas comment le montrer et je me suis sans doute trop fi?e ? mes lectures. Vous me donnez quelques billes, qui, bien qu'?videntes, ne m'?taient pas venues ? l'esprit. par Dejours , ni propre aux t?ches relationnelles. Elle a ?t? mise en ?vidence depuis longtemps par les sociologues du travail ? propos du travail en usine. C'est le non respect de certaines prescriptions qui rend possible la production (Tersacc, Clot, Linhart) Ok. Je croyais que c'?tait de Dejours. sources historiques. C'est le seul point sur lequel je reste sur ma position. Trop de similitudes entre les fa?ons dont les qualiticiens veulent s'y prendre et le pragmatisme pour ne pas faire du pragmatisme une origine de la d?marche qualit?. Et puis, le pragmatisme est une tendance qui revient en force en ce moment, que ce soit dans la traduction des auteurs pragmatiques, dans la parution de livres qui leur sont consacr?s, que dans la culture du r?sultat, la valorisation de l'exp?rience, l'adaptabilit? demand?e aux professionnels, et je pourrais continuer. Peut-?tre que mon texte ne met pas suffisamment en valeur les parall?les entre la philosophie pragmatique et le discours, voire les actes qu'engendrent les nouvelles formes de management, dont le management par la qualit?. pensionnaires?etc?. Il me semble que l'?valuation entendue au sens de : regarder ce qu'on fait, dans l'ensemble de ses aspects, dimensions et cons?quences, et y compris en s'informant (ce qui ne veut pas die prendre pour argent comptant ) de la perception subjective de usagers, peut ?tre une bonne chose. C'est la critique ? laquelle je suis la plus sensible. Je savais que mon ?crit avait ce d?faut. Je le dis d'ailleurs au tout d?but de la conclusion. Pourtant, comme vous le dites, je sais tr?s bien que tout n'est pas rose dans le travail en ?quipe tout autant que dans les relations entre professionnels et usagers. Il y a m?me de graves dysfonctionnements, des ambiances ex?crables, avec des cons?quences sur les patients, nous sommes d'accord. Mais je crois que la d?marche qualit? est la pire des solutions pour r?soudre ce qui n'allait pas. D'autres pistes avaient d'ailleurs tout de m?me ?t? un peu pens?es comme par exemple l'analyse des pratiques professionnelles, mais qui n'a jamais vraiment ?merg? en France, sauf un peu dans le secteur du handicap. Pas du tout dans les institutions pour personnes ?g?es, et tr?s peu ? l'h?pital. Je trouve que c'est ce genre de piste, par la parole, qui serait ? privil?gier, ? approfondir. J'esp?re que c'est un peu le sens de ma conclusion. Mais je vais tenir compte de votre critique sur ce point, accentuer un peu le trait sur ce d?faut de mon travail et rajouter un ou deux paragraphes dans la conclusion sur les pistes ? explorer, ? l'exclusion de ce qui rel?ve de l'esprit de la loi 2002-2. proposer?? La r?ponse ne peut pas ?tre seulement qu'il est in?valuable. Pourquoi pas ? L'?valuation n'est bien sur pas objective. Elle ne peut pas passer essentiellement par la mesure et la proc?dure ( encore qu'une petite mesure de temps en temps , ?a ne fait pas de mal pour r?fl?chir. Savez vous par exemple que le nombre des hospitalisation d'office augmente r?guli?rement depuis dix ans dans notre pays ?). Elle ne peut se passer d'une auto-?valuation et d'une r?flexion libre (mais le regard ext?rieur pour provoquer et questionner a son utilit?) . Elle est ?thique et politique Je "milite" aussi pour plus de formation, et plus ind?pendante des employeurs, c'est-?-dire des institutions, notamment en formation continue. La formation dans ces secteurs (je suis formatrice) est en train de prendre un tournant exactement du m?me genre que ce qui arrive aux institutions du sanitaire et social et la d?marche qualit? y fait les m?mes ravages, quoiqu'? une ?chelle moindre du fait que ce n'est pas une obligation l?gale pour ces instituts, mais plus un argument commercial. Ce sera l'objet d'une prochaine petite recherche... Pour l'instant, je vais souffler un peu et me choisir un objet un peu plus agr?able ? travailler. Parce que l?, pour tout vous dire, j'ai quand m?me eu le sentiment d'un plongeon dans le monde des sales petites horreurs quotidiennes qui usent et qui laminent les efforts de pens?e...
Grand merci d'avoir mis ce texte en discussion.
Grand merci ? vous aussi. J'ai eu le sentiment de critiques bien lucides. -- Catherine