Bonjour, La question de l'interpr?tation analytique, de son fonctionnement, de sa position, de sa posture, est ? l'oeuvre chez Jacques Lacan depuis toujours.. :Dans le discours de Rome 1953 par exemple : "Nous ?voquons ici l?invective par o? nous prenait ? t?moin du manque de retenue dont faisait preuve un certain travail (d?j? trop cit? par nous) dans son objectivation insens?e du jeu des instincts dans l?analyse, quelqu?un, dont on reconna?tra la dette ? notre endroit par l?usage conforme qu?il y faisait du terme de r?el. C?est en ces mots en effet qu?il ? lib?rait ?, comme on dit, ? son c?ur ? : ? Il est grand temps que finisse cette escroquerie qui tend ? faire croire qu?il se passe dans le traitement quoi que ce soit de r?el ?. Laissons de c?t? ce qu?il en est advenu, car h?las ! si l?analyse n?a pas gu?ri le vice oral du chien dont parle l??criture, son ?tat est pire qu?avant : c?est le vomissement des autres qu?il ravale. Mais si la question pos?e dans cette boutade, mieux inspir?e que bien intentionn?e, a bien son sens, nous croyons qu?il faut l?envisager dans la distinction fondamentale du symbolique, de l?imaginaire et du r?el." En 74 "Alla scualla Freudiana" extrait du Pas Tout Lacan : "Si j?ai mis en avant la fonction de lalangue dans la pratique analytique, c??tait simplement pour que? pour que l?analyse ne soit pas une escroquerie. Pour qu?elle ne soit pas une escroquerie, la moindre des choses ? faire est de savoir avec quoi on op?re". En 77 Le dernier s?minaire "Le moment de conclure" tourne autour de la m?me question : Par exemple ici : "La logique ne se supporte que de peu de choses. Si nous ne croyons pas d'une fa?on en somme gratuite que les mots font les choses, la logique n'a pas de raison d'?tre. Ce que j'ai appel? le rh?teur qu'il y a dans l'analyse - c'est l'analyste dont il s'agit - le rh?teur n'op?re que par suggestion. ?Il sugg?re, c'est le propre du rh?teur, il n'impose pas d'aucune fa?on quelque chose qui aurait consistance et c'est m?me pour cela que j'ai d?si?gn? de l'ex ce qui se supporte, ce qui ne se supporte que d'ex-sister. Comment faut-il que l'analyste op?re pour ?tre un convenable rh?teur ? C'est bien l? que nous arrivons ? une ambigu?t?. L'inconscient, dit-on, ne conna?t pas la contradiction, c'est bien en quoi il faut que l'analyste op?re par quelque chose qui ne fasse pas fondement sur la contradiction. ?Il n'est pas dit que ce dont il s'agisse soit vrai ou faux. Ce qui fait le vrai et ce qui fait le faux, c'est ce qu'on appelle le poids de l'analyste et c'est en cela que je dis qu'il est rh?teur." Et pour ne pas tomber nous m?me dans l'imposture, il convient sans doutes de replacer ces extraits dans leur contexte sans refermer le questionnement. Sinon, on proc?de comme Fran?ois Roustang dans un tr?s beau texte qui m?riterait r?ponse qui s'appelle "Assez souvent" publi? dans Cahiers num?ro 1 printemps 1979 Confrontation - Imposture ou pas - chez Aubier - qui confrontant Interpr?tation, "Construction dans l'analyse" et proc?s de v?rit? chez Freud tente tr?s ?l?gamment de disloquer le discours freudien. Question de style sans doutes qui le m?nera au statut d'hypnotiseur... Sp?cialiste donc du magn?tisme animal et du Mesmerisme, il semble tr?s en avance sur Onfray de quasiment plus de 30 ans mais avec une dialectique autrement plus redoutable ! Cordialement. Jean-Pierre Feifer E-mail : feiferj at free.fr From: Nicolas-Spyridon SYNGUELAKIS <nikosynguel2 at yahoo.fr> To: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne <lutecium-group at lutecium.org> Date: 23/07/2010 17:42 Subject: [Lutecium-group] Re : RE : Imposture. Sent by: lutecium-group-bounces at lutecium.org lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. ---Bonjour, si je peux me permettre, et en remerciant Eliane Lehman pour le document, pour peu qu'il soit juste, la phrase est incompl?te, ce qui en change radicalement le sens. Voici la citation, extraite dudit document : "Le r?el est ? l?oppos? extr?me de notre pratique. C?est une id?e une id?e limite de ce qui n?a pas de sens. Le sens est ce par quoi nous op?rons dans notre pratique : l?interpr?tation. Le r?el est ce point de fuite comme l?objet de la science (et non de la connaissance qui elle est plus que critiquable) le r?el c?est l?objet de la science. Notre pratique est une escroquerie, du moins consid?r?e ? partir du moment o? nous partons de ce point de fuite. Notre pratique est une escroquerie..." Pour l'anecdote, en parlant de citations incompl?tes, j'aime beaucoup celle issues des toutes premi?res lignes du Discours de la M?thode, que je vous livre : "Le bon sens est la chose du monde la mieux partag?e" que nous avons tous entendus, mais voici la citation compl?te : "Le bon sens est la chose du monde la mieux partag?e ; car chacun pense en ?tre si bien pourvu, [?124?]que ceux m?me qui sont les plus difficiles ? contenter en toute autre chose n?ont point coutume d?en d?sirer plus qu?ils en ont." Je vous laisse m?diter. Cordialement, Nicolas-Spyridon SYNGUELAKIS http://sandrinopolis.myminicity.com/ De : JP Bienvenu <jpbienvenu at orange.fr> ? : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne <lutecium-group at lutecium.org> Envoy? le : Sam 17 juillet 2010, 10h 42min 35s Objet : [Lutecium-group] RE : Imposture. lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium. --- Je profite du th?me propos? ? la discussion pour formuler ? de biais ? une demande et indiquer un article. 1) J?ai lu quelque part que Lacan aurait d?clar? le 26 janvier 1977 : "Notre pratique est une escroquerie. Bluffer, faire ciller les gens, les ?blouir avec des mots qui sont du chiqu?, c?est quand m?me ce qu?on appelle d?habitude du chiqu?? Du point de vue ?thique, c?est intenable, notre profession? Il s?agit de savoir si oui ou non Freud est un ?v?nement historique. [?] Je crois qu?il a rat? son coup. C?est comme moi, dans tr?s peu de temps, tout le monde s?en foutra de la psychanalyse." Quelqu?un pourrait-il me donner des pr?cisions sur la r?f?rence exacte de cette d?claration et sur son contexte ? 2) Pour info, cf. un article paru dans Lib?ration le 16 juillet. JP B ____________________ Lib?ration, 16/07/2010 ? 00h00 Encadrer la psychoth?rapie? au profit de qui ? Par ELISABETH ROUDINESCO Historienne, directrice de recherches, universit? Diderot, ROLAND GORI Psychanalyste et professeur ?m?rite de l?universit? L?encadrement l?gislatif des pratiques professionnelles en psychiatrie et en psychologie clinique semble proc?der aujourd?hui de choix id?ologiques, s?curitaires et client?listes, beaucoup plus que d?un souci authentique des patients. C?est ce dont t?moigne, tel un sympt?me, la nouvelle r?glementation de l?usage du titre de psychoth?rapeute. L?article 52 de la loi du 9 ao?t 2004, r?glementant l?usage du titre de psychoth?rapeute, affirmait la volont? de Bernard Accoyer (pr?sident de l? Assembl?e nationale) de prot?ger le public des charlatans et des sectes en r?servant l?acc?s au titre de psychoth?rapeute aux m?decins, aux psychologues et aux psychanalystes r?guli?rement inscrits dans les annuaires de leurs associations. La loi exigeait une formation en psychopathologie clinique pour tous les professionnels voulant faire usage de ce titre. Outre la traditionnelle confusion dans la loi entre ? formation ? la pratique psychoth?rapique ? et ? psychopathologie ?, une seule annexe des r?cents d?crets d?application (d?cret n? 2010-534 du 20 mai 2010 relatif ? l?usage du titre de psychoth?rapeute) vient d?enterrer la volont? politique de son promoteur en cr?ant dans le champ de la sant? mentale une nouvelle profession ? mi-chemin entre le psychologue clinicien et le psychiatre. Le pr?sident Accoyer ne semble pas avoir pris la mesure de l?instrumentalisation de son projet de loi par le minist?re de la Sant? lorsqu?il salue la parution des d?crets d?application en pr?cisant que ? cette disposition ne concerne strictement en rien les psychiatres, les psychologues cliniciens, ni la psychanalyse ? (AFP 25 mai 2010). C?est faux. Cette annexe, petit codicille d?un long processus d??changes, de d?bats et de n?gociations entre les pouvoirs publics et les professionnels, cr?e un nouveau m?tier de sant? et ?tablit une hi?rarchie arbitraire des professionnels conduisant ? une m?dicalisation abusive de la psychoth?rapie : la dispense totale des suppl?ments de formation n??tant accord?e qu?au psychiatre, promus mod?le id?al du psychoth?rapeute. En outre, le d?cret inscrit les conditions d?agr?ment et de formation ? la psychopathologie clinique dans un dispositif sanitaire au sein duquel les pr?sidents des agences r?gionales de sant? auront un pouvoir exorbitant. Les psychologues risquent ainsi de se retrouver t?t ou tard param?dicalis?s. Quant ? la psychanalyse, elle se voit socialement d?valoris?e puisque les psychanalystes se trouvent fort mal lotis dans la hi?rarchie des dispenses en psychopathologie clinique. La formation universitaire des masters de psychopathologie clinique aussi, puisque les psychologues cliniciens devront obtenir des suppl?ments de formation nonobstant les stages cliniques, les supervisions et les enseignements de psychopathologie clinique qu?ils auront d?j? re?us auparavant. D?o? une d?valorisation de l?enseignement universitaire. De m?me, la loi de 1985 conditionnant l?acc?s ? un titre unique de psychologue se trouve compromise par la subdivision qu??tablit l?annexe du d?cret entre ? psychologue clinicien ? et ? psychologue non clinicien ?. Pour l?gitime que soit cette subdivision, elle constitue une innovation administrative dont on peut se demander si elle n?exc?de pas le champ d?fini par la loi de 2004. Accorder une dispense totale aux seuls psychiatres en les posant en mod?les de r?f?rence proc?de de l?ironie lorsqu?on conna?t la normalisation sociale et ?pist?mologique actuelle de leur formation : ? quelques exceptions pr?s, la formation hospitalo-universitaire en psychiatrie demeure sous l?ombre port?e des th?rapies cognitivo-comportementales (TCC), des neurosciences et du complexe industriel form? par le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) et les psychotropes. Tout se passe donc comme si l ??tat effectuait un choix partisan parmi les experts de la communaut? psy en toute ignorance de cause. Dans ce contexte, les ?tudiants en psychologie et les psychologues au ch?mage, stress?s par la p?nurie des emplois, seront tent?s par ces formations suppl?mentaires leur permettant d?obtenir le titre de psychoth?rapeute, lequel est d?ores et d?j? retir? aux psychoth?rapeutes dont les ?coles ont fleuri partout dans le monde et qui n?ont plus d?identit?. Les unit?s de formation et de recherche (UFR) de m?decine reprendront sans doute la main dans cette affaire. La privatisation des formations universitaires et les frais d?inscription ? ces nouveaux dipl?mes risquent de s?accro?tre. Les vrais perdants dans cette histoire seront alors les patients les plus vuln?rables et les plus d?munis que le pr?sident Accoyer voulait justement prot?ger. La m?dicalisation de la souffrance psychique vient de franchir une nouvelle ?tape. La pr?tendue ? protection des patients ? s?rement pas. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group