Chers amis, Je viens de recevoir une invitation au s?minaire dont le th?me me para?t fort int?ressant. J'ai d?j? observ? le lien entre les capacit?s analytiques et certains dons linguistiques de mes patients qui (ces dons) ? leur tour ont, comme nous le savons, un rapport souvent direct avec la ou?e musicale. Nombreux cas cliniques en sont la preuve... tout comme du contraire! Voici l'introduction du s?minaire organis? par ALI. Je pressens que Bruno en particulier en aura son mot ? dire ;)) La musique et la psychanalyse ont-elles ? apprendre l'une de l'autre ? La musique et la psychanalyse ont-elles ? apprendre l'une de l'autre ? Peu d'auteurs semblent s'y ?tre risqu?s. Aussi bien du c?t? des musiciens que des psychanalystes. Surtout si nous en excluons le lyrique, le chant, o? souvent l'aspect narratif, plus propice ? l'analyse, et la nature humaine de l'instrument vient ? masquer ais?ment la dimension proprement musicale. Ce peu de rencontre est somme toute ?tonnant. Car ? voir une partition, sans m?me ?tre musicien, il para?t ?vident qu'on a affaire ? l'ordre symbolique. Les Grecs anciens ne s'y ?taient pas tromp?s, eux qui associaient la musique aux math?matiques. La phrase musicale est en effet constitu?e d'?l?ments discrets, les notes, organis?e de fa?on diff?rentielle. Cette organisation, comme celle d'une langue, ob?it elle-m?me ? des r?gles syntaxiques, harmonie, rythme, composition, etc... Nous serions donc dans l'ordre du signifiant. Ne parle-t-on pas d'ailleurs d'interpr?tation ? Les instrumentistes jouant, lisant, ? sa fa?on ce que d'autres ont ?crit... Un langage musical donc. Une objection appara?t pourtant. C'est un langage sans traduction. Traduction au sens ordinaire, celle du fran?ais vers l'anglais, de l'anglais vers l'allemand, etc... En effet, nul lexique. C'est-?-dire nulle collection des diverses combinaisons possibles des ?l?ments discrets, des notes, en des entit?s stabilis?es. Autrement dit aucun dictionnaire. Ou si l'on pr?f?re nul tr?sor des signifiants. Qu'en serait-il le alors de l'Autre, dans ce cadre, comme le lieu de ce tr?sor ? Doit-on en conclure que cette assimilation de la musique au symbolique est une erreur ? Il est vrai que pour chacun, l'?coute de la musique est avant tout un plaisir, voire une jouissance, g?n?rateurs d'affects et de repr?sentations. Ce qui la situerait bien plut?t du c?t? de l'objet. Et les repr?sentations ?voqu?es du c?t? du fantasme, d'autant qu'elles apparaissent propres ? chacun. de l'objet, c'est aussi parler de la pulsion qui y serait en jeu. Celle invocante avanc?e par Lacan y serait-elle appropri?e ? Le ton, la modulation, la m?lodie d'un objet primitif s'y profilent. En ce sens, des hypoth?ses vari?es et nombreuses ont pu ?tre avanc?es : voix de la m?re, bruits divers de la vie intra-ut?rine, bruits du corps propre du sujet... (Cf. les diverses bases th?oriques ? toutes musicoth?rapies). Il s'y ajouterait les effets corporels directs vis?s par certaines musiques, modernes, (violence des basses par exemple), ou sacr?s, (derviches, etc..). Avec ce qui s'inscrit dans la diachronie d'une r?p?tition. Celle-ci ?tant en jeu dans l'affect m?me et les repr?sentations associ?es. Alors la musique serait-elle, en effet, du c?t? de l'imaginaire et de l'objet ? On pourrait le croire. Mais quelques arguments viennent entamer une pareille croyance. Certains compositeurs paraissent bien penser directement en musique et ne font que la transcrire directement sur le papier. N'est-ce pas l'indice, au moins pour eux, qu'il puisse y avoir des repr?sentants de la repr?sentation ? Et qu'? d?faut d'universelle, il puisse y avoir une langue personnelle ? Par ailleurs, si pour chacun des auditeurs, l'affect ?prouv? lui est propre, la repr?sentation ?voqu?e lui est singuli?re, il appara?t qu'il puisse les partager avec d'autres (cf. les sorties de concert ou les rave-parties). Ce qui rapproche la musique de la plupart des arts (peinture, sculpture, danse, etc...). Signifiants, repr?sentants seconds et partag?s des repr?sentations singuli?res. Mais ce qui reste sp?cifique ? la musique, c'est qu'? d?faut d'un dictionnaire r?pertoriant les diverses combinaisons de ses ?l?ments, il existe bel et bien une grammaire r?glant leur organisation diachronique, le solf?ge. Et par l?, elle est bien de l'ordre symbolique. Alors, peut-?tre, pourrait-on penser ? quelques oeuvres litt?raires modernes o? les auteurs gardent la structure syntaxique avec ce qu'elle peut induire, mais retirent aux signifiants leur sens, en en inventant d'autres, absolument inconnus, hors sens. Un exemple en pourrait ?tre le "Finnegans Wake" de Joyce, ou d'autres plus radicaux... Le texte appara?t alors comme une matrice, une matrice signifiante o? chacun y met les signifiants, les significations, qu'il d?sire, mais induit et encadr? qu'il est par cette matrice. Faut-il concevoir la musique ainsi, comme une matrice signifiante ? Au total, la formule de Lacan : "l'inconscient est structur? comme un langage" est-elle applicable ? la musique ? Si oui, ce qui semblerait, au vu de l'importance d'?l?ments comme l'objet, la r?p?tition, la repr?sentation, etc..., quelle proximit? peut-on en d?duire avec l'inconscient lui-m?me ? Je vous souhaite ? toutes et ? tous une rentr?e f?conde et bien structur?e, Natalia Natalia Milopolsky-Costiou 6, rue de Savoie, 75006 Paris 01 44 41 01 43 06 80 10 41 99 --------------------------------- Ne gardez plus qu'une seule adresse mail ! Copiez vos mails vers Yahoo! Mail